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Juifs et arabes : histoire d’une symbiose

Les relations entre juifs et arabes remontent à l’époque préislamique, mais c’est pendant l’âge d’or de la civilisation musulmane que leurs liens vont se renforcer pour donner naissance à une symbiose judéo-arabe exceptionnelle.

L’Orient de cette époque était celui du délice, des merveilles et de l’harmonie, mais aussi celui de la passion du savoir et de la connaissance, « alors que l’Europe se débattait dans un Moyen Âge de conflits et de blocage, le monde arabe était le théâtre d’une admirable civilisation », écrit Sigrid Hunke. Et c’est en Andalousie, lieu de nostalgie et d’enchantement, que la civilisation arabe avait atteint son apogée. Et c’est également en Andalousie que la symbiose judéo-arabe a été au zénith de sa splendeur.

Lorsque, en 711, le soleil d’Allah brilla sur l’Occident, les juifs d’Espagne accueillirent les musulmans en libérateurs. A l’époque, ils vivaient des périodes difficiles sous le règne des rois wisigoth. Ils subissaient les spoliations, les conversions massives et les expulsions. La conquête musulmane va non seulement les libérer du joug de leurs oppresseurs, mais va permettre à « l’histoire juive de connaître sa période la plus florissante – celle qui exerça une influence exceptionnelle sur la destinée des juifs et du judaïsme » affirme Eliyahu Ashtor.

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Cette rencontre de l’islam et du judaïsme a été facilitée, d’une part, du fait des grandes similitudes entre les deux religions et, d’autre part, grâce à la tolérance musulmane de l’époque.

En effet, les deux religions reposent sur la communication directe entre Dieu et l’homme et sur la loi (Shari’a pour l’islam et Halakha pour le judaïsme). Si le judaïsme a pour source la Torah écrite (Pentateuque) et la Torah orale (Mishna et Talmud), l’islam se base sur le Livre (Coran) et les traditions prophétiques (Sunna). Les deux religions possèdent aussi de multiples similitudes comme le manger, le vestimentaire, la circoncision et autres rites.

L’autre raison de la réussite de la rencontre judéo-arabe se trouve dans les prescriptions coraniques mêmes « Il ne doit pas y avoir de contrainte en matière de foi » sourate n°2 Al Baqara (la vache) verset 256, et « Vous avez votre religion et j’ai la mienne » sourate n°109 Al Kafiroun (les mécréants). Les musulmans n’ont essayé ni d’imposer leur religion par la coercition aux peuples soumis à leur pouvoir ni de s’immiscer dans leurs vies privées. Chacun pouvait pratiquer librement sa religion et conserver ses lieux de culte.

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En plus de cette tolérance religieuse, la générosité légendaire de l’homme arabe du désert des temps préislamiques a fait émerger « un sentiment d’humanité universel, qui ignore les frontières, une générosité dont bénéficient jusqu’aux ennemis » rappelle Sigrid Hunke. « Ils (les musulmans) sont équitables, ne nous font aucun tort et ne se livrent à aucun acte de violence envers nous » écrit le patriarche de Jérusalem à celui de Constantinople au IXe siècle.

Les arabes refusaient toute logique d’assimilation ou d’enfermement communautariste. Cette tolérance a permis aux juifs de conserver leur identité, tout en étant une partie active de la société. Ils s’ancrèrent dans la société arabe, en participant avec enthousiasme et loyauté à la réalisation de cette prestigieuse civilisation. Des poètes, des musiciens, des philosophes, des médecins, des talmudistes coopèrent avec les scientifiques et les philosophes musulmans.

Même si les juifs furent fortement enracinés dans la culture arabe, ils restèrent fidèles à leurs traditions et donnèrent un nouvel essor à leur langue et à leur culture « cette exceptionnelle symbiose excluait tout danger d’assimilation. Si les juifs d’Espagne adoptèrent la langue des conquérants arabes et, inévitablement, leurs schémas de pensée et leurs idées, il reste que les juifs préservèrent, voire enrichirent, leurs singularités avec une vigueur et une détermination inconnues jusqu’alors », ajoute Eliyahu Ashtor.

