Le redéploiement turc intervient à l’arrière plan d’informations faisant état de contact entre les Frères Musulmans (FM) et l’administration américaine visant à la réhabilitation politique de l’organisation panislamique, désormais particulièrement active en Egypte, en Syrie, et dans une moindre mesure en Tunisie, dont la branche palestinienne n’est autre que le Hamas.
Retour sur le sombre bilan de celui qui aura été le héraut de l’unité arabe avant de devenir un allié objectif des États-Unis et d’Israël.
En 42 ans de pouvoir erratique, le chantre de l’unité arabe aura été l’un des fossoyeurs du nationalisme arabe, le démineur par excellence des menées américaines dans la sphère arabe, le meilleur allié objectif d’Israël et le fossoyeur de son peuple.
Sans atteindre l’importance de l’Egypte dans l’architecture géopolitique régionale, l’Algérie est un pays qui compte pour les Américains. Second PIB africain après l’Afrique du Sud, seconde armée africaine après l’armée égyptienne, sa profondeur saharienne en fait la première puissance de la zone du Sahel qui est en train de devenir le ventre mou de l’Afrique, après la Somalie, d’où peuvent se réorganiser et repartir en guerre les bataillons anonymes de la soi-disant Qaida.
Pourquoi alors un tel ratage, à saut de puce d’une entrée triomphale au Panthéon de l’Histoire ? L’explication, éloquente, provient d’un télégramme de l’ambassade américaine à Paris, révélé par le site en ligne WikiLeaks : « L’humanitaire de renommée mondiale », est « l’un des rares politiques (de gauche ou de droite) à avoir soutenu ouvertement l’invasion américaine de l’Irak », sa nomination pour diriger le Quai d’Orsay, qui représente « l’accomplissement du rêve d’une vie », résulte de « l’héritage juif de Sarkozy et son affinité pour Israël », qui feront que Bernard Kouchner sera « le premier ministre des affaires étrangères juif de la Ve République ».
Le projet du pasteur Terry Jones, du Dove World Outreach Center, de brûler le Coran a été qualifié de « geste destructeur, mettant en péril les troupes occidentales en Afghanistan », par le président Obama. Il constitue en tout état de cause une aubaine idéologique et pourrait servir de justification a posteriori au raid anti américain d’al Qaida, et, en arguant de l’islamophobie des sociétés occidentales, constituer un levier de recrutement pour l’organisation islamiste, en pleine période de commémoration des attentats anti-américains.
Israël a engagé une offensive diplomatique en direction de l’Afrique en vue de restaurer l’âge d’or de la coopération israélo-africaine des premiers temps de l’Indépendance africaine. Mais cette opération de séduction paraît relever d’une quête désespérée d’un paradis perdu tant demeure vivace dans les mémoires le souvenir de la connivence entre Israël et le régime d’apartheid d’Afrique du sud, tant son bellicisme anti-palestinien confine Israël dans un isolement international, tant enfin la xénophobie des nouveaux dirigeants israéliens handicape sa diplomatie au point de rebuter même ses plus fidèles alliés occidentaux.
Les multiplications des actes xénophobes et islamophobes contre les musulmans risquent de déboucher sur l’innommable. Les mauvaises nouvelles n’en finissent pas. La faillite de l’action arabe commune est à ciel ouvert. La pérennité de l’autoritarisme des régimes arabes, la plupart répressifs, fermés et incapables même de répondre aux besoins vitaux des populations, devient indécente. Dans ce contexte, les sociétés arabes, malgré une prise de conscience des citoyens, subissent la généralisation galopante de la violence sociale, des archaïsmes et des comportements passéistes et obscurantistes, accompagnés par une inquiétante dégradation des moeurs.
Le choix du Maroc de servir de pivot à la nouvelle force d’intervention américaine en Afrique, s’il était confirmé, se situerait dans le prolongement de la coopération stratégique des Etats-Unis avec les pétromonarchies du Golfe. Il viendrait en complément de la présence au Qatar, sur le golfe arabo-persique, du QG du Centcom, le commandement central américain qui ouvre une zone allant du Maroc à l’Afghanistan, et de la base navale de Manama (Bahrein), QG de la V ème flotte américaine pour le golfe arabo-persique/Océan indien.
Depuis un quart de siècle, un fort vent de conservatisme religieux souffle dans de nombreux pays musulmans, avec des effets dévastateurs sur les droits des femmes. Au nom d’un retour à la pureté du temps de la Révélation, des groupes extrémistes ont décrété, à leur accession au pouvoir en Afghanistan, en Malaisie, en Somalie ou au Nigéria, une stricte ségrégation entre les sexes dans les lieux publics, les hôpitaux et le système éducatif, etc.. Ils ont imposé aux femmes le port de vêtements tels que le hijab, le niqab ou la « burqua », et leur ont interdit, entre autres mesures répressives, d’exercer toute activité professionnelle.
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