in

Déconstruisons les préjugés sur l’islam: « Tous les savants le disent »

« Tous les savants le disent », « il y a ijma’ sur cette question », « c’est comme cela en islam (et pas autrement) ». Peut-être avez-vous, vous aussi, au cours de votre vie, lu, dit ou entendu ce genre d’affirmation lors de questionnement relatifs à des problématiques contemporaines concernant la religion musulmane ?

Ces affirmations ont l’air imparable. Elles semblent renvoyer dans l’imaginaire collectif cette impression, pour celui qui doit y répondre, de se confronter à une armée de personnes de renom, du Prophète – Paix et Bénédictions de Dieu sur lui – aux savants contemporains en passant par les Compagnons et les philosophes musulmans, et tous auraient dit et pensé la même chose sur une question donnée. Quelle personne sensée remettrait en cause cet avis ?

Ce genre d’affirmation, utilisé par énormément de personnes dans la vie de tous les jours, permet ainsi d’appuyer fortement un point de vue et d’asséner un coup décisif au discours de l’adversaire. À moins d’avoir à sa disposition de quoi répliquer.

« L’assurance, c’est haram en l’islam »

L’histoire de Miloud et de l’assurance automobile fera sûrement écho à certains d’entre vous. À l’approche d’une cérémonie de mariage d’un de ses amis, Miloud décide de louer une voiture. Il se rend ainsi chez une compagnie de location de véhicules, sélectionne le modèle de la voiture et s’apprête à effectuer le règlement.

Publicité

Miloud décide de ne pas prendre d’assurance, car « l’assurance, c’est haram en l’islam ».

Après en avoir joui un certain temps, et bien que la voiture eût été louée pour quelques jours seulement, elle entra en collision avec un autre véhicule et fût accidentée.

Le résultat ? Vous vous en doutez sûrement, la compagnie de location de véhicules lui demande un dédommagement, plus de 2000 euros. Miloud fut dévasté.

Imaginons maintenant le discours interne dans son for intérieur et mettons-nous quelques secondes à sa place. Que pouvait-il se dire ? Peut-être ceci :

Publicité

« Pourquoi n’ai-je pas pris d’assurance ? Quelle erreur !

  • Tu le sais bien : « l’assurance est haram en islam ». Tu n’as rien fait de mal, bien au contraire.

  • Je le sais bien, mais je vais maintenant devoir débourser plus de 2000 euros, ce n’est pas une petite somme, et je ne peux d’ailleurs pas me permettre de payer autant maintenant !

  • N’aie crainte, il s’agit-là d’une épreuve divine. Place ta confiance en Dieu, endure, et tu en sortiras gagnant. »

    Publicité

Quelles peuvent-être les conclusions que nous pouvons tirer de ce raisonnement ? Certainement plusieurs, dont la suivante :

Pensant réellement que « l’assurance est haram en islam », Miloud n’a rien à se reprocher, il a agi selon « la volonté Divine ». Ainsi, il s’agit simplement d’une épreuve du Créateur, que Miloud va devoir surmonter.

Mieux encore, il sera convaincu que c’est l’unique explication possible et qu’elle est par conséquent forcément vraie. Cette conclusion apparait correcte et réconfortante pour Miloud : ce n’est pas sa faute. Il n’a plus besoin de faire un effort de réflexion, il a fait de son mieux, Dieu en a décidé autrement. Qu’y pouvons-nous ?

Or, comme nous l’avons dit, il ne s’agit-là que d’une des conclusions que nous pouvons tirer de cette histoire. En existe-t-il une autre plus convaincante ?

Les débats sur l’assurance

Une des simples questions que l’on devrait légitiment se poser est : « Pourquoi l’assurance serait “haram en islam“ ? »

Dans la majorité des discours qu’il m’est arrivé d’entendre de la part des Français de confession musulmane lorsque ce sujet de l’assurance fût évoqué, les arguments avancés étaient globalement les suivants (j’extrapole à peine) :

  • Les jeux de hasards sont interdits en islam. L’assurance étant un jeu de hasard, elle est par conséquent interdite, haram, en islam.

  • Tous les savants le disent / Il y a ijma (ou id̲j̲māʿ, consensus) sur cette question.