Averroès-Maïmonide : un modèle du « vivre ensemble »

« Au début, c’étaient [les musulmans] des gens simples, sans intérêt pour les arts. Mais, peu à peu, avec le développement de l’Etat, ils adoptèrent une culture sédentaire, telle que nul jusqu’alors n’en avait connu. Ils devinrent versés dans maints arts et maintes sciences […] Des missions étaient chargées de trouver les traités scientifiques grecs et de les mettre en arabe[…] Ils excellèrent dans différentes disciplines, au point que nul n’aurait pu faire mieux », rapporte ibn Khaldoun dans sa Al Muquaddima.

Le travail de recherche et de traduction des traités grecs fut colossal. A cet effet de nombreuses écoles « Baït Al Hikma (maison de la sagesse) » ont fleuri, permettant de restaurer et de conserver les œuvres d’Aristote, de Platon, de Porphyre… et de donner naissance à la philosophie arabe : Al falsafa

Parmi les plus grands philosophes arabes (falasifas), on citera Al-Kindi, Al-Farabi, auteur de plusieurs études sur l’œuvre d’ Aristote. Puis plus tard, les deux maîtres à penser de générations d’Orientaux et d’Occidentaux : Abû-Ali Ibn Sîna (Avicenne) pour l’Orient musulman à tendance néoplatonicienne et le cadi Abû-I-Walid Ibn Rushd (Averroès) pour l’Occident musulman à tendance aristotélicienne.

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Les falasifas ont confronté la religion à la raison et la révélation à la philosophie. Pour eux la vérité de la raison doit, en définitive, retrouver celle de la foi, car la vérité est une, quelle que soit son origine arabe ou non, révélée ou obtenue par la raison.

Ces derniers ont expliqué qu’une lecture littérale au premier degré d’un texte révélé ne permet pas de déceler son sens profond et caché. Seuls le raisonnement et la réflexion du philosophe peuvent éclairer un texte et expliquer ses contradictions. De ce point de vue, la philosophie et l’interprétation sont, aux yeux de la loi musulmane, obligatoires.

Dans ce foisonnement de la pensée et sous l’influence de la falsafa, la pensée juive qui est restée jusqu’ici hors de la philosophie (à l’exception de Philon D’Alexandrie) sort de sa léthargie pour atteindre son summum. La falsafa fut décisive dans la constitution de la philosophie juive et le Kalam (théologie musulmane) influença des penseurs juifs, notamment ceux dont s’inspira le Karaïsme[4]. Parmi les plus grands philosophes juifs, on retient David Al-Muqammis, Sa’adya Gaon, Abraham ibn Daoud et surtout Abu Imran Musa ibn Maymun dit Maïmonide.

Les rencontres entre les philosophes musulmans et juifs furent particulièrement fécondes et fructueuses. Le plus bel exemple est donné par les deux précurseurs de la libre pensée, de l’esprit scientifique et du dialogue interreligieux : Avérroès[12] et Maïmonide[13].

Ces deux philosophes ont tenté de concilier la foi et la raison, le texte révélé et la philosophie grecque. Respectueux et tolérants « chacun [Avérroès et Maïmonide] parlait avec vénération de la religion de l’autre, qu’ils considéraient comme la forme la plus haute du monothéisme » et « chacun considérait le vieil Abraham comme le père commun de leurs religions jumelles et Aristote comme le maître fascinant », comme nous l’explique Jacques Attali. Ils débattirent de politique et de philosophie, firent avancer les sciences et la médecine et affrontèrent les attaques de leurs coreligionnaires qu’ils nommèrent les marchands de la religion.

Avec amour et intelligence, les deux philosophes ont su surmonter toutes les contradictions, en prouvant que l’islam et le judaïsme sont parfaitement compatibles. Ils ont su contourner l’exclusivisme et la « compétition » qu’entretiennent habituellement les religions, permettant ainsi une meilleure connaissance de l’autre et une coexistence harmonieuse.

