Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.
Une retouche à la marge, pas un chamboulement. Tel est le premier constat qui s’impose avec l’élimination de la vie politique française de Nicolas Sarkozy.
L’homme qui a menacé l’Algérie de ses foudres en cas d’obstruction à ses menées anti-syriennes, sans égard pour le passé militant du pays, sans égard pour la fraternité d’armes entre Algériens et Syriens lors de la guerre d’indépendance algérienne, c’est lui.
La «déconcertante alliance» du Hezbollah et du général Michel Aoun, pour reprendre l’expression des analystes occidentaux, apparaît ainsi comme la résultante et la réplique de la «déconcertante attitude» des Occidentaux à l’égard des aspirations du monde arabe, particulièrement en ce qui concerne la Palestine et les Chrétiens d’orient.
Un effet d’image destiné à gommer dans l’opinion le congrès de juillet 2011, tenu à Paris par les Frères Musulmans, sous l’égide de Bernard-Henry Lévy, le plus en vue des intellectuels français pro-israéliens, désastreux pour la crédibilité de l’opposition syrienne.
Les révolutions arabes de 2011 ont induit une nouvelle dynamique dans les rapports transméditerranéens sans pour autant modifier la perception que se font les Français des basanés de France.
Mutique en Palestine comme auparavant à propos des pétromonarchies arabes du Golfe, actif néanmoins contre l’Iran et la Syrie, signant par la même et son alignement atlantiste et son engagement sioniste.
Le spectacle était tordant de rire et désolant à la dernière réunion de la ligue arabe consacré à la Syrie, le 30 aout 2011.Les gérontocrates des pétromonarchies du Golfe, dans un bel élan d’indignation, sommaient la Syrie de se réformer. Un spectacle du surréalisme politique.
En pleine tourmente de la révolte arabe du printemps 2011, l’homme insensible aux bouleversements de sa zone, demeurera six mois en Arabie en quête d’un mirobolant contrat de près de huit milliards de dollars pour la construction d’un chemin de fer entre La Mecque et Médine.