Durant des années, alors que Ben Ali et son clan élargi vampirisaient la Tunisie, jusqu’à ses trésors archéologiques les plus précieux, alors que le dictateur tunisien torturait, harcelait et muselait les Tunisiens, Antoine Sfeïr le mercenaire magnifiait de sa plume ce despote en se faisant rétribuer par l’entremise de divers artifices bien connus de la profession : publireportages, subventions déguisées des Cahiers de l’Orient par le biais d’achat d’innombrables copies à 18€ l’unité, etc.
Le redéploiement turc intervient à l’arrière plan d’informations faisant état de contact entre les Frères Musulmans (FM) et l’administration américaine visant à la réhabilitation politique de l’organisation panislamique, désormais particulièrement active en Egypte, en Syrie, et dans une moindre mesure en Tunisie, dont la branche palestinienne n’est autre que le Hamas.
Le premier ministre turc, Rejeb Tayyeb Erdogan, a été reconduit le 12 juin 2011 pour un troisième mandat à la tête de son pays, dans un contexte marqué par le bouleversement de la carte géopolitique régionale impulsé par la dynamique révolutionnaire arabe, sur fond d’ambition d’Ankara de propulser une politique néo-ottomane visant à ancrer la Turquie comme le nouveau point de référence diplomatique du Moyen-Orient.
Dans un monde arabe en ébullition, Mohammed VI a réussi à relégitimer son pouvoir et à mettre en avant « l’exception marocaine ». Mais sur le terrain, le pays, le plus pauvre du Maghreb, reste une cocote-minute.
Le 30 juin apprenant la décision du gouvernement grec de refuser le départ du Pirée aux bateaux et aux passagers de la Flottille de la Liberté2, Thomas Sommer, membre de la coordination internationale de la flottille2 déclarait : « On savait qu’il y avait un blocus autour de Gaza, aujourd’hui on s’aperçoit que le blocus est en train de traverser la Méditerranée pour arriver jusqu’en Grèce ».
L’absence de leadership est à lire aussi dans la capacité de cette jeunesse à dépasser son histoire moderne centrée sur la notion de Guide, de Raïs ou de Zaïm qui a dominé le monde arabe depuis les années cinquante pour finir par le déposséder de toute valeur humaine et le placer dans une situation de soumission populaire.
Alors que tous les indicateurs socio-économiques (130ème au classement de l’IDH en 2007) sont au rouge foncé, le Maroc semblerait ainsi, a priori, réunir tous les ingrédients d’une explosion sociale imminente qui n’arrive pourtant pas. Est-ce à dire qu’elle n’arrivera jamais ? Là n’est pas notre propos. Nous ne faisons pas de la prospective. Ce qui est sûr, en revanche, est que la variable socio-économique ne peut à elle seule provoquer un cycle de conflit comparable à ce qui se passe en Tunisie, en Egypte et à présent en Libye.
Depuis que je me suis engagée , il y a trente ans de cela dans mon combat médiatique pour lever le voile sur notre pensée, je me suis habituée au peu de déontologie de certains médias nationaux promakhzeniens. La ficelle cette fois est si grosse qu’il fallait que je dénonce la déformation totale de mes pensées et la censure très malhonnête exercée par un journalisme douteux. Cela permet en tout cas de faire le point sur cette histoire de monarchie et notre approche de celle-ci. Merci à oumma.com.
En effet, parler de l’intégration du monde musulman à l’axe euro-atlantique et aux principes du nouvel ordre mondial signifie que cela ne peut se faire qu’à la condition de modifier radicalement leurs référents religieux et, par ricochet, politiques, économiques, sociaux et psychologiques. La mystique mondialiste veut imposer son baptême permettant la mise en forme d’un panthéisme. La création d’un « État sacré de l’Islam » et d’un « Conseil représentatif tournant » en mesure de modifier la religion de l’intérieur correspond à l’instauration d’un Vatican II de l’Islam.
En 2008 paraissait un ouvrage très critique de la politique méditerranéenne de l’actuel Président de la République sous le titre Méditerranée. Adresse au Président de la République Nicolas Sarkozy (Actes Sud / Sindbad, 2008, 352 p, 25 €). L’actualité des pays arabes et la récente démission de la Ministre des Affaires Etrangères Michèle Alliot-Marie donnent a posteriori raison aux thèses défendues par leurs auteurs Béatrice Patrie et Emmanuel Español. Cédric Baylocq Sassoubre s’était entretenu avec ce dernier à l’été 2008, à l’occasion du sommet de Paris qui fondait officiellement le 13 juillet, l’Union Pour la Méditerranée (UPM), prolongement du Processus de Barcelone. Ou les critiques de l’auteur s’avéraient prémonitoires.
Sarkozy voulait sa guerre, il l’a - au forceps - grâce à Bernard-Henri Lévy, Alain Juppé, et au gouvernement conservateur anglais. Un exercice militaire de grande ampleur franco-britannique, planifié en trois mois – au lieu de six habituellement - va lui faciliter la tâche. Il est prêt pour attaquer « Southland »… entre le 21 et le 25 mars, un pays affublé d’un « régime dictatorial » au sud de la Méditerranée . Nom de code de l’opération « Southern Mistral », et celui de la première frappe : « Desert Storm » !
