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­L’identité heureuse penser l’islam de France, pour une nation unie, diverse et apaisée

CHAPITRE I : LA FEMME EN ISLAM : ENTRE FANATSMES ET RÉALITÉS

Dans l’esprit de nombre de musulmans, ce sont les préceptes de la loi et le droit en tant que tels qui priment et non les finalités pour lesquels ceux-ci ont été institués et cela se vérifie dans les choses de la vie quotidienne.

De nos jours, le musulman cherchera volontiers, pour apaiser sa conscience et être en accord avec sa compréhension de la foi, la réponse à ses interrogations, à ses problèmes, dans l’avis d’un juriste, qui parfois n’a qu’une connaissance sommaire du cas qui lui est exposé, ou d’une fatwa en rupture avec les exigences et les réalités du contexte et avec le cas pour lequel elle a été prononcée.

Dans un contexte mondial où ce sont principalement les femmes qui subissent l’oppression, qu’elle soit physique, morale ou verbale, il est du devoir de tout musulman et plus spécifiquement de l’homme ou la femme de science capable de prendre suffisamment de recul et de faire preuve de bon sens, d’entreprendre une lecture éclairée et contextualisée des sources de l’islam. Il est essentiel de placer au cœur de l’effort ce défi qui consiste non seulement à restituer à la femme, qu’elle soit musulmane ou non, ses droits, sa dignité, mais aussi à faire en sorte que lui revienne la primauté sur tout ce qui a trait à l’éducation des jeunes générations, que ce soit d’un point de vue conceptuel ou d’un point de vue pratique et décisionnel.

Mais cela ne sera envisageable que si les femmes, et particulièrement dans les régions où elles sont le plus opprimées, prennent conscience de la tâche historique qui leur incombe, dans une modernité quelque peu désorientée, en s’appropriant et en prenant à bras le corps les enjeux propres à leur condition, par la défense et la revendication haut et fort de leurs droits légitimes, mais aussi en étant les pionnières de l’édifice d’un futur éthique, où chacun sera éduqué de manière à reconnaître en son prochain, homme ou femme, noir ou blanc, croyant ou athée, un être éminemment sacré qui mérite le respect. 

CHAPITRE II : LES MUSULMANS D'OCCIDENT OTAGES DU LITTERALISME ET DU RIGORISME

Aujourd’hui, ce qui paraît urgent pour les Français de confession musulmane, c’est de se retrouver dans une identité dont ils sont les artisans et qui va dans le sens d’une construction autochtone (…). Si la présence d’un islam autochtone en Europe qui se structure progressivement est un fait, dire qu’il émerge de citoyens se considérant pleinement français, allemands ou britanniques, devrait suffire à apaiser les esprits et à désamorcer les craintes infondées sur les musulmans.

Une grande part des Français de confession musulmane ressent heureusement le désir de concilier convictions intimes et idéal républicain. Cet idéal ne pose d’ailleurs aucun problème ni aux musulmans, ni aux juifs, ni aux chrétiens, ni aux bouddhistes, ni aux athées, qui prônent tous les valeurs universelles inaliénables d’égalité, de liberté, de fraternité, de justice. La sacralité partagée de ces aspirations, inhérentes à l’innéité de l’homme, transcendent les frontières temporelles et spatiales, car ils sont les seuls véritables remparts face aux fanatismes, aux totalitarismes, aux extrémismes de tous bords, qui se remodèlent sans cesse pour resurgir au gré des époques et des lieux. »

Existerait-il un islam modéré, un islam radical, un islam laïque, un islam quiétiste ? En réalité, il existe différents degrés d’adhésion à l’islam en tant qu’engagement spirituel et en tant que pratique. Parallèlement, on peut constater des approches très différentes des sources : certaines sont purement philosophiques, d’autres légalistes, et certaines confinent l’islam dans sa sphère spirituelle ou bien dans un activisme pur et dur.

L’islam est une religion d’ouverture qui a certes des fondements, mais qui possède en même temps une capacité d’adaptation à un environnement donné. Il invite l’homme à aspirer à un équilibre de vie qui conjugue méditation sur soi et sur le monde, spiritualité, participation, présence au monde, dans une perspective de don de soi, de dépassement du moi et d’engagement pour défendre les idéaux universels de justice et de solidarité entre les hommes. 

On est en droit de se demander quelles sont les raisons d’une telle poussée du radicalisme dans les quatre coins du globe. Cette interprétation de l’islam, basée sur une lecture fermée, exclusive des textes, qui rassure quelque part tous ceux qui récusent l’idée même de réforme et se soustraient au devoir d’effort et de discernement, pousse davantage au suivisme, à adhérer à une pensée prédéfinie, qui n’oblige pas à entreprendre une autocritique approfondie.

L’islam n’est pas un ensemble de références textuelles à lire mécaniquement tel un mode d’emploi. Il est vivant, souple, évolutif, malléable, adaptable, n’en déplaise à ceux qui persistent à le définir comme une bombe à retardement idéologique, qui fera tôt ou tard exploser les fondements du modèle laïque. Si l’islam n’est pas uniquement confiné dans la sphère rituelle, c’est parce qu’il est aussi une manière d’être, d’être présent au monde, sans prosélytisme, ni déni de ce qui fait la richesse de notre société, ce respect de la différence, ce droit à être librement différent.

