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La relation de l’homme avec Dieu

Il faut tout d’abord examiner la place de l’homme dans la création et le sens que l’on donne à la notion de salut pour pouvoir enfin comprendre et saisir l’importance de la portée de nos actes durant notre vie ici-bas.

Dans cette relation de l’homme avec Dieu, l’Islam ne met l’accent ni sur une incarnation ou manifestation de l’Absolu, ni sur la nature déchue, imparfaite et pécheresse de l’homme. Il envisage plutôt l’homme tel qu’il est dans sa nature primordiale adamique (filtra) et Dieu tel qu’Il est dans son absolue Réalité.

Il est vrai que dans sa condition ordinaire l’homme se présente comme un être faible, égoïste et injuste ; il est habituellement esclave de ses désirs, de sa convoitise et de ses passions animales, ignorant le plus souvent sa réalité d’être qui fait de lui le réceptacle de la conscience universelle.

L’Islam, sans aucunement méconnaître la faiblesse et les limites de la nature humaine, ne considère pas l’homme comme une volonté pervertie, mais essentiellement comme l’être qui a reçu le dépôt (amana), de cette présence divine.

En cela, il est le représentant (khalifa), de Dieu sur terre. Si l’essence de l’Être divin est impénétrable et absolue, Il est, par contre, par Ses attributs (sifat, 1), proche de toute Sa création. Par eux, l’homme se rapproche de Lui. En cela il est à l’image de son Créateur, comme un miroir reflétant de manière consciente cette présence divine.

Cette nature originelle est avant tout une intelligence qui peut discerner le réel de l’illusoire, et qui d’une manière naturelle conduit à l’unité (tawhid). C’est ensuite une volonté qui peut choisir librement entre le vrai et le faux. Enfin c’est le pouvoir de la parole par lequel s’exprime la relation entre l’homme et le divin mais aussi entre lui et ses semblables.

L’intelligence, la volonté, et la parole sont en leur essence les qualités divines que Dieu a confiées à l’homme et à l’aide desquelles il chemine vers Lui. Ainsi : “Les actions ne valent que par leurs intentions” a dit le Prophète Mohammed. En effet, c’est bien l’intention qui fonde la valeur des actes conduisant l’homme vers le salut ou l’éloignant de celui-ci.

Elle se nourrit, se conçoit et s’appuie sur la conscience. Car en vérité la raison ne se suffit pas, elle nécessite d’être fécondée par la conscience, qui a besoin elle même d’une direction pour naître et croître. Là interviennent les enseignements spirituels et religieux qui ont accompagné l’humanité depuis toujours. Par l’entremise de l’intervention divine, à travers les prophètes, les sages et les envoyés, s’est transmis un enseignement d’éveil qui nourrit et fait croître notre conscience individuelle jusqu’à ce qu’elle se réalise dans la conscience universelle.

C’est lorsque il est arrivé à cette ultime étape que l’homme s’unifie et atteint l’équilibre parfait de sa personnalité, d’où l’importance d’une éducation d’éveil ; plus notre état de conscience grandit, plus l’être que nous sommes s’affine.

L’action de l’homme vertueux d’œuvrer pour le bien dans la société au sein de l’humanité devient alors une nécessité pour sa quête et un impératif dans sa relation avec le Divin, et non seulement un devoir moral ou religieux. Elle est le salut de l’âme ici bas sans attendre de récompense future dans l’Au-delà. C’est le chemin de l’Amour désintéressé qui conduit vers la paix, la fraternité et l’élévation vers le Divin, Source de Miséricorde, qui octroie à l’homme par Sa grâce salvatrice le salut éternel.

Si par contre cette notion de salut s’attache à l’attribution d’une récompense future et à la crainte du châtiment éternel, elle conditionne notre comportement à suivre aveuglément un credo, un dogme, une morale comme seule voie exclusive de salut. Elle devient alors un réfèrent lourd de conséquence face à la liberté d’autrui et au respect dû à celui, différent, qui ne pense pas ou qui n’a pas la même foi que nous.

Cette conception du salut ne fait pas de nous des êtres fraternels, ouverts vers l’universel, mais au contraire des êtres pensant que seuls ceux qui sont de la même croyance que nous sont dans le vrai et méritent le salut. On se prive par cette attitude de reconnaître l’immense miséricorde divine capable d’accueillir en son sein toutes les créatures.

Cette diversité et ces divisions permettent à l’homme de s’interroger, de chercher. Dans le domaine de la foi, la Vérité n’est jamais figée. Elle se dévoile à nous à travers une expérience profonde vécue au cœur de l’être et dans la conviction intime de nos rapports avec Dieu. Chaque tradition a sa méthode. Cette diversité est voulue pour que la vérité soit reçue par tous selon sa culture et son entendement.

Le prophète Mohammed disait : “Parlez aux hommes selon leur degré de compréhension’’ , et le Coran “Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté” (sourate 5, verset 48). Toujours et partout, des hommes ont prétendu être dans le vrai et ils ont fait souffrir ceux qui n’étaient pas d’accord avec eux. Malgré les génocides, ils n’ont pu arrêter le destin de l’humanité.

La révélation apportée par chaque prophète incite et éveille l’homme à retrouver l’universalité inscrite en lui. Il n’y a, ni antagonisme entre les prophètes ni opposition entre les messages révélés , mais une parfaite continuité dans l’harmonie. Abandonnons nos prétentions de nous croire les seuls dans le vrai. Si le message, lui, reste universel, l’homme, par son égocentrisme, le transforme, le rétrécit, l’assèche en se l’appropriant pour l’instrumentaliser à des fins personnelles.

