Cheikh El Hadj Malick Sy a fait de la pratique de l’islam et de la vie confrérique, la base de sa résistance « passive » visant à redynamiser cette société à laquelle plusieurs décennies de colonisation avaient comme l ’affirme Césaire : « Savamment inculqué la peur, le complexe d’infériorité et l’agenouillement ».
Nous voulons revenir sur le rôle important joué par une grande figure de l’islam au Sénégal, Cheikh El Hadji Malick Sy, dans le processus d’islamisation de la société sénégalaise où la religion musulmane est aujourd’hui celle de 95 % de la population.
Durant la longue nuit coloniale, l’Islam subsaharien, notamment en Afrique de l’Ouest, a connu l’éclosion de courants théologico-mystiques qui ont eu comme particularité d’unir quête spirituelle et engagement politique anti-colonialiste. En effet, la théologie de la libération en contexte musulman a connu plusieurs expressions historiques. L’opposition artificielle introduite par certains interprètes entre théologie rationnelle ou dogmatique et expérience mystique n’est pas toujours historiquement pertinente comme l’illustre l’histoire contemporaine de l’Islam subsaharien.
Confrérie religieuse de rite malikite en majorité, la Tijâniyya née à la fin du XVIIIème siècle en Algérie, tire son nom de celui du fondateur Sîdî Ahmad Tijânî, saint mystique née en 1727 à ‘Aïn Mâdî, dans la région de l’Aghouat, porte du Sahara algérien.
La Tijâniyya, par son simple nom, évoque sur le plan historique un ensemble de faits intéressants pour tout spécialiste de l’Islam en Afrique noire au regard du caractère, parfois, politique qu’il a revêtu dans les régions ayant connu l’occupation française.
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