L’élimination du général Younes risque dans ces conditions de raviver les luttes intestines au sein d’un groupement hétéroclite composé d’ « islamistes », de « libéraux », de « monarchistes », un groupement d’incapables infiltrés par des agents du MI5, de la CIA et du Mossad et porté à bout de bras par des puissances étrangères qui risquent de se retrouver plus tôt que prévu devant une guerre civile politico-tribale ouverte sur tous les scénarios possibles (...)
Comme on pouvait s’y attendre l’intervention militaire de la coalition occidentale contre la Libye n’a pas été accueillie avec le même enthousiasme partout. Si les mobiles « humanitaires » invoqués officiellement pour justifier le recours à la force contre la Libye ne semblent pas convaincre tout le monde, il reste à examiner les conséquences politiques et diplomatiques de cette intervention militaire d’envergure.
Le spectre de la tragédie espagnole plane sur la Libye. Allons-nous, encore une fois, laisser volontairement mourir des centaines de milliers de Libyens comme cela a été le cas pour les Espagnols ? Une Libye mise au ban des nations et décrétée illégitime par la communauté internationale, un Kadhafi qui exulte et crie victoire et appelle à la purification de la Libye à Tripoli. Mais qui pense aux Libyens ? On ne peut faire l’économie de l’exemple de la tragédie espagnole car, dans les deux cas, les partisans de la liberté sont sacrifiés et trahis, le peuple subira plus de privations et de misère dans un pays en ruine.
Les Occidentaux exultent. Sous la pression des pétromonarchies réactionnaires du Golfe, la ligue des Etats arabes vient de demander officiellement au Conseil de sécurité de l’ONU l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Certes, la ligue arabe se dit officiellement hostile à une intervention militaire directe en Libye, mais des informations démenties par le ministre saoudien des Affaires étrangères font état d’une demande américaine adressée à l’Arabie saoudite, en vue d’armer l’opposition de Benghazi.
Incroyable mais vrai. Le quotidien Le Monde nous apprend que Bernard-Henri Lévy a assisté à l’entrevue donnée par le président Sarkozy à la délégation du Conseil national de transition libyen, venue à Paris demander une reconnaissance officielle. Cette information qui aurait paru invraisemblable, si elle n’était pas officiellement confirmée, est révélatrice de la décadence des mœurs politiques françaises qui n’épargne manifestement plus la diplomatie de cet Etat. On peut se demander à quel titre BHL a participé à cette réunion diplomatique et surtout à quoi correspond l’intrusion de cet énergumène dans une crise politique et militaire, qui n’a pas fini de révéler tous ses dangers potentiels. Va-t-il remplacer son ami Kouchner comme porte-étendard de l’ingérence humanitaire ?
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