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La « casse d’en bas » et la « casse d’en haut » : la charge d’Emmanuel Todd

Sur le plateau du Figaro TV, Emmanuel Todd invite à regarder au-delà des images de pillages pour interroger une autre forme de destruction : celle qu’il impute aux catégories dirigeantes. L’historien et démographe affirme être « personnellement horrifié » par les mises à sac de magasins. « Il faut travailler et payer […] pas voler », insiste-t-il. Mais cette condamnation s’accompagne d’un appel à examiner la dégradation du pays dans son ensemble : à la « casse d’en bas » répondrait une « casse d’en haut », moins visible, mais autrement plus lourde de conséquences.

Le « nihilisme », selon Todd, caractérise ainsi davantage des élites qui « n’aiment plus leur pays » et ne défendent plus la nation que les auteurs de dégradations. Pour illustrer son propos, il oppose 400 millions d’euros de dégâts évoqués dans l’entretien à un coût de l’euro pour la France qu’il chiffre à 4 000 milliards d’euros, en invoquant des travaux d’instituts allemands. Une estimation dont les sources et la méthode ne sont pas précisées dans cet extrait, et qu’il présente lui-même avec prudence.

Sa conclusion prend la forme d’une interpellation : « Qui doit passer en comparution immédiate ? » Ceux qui ont détruit l’industrie française, demande-t-il, ou ceux qui ont saccagé des magasins ? Une manière de poser la question de la responsabilité des dirigeants et de la différence de traitement entre les dégâts immédiatement visibles et ceux des choix économiques.

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