Le 12 janvier, « Le Monde » révélait que la police des polices avait truqué en 2007 une procédure pour mouiller des fonctionnaires peu favorables à Nicolas Sarkozy. Parmi eux, Yannick Blanc, directeur de la police générale. A la même époque, ce haut fonctionnaire était dans la ligne de mire des éditions Flammarion.
A partir d’un positionnement réformiste que nous avons qualifié dans la première partie de notre article de « médian » adopté par Tariq Ramadan (désormais T.R.) et Tariq Oubrou (désormais T.O.), nous allons maintenant poursuivre et achever cette lecture croisée de ces deux ouvrages en entrant dans le cœur des critiques et des nouvelles voies proposées à destination des communautés musulmanes.
Congédié mardi par la municipalité qui lui fait grief pas tant de son émission hebdomadaire « Islam and Life » sur la chaîne iranienne Press TV, que de l’avoir maintenue en dépit du vent de sédition qui a soufflé sur Téhéran à l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, l’islamologue sans frontières est de nouveau en butte aux critiques récurrentes quant à son supposé double discours.
Aujourd’hui, Marine Le Pen, vice-présidente du Front national et Tariq Ramadan, penseur et universitaire, débattront sur les questions d’immigration dans le cadre du Kitson, sorte de club élitiste de la presse anglo-saxonne, fondé en 2005 et basé à Paris. Une rencontre contre-nature ? Le Front national cherche t-il à séduire ainsi un nouvel électorat musulman ? Ce face-à-face ne risque-t-il pas de conforter la théorie fantasmatique des « deux fascismes », le « fascisme vert », d’un côté (les FM), le « fascisme brun », de l’autre (le FN) ? Oumma.com a choisi d’interviewer le politologue Vincent Geisser sur la « politique musulmane » du Front national car, en dépit de son islamophobie affichée et virulente, le parti d’extrême droite nourrit bien des rêves électoraux à l’égard des « musulmans ».
Journaliste, spécialiste du monde arabo-musulman, Ian Hamel est l’auteur du livre « La vérité sur Tariq Ramadan : Sa famille, ses réseaux, sa stratégie » aux éditions Favre, préface de Vincent Geisser.
J’ai signé le 20 avril 2004 avec les éditions Flammarion un contrat pour écrire une biographie non autorisée de Tariq Ramadan. J’ai rendu mon manuscrit en septembre 2005. Il a été bloqué pendant dix mois avant que Thierry Billard, directeur littéraire de Flammarion, ne me précise par écrit ce qui m’avait été dit oralement à plusieurs reprises : mon livre ne sera pas publié car je ne discréditais pas Tariq Ramadan. Pour cela, j’aurais dû en premier lieu lui découvrir des liens avec des organisations terroristes.
[…] Ceux qui s’attendaient à une énième enquête à sensation sur les
connections de « Frère Tariq » avec les réseaux islamo-terroristes
internationaux seront très certainement déçus, tout comme ceux qui
espéraient une œuvre de réhabilitation de leur « héros » auprès de
l’opinion publique. L’ouvrage de I. Hamel s’inscrit dans le registre
de l’investigation journalistique rigoureuse, refusant de céder à une
quelconque facilité du « prêt à clicher sécuritaire » ou du récit
héroïque. […]L’ouvrage de Ian Hamel contient des informations et des
témoignages inédits qui permettent de restituer toute la complexité du
« phénomène Ramadan » et de rétablir une certaine « normalité
dépassionnée ».
L’islam est de plus en plus souvent présenté en Europe comme une religion guerrière. Et sa figure centrale, Muhammad, comme un combattant, n’hésitant pas à occire ses ennemis au nom de la « guerre sainte ». Même Benoît XVI, dans son discours de Ratisbonne, semble penser que les textes de la période médinoise (quand le Prophète est au pouvoir), jugés « belliqueux », ont pris le pas sur les versets d’avant l’exil, considérés, eux, comme « pacifistes ».
Fin mai, Oumma révélait que les parlementaires suisses acceptaient enfin de recevoir Claude Covassi, l’ancien espion du Centre islamique de Genève (CIG). La partie n’est toutefois pas gagnée pour ce Genevois de 36 ans, converti à l’islam, et réfugié en Egypte depuis de nombreuses semaines. Le 8 juin, lors d’une conférence de presse tenue à Berne, Valentin Roschacher, le Procureur général de la Confédération, a contesté l’action de Claude Covassi au sein des services secrets suisses.