La langue savante et la langue du cœur

Le travail de traduction entrepris par les musulmans était loin d’être passif. Il fut accompagné de la création d’un vocabulaire technique et d’une terminologie philosophique et théologiques, de telle sorte que l’arabe est devenue la langue savante par excellence et fut pratiquée par les philosophes et autres savants musulmans (arabes ou non) et juifs. Ainsi, Maïmonide, comme la plupart des ses coreligionnaires, a rédigé la plupart de ses oeuvres en arabe, y compris son ouvrage monumental « Le guide des égarés ». L’amour et l’enthousiasme des juifs pour la langue arabe n’a pas empêché l’émergence du renouveau de l’hébreu « en écrivant en arabe, en pratiquant les méthodes et les terminologies arabes, les érudits juifs se livrèrent à une investigation minutieuse de l’hébreu biblique, qui fut rapidement suivie de celle de l’hébreu michnaïque et post-biblique. Pour la première fois, la prononciation de l’hébreu, la grammaire et le vocabulaire hébraïque eurent droit à un traitement scientifique[…]. Ainsi, sous l’influence de l’arabe, l’hébreu devint un moyen d’expression structuré et raisonné », écrit Goitein.

La maturité culturelle atteinte dans certains centres juifs de l’Andalousie est frappante, explique Esther Benbessa, et l’effervescence poétique juive en Espagne musulmane fut l’une des caractéristiques de cet âge d’or. Le contact avec la culture musulmane a donné naissance à une nouvelle poésie juive où le profane côtoya le sacré, contrairement à la période préislamique où la poésie profane hébraïque était inexistante et la littérature juive se limitait à des textes liturgiques. Les modèles arabes furent repris par les poètes juifs et les chants des plaisirs, de l’amour ou du vin s’ajoutèrent aux poèmes liturgiques. Même si elle fut composée en hébreu, « la poésie hébraïque en Espagne fut un produit de la civilisation musulmane », conclut Goitein.

Une transformation profonde et irréversible

Selon Michel Arbitol, la transformation du judaïsme à la suite de sa rencontre avec l’islam fut profonde et irréversible. Elle ne se limita pas aux aspects littéraires et intellectuels mais affecta les autres domaines de la vie économique et sociale. Les juifs pratiquèrent divers métiers et certains, comme Hasdai Ibn Shaprut et Samuel Ibn Naghdela, occupèrent des postes importants dans le gouvernement du calife.

En plus de sa position d’homme d’Etat, Ibn Shaprut fut un grand mécène et aida de nombreux hommes de lettres juifs dont les œuvres comptent parmi les plus belles créations. Parmi les bénéficiaires, on retrouve Menachem b. Saruq, auteur du premier dictionnaire hébraïque ainsi que Dunash b. Labrat, le premier à introduire la métrique arabe dans la poésie hébraïque.

Sur le plan économique la situation des juifs a radicalement changé. En effet, la plupart des juifs méditerranéens qui étaient agriculteurs avant l’islam se convertirent à l’artisanat et au commerce.

De gros commerçants et banquiers, dont les opérations s’étendirent à tout le bassin méditerranéen et à l’océan indien, émergèrent. Certains accédèrent à des fonctions politiques et financières très importantes et eurent une grande influence sur les gouvernants et sur l’administration de la vie communautaire juive.

Les juifs des autres parties de l’Europe

Pendant que les juifs Andalous menaient une vie libre, raffinée et savante, leurs coreligionnaires dans les autres contrées de l’Europe subissaient des mesures antijuives draconiennes. Il n’y eu aucun âge d’or pour eux : ni philosophes, ni poètes, ni savants. Rarement épargnés mais souvent chassés, pillés, convertis de force et même massacrés : ils ne connurent aucun répit. Tantôt accusés de tuer des enfants chrétiens, tantôt mis responsables de l’expansion de la lèpre ou de la peste ; ils furent traqués, humiliés et finirent, dès la seconde moitié du XIVème siècle, isolés dans des quartiers séparés qu’on allait appeler par la suite « ghettos ».

Il faut « restreindre les excès des juifs afin qu’ils ne lèvent plus la tête, sur laquelle pèse le joug de l’esclavage perpétuel […] Ils doivent se reconnaître comme les esclaves de ceux que la mort du Christ a libéré alors qu’elle asservissait les juifs » écrit le pape Innocent III.

Malheureusement, les juifs d’Espagne ne tardèrent pas à subir le même sort que leurs coreligionnaires d’Europe et l’ère de tolérance et de liberté s’acheva au XIIIe siècle avec le déclin de l’islam en Espagne.

