Parce qu’il fallait bien que Mr. Gérin rajoute une dose d’islamophobie à sa recette publicitaire pour assurer une bonne communication : l’immigration (comprendre l’immigration musulmane) serait source d’ « insécurité sociale », de « dérives communautaristes », et permettrait à Nicolas Sarkozy et à l’UMP de favoriser la « lutte ethnico-religieuse ».
Alors que le port du voile subit les assauts réguliers de la France bien-pensante, c’est au tour de la burka et du niqab d’être sur la sellette, réussissant le tour de force de fédérer 58 députés de tous bords dans un texte préconisant la création d’une commission de 30 membres, afin de « définir des propositions pour lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national ».
Nous avons rencontré Nizar Sassi, ce Lyonnais de 27 ans, juste après le suicide de trois prisonniers de Guantanamo par pendaison. Et avant que le président américain Georges Bush n’affirme à Vienne qu’il « aimerait bien » fermer ce camp installé dans une enclave de l’île de Cuba. Nizar Sassi, originaire de Tunisie, né à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise, a passé trente mois derrière les barreaux. Il était en Afghanistan en septembre 2001. Arrêté au Pakistan, livré aux Américains, cet ancien agent de médiation dans le métro de Lyon, a survécu plus de deux ans dans une minuscule cage grillagée à Guantanamo.
Depuis quelques jours, des dynamiques politiques se déclenchent dans les banlieues populaires. A Vénissieux et à Clichy-sous-Bois, des espaces de discussion commencent à se créer sous une forme ou une autre. Les militants d’hier, dégoûtés de l’engagement politique des vingt dernières années, reviennent sur le devant de la scène locale. Malgré la diversité des contextes locaux, il semble que l’on fait le même constat : une force politique majeure peut exister dans les banlieues populaires, et elle pourrait se concrétiser lors des élections municipales de 2008.
L’émission d’Arlette Chabot sur France 2 hier soir a été écoeurante mais révélatrice à souhait : quelques jeunes sur le plateau pour dire, à toute allure —fallait tout de même pas qu’ils s’attendent à une véritable écoute ! - leur misère, leur colère, leur désarroi, et de l’autre plus d’une heure offerte à Sarkozy pour recommencer à leur lancer son mépris à la tête et pour pérorer sur les mérites de la police (...)
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