Et là, coutez-moi, je suis formel : « Faut refuser le débat Sarkozy ». Car en effet : durant que les « masses » populaires d’outre-Méditerranée se font un « chemin vers la lumière » de la-démocratie-comme-chez-nous (sans qu’on puisse clairement jurer qu’elles sont manipulées par les bubars), « est-ce vraiment le moment », s’il vous plaît, « de ramener les musulmans de France à leur islamité », mâme Dupont, et « de leur tendre le miroir d’un extrêmisme bigot et réactionnaire »
Retranché dans la caserne militaire d’Al Azizya, à Tripoli, qui lui tient lieu de résidence, abandonné par ses anciens frères d’armes, y compris le commandant en chef de l’armée, le commandant opérationnel des forces spéciales et son ministre de l’intérieur, le colonel Mouammar Al-Kadhafi ploie sous l’assaut de son peuple dans une véritable guerre de libération populaire contre sa dictature.
Retour sur le sombre bilan de celui qui aura été le héraut de l’unité arabe avant de devenir un allié objectif des États-Unis et d’Israël.
En 42 ans de pouvoir erratique, le chantre de l’unité arabe aura été l’un des fossoyeurs du nationalisme arabe, le démineur par excellence des menées américaines dans la sphère arabe, le meilleur allié objectif d’Israël et le fossoyeur de son peuple.
Alors que les émeutes en Libye ont fait plus de 100 morts, nous vous proposons de lire ou relire ce texte de René Naba qui revient sur les pratiques criminelles du Président libyen. […] Son palmarès en la matière, sans doute l’un des plus impressionnants au monde, soutient la comparaison avec les tyrans les plus redoutables de la planète.
Il est tout autant indéniable que le vent de liberté insufflé de Tunisie redessinera la politique de la région dans son ensemble. Pour autant, est-ce vraiment l’avènement de réels changements politiques et la fin des régimes autocratiques régnant sans partage sur les pays de la région depuis plus de 50 ans ? Rien n’est moins sur et il est peut être prématuré de parler d’instauration de la démocratie au sud de la Méditerranée ?
La chute de la dictature tunisienne porte condamnation de la complaisance de la classe politico-médiatique française à l’égard de Ben Ali : Du vacancier de Bizerte, Bertrand Delanoë, Maire socialiste de Paris, au résident de Sidi Bou Saïd, le bi-national Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, à Pierre Lellouche, ministre de l’Industrie, à Charles Pasqua, dont le fils y trouva refuge pour échapper à la justice de son pays, à Guillaume Sarkozy, frère aîné du président français, à l’entrepreneur Pierre Besnainou, candidat potentiel à la présidence du CRIF (...)
Alors que le régime autoritaire et corrompu de Moubarak est confronté à une forte contestation de la rue égyptienne, nous vous proposons de relire cet article de René Naba publié sur Oumma l’été dernier et qui avait prévu l’implosion sociale du plus grand et plus peuplé pays du monde arabe avec 80 millions d’habitants, dont plus de 34 % vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de deux dollars par jour.
Le silence qui gagne l’élite politique et médiatique de la France peut s’expliquer en raison d’un puissant « lobby tunisien » . Ces termes sont ceux employés par le médecin Gabriel Kabla : membre du RCD -le parti de Ben Ali, ce résident de Montreuil, qui préside « l’Association française des juifs de Tunisie », entend promouvoir « le vrai visage de la Tunisie, celui d’un pays ouvert, où les femmes ont des droits, où l’éducation est la priorité ». Une vision tronquée de la réalité, s’apparentant à un déni et longtemps prônée en France par de célèbres natifs du pays, tel Bertrand Delanoë, habitué de Bizerte, et le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur Pierre Lellouche.
Cette minorité qui a imposé sa volonté au peuple et a fini par le décimer trouve dans l’Occident des droits de l’homme son fervent défenseur. En liant son destin à des dictateurs qui dilapident les richesses, répriment, sèment la peur, le désespoir, la mort au sein de leurs peuples, l’Occident atteste, dans les faits, que les valeurs qu’il porte ne concernent que l’homme occidental. Le véritable critère pour juger une civilisation est dans son rapport à l’autre.
Ils sont des centaines de milliers de Mohamed, Hocine et Lotfi, en Tunisie, en Algérie, au Maroc, en Égypte. Selon une estimation prudente, les diplômés chômeurs seraient entre 400 et 500 000 au Maroc, autant en Tunisie, entre 600 et 700 000 en Algérie, et…2, 5 millions en Égypte ! Ils se battent depuis des années, avec l’énergie du désespoir. La révolte déclenchée à Sidi Bouzid le 18 décembre s’inscrit dans un cycle de luttes déclenché au printemps 2008, simultanément au Maroc, en Algérie et en Tunisie.
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