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Attaque mosquée Norvège : un fidèle pakistanais de 65 ans salué en héros pour avoir désarmé le terroriste islamophobe

Huit ans après le massacre de masse qui faucha 77 vies innocentes à Oslo et Utoya, en juillet 2011 – la plupart des victimes étaient des adolescents séjournant dans un camp de jeunes – et près de cinq mois après le bain de sang qui endeuilla lourdement les mosquées Al Noor et Linwood à Christchurch – 51 fidèles furent lâchement abattus en plein recueillement – Philip Manshaus, 21 ans, mû par la même fureur meurtrière que le néo-nazi norvégien Anders Behring Breivik et le suprémaciste blanc australien Brenton Tarrant, a ouvert le feu dans une mosquée, en Norvège.

Anders Breivik, condamné à 21 ans de prison, effectuant le salut nazi dans le tribunal d’Oslo

Inspiré par l’abomination des crimes commis par ces deux terroristes d’extrême-droite, lesquels, à quelques années d’intervalle, ont crânement revendiqué leur appartenance et leur croisade islamophobe, le jeune auteur de la fusillade qui, samedi 10 août, était déterminé à faire un carnage dans le Centre islamique Al Noor, près d’Oslo, a esquissé un sourire glaçant devant ses juges et les caméras.
Suspecté d’avoir tué sa demi-sœur avant de faire irruption dans une enceinte sacrée musulmane, qui fut fracassante et se voulait sanglante, Philip Manshaus, placé lundi en détention provisoire pour quatre semaines, devra répondre de deux chefs d’inculpation : « acte terroriste » et « homicide ».
Un sourire terrifiant s’est dessiné sur le visage de Philip Manshaus dans le prétoire. Un visage tuméfié, suite à son affrontement avec Mohammad Rafiq

Fortement ébranlée par cette nouvelle incursion violente dans une mosquée qui aurait pu être tragique – un seul blessé est à déplorer – la communauté musulmane de Norvège refuse toutefois de céder à la peur paralysante. Elle préfère surmonter son traumatisme en saluant la bravoure extraordinaire d’un de ses membres, âgé de 65 ans, sans l’intervention duquel l’horreur se serait produite.
Elevé au rang de héros par ses coreligionnaires admiratifs et des autorités norvégiennes intarissables d’éloges, Mohammad Rafiq, un officier de l’armée de l’air pakistanaise à la retraite, a fait le récit de son interposition salvatrice, menée au péril de sa vie, avec une humilité qui le grandit encore plus aux yeux de tous.
                             Mohammad Rafiq

« J’ai soudainement entendu des coups de feu venant de l’extérieur », a-t-il expliqué. « Le terroriste a commencé à tirer en direction de deux hommes. C’est à ce moment-là que je me suis rué vers lui pour le déstabiliser et le désarmer. Il était muni de deux armes et d’un pistolet en forme de fusil de chasse », a-t-il poursuivi. « De là, s’est ensuivie une bagarre entre nous deux, il m’a enfoncé violemment le doigt dans l’œil. Un fidèle, me voyant affaibli, a aussitôt accouru pour me prêter main forte », a ajouté Mohammaf Rafiq, encore sous le coup d’une vive émotion.
« L’assaillant a cassé une porte vitrée et s’est mis à tirer. Il ne fait aucun doute que la réaction rapide, déterminée et d’un courage inouï de Mohammad Rafiq, et d’autres fidèles qui ont été encouragés à faire preuve de la même farouche combativité, a évité qu’un drame terrible ne survienne dans notre mosquée », a déclaré avec gravité Irfan Mushtaq, un membre éminent du conseil d’administration du Centre islamique Al Noor.

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