Le salut et les moyens du salut deviennent un domaine réservé aux uns, excluant les autres. Ils sont accaparés par des “élus” qui le dispensent ou le restreignent arbitrairement, d’après leur interprétation des textes sacrés. Même si cette façon d’agir s’appuie, parfois, sur des intentions louables.

Le salut ne s’obtient pas par une recette magique, dogmatique ou sectaire octroyée par des être “savants” ou “éclairés”. Il est une grâce suprême accordée par le Miséricordieux à toute créature qui revient vers Lui.

(1) Les attributs divins sont les Noms par lequel Dieu se manifeste dans la création

5 commentaires

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  1. L’homme a sacralisé la parole de l’homme parlant au nom de dieu…C’est hallucinant…Et c’est pourquoi le terrorisme est naît…l’homme s’est érigé en un dieu avec tout ce que cela peut représenter comme machine oppressante!!!

    • L’ONU n’arrive toujours pas à définir le terrorisme, il y a pas moins de 100 définitions.
      Le Coran parle de criminels, jamais le mot terroriste.
      L’occident a inventé un mot qui n’existe nul part.

      Dans les années 70 /80 , les rebelles, Irlande / basque, Guevara, Carlos et j’en passe , tuaient des innocents et personne ne les qualifie de criminels, on disait toujours les séparatistes, les révolutionnaires.
      Le dictionnaire Larousse change comme un camelion.

  2. Un homme va vers une terre de paix pour échapper à la guerre. Cette façon de voir ne peut pas définir la relation homme dieu.
    On ne peut échapper de la colère d’Allah qu”en allant vers lui. C’est un mélange de peur et d’espoir.
    On a pas le droit de dire qu’on est sauvé ou qu’on est foutu.

    Je dis ça parce qu’on connait Allah à partir de ses 99 noms dans le coran.
    Dieu et l’injustice sont deux choses qui s’opposent. (coran)
    L’injustice est ne pas mettre les choses à leur place.
    Allah fait ce qui’il veut et personne n’a le droit sur ses réponses. (coran)

  3. Chaque prophète et, depuis la fin de la période de la révélation, chaque savant (et pas uniquement chaque savant du texte religieux mais de chaque domaine de la création, mathématique, médecine, biologie, physique, linguistique, histoire, philisophie, psychologie, etc…) est advenu pour prolonger le message de construction d’un être humain digne, compatissant, social et équilibré, et corriger les déviations du message initial. Avant même de lire le Coran, l’être humain a sa fitra qui peut le guider, c’est pourquoi le Coran est une miséricorde, un guide, un résumé qui doit aider, mais ce n’est pas un ouvrage d’exclusion. Ce que dit ici l’auteur, c’est bien cela. Le vrai muslim n’est pas celui qui rejette vers l’enfer celui qui ne se dit pas muslim, mais le vrai muslim est celui qui accepte d’entendre la vérité que chaque être humain peut dire et ce qui fait de lui au moment où il le dit un vrai “muslim”, même s’il n’a pas prononcé officiellement la shahada. Allah ne porte aucune attention aux déclarations formelles. Allah porte attention aux fondements, aux intentions profondes, du comportement de chacun. Les règles établies dans l’islam muhammadien ne sont que des indices perfectionnés pour progresser et s’élever si on sait les utiliser avec compassion. Elles deviennent le contraire d’elles mêmes si elles sont retournées contre les créatures qui tentent de s’améliorer et de se rapprocher du divin réel, que ces créatures prennent ce chemin en utilisant des habitudes chrétiennes, juives, bouddhistes ou en apparence athées, parce que c’est celui qu’elles connaissent le mieux, dès lors qu’elles le font avec l’intention de chercher la vérité, de s’élever et d’aider. Le rôle des musulmans post-muhammadiens est de montrer à quel point le Coran et les traditions islamiques peuvent l’aider à mieux progresser vers le vrai, le beau, le bon, le juste et donc à mieux progresser vers le divin. Ce n’est pas de décréter que seuls les musulmans patentés peuvent avoir accès au paradis. Il vaut mieux aider un chrétien à être un bon chrétien ou un socialiste à être un bon socialiste plutôt que de vouloir lui imposer par la peur et l’injonction l’islam qu’il n’est pas en état de comprendre à ce moment. S’il devient un bon chrétien, alors il sera capable de comprendre que Muhammad n’était pas un imposteur et alors, soit il décidera de se convertir à cet islam là, soit il ne le fera pas formellement mais acceptera le principe que Muhammad a dit le vrai et il pratiquera en mieux le rituel chrétien qu’il considérera comme un chemin menant au sommet de la même montagne alors que les musulmans explicitement muhammadiens en empruntent un autre dans la même direction et auquel ils sont mieux habitués. Gandhi tout en pratiquant le rituel hindouiste commençait sa journée toujours par une lecture du Coran. Il fut assassiné par un intégriste hindouiste qui l’accusait d’être un agent de l’islam au sein de l’hindutva. Et le drapeau qu’il dessina pour l’Inde avait l’orange de l’hindouisme, le vert de l’islam, la roue bouddhiste et le blanc de la pureté d’intention et de la paix entre les croyants. Qui est plus “muslim” aux yeux d’Allah ? Gandhi ou un terroriste takfiri ?

    • baraa , Salam Aleykoum , au début des années 90 , Dieu m’a permit de rencontrer des
      musulmans qui ne parlaient pas différemment que vous ,et
      et le Sheikh Khaled Bentounès , la Miséricorde de Dieu soit
      sur lui .

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