Concernant le premier argument, je doute sincèrement qu’une décision juridique ait déjà été prise d’une façon aussi simpliste dans l’histoire de la tradition musulmane. Soutenir ensuite un consensus concernant la question de l’assurance relève au mieux de l’ignorance, au pire de la mauvaise foi.

Mettons fin à un mythe : il n’y a pas de consensus sur … la définition du consensus. Bien que non exhaustive, l’explication de l’Encyclopédie de l’Islam suffit à prouver notre propos :

Niée par les Ḵh̲ārid̲j̲ites (al-Bag̲h̲dādī, Uṣūl, 19) et par al-Naẓẓām (ibid., 19-20), cette validité fait l’objet de longues discussions dans les traités classiques d’uṣūl al-fiḳh. Qu’il s’agisse de l’id̲j̲māʿ ḥanafite étendant le consensus de l’Umma à tous les Croyants ou de l’id̲j̲māʿ ḥazmien le limitant aux seuls Compagnons du Prophète, la démarche est toujours la même;elle consiste à fonder la ḥud̲j̲d̲j̲iyya de l’id̲j̲māʿ sur un texte du «Ḳurʾān ou de la Tradition donnant une raison en langage clair» (Hourani, 19). Cette démarche caractérise pleinement les exigences de la jurisprudence islamique.1

Dans son article Economic Ideas of Ibn ʻĀbidīn: A Legal Analysis, Abdul Azim Islahi, professeur à l’Islamic Economics Research Center King Abdulaziz University à Djeddah, indique que, bien que certains auteurs montrent que différentes formes d’assurances remontent au début de l’islam, l’assurance moderne a été mentionnée pour la première fois dans les sources islamiques par le juriste hanafite Ibn ʻĀbidīn (m. 1252/1836) dans son ouvrage Radd al-Muḥtār. Le mot assurance n’existant pas à son époque, il définit cette nouvelle problématique sous le nom de sūkarah de (sécurité), influencé par le mot Italien siguare et le mot Turque sigorta2. Comment donc pourrait-il y avoir un consensus, avec toutes les définitions qu’on peut lui donner, voire même interdiction de l’assurance en islam, si la question s’est posée qu’à partir du 19ème siècle ?

Supposons tout de même que l’argument est de dire que le consensus existe depuis Ibn ʻĀbidīn. Après une rapide recherche Google, nous nous apercevons qu’il existe effectivement des fatwas qui l’interdise, comme celles des Cheikhs à tendance salafiste Mohamed Ali Ferkous3, Muhammad Salih al-Munadjdjid4 ou encore Ibn Baz.

Ce dernier a eu l’occasion d’étudier la question à plusieurs reprises : d’après le volume 19 de ses Fatâwas traduit par le site IslamHouse, il interdit l’assurance5. Il étudiera de nouveau la question, en compagnie du Cheikh Saleh Ibn Uthaymin et d’autres dans le cadre de la première session de l’Islamic Fiqh Council qui s’est tenue du 10 au 17 Sha’ban 1398H (16 au 23 juillet 1978)6.

Cette fois-ci, l’argumentaire est plus solide et plus nuancé. Solide, car il est stipulé que le Conseil s’est appuyé entre autres sur les écrits des anciens érudits musulmans avant de se prononcer7. Ainsi, en plus de référence aux textes sacrés, il est fait usage de termes référant au droit musulman, tant au niveau des contrats – Mudharabah, association de personnes – que des outils juridiques – qiyas (analogie), ‘urf (coutume). L’avis est ainsi plus nuancé, et il n’est donc pas question de rendre totalement l’assurance illicite, mais de faire la distinction entre l’assurance commerciale, que le Conseil interdit, et l’assurance coopérative, qu’il autorise. Autant d’arguments qui n’ont pas été pris en compte dans les avis donnés plus haut.

Il existe cependant un autre avis : dans cette même session de l’Islamic Fiqh Council, le Cheikh Mustafa Al-Zarqa refuse l’idée que l’assurance commerciale soit considérée haram et a « posé son veto ». Dans la lettre détaillée qu’il rédigea à destination des autres membres du Conseil, il explique qu’il n’existe pas de différence entre l’assurance commerciale et l’assurance coopérative, et pense ainsi que toute assurance fonctionne sur le même principe8.

