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Le Mahdi et ses Conseillers d’Ibn ‘Arabi : une sagesse pour la fin des temps.

De nombreux hadiths du Prophète, cités dans des recueils faisant autorité, nous présentent cette grande figure spirituelle attendue à la fin des temps qu’est le Mahdi. Même s’il est difficile de définir avec précision sa mission et son rôle spirituel, les hadiths nous permettent de comprendre qu’il sera à la fois un chef temporel de la communauté musulmane et un guide spirituel chargé d’éclairer les croyants à une époque où les ténèbres, la confusion et l’injustice domineront. Il aura à lutter contre l’Antéchrist (al-Dajjal) qui tentera de régner en maître tout puissant jusqu’au retour de Jésus :

« Le Mahdi est un de mes descendants, il a le front large et le nez aquilin. Il emplira la terre d’équité et de justice après que la tyrannie et l’injustice auront régné sur elle. Il règnera sept ans. » (Rapporté par Abu Sa‘id al-Khudri, cité par Abu Dawud)  

Le Mahdi sera donc un calife divinement inspiré et selon les termes du Prophète :

« S’il ne devait rester qu’un jour d’existence à ce monde, Dieu le prolongerait jusqu’à ce qu’arrive un homme de ma descendance (min ahl bayti), son nom reprend le mien. » (Rapporté par Abu Hurayra, cité par Tirmidhi)

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Le Mahdi attendu à la fin des temps a toujours fait l’objet d’une attention particulière en Islam : A travers les siècles, il a nourri la piété populaire autant que la réflexion des théologiens. Mais ce sont, sans conteste, les mystiques et les maîtres spirituels qui nous offrent les exposés les plus précieux.

Le rôle spirituel du Mahdi, décrits dans de nombreux hadiths, ne pouvait manquer d’inspirer celui qui fut nommé al-Chaykh al-akbar, le maître spirituel par excellence. En effet, Ibn ‘Arabi (1165-1240) consacre un chapitre entier de son immense ‘‘Somme spirituelle’’ al-Futuhat al-makkiyya au rôle qu’assumeront, aux côtés de Jésus, le Mahdi et ses Conseillers à la fin des temps.

Ce sont donc à la fois l’importance du sujet et la qualité de l’auteur qui nous ont décidés à traduire et présenter ce chapitre qui occupe une place importante dans les Futuhat et dont certains passages sont cruciaux pour la compréhension de l’œuvre d’Ibn ‘Arabi comme nous le montrons dans l’introduction (p.10 à 26).

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Comme toujours dans l’œuvre d’Ibn ‘Arabi, les interprétations les plus profondes ont leur ultime justification dans le Coran et le Hadith. En retour, l’exégèse du grand mystique restitue aux deux sources fondamentales de l’Islam leur ampleur et leur profondeur. C’est ainsi que dans ce chapitre des Futuhat, Ibn ‘Arabi déclare que tout son enseignement a ses racines dans les profondeurs et les lumières du Coran :

« Ainsi, tout ce dont nous parlons dans nos assemblées et nos œuvres écrites provient de la Présence du Coran et de ses trésors : J’en ai reçu la clé de la compréhension et le soutien spirituel qui lui est propre (al-imdad minhu). Tout cela afin de ne pas sortir du Coran car rien de plus élevé ne peut être accordé : Seul en connaît la valeur celui qui y a goûté, qui en a contemplé la demeure initiatique (manzil) comme un état intérieur et à qui le Réel parle [en lui projetant des versets] sur l’intime de son être (fi sirrihi). »

Pour saisir ce qui fonde la possibilité de dépasser le simple sens littéral du Coran, il faut méditer un important hadith qui occupe une place discrète mais centrale dans l’enseignement d’Ibn ‘Arabi :

إِنَّ لِلْقُرْآنِ بَطْناً وَظَهْراً وَحَدّاً وَمَطْلعاً .

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رواه ابن حبان في صحيحه .