Après la bataille de 1212, les musulmans ne conservèrent que le royaume de Grenade et la majorité des juifs d’Espagne allait vivre désormais sous des régimes chrétiens. L’élite juive dans l’Espagne chrétienne se détourna des sciences et de la philosophie, en se consacrant à l’étude des textes sacrés et versa dans la mysticité. Les juifs s’éloignèrent progressivement de la religion rationnelle. Les anti-maïmonidiens dénoncèrent les œuvres du maître auprès des ecclésiastiques qui n’hésitèrent pas à brûler « le guide des égarés » et « le livre de la connaissance » sur la place publique.

Néanmoins, à cette époque la vie des juifs était plus ou moins foisonnante comparée à celle des autres juifs d’Europe, et le Sefer ha-Zohar, grand ouvrage du courant ésotérique de la Kabbale, fut écrit à cette époque.

Cependant, le zèle religieux croissant, combiné à la crise économique des années 1380, raviva l’hostilité des chrétiens envers les juifs et les violences s’accentuèrent. Désormais, les juifs n’avaient guère le choix qu’entre la conversion ou le bûcher.

L’Espagne d’Inquisition ne s’arrêta pas à une intolérance religieuse et glissa progressivement vers un racisme d’Etat, qui finit en une déportation et en une épuration ethnique. Ainsi tous les « marranos » (« porc » en espagnol pour désigner les juifs convertis de force) et tous les morisques (musulmans convertis de force) furent déportés hors du royaume d’Espagne avec des pertes humaines considérables[14].

La plupart des juifs se réfugia dans les pays musulmans où les portes leur restaient grandes ouvertes : en Afrique du nord, en Turquie, en Palestine, en Egypte, en Syrie… Ils s’y installèrent, constituèrent les foyers de séfarades et conservèrent leur langue, la liberté du culte et leur culture d’origine.

Nostalgie et espoir

La période florissante judéo-arabe est « à coup sûr la plus profuse, la plus vaste et la plus créative peut-être des vingt siècles d’histoire [du judaïsme] » affirme G. Bensussan. L’essoufflement de la pensée juive qui s’ensuivit a laissé place à des sociétés closes, superstitieuses et renfermées : il n’y eu aucune philosophie juive de la Renaissance.

Après l’expulsion ibérique, la kabbale Sefer Zohar, qui était limitée à un cercle restreint d’érudits et de savants, se popularisa et se transforma en un courant messianique : la kabbale de Safed (ou le lourianique).

Ce courant donnait un sens aux malheurs et aux tragédies des exilés comme une rédemption divine. Le Lourianisme se mua ensuite en mouvement Sabataïsme, une forme pervertie et dévoyée qui menaça l’existence même du judaïsme.

Puis, le désespoir de ne voir le messie Sabataï renverser le sultan turc et lui prendre Eretz-Israël pour sauver les Juifs des persécutions de Pologne du XVIIIe siècle détourna les juifs vers un autre mouvement : le Hassidisme.

Ce courant mystique se répandit très vite parmi les Juifs polonais et renforça leur sentiment religieux. En même temps il obscurcit les esprits, s’opposa à tout enseignement profane et à la culture européenne et enferma les juifs dans un autre type de ghetto maintenu par les rabbins.

La relève de la philosophie juive de la période arabo-médiévale ne fut assurée que beaucoup plus tard par la Haskala (lumières juives allemande). Ce mouvement hostile au Hassidisme fut initié par Mendelssohn qui s’est inspiré de Maïmonide pour concilier la religion et la raison.

Les tenants de la Haskala étaient, d’une part, favorables à l’émancipation des juifs et à leur dissolution complète dans le reste du monde, mais ils prônaient par ailleurs l’établissement d’un Etat juif, qui selon eux, était la seule garantie de liberté et de sécurité pour les juifs opprimés. Cependant, l’assimilation des juifs à la société allemande a fini par un divorce tragique et l’établissement de l’Etat d’Israël n’a pu apporter aux juifs ni sécurité ni liberté, puisqu’il les a emmurés dans un nouveau ghetto.

La réussite de la coexistence judéo-arabe reste donc un modèle du « vivre ensemble » à méditer.

Toutes les civilisations ne sont pas éternelles et la civilisation musulmane n’échappa pas à cette règle. De cette période reste la nostalgie et l’espoir d’une reconnaissance de la splendeur d’une période qui a marqué profondément les consciences et le cours de l’aventure humaine.

