Dans cet article, je tiens à brosser l’esquisse d’un penseur contemporain qui fait beaucoup de vagues et qui en fera de plus en plus, à mon avis, tout en le démarquant des ‘’nouveaux penseurs’’ de l’Islam, tels que façonnés et propulsés par une volonté sournoise.
Récemment, sur Oumma, un honnête homme s’inquiétait de ce que l’on veuille « réformer le Coran », et de citer alors l’éminent Malek Bennabi : « C’est l’homme musulman qu’il faut réformer et non pas le Coran. » Le message semble limpide et aussi indiscutable qu’un postulat : le problème n’est pas la Révélation, le Coran, mais le comportement des musulmans.
Le SMS est véritablement le sommet de l’indifférence à l’Autre que l’on tient à distance d’autant qu’il ne sait pas où nous sommes, on se fend d’un bout d’écriture anonyme et on pense à autre chose. Pendant ce temps-là, le lien familial se distend et c’est ainsi qu’inexorablement, la famille s’effrite, on ne connaît pas les membres, notamment les plus jeunes (...)
Délaisser pour un temps les préoccupations, les soucis, les habitudes de la dounia (le monde temporel et matériel), pour nous rapprocher ici et maintenant, de la akhira (le monde atemporel et spirituel), cet au-delà de l’ici-bas, qui n’est autre que la finalité et la fin de l’existence humaine (Al-Akhir, le Dernier, étant d’ailleurs l’un des Noms d’Allah). Il ne faut pas craindre alors d’affirmer que le jeûne du mois de Ramadhan nous invite à nous rapprocher de l’Essentiel, voire à nous fondre en l’Essentiel, en délaissant pour un temps l’accidentel, le contingent. Et cet Essentiel, n’est-ce pas notre propre Essence, notre Soi véritable ?
Allah a dit : "Tout acte du fils d’Adam lui appartient à l’exception du jeûne, car celui-ci est à Moi et c’est Moi qui en paie le Prix’’. Que peut bien vouloir dire ce Hadith aux relents mystérieux ? Pourquoi le jeûne est-il fascinant et vénéré par certains, dérangeant pour d’autres ? À cet effet, il est bien accueilli ou terriblement appréhendé c’est selon ! Quelle expérience peut nous faire découvrir le jeûne ? Est-ce juste une épreuve contraignante pour le corps ? En quoi le mois de Ramadhan est-il sacré ?
Ramadan porte une atmosphère spéciale. Mois du coeur, il appelle à la fraternité, à l’amour et au pardon. Il nous arrache à nos habitudes pour nous rappeler le sens de la proximité. Il est l’école de l’humilité et de la générosité. Mois de la force face à la fragilité de nos âmes et de nos sociétés, il offre la solidité en des nuits étranges et profondes. Il réforme la notion du temps, et sa lumière étouffe l’obscurité, pour laisser place à la présence de l’Un.
Ainsi, pour rendre cette substitution possible, l’homme doit-il se trouver dans un état d’humilité. Nous avons celle-ci en nous, mais encore s’agit-il de nous humilier devant Dieu, et non pas (ou plus) devant de fausses idoles. Et la plus massives des idoles—celle qui les résume toutes—n’est autre que le Moi.
Toutes les dispositions du culte, tous les actes cultuels ont pour commune fonction de rapatrier l’attention dans l’esprit, la présence dans le cœur du pratiquant. La finalité ultime de la Loi est donc d’actualiser le « souvenir de Dieu » dans le cœur des pratiquants
L’un des aspects original de la pensée de l’auteur est qu’il essaye non seulement de développer l’idée suivant laquelle Dieu créerait et expliquerait les régularités à l’œuvre dans la nature dont principalement, la structure métaphysique du monde, mais qu’il s’engage aussi, par là, à fonder l’induction et la science sur Dieu.
« L’égalité des hommes & des femmes en Islam », ce titre serait-il une question, une affirmation ou un espoir ? A vrai dire, il est triste d’en débattre. Il est triste d’avoir tant eu à argumenter face à des traditions machistes et misogynes. Il est triste de voir et d’entendre des hommes et des femmes de notre temps se plonger volontairement dans les ténèbres de la ségrégation prétendument au nom de Dieu, au nom du Coran ou de la Sunna. Quelles terribles frustrations et quelles ignorances les poussent, tous, à ce déni d’eux-mêmes et du vrai de leur religion ?
