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Discrimination à l’embauche : les candidats d’origine maghrébine rejetés par 30% des entreprises

Toujours opérante, jamais enrayée, la discrimination à l’embauche continue d’exclure du monde du travail les candidats au faciès un peu trop typé et dont les patronymes ont une résonance arabo-musulmane, abandonnés à leur sort peu enviable, dans une totale iniquité et impunité, par 30% des grandes entreprises françaises.

Tel est le résultat, tristement édifiant, qui ressort du testing réalisé par le cabinet ISM Corum, entre avril et juillet 2016, auprès de 40 sociétés d’envergure (comptant plus de 1 000 salariés), pour le compte du ministère du Travail. Même si ce sombre constat rendu public hier, lundi 12 décembre, ne doit pas noircir le tableau, car le panel des entreprises testées ne serait pas représentatif, il n’en est pas moins vrai qu’il reflète une réalité peu reluisante et parfaitement répréhensible.  

Pour évaluer le degré d’ostracisme qui règne dans la sphère entrepreneuriale, au mépris de la loi en vigueur (un employeur coupable de discrimination encourt jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende), le cabinet ISM Corum a utilisé la bonne vieille méthode de l’envoi de deux curriculums vitae semblables en tout point, hormis ce petit détail qui a fait toute la différence : un nom fleurant bon le terroir pour le premier postulant, et un nom venu d’ailleurs, de l’autre côté de la méditerranée, pour ne pas dire « maghrébin » pour le second candidat.

Le bilan de cette expérience, hélas très prévisible, n’aura pas fait mentir les pronostics les plus pessimistes : sur les 3 000 cv envoyés en réponse à 1 500 offres d’emploi, soit pour pourvoir des postes d’employés, soit de managers, 12 entreprises parmi les 40 mises à l’épreuve à leur insu ont été prises en flagrant délit de discrimination envers les candidatures « maghrébines ».

En effet, le taux de réponses positives obtenues par les « Maghrébins » a été inférieur de 15 à 35 points à celui des « hexagonaux ». Toutes entreprises confondues, l'écart moyen s'est élevé à 11 points : 47 % des candidatures « hexagonales » ont décroché un entretien, contre seulement 36 % des candidatures « maghrébines ». Ces écarts en défaveur des candidatures « maghrébines » s'observent pour les recrutements d'employés (12 points) comme de managers (9 points), que ce soit pour les hommes (12 points) ou les femmes (10 points).

Placée devant cette inégalité criante qui perdure au coeur d’un Hexagone miné par le deux poids deux mesures, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, cette apparatchik du PS dont la méconnaissance crasse des règles d’or en matière de CDD l’avait discréditée à peine nommée, ne sait que crier à la « faute morale » et à « l’absurdité économique », trahissant son impuissance, et par là même celle de son gouvernement, à faire respecter l’égalité républicaine au sein de l’entreprise.

« L'inégalité de traitement selon l'origine supposée est une tendance de fond », déplore-t-elle, en appelant de ses vœux la réalisation de testing « tous les ans » par son ministère. Un souhait qui risque fort de rester vœu pieux, à l’approche d’une présidentielle qui va reléguer l’ère Hollande au rang de souvenir, plus pitoyable qu’impérissable…

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