Le dénigrement, voire la négation des apports civilisationnels arabo-musulmans dans l’essor de l’Europe moderne, est une entreprise non sans arrières pensées colonialistes. Ce négationnisme tente de légitimer les conquêtes coloniales comme une œuvre civilisatrice. Et comment peut-on civiliser un peuple si ce même peuple vous a guidé vers la lumière de la civilisation !

Bibliographie

[1] Jews of Moslem Spain Vol 1/2/3 by Ashtor, Eliyeah., Jewish Pubn Society/1993

[2] Jews And Arabs : A Concise History Of Their Social And Cultural Relations de S. D. Goitein Dover Publications / 2005

[3] La Confrérie des Eveillés de Jacques Attali chez Fayard

[4] Qu’est-ce que la philosophie juive ? Gérard Bensussan, Midrash,2003

[5] Le soleil d’Allah brille sur l’occident, Sigrid Hunke, Albin Michel, 1963

[6] Histoire des juifs sépharades, Esther Benbessa et Aron Rodrigue, Histoire, 2002

[7] Le passé d’une discorde, Michel abitol, Perrin, 2003

[8] Le judaïsme moderne, Maurice-Ruben Hayoun, Presse universitaire de France, 1989

[9] AufklärungLes lumières allemandes, Gérard Raulet, Flammarion, 1995

[10] Les grandes questions juives, Encyclopédie planète,

[11] Al Muqaddima Ibn Khaldoun Traduction par Vincent Monteil, Sinbad, 1967

[12] Avvéroès : http://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s

[13] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFmonide

[14] http://www.oulala.net/Portail/article.php3 ?id_article=1157

Commentaires

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  1. @Zani, celui qui dresse parfaitement son portrait en écrivant : « quand l’esprit est abruti de suffisance et qu’il ne raisonne plus, il en faudra plus que jamais le secouer pour qu’il réagisse. »

    Dernier point pour répondre quand même à ton post hors sujet (on se tutoie car on est amis à présent pas vrai ?), qui ne respire pas le cliché mais une réflexion tellement profonde et originale. A ton avis, gros malin, à qui doit-on l’explosion démographique de l’humanité à partir du XIXeme siècle ? Alors tu veux vraiment faire le solde de tout compte des occidentaux en matière de vies humaines ?

    Bien. Commençons par les 10 plus grandes guerres que le monde ait connues : côté Occident, 137 millions de morts pour les 2 guerres mondiales ; côté Orient, 183 millions de mort (https://hitek.fr/bonasavoir/10-guerres-meurtrieres-histoire_789). Tu aimes la vitesse visiblement. 36 millions de morts en moins de 4 ans, pour un seul pays la Chine, grâce au Grand Timonier, sans doute une de tes idoles dans ton panthéon gauchiste (https://www.humanite.fr/monde/le-grand-bond-en-avant-vers-la-famine-en-chine-520223). Alors tu comptes faire quoi ? Aller emmerder les chinois avec les informations que visiblement je te révèle. Ils seront ravis de t’offrir une place dans un camp de formation au Xinjiang. Ils sont en effet beaucoup plus tatillons que les vilains occidentaux quand on les critique. Ici tu ne risques rien, tu le sais. Tu peux cracher sur l’Occident et même sur la France. Certains verront même en toi un héros au courage incroyable. Pourquoi te priver ?

    Maintenant population mondiale :
    – au XIXeme siècle : 1 milliards d’individus.
    – au XXIeme siècle : 7,7 milliards d’individus.
    Bien entendu les progrès apportés par les horribles capitalistes occidentaux n’ont rien à voir avec la démographie galopante, y compris dans les pays émergents en Afrique et en Asie.Tu noteras aussi au passage que les occidentaux n’ont pas castré leurs esclaves qui ont pu au moins avoir une descendance avec une vie certes peu enviable mais une vie quand même, sans que leurs femmes servent de putes dans des harems. Ah mais oui mais non. Les occidentaux c’est le mal. Ils n’ont jamais rien apporté à l’humanité et bla-bla-bla.

