L’ingérence étrangère ouvre donc une deuxième étape dans l’histoire en cours de la démocratie arabe. Cette deuxième étape a été ouverte avec la crise libyenne, elle se développe actuellement à travers la situation en Syrie, et aura certainement d’autres développements.
Courrier du cœur. Samedi, le chef de l’Etat a adressé « avec affection » une lettre de soutien au militaire franco-israélien Gilad Shalit, emprisonné à Gaza depuis cinq ans. Ue faveur à laquelle n’a pas eu droit Salah Hamouri, étudiant franco-palestinien incarcéré en Israel depuis 2005 pour délit d’opinion.
L’actuel gouvernement de coalition de la Grande-Bretagne a affirmé plusieurs fois qu’il soutenait le printemps arabe et qu’il se tenait aux côtés des révolutions populaires pacifiques. Pourtant il forme dans le même temps les forces de sécurité de régimes dictatoriaux qui ont écrasé ces révolutions dans leurs propres périmètres, en particulier en Arabie Saoudite et dans la péninsule du golfe arabique.
Les manifestants syriens continuent à pointer du doigt le rôle omniprésent des services de sécurité tout-puissants, dont les pratiques restent inchangées : arrestations arbitraires, tortures, etc, et exigent désormais la fin du régime autoritaire et l’instauration d’un régime démocratique. Si au début des manifestations qui ont démarré il y a cinq semaines, la population ne réclamait pas le changement de régime, le cycle de la répression et de la contestation semble désormais se diriger vers une radicalisation politique inévitable.
Mohamed Al Baradei vient d’inviter dans sa dernière déclaration Washington à choisir entre le régime et le peuple égyptien. Dans les faits, Washington a déjà choisi : l’administration Obama a choisi Israël ! Sans préjuger des prochains développements politiques d’une révolution grosse d’espoirs sans précédent mais confrontée à des défis incommensurables, il est désormais clair que les enjeux diplomatiques ne seront pas moins importants que les enjeux sociopolitiques.
C’est l’état d’alerte à Téhéran. Selon plusieurs sources d’information, notamment israéliennes et iraniennes, les préparations en vue d’une attaque aérienne contre l’Iran s’accélèrent. Interrogé mardi, le conseiller du Premier ministre israélien chargé de la sécurité nationale, Uzi Arad, a indiqué qu’en raison de « l’inadéquation » des dernières sanctions prônées par le Conseil de sécurité de l’ONU, « une attaque militaire préventive serait finalement nécessaire ».
Mascarade. David Trimble, l’observateur étranger désigné lundi par Tel Aviv pour enquêter sur le crime israélien de neuf citoyens turcs, est en réalité un fervent partisan de l’État d’Israël. Enquête et révélations sur une personnalité sous influence.
Palestinien, le père Manuel Musallam, qui a veillé sur les chrétiens de Gaza de 1995 à 2009, de passage à Paris pour la sortie de son livre d’entretiens, a rendu un vibrant hommage sur les ondes de France Inter au courage exemplaire des hommes et femmes de la flottille de la liberté, tout en blâmant les ravages de la stratégie israélienne, à travers une petite phrase à la forte résonance : « Ce qu’ils (les Israéliens) ont fait à Gaza les poursuit ».
Des faux papiers aux faux pas diplomatiques. Lundi, les autorités australiennes ont confirmé l’utilisation frauduleuse de passeports nationaux par des agents secrets israéliens dans l’assassinat, en janvier dernier, d’un militant palestinien à Dubaï. Conséquence en représailles : l’expulsion du représentant local du Mossad vers Tel Aviv . A l‘inverse, la France, dont des passeports ont été imités par le commando israélien, continue, quant à elle, de faire profil bas. Décryptage.
Au palmarès du rayonnement universel de la France et de son immortalité figurent ainsi Louis Pasteur, inventeur du vaccin contre la rage, Luc Montagnier, découvreur du virus du Sida (HIV), Victor Schoelcher , artisan de l’abolition de l’esclavage, Auguste et Louis Lumière, inventeurs de la cinématographie, Pierre de Coubertin, fondateur des jeux olympiques modernes, les dix « Prix Nobel de la Paix » qui ont jalonné le XX me siècle à raison d’un prix par décennie, Aristide Briand (1926), Albert Schweitzer (1952) René Cassin (1968), artisan de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme ainsi que l’organisation pionnière dans l’ingérence humanitaire « Médecins sans frontières » (1999).