Le monde arabe est en ébullition depuis deux mois, les régimes sont tous peu ou prou menacés. François Burgat, membre du Centre national de la recherche scientifique (France), est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux du monde arabe et de l’islamisme. Il a publié plusieurs livres sur ces sujets (le dernier : l’Islamisme à l’heure d’al-Qaïda, à La Découverte, en 2010). Selon lui, le soutien des islamistes à la revendication démocratique n’est pas si nouveau que cela (..)
La thèse de l’abrogation, an-naskh, a bien évidemment une histoire. Nous ne pourrons en cet article, en lui-même déjà trop long pour être réellement pertinent, en discuter. Brièvement, disons qu’elle s’imposa progressivement, et que de Abû Muslim Al Asfahânî au IVème siècle H, en passant par Ibn Barhân au VIème, Sayyed Ahmad Khan au XIXème, et Muhammad Asad au XXème, il s’est toujours trouvé quelques esprits ne pouvant admettre rationnellement, théologiquement, et exégétiquement, cette théorie. Tous citèrent ce verset : “ Récite du Livre de ton Seigneur ce qui t’a été révélé. Aucun changement en Ses paroles. Nul refuge en dehors de Lui.” S18.V27.
Plus que jamais, ces quelques mots revêtent une singulière importance. Ils résonnent à l’heure actuelle au moins tant comme un principe de tolérance que comme une incantation propitiatoire face à la violence verbale dont l’Islam et les musulmans font l’objet. L’exégèse n’est sûrement pas une spécialité savante cloîtrée en de poussiéreuses bibliothèques, mais une obligation individuelle et une responsabilité collective. Elle est l’encre et le sang du Coran, l’arme de tous les combats, en premier lieu le jihâd mené contre nos propres croyances. Rien de plus mortel que nos certitudes.
Mohammed Arkoun n’était pas seulement un intellectuel perspicace et un humaniste de profonde conviction. Doté d´un sens de l’humour très subtil, il était aussi un conférencier passionné et charismatique et un enseignant engagé. Il se sentait "proche de tout ce qui était capable d’ouvrir des nouvelles routes à l’intelligence "et se considérait comme "un intellectuel révolté". Le monde musulman et occidental ont perdu en cet éclaireur non seulement un homme de principes, mais aussi une irremplaçable voix qui leur traçait le chemin à parcourir pour se comprendre et se compléter au lieu de s´affronter.
N’oublions pas non plus que pendant cette période de Ramadan, certains ont vécu des épreuves, d’autres continuent à rencontrer des difficultés dans leur vie quotidienne, d’autres encore les vivent le jour même de l’Id Al-Fitr. Nos prières les accompagnent et nous demandons à Allah le Très miséricordieux d’agréer notre jeûne et de nous accorder sa miséricorde. Qu’Allah nous donne la possibilité de vivre cette belle expérience spirituelle, sociale et humaine l’année prochaine.
Tous ceux qui l’approchèrent furent marqués par l’étendue de son savoir et la grande humilité dont il faisait preuve. Il laisse un œuvre considérable – plus de deux cent cinquante ouvrages – ayant abordé la plupart des domaines de l’Islam en tant que religion et civilisation. Son effacement naturel le rendait très discret et l’on sait peu de choses sur sa vie spirituelle et son orientation intérieure. Par certains traits de caractère, M. Hamidullah semble proche des mystiques de l’Islam qui, pour réaliser la proximité avec Dieu, n’hésitent pas à renoncer aux plaisirs et aux gloires éphémères du monde.
Toute interprétation, en tout cas, est le résultat d’une certaine relation entre le sujet qui interprète, l’objet (le texte) qui est interprété, et le contexte socioculturel et historique du moment de l’interprétation. De ce fait, il ne peut pas y avoir une interprétation unique d’un texte, une signification unique et vraie du Saint Coran comme peuvent le croire certains, mais il existe une multitude d’interprétations et de significations qui doivent pouvoir faire débat.
