Les Occidentaux démolissent les dictateurs, à tour de bras, au nom de la démocratie. Enfin, pas tous, ceux qui les dérangent, pas les autres, les tyrans africains fournisseurs de Djembé et de mallettes; ni les pétromonarchies, générateurs de rétro-commissions.
Pour avoir trop tardé à engager les réformes, bridé les tendances réformistes qui lui étaient prêtées, ménager les intérêts de son clan au détriment de ceux de son pays, Bachar Al Assad récolte une tempête populaire à l’effet de réduire à néant sa magistrale maîtrise de la manœuvre diplomatique face à l’offensive israélo-américaine visant à remodeler un « Grand Moyen Orient ».
« Des analystes estiment que la nouvelle stratégie de l’administration américaine reposerait justement sur l’utilisation des FM dans l’ensemble du monde arabe pour combattre l’Iran et ses alliés. Ces analystes ajoutent que maintenant qu’ils se sont débarrassés d’Oussama Ben Laden, les Américains peuvent de nouveau miser sur le courant islamiste pour juguler l’influence iranienne au Moyen-Orient. Ils auraient confié la mission de rendre les FM « fréquentables » au parti au pouvoir en Turquie qui représente un islam moderne jugé tout à fait acceptable par l’administration américaine. »
Le redéploiement turc intervient à l’arrière plan d’informations faisant état de contact entre les Frères Musulmans (FM) et l’administration américaine visant à la réhabilitation politique de l’organisation panislamique, désormais particulièrement active en Egypte, en Syrie, et dans une moindre mesure en Tunisie, dont la branche palestinienne n’est autre que le Hamas.
Dans l’ordre symbolique, la mise en route de la flottille alors que Hamas et le Fatah se sont réconciliés, que le passage de Rafah est entre-ouvert vise à signifier, dans la perspective de l’offensive diplomatique palestinienne pour une reconnaissance internationale de son droit à l’indépendance, la permanence d’une revendication en ce qu’un droit n’existe que tant que subsiste un revendicateur et que, inversement, tant qu’existe un revendicateur un droit ne se perd pas.
A ceux qui, bien ou mal intentionnés, se demandent à quoi bon prendre la mer, et pourquoi cette seconde flottille, à l’heure où le Hamas et le Fatah se sont réconciliés et où le passage de Raffah est entre-ouvert, René Naba répond tout simplement : pour assurer la permanence d’une revendication, car un droit n’existe que tant que subsiste un revendicateur.
Mon premier déplacement dans les territoires palestiniens remonte à avril 2001. J’étais alors davantage animé par un sentiment de solidarité spontanée avec une population en butte à la répression d’une armée d’occupation que par un quelconque intérêt scientifique ou journalistique. Cette première rencontre demeure, 10 années plus tard, un souvenir d’une extrême violence, à l’image de celle qui sévissait alors dans des territoires où chaque jour apportait son lot de nouvelles victimes.
Quelle main invisible et crapuleuse se cache donc derrière le crime barbare qui a enlevé la vie, vendredi, à Vittorio Arrigoni, journaliste et écrivain de son état, connu pour avoir laissé parler sa fibre pacifiste pro-palestinienne en faisant de Gaza sa terre d’adoption à l’été 2008 ?
Le vent du changement qui souffle sur le monde arabe ne saurait épargner aucun pays de la région même si les formes et les rythmes de la contestation populaire varieront suivant les contextes nationaux forcément différents. Comment un régime autoritaire comme le régime baathiste syrien pourrait-il échapper à l’onde de choc surmédiatisée qui a balayé les régimes de Ben Ali et Moubarak en attendant le tour de Ali Salah au Yémen et de Kadhafi en Libye ?
Il y a exactement un an, en avril 2010, la campagne contre lui a atteint de nouveaux sommets et plutôt de nouveaux abîmes. Elle était menée par le président de la Fédération sioniste d’Afrique du Sud Avrom Krengel, qui a essayé d’empêcher Goldstone de participer à la bar mitzvah de son petit fils à Johannesburg, parce que selon lui "Goldstone avait causé un dommage irréparable à tout le peuple juif."