Dans sa fatwa de février 2006, l’ancien Grand Mufti d’Egypte Cheikh Ali Gomaa va dans le même sens :

[…] En l’espèce, toutes les formes d’assurance sont devenues une nécessité sociale, vu les circonstances de la vie. Elles sont également indispensables en raison du grand nombre de personnes qui travaillent dans les usines et les entreprises dans les secteurs privé et public. Les entreprises cherchent à protéger leurs actifs en capital pour qu’elles remplissent leurs fonctions en ce qui concerne la préservation de l’économie qui est le nerf de la vie. En outre, elles cherchent à protéger leurs employés en leur assurant une sécurité financière dans leur vie actuelle et dans l’avenir. L’assurance n’a pas pour but ni le profit, ni les gains illicites, mais la solidarité, l’entraide et la coopération pour dédommager les préjudices subis en raison d’accidents ou de catastrophes. L’assurance n’est pas non plus une taxe obligatoire, c’est plutôt une solidarité et une entraide dans l’accomplissement des bonnes actions, deux qualités fortement recommandées par l’Islam.9

Pas de consensus donc sur cette question. Le propos exposé ici n’est pas de prendre parti mais de montrer qu’il existe une pluralité d’avis, pluralité présente depuis le début de l’histoire de la tradition musulmane, sur une multitude de questions, et qu’il s’agit-là d’une miséricorde. N’oublions pas que les travaux fournis par les érudits musulmans restent des efforts d’interprétations humains, et qu’ils peuvent de ce fait être erronés, non adaptés pour notre époque, critiquables. Si l’on veut pouvoir faire ses propres choix objectivement, en toute sincérité, et de façon éclairée, nous nous devons, de toute urgence, comme nous le rappel si bien le Coran, raisonner.

Développer son esprit critique

Nous venons de le voir, il est possible de rendre nul un argument se basant sur le consensus. Et à vrai dire, il n’est pas nécessaire de faire le travail que nous venons d’effectuer. D’un point de vue logique, il est très difficile d’affirmer quelque chose d’universelle : un simple contre-exemple permet de réfuter l’argument. Aristote l’explique très bien :

[…] l’affirmative universelle est la plus difficile à établir et la plus facile à réfuter ; et en général les universelles sont plus faciles pour celui qui attaque que les particulières […].10

Une fois compris la faille, il est très facile d’infirmer une affirmation de type « tous les savants l’ont dit », « il y a consensus sur telle question », ou encore « l’islam c’est comme cela ». De la même manière, et dans une perspective plus générale, la majorité écrasante des idées du genre « tous les mêmes » est réfutable. Exit donc les affirmations comme « ils sont tous racistes », « ce sont tous des voleurs », « tout le monde agit comme cela », « l’islam est un danger pour la République », « Les musulmans sont un danger potentiel pour l’Occident » mais aussi « tous les non-musulmans iront en Enfer ». Sur ce dernier cas, nous tenterons d’apporter quelques éléments d’explications dans un futur billet, si Dieu le veut.

La force, en apparence, de ce genre d’affirmation est qu’elle mêle à minima argument du nombre et argument d’autorité. Marianne Doury, professeure en sciences du langage à l’Université Paris-Descartes, nous rappelle que l’argument du nombre est un paralogisme11 (raisonnement faux dû à une erreur de son auteur) tandis que l’argument d’autorité peut être considéré comme une tentative d’intimidation12, vous vous souvenez, l’idée d’affronter une armée de savants.

Inspirée de faits réels, l’histoire de Miloud témoigne d’un malaise que vivent certainement beaucoup de musulmans de par le monde chaque jour : ils sont convaincus de prendre des décisions rationnelles et réfléchies.

La réalité est tout autre : le schème de pensée et le prisme de lecture est très subjective et limitée. Des outils et moyens de réflexions leur ont été volontairement ou involontairement occultés, les plongeant dans une forte ignorance, une vérité illusoire. Nous nous devons d’emprunter le chemin du savoir et de la vérité, quitte à ébranler nos croyances les plus profondes. Et cela passera, à mon sens, premièrement par l’apprentissage des sciences sociales, et principalement le fonctionnement de la logique, la dialectique, la rhétorique, le sophisme, les sciences du langage, mais aussi par la quête de Dieu en tout vérité et en toute sincérité, la recherche de l’ihsan, l’excellence dans la foi. L’islam est bien plus riche, plus fin et plus beau que ce qu’on essaie, de part et d’autre, de nous faire croire.