La principale caractéristique de la relecture bennabienne de l’Islam sera de dépasser la dimension religieuse au sens restrictif pour l’aborder dans sa dimension civilisationnelle globale. La généralisation théorique à laquelle pouvait aller un esprit aussi profond ne doit pas cacher le fait que Bennabi avait en vue deux thèses apparemment contradictoires mais qui se rejoignent finalement dans une commune stérilité historique.
Le vendredi 9 juillet 2010, correspondait au 27e jour du mois lunaire de Rajeb 1431. Avant l’Hégire, l’Emigration vers Médine, un événement unique dans l’histoire de l’humanité a eu lieu. Le Prophète de l’Islam vécut une expérience que personne d’autre avant lui et après lui, n’a pu ni ne peut connaître : El Isrâ et Miraj, le voyage miraculeux, nocturne de La Mecque à Jérusalem et l’ascension céleste du Dôme du rocher à l’au-delà. Ce récit spirituel est relaté par le Coran et la tradition prophétique. Durant ce voyage céleste furent prescrites comme don les cinq prières canoniques avec, comme valeur, cinquante prières.
Quelques « actualités » nous avaient tenus éloignés de la poursuite de notre réflexion sur le thème « Comprendre le Coran ». Il ne sera pas donc peut être point inutile que nous résumions les trois précédents volets quant aux concepts d’historicité, de littéralisme et de littéralité appliqués à l’exégèse du Coran. Nous aurons cependant compris l’indépendance de la Révélation par rapport au temps et aux évènements, et, donc, la signification et la portée exacte de ce que l’on nomme classiquement « asbâbu-n-nuzûl » ou « circonstances de révélation ».
La foi sincère en Dieu est comme une semence déposée dans le cœur. Elle grandira et s’épanouira pour devenir un arbre parfumé aux racines solidement ancrées dans le sol et à la ramure se déployant jusqu’au plus haut du firmament. Mais pour atteindre cet accroissement de la foi et de la connaissance, il appartient au croyant, avec l’aide de Dieu, de purifier son cœur des attaches passionnelles et des illusions qui l’obscurcissent.
Dans la sourate La Cité, Dieu fait suivre l’invitation, faite à tout un chacun, à « gravir la voie ascendante », à franchir les obstacles inhérents au cheminement vers Dieu, par le fait de libérer le captif (être prisonnier de son ego est la forme la plus vile de ce que renferme la notion de captivité), nourrir le parent orphelin, par temps de disette, ou un misérable terrassé par la faim.
Depuis que l’Occident a pris connaissance du Coran il n’a de cesse d’en critiquer la forme et l’origine. Cela se conçoit, après tout, croire qu’il s’agit de la dernière Révélation de Dieu adressée à l’humanité est affaire de foi et, à cela, nul n’est obligé : “ Si ton Seigneur l’avait voulu, tous les hommes sur Terre eussent été croyants. Alors, sache donc que tu n’as pas à contraindre les gens afin qu’ils croient.” S10.V99.
Dans la seconde partie de cet entretien, Nidhal Guessoum revient sur la théorie darwinienne de l’évolution. Le Coran se situe-t-il dans une perspective créationniste ou évolutionniste ? Une question à laquelle répond l’astrophysicien qui évoque également les nouveaux paradigmes scientifiques comme le principe anthropique, et dresse un bilan sans concession de la situation des universités dans le monde musulman.
Astrophysicien de notoriété internationale, Nidhal Guessoum a travaillé durant plusieurs années à la NASA, il est actuellement professeur à l’université américaine de Sharjah (Emirats Arabes Unis). Régulièrement invité dans les colloques internationaux aussi bien dans le monde musulman que non-musulman, Nidhal Guessoum s’emploie à concilier la tradition musulmane avec la rigueur méthodologique de la science moderne, sans pour autant céder au matérialisme « moderniste ». Dans cet entretien en deux parties accordé à Oumma.com, l’astrophysicien revient sur les rapports entre science et Islam, ainsi que des sujets plus épineux comme l’évolution darwinienne, « l’ijaz » (miracle scientifique du coran) véhiculé par des auteurs comme Harun Yahya ou Cheikh Zendani dont Nidhal Guessoum qualifie leur "méthode" de "bricolage scientifique".
Les + commentés