« Le Coran a un intérieur (batn) et un extérieur (zahr), une limite (hadd) et un point d’ascension (matli‘). »

(Cité par Ibn Hibban dans son Sahih)

Ainsi, pour Ibn ‘Arabi, chaque verset a, d’une part, un sens extérieur clair et accessible à tout croyant et, d’autre part, des sens intérieurs qui ne se révèlent qu’à celui qui chemine vers le Réel (al-Haqq). Ce hadith – et en particulier la notion de matli‘ – est le fondement scripturaire des interprétations spirituelles d’Ibn ‘Arabi et il est le garant de l’orthodoxie de sa démarche.

Dans un souci de clarté et afin de mettre en lumière certains enseignements de ce sage, nous avons voulu, dans la mesure du possible, souligner les relations qui lient le texte d’Ibn ‘Arabi au Coran, ce qui explique l’abondante annotation. D’autre part et pour permettre au lecteur d’approfondir la lecture du chapitre des Futuhat que nous présentons, nous avons ajouté en annexe la traduction inédite de textes relatifs au Mahdi et à la fin des temps, appartenant à des maîtres spirituels de l’école du Chaykh al-akbar : deux passages du commentaire du Coran (al-Ta’wilat) de ‘Abd al-Razzaq al-Qachani (m. 1329), un passge d’al-Insan al-Kamil de ‘Abd al-Karim al-Jili (m. 1428) et enfin deux mawqif de l’Emir ‘Abd al-Qadir (m. 1883).

* * *

Un des messages importants qu’Ibn ‘Arabi transmet dans ces exposés est l’affirmation qu’un des rôles spirituels du Mahdi consistera à ramener l’Islam à sa simplicité originelle par delà les méandres des élaborations théologiques qui se sont développées au fil des siècles :

« Il manifestera la religion telle qu’elle est véritablement de sorte que si l’Envoyé de Dieu (ص) était en vie, il exercerait l’Autorité en conformité avec la religion ainsi entendue. Il mettra fin à toutes les écoles juridiques sur terre : seule demeurera la ‘‘religion pure’’ (al-din al-khalis). Ses ennemis seront les théologiens qui suivent aveuglément les gens de l’effort jurisprudentiel (ahl al-ijtihad) lorsqu’ils verront que l’Autorité sera exercée en contradiction avec [certaines] positions de leurs Imams… Le commun des Musulmans se réjouira davantage de sa venue que ceux qui possèdent une fonction officielle. »

C’est un fait remarquable qu’aujourd’hui – et ce depuis plus d’un siècle – l’Islam est traversé par un certains nombres de courants prétendant opérer un retour au souffle originel de cette religion. Il faut avouer que les tentatives pour enjamber les siècles et faire retour à ce que d’aucuns pensent être ‘‘l’Islam du Prophète’’ n’ont abouti bien souvent qu’à appauvrir l’Islam et à le vider de sa substance. En voulant purger l’Islam traditionnel sans discernement spirituel et sans sagesse, les mouvements religieux et politiques se réclamant de l’Islah ou du salafisme risquent de s’égarer et de tomber dans l’obscurantisme.[1]

C’est évidemment dans une perspective tout autre que se situe l’œuvre du Mahdi selon Ibn ‘Arabi : Le Mahdi et ses Conseillers sont des sages accomplis bénéficiant d’une inspiration spirituelle de force majeure et leur influence résulte avant tout de leur rayonnement spirituel. Ce rayonnement est, selon Ibn ‘Arabi, l’expression de leurs vertus : pureté d’intention, absence d’ambition et détachement total et, enfin, certitude inébranlable (yaqin).

Au moment de conclure, il me paraît utile de rappeler qu’Ibn ‘Arabi annonce très clairement, dans l’un de ses premiers ouvrages intitulé ‘Anqa’ mughrib (le Phénix stupéfiant), que tout son enseignement doit être compris à la lumière de la correspondance entre le macrocosme et le microcosme humain :

« Lorsque j’évoque dans mon livre que voici, ou ailleurs, un des événements du monde extérieur, mon but est uniquement de l’établir fermement à l’oreille de celui qui écoute puis de le mettre en regard de ce qui, en l’homme, correspond à cela. »

Cela nous permet de comprendre que dans l’enseignement des maîtres, le Mahdi est une figure spirituelle à la fois historique et symbolique : sa présence préexiste à son avènement extérieur parce qu’elle est avant tout un événement intérieur.