Pour la petite histoire, la mésaventure de Miloud (nom d’emprunt) s’est bien terminée.

Et Dieu est Le plus Savant.

Bibliographie

Al-Zarqa, Mustafa. « Dissent of Dr. Mustafa Al-Zarqa ». Practical Islamic Finance. Consulté le 30 septembre 2019. https://practicalislamicfinance.com/wp-content/uploads/2017/01/dissent-of-mustapha-al-zarqa.pdf.

Aristote. Premiers analytiques. Traduit par Michel Crubellier. Paris: Flammarion, 2014.

Bernand, M. « Id̲j̲māʿ ». Encyclopédie de l’Islam, 1 octobre 2010. http://referenceworks.brillonline.com/entries/encyclopedie-de-l-islam/idjma-COM_0350?s.num=2&s.f.s2_parent=s.f.book.encyclopedie-de-l-islam&s.q=ijma.

Doury, Marianne. « « Ce n’est pas un argument ! » Sur quelques aspects des théorisations spontanées de l’argumentation ». Pratiques. Linguistique, littérature, didactique, no 139140 (15 décembre 2008): 11128. https://doi.org/10.4000/pratiques.1207.

Ferkous, Mohamed Ali. « Le jugement concernant l’assurance commerciale | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS ». Consulté le 27 septembre 2019. https://ferkous.com/home/?q=fr/fatwa-fr-119.

Gomaa, Ali. « Les Fatwas – Assurance-Voiture ». Consulté le 28 septembre 2019. http://dar-alifta.org/ViewFatwa.aspx?ID=2062&LangID=3.

Islahi, Abdul Azim. « Economic Ideas of Ibn ‘Ābidīn: A Legal Analysis », 2014. https://mpra.ub.uni-muenchen.de/80558/1/MPRA_paper_80558.pdf.

Islamhouse. « Compilation des fatwas de Cheikh Ibn Baz volume 19 ». Consulté le 27 septembre 2019. http://www.islamfrance.com/livres/Fatawa_ibnBaz_Volume_19.pdf.

Islamic Fiqh Council. « The Fifth Resolution on Insurance with Its Various Kinds and Forms ». Practical Islamic Finance. Consulté le 30 septembre 2019. https://practicalislamicfinance.com/wp-content/uploads/2017/01/erroneous-resolution-of-islamic-fiqh-council-on-insurance.pdf.

Munadjdjid, Muhammad Salih al-. « La réalité de l’assurance et son statut – Islam en questions et réponses ». Consulté le 27 septembre 2019. https://islamqa.info/fr/answers/8889/la-realite-de-lassurance-et-son-statut.

1 M. Bernand, « Id̲j̲māʿ », Encyclopédie de l’Islam, 1 octobre 2010, http://referenceworks.brillonline.com/entries/encyclopedie-de-l-islam/idjma-COM_0350?s.num=2&s.f.s2_parent=s.f.book.encyclopedie-de-l-islam&s.q=ijma.

2 Abdul Azim Islahi, « Economic Ideas of Ibn ‘Ābidīn: A Legal Analysis », 2014, 5, https://mpra.ub.uni-muenchen.de/80558/1/MPRA_paper_80558.pdf.

3 Mohamed Ali Ferkous, « Le jugement concernant l’assurance commerciale | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS », consulté le 27 septembre 2019, https://ferkous.com/home/?q=fr/fatwa-fr-119.

4 Muhammad Salih al-Munadjdjid, « La réalité de l’assurance et son statut – Islam en questions et réponses », consulté le 27 septembre 2019, https://islamqa.info/fr/answers/8889/la-realite-de-lassurance-et-son-statut.

5 « L’assurance est interdite par principe, car c’est de l’usure et l’aléa. Le fidèle paye une petite somme d’argent et en perçoit une grosse somme, comme il peut aussi ne rien avoir. L’entreprise peut connaître une perte importante. Elle ne pourra pas collecter de-ci, de-là. On tire un bénéfice, d’une part, mais d’autre part on peut payer dix milles à la société d’assurance et des dizaines de celle-ci peut perdre des milliers en retour, d’où l’aspect aléatoire. », Islamhouse, « Compilation des fatwas de Cheikh Ibn Baz volume 19 », 119, consulté le 27 septembre 2019, http://www.islamfrance.com/livres/Fatawa_ibnBaz_Volume_19.pdf.

