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Dans les méandres de l’« Apothéose de la vérité », une réflexion autour de l’unicité divine.

Idriss El Khatib : ses ouvrages

Idriss El Khatib est un jeune écrivain marocain de Casablanca, notaire de profession, il vient de faire sortir chez les Editions JHD en France son troisième ouvrage intitulé « Apothéose de la vérité ». Un ouvrage de philosophie théologique dans lequel l’auteur propose une réflexion autour de l’unicité divine. Il expose l’idée qu’il existe trois propositions exhaustives et mutuellement exclusives concernant l’idée de Dieu : soit il n’y en a pas, soit il y en a un seul, soit il y a plusieurs dieux. Il évoque ensuite des thèmes tels que la justice, la théorie de la connaissance, entre autres. 

Son premier travail intitulé « La lettre de créance, apothéose de la vérité » est sorti en 2018 chez les éditions Dar El Koutoub El Ilmia au Maroc. Cet essai, comme le rappelle l’écrivain, comprend « une démonstration philosophique de l’unicité divine ». Pour fonder ce raisonnement, il a fait une déduction du Coran, notamment la sourate Al Ikhlass et le verset Al Kourssi. Le tout en alliant une interprétation théologique à des fonctions mathématiques. 

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Son deuxième essai intitulé « De la Quête du Divin : que puis-je savoir sur le chemin ? » sorti chez Rheartis en France en 2020. Pour présenter cet ouvrage, notre écrivain nous apprend que :

« Si cette démonstration ne vous convient pas alors, réfutez-la, tentez de démontrer que mon propos est fallacieux et/ou spécieux en montrant que la vérité n’est pas égale à elle-même afin de montrer qu’il n’y a pas au moins un Dieu ou montrez qu’il y a une multitude de Dieux. Cette démonstration a été rendue possible sous inspiration divine et le diable s’est caché loin de mon propos vaincu par la Force rhétorique et rigoureuse du Dieu Unique qui n’a pas d’associé. Dieu a donc inspiré. La Preuve de Dieu vient de Dieu… »

Présentation de l’ouvrage

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Revenons donc à son dernier travail : « Apothéose de la vérité » qui est un essai théologique composé de six chapitres. L’auteur nous fait parcourir un cheminement intellectuel et spirituel dont le vecteur principal n’est autre que Dieu.

Le premier chapitre est philosophique, il traite de la distinction entre vérité et réalité en adoptant une position réaliste. L’auteur évoque les propriétés de la réalité ainsi que celles de la vérité dans un exposé mêlant argumentations et exemples afin d’éclairer son propos. Le premier chapitre qui est l’introduction de l’ouvrage est une sorte de prérequis pour aborder la suite.

Une fois la distinction entre réalité et vérité établie, l’auteur nous propose de poursuivre la quête intellectuelle à travers une démonstration rigoureuse. L’auteur décline trois propositions concernant l’idée de Dieu : Soit il n’y a pas de Dieu, soit il y a un seul Dieu, soit il y a plusieurs Dieux (quel que soit le nombre). Ces trois propositions sont mutuellement exclusives par rapport à l’idée de Dieu et exhaustives. C’est-à-dire qu’une seule proposition est vraie à l’exclusion des deux autres et il n’y a pas de quatrième proposition concernant le concept de Dieu.

Tout d’abord, l’auteur étudie la proposition : il n’y a pas de Dieu. Rapidement, il nous montre que s’il n’y a pas de Dieu deux thèses expliqueraient la nature des choses : un univers incréé ou le hasard absolu (tout viendrait du hasard). Dans l’introduction l’auteur réfute l’idée d’un univers incréé rationnellement il traite donc le hasard absolu dans un exposé détaillé dans lequel il recherche le hasard absolu dans l’Homme, la Nature et le Cosmos.

Il arrive à la conclusion que le hasard absolu n’existe pas mais il y a une part de hasard dit « relatif » au niveau de la physique quantique. Il déduit qu’il y a un Créateur qui a créé l’univers selon une règle (loi) et l’exception (hasard). Cette conclusion fait suite à une démonstration par l’absurde et le contre-exemple. En effet, l’univers incréé étant réfuté dans l’introduction (et de nouveau dans la partie « Cosmos »), on se retrouve avec deux thèses contradictoires « Le Créateur » ou « Le Hasard » comme explication rationnelle. C’est une apagogie positive où l’invalidation d’une thèse valide l’autre automatiquement. L’auteur conclut donc à la fin de ce chapitre qu’il y a un Créateur auquel il prête certaines caractéristiques issues de l’exposé qui a précédé.

