Le redéploiement turc intervient à l’arrière plan d’informations faisant état de contact entre les Frères Musulmans (FM) et l’administration américaine visant à la réhabilitation politique de l’organisation panislamique, désormais particulièrement active en Egypte, en Syrie, et dans une moindre mesure en Tunisie, dont la branche palestinienne n’est autre que le Hamas.
Pour réveiller les consciences et mobiliser les énergies, à un an de l’élection présidentielle, retrouvez dorénavant René Naba, chaque semaine sur Oumma.com, dans une chronique éponyme qui appuie là où ça fait mal : « Le coup de poing sur la table de René Naba ! ». Cette première chronique, qui donne le ton, est dédiée au combat des peuples arabes pour leur indépendance et leur souveraineté, et rend hommage à une révolte historique, la première révolution démocratique du XXIème siècle, qui marque la faillite de la doxa officielle occidentale.
L’intervention militaire occidentale en Libye en pleine phase de reprise en main de la révolte arabe par les monarchies arabes, avec l’intervention de l’Arabie saoudite à Bahreïn, traduit le souci des dirigeants arabes et de leurs alliés occidentaux de donner un coup d’arrêt à la contestation populaire arabe en vigueur dans dix des vingt pays membres de la Ligue arabe, à l’effet de saper les fondements de l’ordre régional fondé sur le primat de l’axe israélo-américain.
Une étude de décembre 2009 publiée par le Centre de lutte contre le terrorisme de l’Université de West Point affirme que “la grande majorité des victimes d’Al-Qaïda sont des musulmans” et que “15 % seulement des personnes tuées dans des attentats d’Al-Qaïda entre 2004 et 2008 étaient des Occidentaux”.
Le vent du changement qui souffle sur le monde arabe ne saurait épargner aucun pays de la région même si les formes et les rythmes de la contestation populaire varieront suivant les contextes nationaux forcément différents. Comment un régime autoritaire comme le régime baathiste syrien pourrait-il échapper à l’onde de choc surmédiatisée qui a balayé les régimes de Ben Ali et Moubarak en attendant le tour de Ali Salah au Yémen et de Kadhafi en Libye ?
Vous croyez aux raisons humanitaires ? Obama, Cameron et Sarko sauveurs des Libyens alors qu’ils envoient des troupes saoudiennes massacrer les démocrates du Bahrein ? L’Occident soucieux de démocratie alors qu’il protège la répression du dictateur au Yemen ? Vous croyez que Bernard-Henri Lévy se soucie vraiment de « sauver des Arabes », lui qui applaudissait aux bombardements sur les civils de Gaza ? « Le plus remarquable dans l’affaire, le vrai sujet d’étonnement, ce n’est pas la « brutalité » d’Israël. C’est, à la lettre, sa longue retenue » avait-il affirmé.
La révolution dans les pays arabes traverse aujourd’hui des moments difficiles. Après les premières victoires remportées sans trop de dégâts en Tunisie et en Egypte, les régimes dictatoriaux semblent désormais décidés à user de la plus extrême violence pour rester au pouvoir. C’est déjà le cas en Lybie. Cela commence à l’être au Yémen. Et l’on peut craindre le pire au Bahreïn, où des troupes d’intervention saoudiennes et émiraties ont été dépêchées hier lundi pour venir au secours de la famille régnante des Al-Khalifa, menacée d’être submergée par la vague du mécontentement populaire.
lors que les révoltes du « printemps arabe » se multiplient depuis janvier 2011 de façon spectaculaire au Maghreb et au Machrek, l’Algérie semble rester en retrait. Certes, depuis plusieurs années, les émeutes populaires y sont devenues quasi quotidiennes, dans toutes les wilayas (départements) : pour l’accès au logement ou à l’emploi, contre le délabrement des infrastructures, contre la hogra (mépris) des autorités.
Retour sur le sombre bilan de celui qui aura été le héraut de l’unité arabe avant de devenir un allié objectif des États-Unis et d’Israël.
En 42 ans de pouvoir erratique, le chantre de l’unité arabe aura été l’un des fossoyeurs du nationalisme arabe, le démineur par excellence des menées américaines dans la sphère arabe, le meilleur allié objectif d’Israël et le fossoyeur de son peuple.
Sur le plan interne, entre le sunnite Rafic Hariri et le chiite Hassan Nasrallah, d’une manière encore plus criante entre Saad Hariri et le chef du Hezbollah, existe une différence d’échelle. Les deux ont pris les rênes du pouvoir politique, la même année, en 1992, mais l’un à l’inverse de l’autre. Rafic Hariri a été propulsé sous George Bush Senior et a implosé sous George Bush Junior, quand Hassan Nasrallah s’imposait contre le père et survivait au fils.
Il est tout autant indéniable que le vent de liberté insufflé de Tunisie redessinera la politique de la région dans son ensemble. Pour autant, est-ce vraiment l’avènement de réels changements politiques et la fin des régimes autocratiques régnant sans partage sur les pays de la région depuis plus de 50 ans ? Rien n’est moins sur et il est peut être prématuré de parler d’instauration de la démocratie au sud de la Méditerranée ?
Journaliste-écrivain, éminent spécialiste du monde arabo-musulman, René Naba revient dans cet entretien accordé à OummaTV sur la situation en Egypte. Évoquant le rôle de l’armée dans la société égyptienne, René Naba analyse également les conséquences géopolitiques d’une véritable démocratie en Egypte, et explique pourquoi les Etats-Unis et Israël sont contre l’instauration de régimes démocratiques non seulement en Egypte, mais aussi dans tout le monde arabe.