6 Islamic Fiqh Council, « The Fifth Resolution on Insurance with Its Various Kinds and Forms », Practical Islamic Finance, consulté le 30 septembre 2019, https://practicalislamicfinance.com/wp-content/uploads/2017/01/erroneous-resolution-of-islamic-fiqh-council-on-insurance.pdf.

7 « […]after having been acquainted with many Muslim scholars’ writings in this regard[…] » ibid., 44.

8 Mustafa Al-Zarqa, « Dissent of Dr. Mustafa Al-Zarqa », Practical Islamic Finance, 55, consulté le 30 septembre 2019, https://practicalislamicfinance.com/wp-content/uploads/2017/01/dissent-of-mustapha-al-zarqa.pdf.

9 Ali Gomaa, « Les Fatwas – Assurance-Voiture », consulté le 28 septembre 2019, http://dar-alifta.org/ViewFatwa.aspx?ID=2062&LangID=3.

10 Aristote, Premiers analytiques, trad. par Michel Crubellier (Paris: Flammarion, 2014), 124.

11 Marianne Doury, « « Ce n’est pas un argument ! » Sur quelques aspects des théorisations spontanées de l’argumentation », Pratiques. Linguistique, littérature, didactique, no 139‑140 (15 décembre 2008): paragr. 24, https://doi.org/10.4000/pratiques.1207.

12 « […] le recours à une autorité tierce est très ambivalent : il peut être dénoncé comme une tentative d’intimidation et une stratégie pour éviter le fond du sujet […] », ibid., paragr. 29.

Publicité

22 commentaires

Laissez un commentaire
    • J’ai cru un moment que mon texte précédent avait été éliminé. Il n’en est rien. Et je ne peux que féliciter les responsables de votre site pour leur ouverture d’esprit. On est sur la bonne voie du dialogue.

  1. Je retiens principalement le paragraphe « Développer son esprit critique ». C’est fondamental si on veut enlever les préjugés sur l’islam.
    L’exemple de l’assurance est particulièrement significatif. Qui a décrété que « l’assurance est haram » ? Le développement de l’esprit critique est difficile dans la mentalité musulmane. Et j’y vois plusieurs raisons :
    – La confiance en de mystérieux « savants » dont on ne connait pas les origines, et dont on cite rarement les noms.
    – L’ annihilation de la conscience morale et de l’esprit critique par les concepts absurdes de « haram » et de « hallal », généralement exprimés sans fondements raisonnés
    – L’absence de critique historique sur les textes fondateurs, Coran et hadiths.
    – Conséquence de cette absence, on passe généralement sous silence les textes qui ne s’accordent pas avec la société actuelle. Par exemple, on mettra en valeur les textes qui préconisent le pardon, la générosité, la tolérance – et il y en a. Ou ceux qui mettent en valeur une apparence d’égalité hommes – femmes. Mais on occultera complètement les appels aux meurtres, au racisme, ou à l’apartheid des femmes.

  2. S’agissant des préjugés sur l’Islam, il y a un texte de Rumi, qui dit ” quand tu vas à la montagne et que tu cris, si la montagne te renvoie le cri de l’âne c’est que tu as fait l’âne”.
    Aujourd’hui nous en sommes là, parce que pour beaucoup de prétendus musulmans, l’Islam se résume à des interdits, à masquer les femmes avec des accoutrements qui n’ont rien de musulmans, parce que les hommes ne veulent pas faire l’effort d’apprivoiser leurs bas instincts, que certains hommes pensent que c’est la barbe et la djallah qui fait le musulman, parce que beaucoup ont oublié que l’Islam c’est avant tout une spiritualité et que si elle a rapidement conquis une bonne partie de l’humanité c’est qu’elle professait la tolérance, et excluait tout clergé donneur de leçons qui ne les appliquait qu’autres et certainement pas à eux même; alors qu’elle est la religion la plus tolérante, certains ont en fait un instrument politique pour la dénaturer et mener tous les musulmans vers la catastrophe qui s’annonce. La détérioration de l’image de l’Islam a évolué symétriquement avec le succès et la propagation de la doctrine des frères musulmans c’est un fait indéniable. A titre d’exemple, là ou leurs mentors du golf dépensent 1 Millard de $ pour créer une école de sport de haut niveaux (pour exploiter des jeunes talents issus de pays pauvres) , les ancetres lointains dépensaient quant à eux des fortunes pour recherche des livres scientifiques, philosophiques, ouvrir des bibliothèques, former des savants … et ce sont les européens qui venaient alors chercher le savoir et l’ouverture d’esprit en terre d’Islam.
    “Cherche la science du berceau au tombeau”, au sens propre et au sens figuré, et beaucoup ont oublié cette recommandation.

