Le journal Assabah daté du vendredi 11 février 2011 a publié le témoignage de l’ancien officier de police, Lotfi Derrouiche, sur la mission que Mohamed Ali Ganzoui, (à l’époque directeur des services spéciaux et non pas Secrétaire d’Etat comme l’a noté l’intéressé) lui avait confiée et qui consistait à l’élimination physique d’un certain nombre d’opposants à l’étranger et notamment Ahmed Bennour, Salah Kerker et Ahmed Manaï.
Embarrassant. Oumma dévoile les images inédites du couple Guigou -aujourd’hui au cœur de la controverse tunisienne- lorsqu’ils vantaient les actions de l’Ipemed, une association co-présidée par Aziz Miled. Proche de la ministre Michèle Alliot-Marie, cet homme d’affaires avait soutenu le régime policier de Ben Ali.
Nous poursuivons notre série d’entretiens sur la Tunisie avec Vincent Geisser qui revient aujourd’hui sur la position honteuse du gouvernement français, lequel, dès le début de la révolution, a soutenu Ben Ali jusqu’à aller proposer une aide au dictateur pour réprimer la révolte du peuple tunisien. De retour de Tunisie, Vincent Geisser constate que la France est totalement discréditée dans ce pays.
Sans atteindre l’importance de l’Egypte dans l’architecture géopolitique régionale, l’Algérie est un pays qui compte pour les Américains. Second PIB africain après l’Afrique du Sud, seconde armée africaine après l’armée égyptienne, sa profondeur saharienne en fait la première puissance de la zone du Sahel qui est en train de devenir le ventre mou de l’Afrique, après la Somalie, d’où peuvent se réorganiser et repartir en guerre les bataillons anonymes de la soi-disant Qaida.
Jeudi dernier, l’ancien vice-président américain Dick Cheney a rendu une visite surprise à un rassemblement de la droite conservatrice. A son apparition sur scène, certains militants, proches du Républicain libertaire Ron Paul, se sont mis à le huer avant de quitter la salle en signe de protestation. Malgré la majorité de supporters scandant « USA, USA, USA ! », l’un des réfractaires en profita pour traiter Dick Cheney de « criminel de guerre », ce qui n’a pas manqué de faire ricaner l’intéressé.
De retour de Tunisie où il a rencontré aussi bien des membres du gouvernement que de l’opposition, Vincent Geisser nous livre en exclusivité ses impressions sur le climat politique actuel en Tunisie. Il note entre autres une détermination du peuple tunisien à vouloir instaurer leur propre modèle démocratique. Signalons également que le livre de Vincent Geisser Dictateurs en sursis, Une voie démocratique pour le monde arabe
co-écrit avec Moncef Marzouki a été édité en Tunisie.
11 février 1979, 11 février 2011... Le jour même de l’anniversaire de la révolution qui fit vaciller le Shah, c’est au tour de Housni Moubarak de tomber, trente-deux ans plus tard. L’Histoire repasserait-elle les plats ?
L’historien du moyen-âge musulman ne peut manquer de noter continuités et différences. En 1256, la destruction de Bagdad par Hulagu réduisit au néant le califat iraqien.
Sur le plan interne, entre le sunnite Rafic Hariri et le chiite Hassan Nasrallah, d’une manière encore plus criante entre Saad Hariri et le chef du Hezbollah, existe une différence d’échelle. Les deux ont pris les rênes du pouvoir politique, la même année, en 1992, mais l’un à l’inverse de l’autre. Rafic Hariri a été propulsé sous George Bush Senior et a implosé sous George Bush Junior, quand Hassan Nasrallah s’imposait contre le père et survivait au fils.
La presse fait ses gros titres sur le pactole caché par Ben Ali et par son clan (et aujourd’hui par le toujours président égyptien Hosni Moubarak) tout autour de la planète, du Brésil aux pays du Golfe, en passant par la Suisse. Le gouvernement français, longtemps si complaisant avec le régime tunisien, affirme qu’il mènera « une action très ferme » afin d’empêcher la fuite de ses avoirs. Seulement voilà, ce n’est que de la poudre aux yeux. Bloquer l’argent détourné des tyrans n’est pas une affaire qui se règle en quelques jours.
Contre-révolution. Les insurrections populaires en Tunisie et en Égypte ont suscité la mise en garde de nombreux adeptes du complot islamiste international. Dans la droite ligne du gouvernement israélien, ils redoutent l’effet papillon de l’avènement démocratique dans les pays arabes. Florilège en images.
A l’insistance pour ne pas dire l’entêtement d’un Y. Calvi à vouloir absolument souligner le risque intégriste que représente le mouvement des Frères musulmans aux portes d’une Europe paniquée, repris en écho et amplifié par le duo Lellouche-Finkielkraut, répondait avec beaucoup d’intelligence et de maîtrise le duo Moulay Hicham-Védrine, revenant toujours sur l’essentiel des événements, à savoir, la leçon de courage et d’exemplarité de populations ayant pourtant payé un lourd tribut dans ces soulèvements.
La révolution aura à affronter la difficulté énorme qui consiste à fusionner dans le processus de transition des énergies et des volontés civiles et politiques. Le fait de rester unis sur l’essentiel (les revendications démocratiques urgentes) constituera l’élément déterminant pour la suite des évènements. C’est seulement après l’adoption d’une nouvelle constitution démocratique et la mise en place de nouvelles institutions élues que les partis pourront entrer dans une compétition politique loyale dans le respect de la constitution et des lois de la république.