Le deuxième chapitre est consacré à la proposition : « il y a plusieurs Dieux » que l’auteur développe en deux parties : la première partie est intitulé l’Inégalité et la seconde l’Egalité. Dans la première partie l’auteur s’interroge sur le cas où les Dieux seraient inégaux entre eux, il montre les contradictions d’une telle proposition et en déduit que la Divinité est Unique et Absolue.

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Dans la seconde partie, l’auteur étudie le cas où les Dieux seraient égaux entre eux. Cette étude se divise en trois grandes parties dont les deux principales sont « La coexistence » et le « chaos ». Dans ces deux cas, l’auteur montre les contradictions que la multiplicité des Dieux et l’omniprésence d’une seule et unique Divinité.

L’auteur en conclut naturellement que la Divinité est Unique et Une. Et le Dieu a certains attributs issus des deux parties traitées.

Idriss El Khatib

Suite à cette démonstration, l’auteur tire trois corollaires principaux dont la dernier est la réfutation de la Trinité qui avance que Dieu serait Unique en Trois car cela s’oppose frontalement à la démonstration.

Le troisième chapitre débute par un récapitulatif de la vertu de la Preuve, et d’une partie sur l’enjeu juridique et politique de la Preuve de Dieu. L’auteur appose le nom propre Allah à au nom commun Dieu. Il nous rappelle que la charge de la Preuve de Dieu incombe à Allah, et que cette Preuve d’Allah est non seulement à portée philosophico-théologique mais aussi politique et juridique. L’auteur nous énonce le droit auquel il prétend et demande par la même la reconnaissance de son statut. Le reste du chapitre est consacré à la Justice, la Foi, la Connaissance et la Rétribution Finale.

L’auteur nous montre que la Justice doit être universelle et que son pouvoir de punir doit être aussi en lien avec le pouvoir de récompenser afin que la Justice soit complète. Quant à la Foi, l’auteur insiste que ce domaine appartient à l’intime mais il y a un enseignement religieux qui permet d’approfondir la question. En ce qui concerne la connaissance, le lecteur est appelé à développer sa propre gnose puisque la relation avec le Divin est individuelle et particulière, enfin la rétribution finale appelle la personne au salut à travers une Apothéose personnelle.

L’auteur poursuit son cheminement spirituel lors du quatrième chapitre avec un exposé de mystique mathématique où il initie le lecteur à une approche ésotérique de la mathématique ainsi que sa portée eschatologique.

Le cinquième chapitre est un hymne à la morale qu’il conclut par l’appel à l’Amour.

Enfin le sixième chapitre est une description personnelle du Sens de l’Histoire au regard de la prophétie qui donne un aperçu sur quel est le plan Divin mondain pour l’Humanité.

’’Est-ce que celui qui se base sur une preuve claire venant de son Seigneur est comparable à ceux dont on a embelli les mauvaises actions et qui ont suivi leurs propres passions.’’

أَفَمَن كَانَ عَلَى بَيِّنَةٍ مِّن رَّبِّهِ كَمَن زُيِّنَ لَهُ سُوءُ عَمَلِهِ وَاتَّبَعُوا أَهْوَاءَهُم

(sourate 47, verset 14).

Conclusion

En conclusion on peut dire que « L’Apothéose de la vérité » aborde le thème de la philosophie théologique et s’inscrit dans une démarche de philosophie religieuse à travers laquelle Idriss El Khatib s’efforce d’apporter une démonstration cohérente de l’Unicité Divine. Vient ensuite un traité ésotérique basé sur la mathématique qui rejoint l’idée de la démonstration, suivi d’une analyse de la morale et de l’amour, pour se terminer sur le sens de l’Histoire au regard de la prophétie.

Ainsi, l’auteur nous apprend que :

« Il est question d’apagogie positive car je mets en opposition l’idée du créateur à celui du hasard, sachant que l’idée d’un univers incréé a été réfutée dans l’introduction.
Ainsi si l’on invalide une proposition alors nécessairement l’autre est vraie.
J’avance ainsi pour démontrer qu’il y a au moins un Dieu dans un premier temps et démontrer qu’il n’y a pas plusieurs dans un second temps en montrant que Dieu est Unique et Un. Cette démonstration est par l’absurde dans les deux cas, je mets en exergue des contradictions qui réfutent naturellement la thèse adverse.
Ainsi, la preuve d’Allah est apodictique dans la mesure où le résultat de la démonstration est nécessaire et universel : il ne peut en être autrement, selon la démonstration. »

Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed Chtatou sur Twitter : @Ayurinu

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