L’essentiel du débat sur le récent autodafé d’un Coran dans une église de Floride par le pasteur Terry Jones a porté sur l’impact dévastateur de l’acte à l’étranger. Mais outre le fait que cet acte symbolique a le pouvoir d’exacerber les tensions religieuses, il montre à quel point les nouvelles technologies peuvent accélérer la diffusion de messages de haine dans notre village mondial qui ne cesse de se resserrer.
Personne avant la révolution tunisienne ne pouvait prédire la fortune du mot « dégage ». Expression familière s’il en est, elle s’est désormais imposée comme une injonction politique. Partie comme un cri de cœur, cette expression est devenue le mot d’ordre le mieux partagé du monde arabe. Elle porte en elle une sorte relâchement émancipateur qui, dans un élan révolutionnaire, brise toutes les peurs et altère toute les pusillanimités.
Que des élites musulmanes elles-mêmes succombent à l’euphorie et à l’enthousiasme ambiant, en relayant ces discours, voilà qui n’est pas de bonne augure. Tout ceci cultive et maintient l’infantilisme de la communauté musulmane [...]. Même un intellectuel comme Tariq Ramadan, avec toutes les précautions d’usage, nous engage à prendre le président américain aux mots. En décrivant son discours comme ““un discours particulièrement fort qui ne fut pas seulement un "discours" : il exprime une vision à la fois positive et exigeante 2”, Ramadan confirme la tendance générale observée : “Quelque chose a effectivement changé “ nous dit-il.
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