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Etats-Unis: un agent de la fonction publique suspendu sans solde pour s’en être pris violemment à une femme voilée

L’islamophobie décomplexée, qui se sent désormais légitimée à donner libre cours à ses pires pulsions, ne frappera pas impunément à Newark, la plus grande ville du New Jersey, sans se heurter à la saine intransigeance de son maire, Ras Baraka (photo ci-dessus), résolu à l’éradiquer de son fief.

Aussi, quand la récente agression d’une administrée voilée est remontée jusqu’à ses oreilles, l’édile d’origine haïtienne, révolté par son caractère gratuit et le racisme primaire qui la sous-tend, n’a pas tergiversé longtemps avant de sanctionner le fonctionnaire du département du Travail qui en est l’auteur : il l’a suspendu sur-le-champ pour « faute grave » sans solde, tout en le poursuivant en justice pour son déchaînement de violence intolérable, déontologiquement indéfendable.

Les faits accablants remontent au mois de décembre, lorsque cet homme de 57 ans, aveuglé par la haine, s’est littéralement rué sur une citoyenne revêtue d’un hijab qui venait juste de franchir le seuil de l’agence locale pour l’emploi. Selon un mode opératoire devenu malheureusement très classique, il s’est acharné à la dévoiler de force, l’insultant et la brutalisant, jusqu’à ce qu’elle chute lourdement au sol.

Outré, Ras Baraka, qui déplore vivement que l’Amérique soit gangrenée par une islamophobie à son paroxysme depuis l’élection fracassante de Donald Trump, a condamné vigoureusement l’acte odieux commis par un employé de la Ville.

 « Cette attaque inacceptable dont a été victime une femme musulmane, une de nos concitoyennes, est  clairement un acte de haine perpétré contre la religion musulmane », s’est indigné, via un communiqué de presse, le premier magistrat de la cité. "Dans le climat actuel de violences anti-musulmans qui règne en Amérique, mais aussi ailleurs dans le monde, il est impératif que les crimes haineux soient reconnus pour ce qu'ils sont et punis comme il se doit, avec toute la rigueur et la sévérité de la loi », pouvait-on lire sous sa plume révulsée, déterminée à faire un exemple.

Abondant dans le sens de Ras Baraka, James Sues, le directeur du Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR) du New Jersey, a rappelé pour sa part avec force que « Dans une société civile comme la nôtre, chaque citoyen américain a le droit de pratiquer sa foi, pleinement et sereinement, sans craindre pour sa sécurité, laquelle doit être assurée par les autorités avec une extrême vigilance, fermeté et sans exclusive».

Ironie du sort, après avoir essuyé l’opprobre général, c’est à présent le chômage qui guette l’agent du département du Travail de la localité de Newark, et demain peut-être la prison, auquel cas la morale de l’histoire serait sauve…

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