Un des fils de Kadhafi s’est rendu en Israël pour demander l’appui des « spécialistes » en termes de répression des révoltes populaires, et faut-il taire qu’Israël semble avoir fourni les bonnes adresses où recruter des mercenaires ? Etrange collaboration quand même pour ceux que l’on dit être des ennemis jurés…
Ces propos paranoïaques de Zvi Mazel, ancien ambassadeur d’Israël en Egypte n’ont rien de surprenants. Dans l’Histoire, les dirigeants sionistes ont toujours recherché le « bon » Arabe, celui qui faciliterait l’entreprise coloniale. Cela a été le féodal vendant ses terres en Palestine au début du XXe siècle, la dynastie Hachémite (jordanienne) avec qui un accord de partage de la Palestine a été conclu dès les années 1930 ou plus tard les phalangistes libanais, alliés indéfectibles des Israéliens y compris lors du massacre de Sabra et Chatila.
Alors que le régime autoritaire et corrompu de Moubarak est confronté à une forte contestation de la rue égyptienne, nous vous proposons de relire cet article de René Naba publié sur Oumma l’été dernier et qui avait prévu l’implosion sociale du plus grand et plus peuplé pays du monde arabe avec 80 millions d’habitants, dont plus de 34 % vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de deux dollars par jour.
Le président de l’Union mondiale des Oulémas, Cheikh Youssouf Al Qardawi vient de condamner très fermement l’attentat survenu dans la nuit du 31 décembre 2010 contre l’église copte d’Al Kidissine à Alexandrie. En dans des termes très clairs, Youssouf Al Qardawi a renouvelé les condamnations qui avaient émané d’autres autorités officielles de l’islam au Moyen-Orient, notamment du Cheikh d’Al Azhar Ahmad Al Tayeb ou du mufti du pays, Ali Goma’a.
Qu’elles étaient belles les guerres d’Israël de naguère ! De la guerre de 1948 à celle de Suez (1956), des Six Jours (1967) et enfin d’Octobre, du Ramadan ou de Kippour (1973), toutes ces guerres – en moyenne une tous les dix ans –furent de « belles guerres » où Israël, en David des Temps modernes, renouant avec le récit biblique, conduisait au-dessus de tout soupçon, des guerres « justes » et « propres » sous le signe de la « pureté de ses armes », contre l’affreux Goliath arabe (...)
L’Occident décidera de sanctionner le peuple palestinien pour avoir mal voté et très vite, les soutiens financiers des organismes internationaux se tarissent. A l’inverse du cas ivoirien, les perdants (le Fatah) se voient confortés dans leur refus d’honorer l’issue du suffrage.
Avocat français d’origine palestinienne et ex-conseiller juridique de l’OLP, Ziyad Clot a participé aux différentes négociations israélo-palestiniennes. Auteur d’un livre passionnant, "Il n’y aura pas d’Etat palestinien. journal d’un négociateur en Palestine" (Ed. Max Milo ), Ziyad Clot affirme dans cet entretien accordé à Oumma.com, que « ces pourparlers de paix ont depuis longtemps prouvé qu’ils ne servaient à rien sinon à générer plus de conflit ». Il plaide pour un Etat binational : « Israëltine » qui constitue la seule solution pour résoudre le conflit israélo-palestinien.
Par son retentissement psychologique, sa portée symbolique et sa mobilisation populaire, ce premier déplacement du président iranien au Liban depuis les exploits militaires de son poulain chiite, le Hezbollah libanais, en juillet 2006, contre Israël, est comparable, toute proportion gardée, à la visite du chef de file du combat nationaliste arabe, le président égyptien Gamal Abdel Nasser à l’Algérie, dans la foulée de l’indépendance de ce pays, au terme d’une guerre nationale de libération menée contre la France, en juillet 1962.
L’alliance exclusive de l’Islam sunnite avec l’Amérique, si elle a assuré la tranquillité du trône wahhabite au cours d’un demi siècle tumultueux, n’a pas pour autant assuré sa pérennité. L’Arabie saoudite aura réussi le tour de force de gagner le respect du monde musulman, sans tirer un seul coup de feu contre Israël, sans obtenir la moindre concession des Américains sur la question palestinienne, en s’appliquant méthodiquement à détruire les vestiges du nationalisme arabe.
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