L’ancien ministre Ben Eliezer ne comprend pas pourquoi son ami Moubarak n’a pas ordonné de tirer sur les manifestants (apparemment 300 morts, ce n’est pas assez pour l’ancien gouverneur militaire) ; Benjamin Netanyahu est en colère contre Obama - qu’il considère depuis longtemps comme un Président mollasson qui a abandonné la défense du monde libre et flirte avec l’Islam - qui s’est désolidarisé immédiatement de son allié égyptien et ne lui a pas apporté l’assistance nécessaire pour sauver son régime (...)
Le vice-président Omar Souleiman vient de s’exprimer à la télévision égyptienne pour annoncer le départ de Moubarak. Quelle victoire magistrale pour tout le peuple égyptien ! Véritable coup d’assommoir, la volonté exprimée hier soir par l’autocrate Moubarak de « mourir sur scène » plutôt que de tirer sa révérence, n’avait réussi qu’à amplifier la révolte populaire, plus que jamais fidèle au rendez-vous de la place Tahrir, en ce 18ème jour d’une mobilisation certes sous le choc, mais demeurant inébranlable.
Rebelote. Outre Ben Ali, Dominique Strauss-Kahn avait également rendu hommage, en tant que directeur général du FMI, au président Hosni Moubarak pour la « performance économique » de l’Égypte. Sans un mot pour dénoncer la corruption généralisée et les atteintes aux droits de l’homme.
Après plusieurs heures de suspens calculé et de fausse prudence diplomatique, le président Moubarak n’a pas démissionné comme il était attendu mais a, en revanche, confié ses pouvoirs à son vice-président, le général Omar Souleiman. Ce que des médias spécialisés dans la désinformation présentent comme un entêtement de Moubarak à s’accrocher à son fauteuil n’est en fait qu’une manœuvre américaine qui vise d’une pierre de coups (...)
Ce texte dont Oumma a eu l’exclusivité en France est une réflexion d’ Abdenur Prado, président de la Junta Islámica Catalana, et organisateur du Congrès international sur le féminisme islamique qui a lieu tous les deux ans. Il est l’auteur de plusieurs livres et articles sur les questions islamiques contemporaines.
La proximité quasi-familiale tant avec la monarchie saoudienne qu’avec le lobby israélien qui a ses entrées dans le palais explique le soutien sans faille dont bénéficie la monarchie alaouite dans les cercles dirigeants à Paris, qu’ils soient de droite ou de gauche. Et pour cause. L’explication n’est ni à Paris ni à Rabat mais à Tel Aviv et dans les énormes possibilités offertes aux milliers de sujets du roi qui bénéficient de la double nationalité marocaine et israélienne !
Curieusement nos trois vedettes médiatiques qui s’inquiètent fortement de l’arrivée au pouvoir d’un mouvement intégriste religieux n’ont jamais rien dit contre le fait qu’en Israël un parti de de cette nature soit membre depuis longtemps de la coalition gouvernementale. Le parti Shass un parti extrémiste religieux (et raciste) est au pouvoir en Israël avec un autre parti d’extrême droite celui-ci laïc et tout aussi raciste, Israel Beiteinu.
Le multipartisme sélectif et le relatif pluralisme médiatique (limité à la presse écrite), dont veulent se prévaloir les gouvernants algériens, ne sont en fait qu’un miroir aux alouettes qui dissimule mal la vraie nature du pouvoir. En effet, le régime algérien se caractérise par des ambivalences fondamentales : des normes et procédures formelles qui côtoient des règles informelles, un pluralisme sans démocratie, et une citoyenneté reconnue mais sans plein exercice.
Washington et ses alliés s’en tiennent au principe bien établi que la démocratie est acceptable à condition qu’elle soit conforme aux objectifs stratégiques et économiques : excellente en territoire ennemi (jusqu’à un certain point) mais à éviter dans nos chasses gardées sauf si elle est correctement contrôlée.
Sociologue, chroniqueuse au quotidien arabe Al-Hayat, Nahla Chahal revient dans cet entretien sur OummaTV sur les derniers événements politiques en Égypte et estime que Moubarak n’est plus le décideur de ce pays. Selon cette spécialiste du monde arabe, les futurs changements politiques en Égypte vont rendre plus difficiles les relations avec Israël. Quant à la menace islamiste brandie par l’occident, Nahla Chahal exprime son raz- le-bol à ce sujet et refuse toute vision essentialiste de l’islam politique qui a accepté les règles du jeu démocratique en citant notamment l’exemple tunisien.
Les dernières 24 heures, si elles ont permis de réaffirmer la grande détermination du peuple égyptien dont la mobilisation n’a pas faibli, n’en ont pas moins laissé apparaître des signes évidents d’une intensification des manœuvres politiciennes visant la division et l’infléchissement du mouvement populaire.
La révolte des tunisiens a laissé derrière elle les vestiges d’un clan décadent. Reportage au milieu des ruines et des ex votos, dans le sillage de la révolution. « Dar Bouazizi ». Sur le pilier droit en pierre saumon, les révoltés tunisiens ont rebaptisé la villa de Moez Trabelsi après l’avoir saccagée. Si l’on passe l’entrée en arc plein-cintre, une autre inscription complémentaire est immédiatement visible : « Repose en paix Bouazizi », en référence au jeune marchand ambulant (titulaire d’un bac de Lettres) de Sidi Bouzid (Centre) qui s’est immolé le 17 décembre 2010 (...)
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