  3. Aucun souci sur les divergences tant qu’elles ne touchent que les fourou’ au niveau du fiqh.
    Ces divergences ont inéluctables, celui qui est en capacité de faire l’ijtihad (effort de réflexion) ayant un bagage nécessaire qu’il le fasse.
    Il n’y a donc pas péril …
    En revanche, sur les sujets qui fâchent et qui sont catastrophiques car anéantissent les bonnes œuvres, comme le shirk, pas d’article ?

  4. Je lis de tout et n’importe quoi sur cette page.
    1 – Les sciences ne se limitent pas aux sciences dites dures ou techniques. Les sciences humaines ça existe.
    2 – Ce sont des savants, n’en déplaise à tout le monde ici car ils ont soit une licence soit un doctorat passés dans une université souvent avec une double voire triple compétence.
    3 – Il ne peut pas y avoir une seule vérité autant qu’il n’y a pas une seule société mondiale et un seul cas de figure selon une problématique. Chaque vie est différente par son vécu.
    4 – Une assurance ne se limite pas à ce qui a été dit. La réforme sous Sarkozy a par exemple permis aux banques d’assurer qui en réalité sont des accords, le plus souvent, avec les assureurs “historiques”. Bref, l’affaire est complexe et savoir où on met son argent est intéressant.
    5 – Ceux qui villipendent tous les savants en bloc sont aussi fin qu’un éléphant rose marchant sur de la porcelaine. Il faut savoir se guider quand on consulte des savants afin de trouver les bons avis concernant sa problématique : Qui parle? Si il parle d’économie ou d’assurance, a-t-il des compétences-dilpôme en assurance ou économie et d’où tient-il ses infos? Son avis est-il compréhensible et bien expliqué pour que je puisse le raisonner à ma manière selon mes capacités propres?

    Selon le Noble Coran, personne n’est destiné à porter le péché d’un autre mais les savants ont un immense devoir car ils sont responsables de ce qu’ils disent. La responsabilité est indivduelle et la relation doit être de raison et de coeur et non pas servile avec du prêt-à-penser. Se moquer des savants démontre qu’on a rien compris tout autant que les savants qui donnent des avis malgré une incompétence avérée dans le domaine est interdit. Néanmoins, toutes les décisions se font collégialement. Il faut donc rester prudent et comme le dit l’auteur : raisonner. En lisant les savants, cela permet de s’attaquer à un sujet qui a déjà été réfléchi par des musulmans scientifiques. Ainsi, les textes nécessaires sont regroupés et étudiés. Il est donc facile de les lire et de s’en faire une idée. Leur boulot essentiel est de réunir toutes les problématiques et de faciliter l’accès à leur réfléxion grâce à un effort préalable.

    Personnellement, mes assurances, je ne les prends pas dans une banque et je les choisis en fonction de mes critères choisis et réfléchis comme par exemple leur réputation concernant l’embauche des discriminés, handicapés, BDS, qui sont les dirigeants parmi lesquels l’ascenceur social doit clairement être visible. Il y a une responsabilité dans chaque centime dépensé car nous rendrons des comptes là-dessus.

