L’Arabie saoudite sera, bien avant les Etats Unis, le premier pays à se déclarer ouvertement contre « le communisme athée ». C’est là que le chef des services secrets saoudiens, le prince Fayçal al Turki prendra attache avec Oussama ben Laden et lui demandera d’organiser le départ, à partir de différents pays, de « volontaires » islamistes vers l’Afghanistan et de leur assurer la logistique nécessaire.
« Les frontières du Jihad » (*), signé par Jean-Pierre Filiu, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris, est d’abord un ouvrage utile. Il rappelle avec précision les différentes acceptations historiques de la notion de Jihad en islam. « N’en déplaise aux maîtres de l’amalgame, le jihad n’est absolument pas un des cinq piliers de l’islam », écrit l’enseignant dès les toutes premières lignes. La notion de jihad apparaît peu dans le Coran, le Prophète n’ayant longtemps été qu’un marchand. « Et il attend d’être quinquagénaire pour prendre les armes », souligne cet arabisant qui a travaillé dans l’humanitaire en Afghanistan.
Lorsqu’à la fin des années 80 apparaissent les associations de « jeunes musulmans », les observateurs ont du mal à les définir. Ils ne sont pas dans la continuité des mouvements « beurs » puisqu’ils placent l’islam au centre de leur préoccupation. Ils ne sont pas non plus les fidèles héritiers des mouvements revendicatifs de travailleurs immigrés (guerre d’indépendance algérienne, MTA, grève des foyers SONACOTRA...), puisqu’ils revendiquent clairement une citoyenneté française pleine et entière.
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