En des temps où les attentes messianiques des uns et des autres suscitent parfois des réactions fébriles, où la tentation du repli sur soi et la crainte des événements à venir poussent à des positions extrêmes, nous formons le vœu que cette traduction puisse humblement aider quelques uns à recevoir un peu de la paix et de la profonde sérénité qui traversent l’œuvre d’Ibn ‘Arabi.

* * *

Le Mahdi et ses Conseillers (Une sagesse pour la fin des temps) est paru aux éditions Mille & une lumières.

 


[1] Sur ce sujet, voir l’excellente étude de Seyyed Hossein Nasr L’Islam traditionnel face au monde moderne, éditions l’Age d’Homme, Lausanne, 1993. Voir en particulier le prologue ‘‘Qu’est-ce que l’Islam traditionnel’’, pp. 15-24.

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7 commentaires

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  1. I would like better talk you, about the muslims.

    All the muslims wait “Al Mahdi”.

    (At my point of view, the “Mashia” attended by the hebrews, and the “Mahdi” attended by the muslims, could be perhaps, the same person, in fact)

    And I insist, to give you a message I received.

    Height or ten years ago, I was really troubled about the search of the Mahdi.

    – Sunnits muslims believe that the Mahdi could be only, a normal man.

    – Chiitis muslims (of Iran country) think that the Mahdi could be only a descendant of the Prophet, with plenty of conditions unable to reach.

    I thougth about all this confusion, and founded it was “un cul-de-sac”, an end point.
    And I feeled asleep, not in my bed, but in my lounge, before a television scrren.
    …And I have maded a dream.

    I saw angels having to search on earth, the Mahdi attended by the muslims.

    Those angels have body and wheels of birds, but the heads of human beings.

    They have the duty to provide reports, to somebody who sended them.

    – Some have gone in great palace, founded somebody, and noted: “Not good”.

    – Some have gone in little houses, founded a simple man, and noted: “Of interest”.

    And I waked up, recognised my lounge, and the television screen.

    I was awaked. But, i heared a voice, in my brain, speaking to me in french langage.

    This voice was incredibled: This voice was wise. Perfect use of my own langage.

    This voice was not speaking with a tone of authorithy: This voice WAS AUTHORITHY. And I heard this:

    “And between the moment when they will be caught by the hair to be presented, and, the one, where they will be presented, to be judged unworthy, there will be, from time, only that of a flutter of eyelids”

    So, I have undestood that somebody will be choosen in a very short time. Who? – Mistery.

    ===> Et que celui qui veut guider (les autres), qu’il se guide lui-même, ou alors qu’il dise: ‘Je ne suis qu’un avertisseur.” (Holy K’ran)

  2. BIEN VU Quelqu’un a demandé : « Ô Messager d’Allah ! Pourquoi le chien noir contrairement au roux ou au jaune ? » Il a dit : “Le chien noir est un démon” (Muslim no. 510, Abu Dawud no. 702, At-Tirmidhi no. 338 et Ibn Majah no. 952).

  3. c’est légitime d’avoir le soupçon vis à vis d’un hadith rapporté par un ouléma en totale connivence avec le pouvoir en place oumeyyades ou abbasydes mais on ne peut pas dire autant des hadiths rapportês pas les ennemis du pouvoir ( les chiites)