    Bref commence à retirer tes œillères et tu te rendras compte que le monde ne se réduit pas aux méchants occidentaux qui oppriment les gentils arabes, africains ou lointains asiatiques. Et surtout penses à utiliser de temps en temps ton cerveau. La plus grande menace qui guette notre jolie planète pourrait bien être la surpopulation plutôt que la guerre. Et ta religion, si elle ne s’oppose pas au contrôle des naissances, sera alors un facteur aggravant comme toutes les religions d’ailleurs.

    Tu as vu ! Je t’ai épargné le genocide de l’Inde (voir quand même le lien de cheyenne12, si le sujet t’intéresse). Tu ne peux pas dire que je ne suis pas un type sympa à présent. Allez sans rancune. Je suis sûr que la prochaine fois tu sauras prouver à quel point tu es futé en dépit des apparences.

  2. « Quand le mal devient le bien et le bien devient le mal. »

    Faisons une comptabilité macabre et Dieu Sait que c’est pas pour le faire mais quand l’esprit est abruti de suffisance et qu’il ne raisonne plus, il en faudra plus que jamais le secouer pour qu’il réagisse.
    Remontons le temps jusqu’au début du 16 ième siècle(après la Reconquista olé !), combien de guerres ont livré les occidentaux et combien les orientaux puisque ton raisonnement ne participe que de cette dualité Occident/Orient?

    Admettons qu’avant et sous l’ère musulmane , il ait eu autant de guerres, et Dieu sait que son expansion ne s’est pas faite sans heurts ni batailles ni encore ces escarmouches ou ces petites razzias, insignifiantes et commises par des bandes marginales qui ont certainement tués beaucoup d’âmes(et c’est déjà énorme), à ton avis, grand théoricien du néant, qui a massacré le plus l’humanité? Ma tante?

    Depuis la fin de l’empire ottoman jusqu’à aujourd’hui, soit 1 siècle environ, combien de guerres l’Occident (la France, l’Angleterre, l’Allemagne, les States etc…) a-t-il livré? Combien de guerres les orientaux ont-ils livrés de bataille pour leur survie déjà à commencer quand ils allaient subir le joug du colonialisme et de l’expansion par voie de conséquence, jusqu’à la création de cet état fantoche appelé Israël qui n’en sera pas moins un poste avancé au cœur du monde arabe pour le surveiller et le contrôler?

    La seconde guerre mondiale, c’est aussi un mythe? Tu peux chercher jusqu’au fin fond du Net puisque c’est ton unique référence et te mets au défi de trouver si pendant 7 siècles (700 ans), les musulmans ont tué autant d’êtres humains, soit 60 millions d’âmes et en moins de 10 ans.

  3. Voici ce qu’on peut trouver sur Sigrid Unke :
    « Sigrid Hunke naquit à Kiel le 26 avril 1913. À partir de 1934, elle étudia la psychologie, la philosophie et les sciences des religions notamment auprès de Martin Heidegger et Karlfried Graf Dürckheim. Elle milita à l’Union des étudiants nationaux-socialistes allemands (NSDS) avant de s’inscrire au Parti national-socialiste (NSDAP) le 1er mai 1937. Elle collabora aux recherches menées par l’Ahnenerbe et donna des articles à sa revue Germanien. En 1941, elle passa son Doctorat à la faculté de Philosophie de l’Université de Berlin sous la supervision de l’islamologue Ludwig Ferdinand Clauss. Ce dernier était par ailleurs un des promoteurs des théories raciales que Sigrid Hunke fit siennes dans sa thèse et par la suite avec discrétion. En 1942, elle épousa le diplomate Peter H. Schulze et ensemble, ils vécurent à Tanger jusqu’en 1944. »
    Bref tout à fait adapté de citer Unke dans un article sur les juifs. Du même niveau que de citer al-Andalus comme un merveilleux éden. De la propagande.

  4. Citer Sigrid Unke, une nazie notoire, pour parler des juifs, situe le niveau de l’auteur. Pas étonnant qu’elle défende aussi le mythe d’al-Andalus. Il est absolument évident que l’Hispanie n’a pas été occupée par les musulmans et que la Reconquista était forcément une abomination ainsi que ce qui s’en est suivi. Inversion des faits, des valeurs. Logique totalement orwellienne. Quand le mal devient le bien et le bien devient le mal.