La chute de la dictature tunisienne porte condamnation de la complaisance de la classe politico-médiatique française à l’égard de Ben Ali : Du vacancier de Bizerte, Bertrand Delanoë, Maire socialiste de Paris, au résident de Sidi Bou Saïd, le bi-national Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, à Pierre Lellouche, ministre de l’Industrie, à Charles Pasqua, dont le fils y trouva refuge pour échapper à la justice de son pays, à Guillaume Sarkozy, frère aîné du président français, à l’entrepreneur Pierre Besnainou, candidat potentiel à la présidence du CRIF (...)
La tension est à son comble en Egypte, où le président Hosni Moubarak a décrété vendredi soir le couvre-feu. Le président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée, membre du Parti national démocrate (PND) au pouvoir, a appelé le président Hosni Moubarak à « des réformes sans précédent » pour éviter une « révolution ». M. Mostapha Al-Fekki, dans des déclarations faites à la chaîne Al-Jazira, le 28 janvier, a ajouté : « L’option sécuritaire seule n’est pas suffisante et le président est le seul à même de faire cesser ces événements. » Des informations font état de fraternisation entre des policiers et des manifestants. Ces premières fissures annoncent-elle des craquements plus importants ? Que fera l’armée, le pilier du pouvoir ?
Si la Tunisie a déjà entamé son printemps démocratique et proclame haut et fort l’automne de la dictature, il n’est pas impossible que l’on assiste à un effet domino sur l’ensemble du monde arabo-musulman. De Rabat au Caire, en passant par l’Algérie, aujourd’hui premier pays Africain après la partition du Soudan, et la Libye, sans oublier la Mauritanie, la Jordanie et le Yémen, l’onde de choc Tunisienne aura laissé des traces.
L’alliance exclusive de l’Islam sunnite avec l’Amérique, si elle a assuré la tranquillité du trône wahhabite au cours d’un demi siècle tumultueux, n’a pas pour autant assuré sa pérennité. L’Arabie saoudite aura réussi le tour de force de gagner le respect du monde musulman, sans tirer un seul coup de feu contre Israël, sans obtenir la moindre concession des Américains sur la question palestinienne, en s’appliquant méthodiquement à détruire les vestiges du nationalisme arabe.
Le projet du pasteur Terry Jones, du Dove World Outreach Center, de brûler le Coran a été qualifié de « geste destructeur, mettant en péril les troupes occidentales en Afghanistan », par le président Obama. Il constitue en tout état de cause une aubaine idéologique et pourrait servir de justification a posteriori au raid anti américain d’al Qaida, et, en arguant de l’islamophobie des sociétés occidentales, constituer un levier de recrutement pour l’organisation islamiste, en pleine période de commémoration des attentats anti-américains.
Houspillé pour sa fugitive disparition à la suite de l’invasion américaine de l’Afghanistan, en novembre 2001, à bord d’une moto conduite par son borgne compère, le Mollah Omar, chef des Talibans, le sous traitant émérite de la connivence saoudo-américaine dans la guerre antisoviétique d’Afghanistan (1980-1989) s’est rappelé au bon souvenir de ses anciens bailleurs en faisant un retour signalé au Yémen, à tout le moins ses disciples, se replaçant en Arabie méridionale, à l’épicentre de la connexion arachnéenne du dispositif militaire et énergétique américain, en bordure de la veine jugulaire du système énergétique mondial, à l’intersection des voies des communications maritimes internationales.
Le lien civique palestinien ne passe ni par l’unité religieuse, chrétiens et musulmans mènent le même combat, ni par l’idéologie ethnique, les bons sémites arabes opposés aux mauvais sémites juifs. En fait, il existe des organisations israéliennes pour la paix qui abattent un travail mille fois supérieur à celui de tel ministre d’État d’un gouvernement arabe. Ce lien civique est en quelque sorte assuranciel : il repose tout à la fois sur l’image du Palestinien messager de la décadence arabe, et celle du patriote sans patrie. Bref, tout ce que les régimes arabes refusent de voir.
L’année dernière, à cette même époque, les Mauritaniens ont organisé pour la première fois de leur histoire une élection présidentielle parfaitement libre et honnête, fait unique dans les annales du Monde arabe.Quelle évaluation pouvons-nous faire aujourd’hui de cette première ? Serait-ce là la fameuse hirondelle annonçant un printemps démocratique dans la seule région du monde restée totalement réfractaire à la vague de démocratisation.
Théoriquement, il n’existe pas en islam une autorité religieuse servant d’intermédiaire entre le croyant et son sacré. Un musulman n’aurait donc aucun compte à rendre à qui que ce soit en matière religieuse : on n’a pas à suspecter ou à mettre en doute la foi de celle ou de celui qui a prononcé la double attestation relative à l’unicité divine et à la prophétie de Muhammad, même s’il n’observe pas les obligations cultuelles , ou se réclame d’une autre obédience, doctrine ou rites.
A la veille de la commémoration de la naissance du Prophète (PBSL) appelée communément (Al-Mawlid Annabawi), nous publions en 4 parties, cette étude du grand penseur Malek Bennabi.
Le Yéménite Ahmed Ali Abdullah, prisonnier à Guantanamo depuis quatre ans, est décédé dans sa cellule le 10 juin 2006. La même nuit, deux autres détenus, les saoudiens Yassir Talal Az-Zahrani et Mani Shaman Al-Utaybi, sont morts dans les mêmes circonstances. Les autorités américaines affirment aussitôt que les trois hommes se sont suicidés par pendaison. A la demande de l’ONG Alkarama for Human Rights, le professeur Patrice Mangin, de l’Institut de médecine légale de Lausanne, a examiné le corps du Yéménite. Il émet de forts doutes sur la cause du décès.
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