  4. L’art de dire une chose et son contraire.
    1. « C’est ainsi que dans ce chapitre des Futuhat, Ibn ‘Arabi déclare que tout son enseignement a ses racines dans les profondeurs et les lumières du Coran :
    « Ainsi, tout ce dont nous parlons dans nos assemblées et nos œuvres écrites provient de la Présence du Coran et de ses trésors : »
    En fait ce n’est pas vrai, « les futuhat » est téléchargeable en ligne et alors outre les libertés (un euphémisme oui) prises avec le Coran, les ahadiths ou prétendus tels – et dont l’écriture a pourtant été formellement interdite par le messager lui-même – sont omniprésents ce que confirme votre propre billet, mais bon on va quand même faire comme si :
    Ça tombe bien, le Coran ne parle nulle part du Mahdi ni en explicite ni en implicite or les maîtres soufis ne sont-ils pas les premiers à dire -à juste titre-, que les silences de Dieu ne sont jamais omission… Ben alors…
    2. « Ce hadith – et en particulier la notion de matli‘ – est le fondement scripturaire des interprétations spirituelles d’Ibn ‘Arabi et il est le garant de l’orthodoxie de sa démarche. »
    Sans déc ? Le garant de l’orthodoxie de truc muche rien de moins ?
    Un hadith… déjà hein !
    Bref deux siècles après le décès du messager, l’orthodoxie de la démarche de machinchose n’avait toujours pas de fondement scripturaire… z’êtes sûr que … ?
    Et puis quel hadith ? Un hadith unanimement salué comme inauthentique par les hadithistes eux-mêmes, ce qui n’est pas peu dire.
    https://vb.tafsir.net/tafsir16541/#.XN98zKR7m70
    « garant de ceci cela », mais bien sûr.
    Bref, au lieu de revenir immédiatement au livre de Dieu avant qu’il ne soit trop tard, continuons à attendre le Mahdi ne serait-ce que pour varier un peu les plaisirs et faire contrepoids avec le très hypothétique « demain, ça ira » aux wahhabis qui nous bassinent déjà avec leur « avant c’était mieux ».

  5. Toujours les mêmes contre-arguments désuets, Daouf. La salat dans son sens de prière rituelle fait partie de l’héritage d’Abraham, au même titre que la circoncision et d’autres rituels communs aux Arabes/Musulmans et aux Juifs. Ou bien croyez-vous que ces derniers ont attendu Bukhari pour pratiquer leur prière, si proche de celle des Musulmans. De plus, vous rendrez un grand service à l’humanité en donnant les références des hadiths de Bukhari relatifs au timing et au format des prières. A vous croire, Dieu a été bien prétentieux lorsqu’Il a dit : “Aujourd’hui j’ai complété/parfait pour vous votre religion/mode de vie, J’ai finalisé à votre égard Ma bonté, et J’ai agréé pour vous l’islam comme religion/mode de vie”. Il aurait tout de même pu attendre que Bukhari vienne compléter le travail…

    • Salam mes frères .Boukhari et muslim faisaient partie de la 4 -ème écoles de jurisprudence et leur formateur était ibn Hamed hanbal de l’école hanbalite. Leurs hadiths ont été choisit selon leurs savants car plus de 1600 hadiths de ibn malik anas ont été écarté de la jurisprudence de boukhari et de muslim.Posez vous la question ,pourquoi il les ont écarté alors que malik était un grand imam et un des plus grands savants. Le coran a été parachevé avant la mort du prophète mohamed saws car l’écriture et les livres exister déjà à l’époque.SOMMES NOUS cons pour croire qu’ il a été écrit 200 ans plus tard comme beaucoup de savants le dise.Eh oui les 4 écoles ont créer des divergences par des idées nouvelles et parfois contractictoires dans le but de gagner en notoriété et de s’amasser un grand nombre de musulmans avec comme cheminement des librairies subventionnés par des états riches musulmans et non musulmans. Le CORAN est mieux que tout ces hadiths parfois douteux. Les chiites et les sunnites proviennent du meme noyau “le coran et la tradition de notre prophète mohamed saws” . Le mahdi sera le grand rassembleur de tous les musulmans confondues “la oumma”et bien sur avec l’aide d’hallah ils gagnerons pour une paix et une justice au lieu du nouvel ordre mondiale des puissant états.

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