Ce témoignage est exceptionnel. Claude Covassi, 36 ans, a travaillé deux ans pour les services secrets suisses, de 2004 à 2006. Sa mission ne consistait pas seulement à espionner le Centre islamique de Genève (CIG), dirigé par Hani Ramadan, le frère aîné de Tariq Ramadan. L’opération baptisée « Memphis » avait aussi pour mission d’inventer un lien entre certains jeunes salafistes partis se battre en Irak, via la Syrie, et le CIG. Une manipulation totalement illégale. Pour approcher Hani Ramadan, devenir son confident, et ainsi mieux le piéger, Claude Covassi s’est converti à l’islam.
Nous vous proposons d’écouter le débat sur « l’islam en Europe » entre Daniel Cohn-Bendit et Tariq Ramadan qui s’est tenu au Parlement européen le 29 mars.
« La Tribune de Genève » a révélé jeudi 23 février que le Service d’analyse et de prévention (SAP), le service de renseignements intérieur de la Suisse, avait infiltré pendant deux ans le Centre islamique de Genève, dirigé par Hani Ramadan, le frère aîné de Tariq Ramadan. Cette taupe devait-elle simplement espionner ou avait-elle pour mission de fabriquer des preuves contre Hani Ramadan ?
(...) Pour être précis, le fondamentalisme qu’il revendique, dans l’acception que la sociologie des religions donne à ce terme, est mis en perspective avec les valeurs de la société contemporaine. En d’autres termes, sa réflexion est celle d’un croyant qui s’interroge sur l’articulation, la cohérence entre fidélité religieuse et universel des droits de l’homme. De nombreuses d’encycliques ont traité de la question et le chemin fut long pour que l’Eglise reconnaisse la démocratie alors même que la tradition monachique, dès le moyen âge réinventait, après les Grecs, la séparation des pouvoirs, le principe de l’élection.
En 2004, Tariq Ramadan est embauché par la prestigieuse université catholique Notre Dame, près de Chicago, à la fois comme professeur d’études islamiques, et comme professeur de religion, conflit et promotion de la paix. Un visa de travail et de résident lui est d’abord accordé en mai, puis retiré en juillet (...) L’Union américaine des libertés civiles (American Civil Liberties Union), les écrivains du PEN American Center, présidé par Salman Rushdie, l’American Academy of Religion, l’American Association of University Professors viennent de déposer une plainte contre la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et Michael Chertoff, le responsable de la Sécurité intérieure.
Une conférence organisée par Présence musulmane Est, sur le thème de la « solidarité », avec pour orateur Tariq Ramadan, a été annulée la semaine dernière à Strasbourg. Le responsable de la salle, où devait se tenir la conférence, accuse les organisateurs de ne pas avoir respecté les clauses du contrat. Les militants de Présence musulmane évoquent des pressions des Renseignements généraux. C’est la quatorzième fois en dix-huit mois que Tariq Ramadan se retrouve interdit de parole.
Tariq Ramadan rejoint Londres pour participer à la lutte contre l’extrémisme islamique. Intellectuel controversé, il n’avait pourtant pas pu travailler aux Etats-Unis.A Londres, l’enseignant genevois fera partie d’un groupe de treize personnes constitué par le Ministère de l’Intérieur.
Nous publions cet entretien de Tariq Ramadan accordé à la revue Socialisme International .
Porte-parole du Collectif des musulmans de France, Ali Rahni répond à l’article paru le 23 mai dans le journal le Monde intitulé : « Les associations de jeunes musulmans prennent leurs distances avec Tariq Ramadan ».
La première interrogation que suscite cet appel concerne son opportunité. La deuxième, la plus importante sans doute, revient à s’interroger sur sa légitimité tout en portant un regard critique sur les arguments qui sont avancés.
Fâchés avec la langue française, nos courageux contradicteurs trouvent plus confortable de s’attaquer à Tariq Ramadan qu’au gouvernement français, qui reçoit en grande pompe le lapidateur patenté qu’est le régent séoudien, le prince héritier Abdallah, lapidateur auquel le même gouvernement envisage de vendre des avions de combat.
Voilà enfin un ouvrage sérieux et objectif consacré à Tariq Ramadan. Réputé pour son intégrité et son grand professionnalisme, Aziz Zemouri journaliste au Figaro Magazine signe un livre entretien avec l’intellectuel suisse qu’il interroge sans complaisance sur des sujets aussi différents que l’antisémitisme, les droits de l’Homme, homosexualité, le repli communautaire, le double langage... Oumma.com vous propose de lire en exclusivité quelques bonnes feuilles de cet ouvrage dont on ne saurait que trop encourager la lecture.
J’ai signé le 20 avril 2004 avec une importante maison d’édition française un contrat pour écrire une biographie non autorisée de Tariq Ramadan. Non autorisée signifie que j’essaye d’être le plus objectif possible (...)
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