Il y a vraiment de quoi y perdre son latin. Qui pourrait nous expliquer quelle mouche a piqué ceux qui ont annoncé la création en grande pompe pour le 25 mars prochain d’une structure musulmane laïque dans notre pays ? Lancé à l’initiative de Malika Benlarbi, sous-préfet à Paris et avec le soutien d’Henri Guaino, le projet veut « fédérer les réseaux de l’immigration arabo-musulmane laïque afin de peser dans le débat national et constituer l’ébauche d’un CRIF musulman ». Autrement dit, un CRIM, un Conseil Représentatif des Institutions Musulmanes.
L’Algérie nouvelle est une Algérie fabriquée. Le peuple est devenu selon le langage commun « chaab taa el houkouma », à traduire littéralement par le peuple est la propriété du gouvernement. Boumediene a dépossédé le peuple de son histoire, de sa mémoire, de sa volonté et l’a gonflé de vide. Il lui a donné l’illusion de vivre dans la grandeur alors qu’il l’a réellement castré.
Le fait berbère qui au Maghreb et en Algérie n’échappe à personne a souvent été utilisé pour appuyer une politique de division entre les différents éléments de la population algérienne. Depuis les débuts de la conquête le particularisme berbère n’a pas cessé d’être souligné par les courants historique, sociologique, littéraire. Militaires, administrateurs, hommes politiques autant sinon plus que les hommes de sciences se sont posé des questions sur l’origine des Berbères, leurs rapports avec les Arabes et le caractère insolite de leur islamisation.
C’est en se mobilisant clairement dans les différentes luttes contre les diverses oppressions (et donc les divers racismes) que les indigènes montreront qu’ils sont un des mouvements les plus émancipateurs (et les plus antiracistes), contre tous ceux qui développent une visée seulement partielle d’émancipation (et un antiracisme partiel et partial). Et c’est donc en se mobilisant aussi contre l’antisémitisme qu’ils pointeront plus efficacement l’hypocrisie des forces politiques officielles et leur lâche tolérance vis-à-vis du racisme anti-noirs, du racisme anti-arabes, de l’islamophobie et plus largement des discriminations postcoloniales.
L’article de Sébastien Boussois consacré à "l’Agora des indigènes de la République" mentionne parmi plusieurs autres une brève intervention que j’ai faite le samedi 25 juin 2005 lors du débat sur l’identité politique des "indigènes" ("Qui sommes nous ?"). J’apprécie la tonalité de l’article, et confirme avoir abordé les points évoqués dans l’article. Je tiens en revanche à signaler (...)
Ce samedi 25 juin, a eu lieu sur le campus désert de Nanterre, la première réunion des instigateurs de l’Appel des indigènes du 8 mai dernier (...) Au-delà de la définition de l’indigène de la République, dans laquelle certains se reconnaissent, d’autres non, l’Assemblée a tenu à définir la relation qui doit unir l’Indigène à l’Autre, dans un esprit de solidarité et d’union symbolisé par le « nous ». Le mouvement est ouvert, et doit lutter pour la sauvegarde d’une mémoire plurielle.
Les philosophes des lumières orientales diraient que « l’indigène de la République » définit son universalité par sa singularité qui le fait exister par lui-même. En effet, exister par soi-même est la seule modalité d’existence. L’acte d’être « indigène » n’est donc instauré par aucun extérieur, c’est un acte d’autonomie de l’existence. Exister par soi-même fait de lui un être libre. C’est-à-dire la seule possibilité d’être pleinement un être.
Trois jours avant la date prévue pour les Assises de l’Anticolonialisme post-colonial, l’union départementale CGT a décidé de ne pas nous laisser la disponibilité de la salle, disponibilité qui avait été prévue de longue date à cet effet et explicitement pour y tenir cette première session de débat des assises.
Comme nous l’avons annoncé, les Assises de l’anticolonialisme post-colonial se tiendront le 16 avril prochain. Elles constitueront un premier moment de réflexion et de débat sur les questions qui nous préoccupent mais également un lieu de rencontre et de convergences entre citoyens et militants de divers horizons, engagés dans les luttes antiracistes et anticolonialistes.
L’Appel des indigènes de la République a suscité de nombreuses réactions et controverses. Mais il est aussi le prétexte à des conférences et rencontres/débats sur les questions soulevées par les initiateurs de l’Appel. Ainsi, un débat intitulé La République veut-elle de ses banlieues ? est organisé à Sarcelles le 7 avril prochain. Nous avons interrogé les organisateurs sur ce qui motive leur action.
Le dossier de Marianne n°413 (Ceux qui veulent la guerre ethnique) confirme que cet appel vise juste. Ce dossier est une parfaite illustration de deux phénomènes que nous entendons dénoncer : 1) la négation de la continuité qui existe entre la « France coloniale d’hier » et la « France coloniale d’aujourd’hui » ; 2) l’utilisation d’une rhétorique profondément coloniale qui n’a rien à envier aux encyclopédies françaises du début du 20ème siècle.
Les barbares sont sous nos murs. Il paraît même que certains sont déjà dans nos murs. Ils portent dans leurs yeux la haine et dans leurs coeurs la guerre, une guerre qu’ils appellent Djihad. Et nous avons peur, peur de ces femmes furtives qui se cachent sous des voiles noirs et refusent de montrer jusqu’à leurs visages, peur de ces jeunes garçons hâbleurs dont les bêtises adolescentes semblent soudain armées du glaive de la foi. Les barbares sont de retour, nos barbares, nos ennemis familiers, ceux du croissant contre la croix, ceux du fellagha contre la France.
J’ai signé il y a quelques jours l’appel pour des assises de l’anti-colonialisme sur internet. Je ne partage pas tout à fait toutes les formulations du texte, mais ce texte va dans la bonne direction. Elle place le cœur du débat autour de l’émigration-immigration non pas sur les référents "ethniques"-"religieux"-"culturels", mais sur la question de l’oppression, et même de l’intrication de diverses formes d’oppression. C’est là l’essentiel à mon avis.
Comme j’ai un peu de temps à perdre, je le fais en répondant, chère Fadela Amara, à votre texte publié ce 2 mars 2005 dans Libé. Vous affirmez que vous n’êtes pas une « indigène de la République ». C’est déjà clair pour tout le monde, vous n’avez pas besoin de le préciser. De toutes manières, nous ne vous avions pas incluse dans le "nous". Rassurez-vous !
L’appel « Nous sommes les indigènes de la République », que nous avons signé suscite des réactions très contrastées. Si la plus notable est l’enthousiasme avec lequel cet appel est accueilli par un grand nombre de celles et ceux auquel il est destiné (...)
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