La mort télévisuelle de Mohamed Al Doura venait pulvériser le cliché repris en boucle depuis des années par la communication israélienne (et ses relais en France) selon lequel les enfants palestiniens lanceurs de pierre, toujours manipulés par des adultes, n’étaient donc jamais des victimes totalement innocentes. Il fallait donc que la mort de Mohamed fût factice pour que Tsahal gardât sa pureté et son aura d’armée « la plus éthique du monde », comme il fallait naguère que Dreyfus fût coupable pour que l’armée française demeurât innocente.
La mise à l’écart de Bruno Guigue (administration préfectorale), –dont la destruction israélienne de Gaza, en janvier 2009, lui a donné a posteriori raison–, la mise à l’index de l’universitaire Vincent Geisser, l’éviction de Richard Labévière (Média) et de Wahib Abou Wassel, seul palestinien du dispositif médiatique extérieur, se sont accompagnés, en effet, de la promotion concomitante de Bernard Kouchner (Quai d’Orsay), Pierre Lellouche (Affaires européennes), Dominique Strauss khan (FMI), Arno Klarsfeld (Matignon), ainsi que de François Zimmeray, ancien vice-président de la commission d’études politiques du CRIF, Ambassadeur pour les Droits de l’homme, de Christine Ockrent (pôle audiovisuel extérieur) enfin de Philippe Val (France inter)
La révolution islamique a-t-elle réalisé les idéaux pour lesquelles le peuple s’est soulevé ? Comment un pays glisse t-il du rôle de gendarme de l’Occident dans le Golfe dans le rôle du pays qui menace l’harmonie du monde et défie l’Occident ? Sur quel soubassement intellectuel, les locataires de l’Elysée et du Quai d’Orsay fondent-t-ils leur jugement sur l’Iran ? Lequel des deux discours, celui de Foucault, ou le leur, favorise-t-il la confrontation ou le dialogue des civilisations entre elles ?
Dans le cas d’espèce, cette jurisprudence, qui prohibe les rapports avec les gouvernements européens dirigés par l’extrême droite, s’impose d’autant plus impérativement qu’un des partenaires majeurs de la coalition, Avigor Liberman, chef de la formation « Israël Beitouna » se confirme, par ses propos, comme le représentant de la xénophobie la plus rance, n’hésitant pas à qualifier les Arabes de « cafards », à préconiser le bombardement du site du barrage d’Assouan (Egypte) afin d’y noyer les Arabes en surnombre ou à irradier la population de Gaza pour pacifier le sud d’Israël.
Comme Glucksmann, Lévy est, depuis longtemps déjà, passé maître dans l’art de la désinformation et de la manipulation d’une opinion d’autant plus facile à influencer qu’elle est par ailleurs très mal informée : efficace, certes, mais ô combien répugnant, dès lors que l’objectif avoué en est de minimiser, de nier ou de justifier les crimes de guerre commis par Israël durant ces trois semaines de folie meurtrière. Glucksmann et Lévy devraient savoir que l’apologie de crimes de guerre tombe sous le coup de la loi française, qui considère qu’« un écrit qui présente comme susceptibles d’être justifiés des actes constitutifs de crimes de guerre doit être considéré comme apologétique »
Un massacre de civils peut-il être qualifié de succès militaire ? Le poète israélien Jonathan Geffen, lui, a fait une découverte saisissante. Il nous la livre dans une tribune libre consacrée à Gaza, « Un territoire en forme de cimetière », dans laquelle il clame son dégoût devant cette « guerre insensée » : « Une fois de plus, nous faisons la seule chose que nous semblons savoir faire : un massacre de masse qui finit toujours par être perçu comme un génocide ». Quelle est cette découverte, que les médias occidentaux se sont empressés d’occulter ? « Quoi de plus troublant que de découvrir que le nom du pogrom que nous sommes en train de commettre, « Plomb durci », est tiré d’un poème de Bialik, le poète des pogroms ? » (« Maariv », cité par « Le Courrier international », 8-14 janvier 2009). Mêler ainsi l’odieux bombardement de Gaza et la douloureuse mémoire des pogroms tsaristes, il fallait oser.
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