Comme jadis le communisme, un spectre hante l’Occident : l’islamisme. Orphelin du péril rouge, le monde occidental s’est forgé avec empressement un nouvel ennemi. En panne de bouc-émissaire, il a offert un nouveau visage à la menace dont se repaît son imaginaire collectif.
Depuis l’assassinat du général Abdel Fatah Younès et deux de ses aides (deux colonels), le 28 juillet dernier, la suspicion règne au sein du Conseil national de transition (CNT) et entre les différents groupes rebelles. Les premiers visés sont les proches du général, soupçonnés par certains de faire partie d’une « cinquième colonne kadhafiste ». Les rumeurs les plus folles circulent à ce sujet dans Benghazi. « Younès était un agent double », entend-on, « il sabotait les efforts des rebelles ». D’autres affirment, au contraire (...)
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