      • Elle n’est justement pas personnelle. Elle est basée sur les travaux de Serafin Fanjul qui critique la « convivencia » (la coexistence pacifique des 3 religions) durant el-Andalus et la « leyenda negra » (légende noire) de l’Espagne en étudiant des sources musulmanes (c’est un arabisant) et en cherchant un chemin de crête entre Albornoz-Sanchez et Castro. Il dénonce bien au final un mythe. Peu importe que des seigneurs wisigoths aient demandé l’aide des arabes suite à la succession controversée de Wittiza. La cohabitation entre les 3 religions n’a absolument pas été idyllique comme on nous l’explique régulièrement ni avant, ni pendant, ni après l’occupation de l’Espagne par les arabes.

        • comme tout les conte de fées, lorsque l’on creuse un peu….ben sa tient pas la route. Aujourd’hui, il n’y a pas un historien sérieux qui maintient la version de paradie sur terre en Andalousie musulmane. Il y a eu des alternances de tolérance et d’intolérance….A noté enfin que pas un musulman français ne souhaiterai vivre en tant que Juif ou Chrétien de cette époque, car m^me en période de tolérance, ils était extrêmement discriminé.

        • J’ai dit que cette version était personnelle parce que je ne connaissais pas Serafin Fanjul. Donc je retire ce que je vous ai dit.
          Je me suis un peu renseigné. Les quelques synthèses et critiques que j’ai pu lire sur son œuvre ne mentionne pas la « reconquista » comme abomination (ou alors pour qui ?), en tout cela n’y apparaît pas. Par contre, toutes ces infos vous rejoignent sur le fait que cet historien réfute l’existence d’une « al-andalus » exemplaire et idéalisée.

          • @didier. Quand j’ai parlé de la reconquista comme d’une abomination c’était ironique pour me moquer des musulmans qui justifient la conquête impérialiste de leurs éventuels ancêtres par les lumières que ceux-ci auraient apportées. La reconquista et la dureté d’Isabelle la catholique sont ainsi condamnées. Certains pensent même que l’Espagne leur revient et doit être reconquise. Ils utilisent el-Andalus et le mythe de la convivencia comme une utopie indépassable. C’est d’ailleurs du même tonneau que ceux qui nous vendent que l’islam est la solution y compris aux problèmes de l’Occident, notamment ceux du vivre ensemble en dénigrant en particulier la laïcité française comme laicarde. On en a des représentants ici. Et vous en connaissez au moins un auquel vous vous opposez régulièrement sans que j’ai besoin de le citer.

  5. La tolérance et les échanges mutuellement créatifs à tous les niveaux sont caractéristiques de toutes les civilisations en phase de progrès économique, culturel et social, ce dont témoigne l’essor glorieux de la civilisation musulmane à sa naissance. Mais il ne faut pas pour autant idéaliser les choses. Dans chaque corps social et dans chaque civilisation, il existe à tous moments des forces de régression qui opèrent et qui aboutissent en final à la décadence, à l’enfermement et à l’intolérance. Ce qui a aussi concerné les juifs et les musulmans. Pour les juifs, on le voit aujourd’hui clairement en Palestine et pour les musulmans dans les pétromonarchies. C’est à partir de ces territoires que nous constatons la montée actuelle des vagues actuelles de puritanisme, de terrorisme intellectuel et armé, et de régression intellectuelle et morale qui envahissent tout le corps de l’islam et du judaïsme. Le christianisme avec la montée du néo-évangélisme à partir des USA n’étant guère mieux loti. Tout cela témoignant du caractère corrupteur de l’économie mondialisée basée sur l’usure (le ribah !) généralisée, par le biais des flux incontrôlés de capitaux, des investissements « nomades », des bourses et des « enfers fiscaux ».

  6. En guise de remarque, la civilisation et les lumières n’ont pas été communiquées par les arabes seuls!!
    bien que j’en sois un (peut être!)
    Le maghrèbe actuel était majoritairement non arabe! en Andalousie, des européens qui n’étaient ni arabe ni berbères étaient de la partie!
    Après près de 8 siècles, que reste-t-il d’arabe en andalousie franchement?!
    je ne parlerai pas des perses et des contrées plus à l’est encore et qui étaient de la partie aussi.
    Il me paraît plus juste de parler de la civilisation musulmane qui à son départ était arabo-musulmane.
    Dieu seul sait

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