Il n’y a pas des islams, mais plutôt un référentiel sujet à différents courants d’interprétation, différentes lectures des textes. Aujourd’hui, si l’islam s’exprime en France et ailleurs à travers différentes mouvances, ce qui est certain, c’est que la République, les pouvoirs publics, ont tout intérêt à placer les musulmans au sein des débats portant sur leur présence, leur appartenance, leur représentativité, car une marginalisation de fait, une infantilisation source de mal-être, auront forcément des incidences sur la pérennité de notre modèle républicain, notamment dans la mise en œuvre de ses idéaux d’égalité et de fraternité.

On ne peut demander aux musulmans de se dissocier de leur foi pour être éligibles à la citoyenneté. Toute spiritualité agit sur la manière d’être dans les différentes sphères de la société. L’islam ne se résume pas à un ensemble de rites à pratiquer. Le musulman ne peut être spirituel d’un côté et engagé dans la société de l’autre. L’être forme un tout. La spiritualité est le socle sur lequel repose l’engagement citoyen. 

CHAPITRE III : ETAT DE VIOLENCE : LE SUBSTRAT DES SOCIETES MODERNES

Aujourd’hui, ce qui paraît urgent pour les Français de confession musulmane, c’est de se retrouver dans une identité dont ils sont les artisans et qui va dans le sens d’une construction autochtone (…). Si la présence d’un islam autochtone en Europe qui se structure progressivement est un fait, dire qu’il émerge de citoyens se considérant pleinement français, allemands ou britanniques, devrait suffire à apaiser les esprits et à désamorcer les craintes infondées sur les musulmans. Une grande part des Français de confession musulmane ressent heureusement le désir de concilier convictions intimes et idéal républicain. Cet idéal ne pose d’ailleurs aucun problème ni aux musulmans, ni aux juifs, ni aux chrétiens, ni aux bouddhistes, ni aux athées, qui prônent tous les valeurs universelles inaliénables d’égalité, de liberté, de fraternité, de justice. La sacralité partagée de ces aspirations, inhérentes à l’innéité de l’homme, transcendent les frontières temporelles et spatiales, car ils sont les seuls véritables remparts face aux fanatismes, aux totalitarismes, aux extrémismes de tous bords, qui se remodèlent sans cesse pour resurgir au gré des époques et des lieux.

 Existerait-il un islam modéré, un islam radical, un islam laïque, un islam quiétiste ? En réalité, il existe différents degrés d’adhésion à l’islam en tant qu’engagement spirituel et en tant que pratique. Parallèlement, on peut constater des approches très différentes des sources : certaines sont purement philosophiques, d’autres légalistes, et certaines confinent l’islam dans sa sphère spirituelle ou bien dans un activisme pur et dur. L’islam est une religion d’ouverture qui a certes des fondements, mais qui possède en même temps une capacité d’adaptation à un environnement donné. I

l invite l’homme à aspirer à un équilibre de vie qui conjugue méditation sur soi et sur le monde, spiritualité, participation, présence au monde, dans une perspective de don de soi, de dépassement du moi et d’engagement pour défendre les idéaux universels de justice et de solidarité entre les hommes. 

 On est en droit de se demander quelles sont les raisons d’une telle poussée du radicalisme dans les quatre coins du globe. Cette interprétation de l’islam, basée sur une lecture fermée, exclusive des textes, qui rassure quelque part tous ceux qui récusent l’idée même de réforme et se soustraient au devoir d’effort et de discernement, pousse davantage au suivisme, à adhérer à une pensée prédéfinie, qui n’oblige pas à entreprendre une autocritique approfondie.

L’islam n’est pas un ensemble de références textuelles à lire mécaniquement tel un mode d’emploi. Il est vivant, souple, évolutif, malléable, adaptable, n’en déplaise à ceux qui persistent à le définir comme une bombe à retardement idéologique, qui fera tôt ou tard exploser les fondements du modèle laïque. Si l’islam n’est pas uniquement confiné dans la sphère rituelle, c’est parce qu’il est aussi une manière d’être, d’être présent au monde, sans prosélytisme, ni déni de ce qui fait la richesse de notre société, ce respect de la différence, ce droit à être librement différent. Il n’y a pas des islams, mais plutôt un référentiel sujet à différents courants d’interprétation, différentes lectures des textes.

Aujourd’hui, si l’islam s’exprime en France et ailleurs à travers différentes mouvances, ce qui est certain, c’est que la République, les pouvoirs publics, ont tout intérêt à placer les musulmans au sein des débats portant sur leur présence, leur appartenance, leur représentativité, car une marginalisation de fait, une infantilisation source de mal-être, auront forcément des incidences sur la pérennité de notre modèle républicain, notamment dans la mise en œuvre de ses idéaux d’égalité et de fraternité. On ne peut demander aux musulmans de se dissocier de leur foi pour être éligibles à la citoyenneté.

Toute spiritualité agit sur la manière d’être dans les différentes sphères de la société. L’islam ne se résume pas à un ensemble de rites à pratiquer. Le musulman ne peut être spirituel d’un côté et engagé dans la société de l’autre. L’être forme un tout. La spiritualité est le socle sur lequel repose l’engagement citoyen. »

­L'identité heureuse  penser l'islam de France, pour une nation unie,  diverse et apaisée

En librairie le 13 juin

 

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