    • 3 – Il ne peut pas y avoir une seule vérité autant qu’il n’y a pas une seule société mondiale et un seul cas de figure selon une problématique. Chaque vie est différente par son vécu.

      affirmation facile à déconstruire.
      1°Dieu est-Il la Vérité ? (la réponse tient en “oui” ou “non”. nul besoin de développer.)
      2°Dieu est-Il Unique, Seul, Un ? (la réponse tient en “oui” ou “non”. nul besoin de développer.)
      3°Pour finir, que dites-vous de la Vérité ? Qu’elle est Une ou Multiple ?

      il sera aisé de me comprendre avec ce verset :
      [62] Et il en est ainsi parce que Dieu est la Vérité même, alors que ce qu’ils invoquent en dehors de Lui n’est que fausseté, et que Dieu est le Sublime et le Grand. (sourate 22)

      • Salam,
        Oui, la vérité est large, grande et pas rétrécie, petite, obtue. C’est en ce sens qu’il faut le comprendre. La vérité est complexe même si elle peut devenir évidente. Si Dieu est l’Unique Vérité (chacun s’en apercervra très bien à son dernier souffle), Il est également l’Inconnaissable et l’Approchable. Un savant ne peut pas énoncer une solution unique à toutes les problématiques. Cela n’a aucun sens. Si vous ne comprenez pas ce que je veux dire, je n’y peux rien. Il peut simplement aider à la réflexion et je ne sais pas si vous en avez déjà consulté (j’en doute) mais lui-même s’évertue à bien indiquer que ce sont des conseils selon sa propre compréhension tout en expliquant et en étant prêt à vous faire des copies de textes. Il laisse libre votre choix car c’est entre Dieu et vous. Beaucoup de musulmans ne savent même pas comment on doit régler ses affaires en tant que musulman et ce qui a fait cette fameuse gloire d’antan. Combien consultent au bas mot? 10%, 20%, 50%? Parions que cela reste dérisoire mais que les critiques ignorantes fusent.

        Je sais que vous êtes dans un certain tripe, un peu à l’instar de l’auteur, concernant les savants. Mais que cela soit vous ou l’auteur, posez-vous une question. Qui est considéré comme un Âlim? Avant, ils étaient tous diplômés en université et de nos jours, vous, moi, l’auteur et tant d’autres sur ce site, diplômés j’entends, sont comme des oulémas par conséquent.
        Alors, maintenant que la définition est claire ainsi que le contexte, quelle est cette majorité que le prophète sws a prévenu qu’elle égarerait et qu’elle est elle-même égarée et corrompue, qu’elle lit le Noble Coran sans rien y comprendre, pire qu’elle ne sait même pas lire l’arabe et donc la langue du Noble Coran tout en se prétendant être capable de réfléchir une science universitaire : l’islam qui est une science avec ses codes et son langage. La réponse devient plus complexe qu’elle n’apparaissait au premier abord n’est-ce pas. C’est cela la vérité car pour lire le message de Dieu, il faut apprendre à le lire, n’est-ce pas. La vérité bien que complexe n’est qu’évidence pour les dénués de tortuosité. Et si l’intelligence peut être un don de Dieu au croyant sans diplôme, Dieu a institué les savants car ils étudient des sujets complexes en y passant leur vie. Après, c’est à chacun de raisonner pour ceux qui en ont les capacités bien que le coeur y a une part très importante.

        Salam

        • Kalim diplomé universitaire???? alors là, moi je suis Napoléon, ou alors il existe une licence kebab…merci d’arrêter de raconter n’importe quoi

  5. Je ne comprends pas toute l’argutie développée autour de l’assurance. Il s’agit tout simplement d’un système de mutualisation des risques face à leur existence, à leur multiplication et à leurs conséquences croissantes. C’est le même raisonnement qui a conduit à la Sécu, le chômage ou aux retraites par répartition : la socialisation des sociétés.
    Que des gestionnaires en fasse commerce, c’est autre chose : d’un côté (assurances) ce sont les assurés qui payent la structure et les rémunérations, de l’autre (Sécu, chômage et retraites), ce sont les entreprises et les salariés. Dans les deux cas, il y a un deuxième niveau d’assurance, pour l’une ce sont les compagnies de réassurance (pour les gros sinistres) de l’autre ce sont les déficits du budget de L’État. Deux mécaniques différentes qui reviennent exactement au même.

  6. Assalamou ‘alaïkoum, à l’intention de notre cher auteur et frère en Dieu. Je vous demande votre avis sur l’article du Dr Al ‘Ajamï sur la ribâ, l’usure et l’intérêt, et principalement sur l’étymologie qu’il donne du mot ribâ.

    Voici l’article que je déposes ici en lien, qu’Allah vous augmente et accroisse en savoir au bénéfice des Musulmans. Déconstruisons les idées fausses, les préjugés pour découvrir la vérité originelle de notre dine.

    https://oumma.com/la-riba-le-pret-a-interet-et-lusure-sont-ils-haram-selon-le-coran-et-en-islam/

    Croissant de lune.

  7. Il faut juste reconnaître que les questions contemporaines ne trouveront pas de réponses dans les textes ou interprétations des « savants » des textes.
    Vous prenez l’exemple des assurances qui n’est pas le plus pertinent. Des « savants » ont débattu pour savoir si le don d’organes était halal ou haram.
    Ça en devient un feuilleton hilarant après chaque questions contemporaines dont les « savants » ont la lourde responsabilité de guider les ouailles qui ne savent pas s’ils ont le droit de réfléchir par eux-mêmes ou non.

    • Voilà une parole lucide. Sans clergé mais avec des « savants » en pagaille, autant dire que l’islam ressemble à un carcan de plus en plus oppressant. Bientôt les musulmans assujettis demanderont des avis pour pisser à la bonne heure et au bon endroit. Dire que certains prétendaient que l’islam était une religion simple, sans intermédiaire entre les croyants et Dieu. C’est finalement tout le contraire. On se mêle en permanence d’expliquer au voisin ce qu’il doit penser, dire ou faire. On débat à n’en plus finir sur des futilités en perdant totalement de vue l’essentiel, la spiritualité. Avec un tel contrôle social, autant dire que le 1984 de Orwell est dépassé. C’est dans doute pour ça que Sansal a écrit 2084.

  8. Le terme “savant” prête un peu à confusion. Qui est savant? Einstein, ou Quaradawi? Dirac, ou l’imam de Brest? (Modéré, paraît-il). Planck, ou Hani Ramadan?
    Sur qu’il y a là matière à débat.

    • Une chose est certaine, il n y a pas de Clergé dans l’islam, le terme savant veut dire des gens qui connaissent mieux que les autres, et encore, leur avis n’est pas une constante dans le temps.

      Dirac Einstein Planck est la science fondamentale, cela n’intéresse personne.
      J’ai étudié Dirac Planck et toute l’équipe à Paris, il y a longtemps, cela n’a servi à rien, même pas pour être à l’abri du besoin.
      Mon grand père avait une terre à labourer, des moutons, des vaches, il était l’homme le plus heureux au monde.

  9. Il m’est permis d’avorter selon tel savant.
    Il m’est permis d’avorter jusqu’à tel delai selon un autre.
    Il m’est permis d’avorter jusqu’à un délai différent de l’avis de ce deuxième.
    Il m’est interdit d’avorter.

    Pour un même problème, quatre avis.
    Mais la Vérité est unique, a moins que les musulmans ne soient plus monothéistes.

    “(,,,) il existe une pluralité d’avis, pluralité présente depuis le début de l’histoire de la tradition musulmane, sur une multitude de questions, et qu’il s’agit-là d’une miséricorde.”, dit l’auteur.

    C’est donc ça, la miséricorde ? Des avis contradictoires ? Ou serait-ce plutôt de belles âneries dont on cherche à affubler le Seigneur ?

    Je suis choqué qu’on y voie là miséricorde. C’est plutôt le nom de giga bordel qui conviendrait.

    Article par suite assez faux et même déplorable car nous appelant à user d’esprit critique que l’auteur se refuse d’appliquer a lui-même (sans quoi il eût vu ce dont je parlais).

  10. Les “savants” peut-être, mais que s’est-il encore passé il y a quelques jours à Paris ?
    L’islam doit regarder ses contradictions en face, au lieu de se retrancher derrière la dénonciation habituelle de la fameuse islamophobie.

      • Leroy,
        Je ne veut pas vous contredire.
        Religion pour vous n’est pas religion pour moi.

        L’islam est une religion dotée de charia (code de vie), personne au monde ne peut dire le contraire.
        C’est bien, ce n’est pas bien, c’est une autre histoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Algérie : le grand gâchis (Arte)

Élections législatives en Tunisie