Difficile de traiter d’un tel sujet sans attirer l’attention des ténors auto-proclamés de la laïcité ou des laïcards. Néanmoins, c’est bien dans l’esprit de la loi de 1905, qui garantit la liberté de conscience et de culte, que s’inscrit notre réflexion.
Un entretien avec Michel Orcel, auteur du livre "De la dignité de l’islam". Réfutation de quelques thèses de la nouvelle islamophobie chrétienne" (Ed. Bayard).
C’est bientôt le 25 novembre journée contre les violences faites aux femmes. A cette occasion, il est bon de rappeler qu’il est des violences dont on ne parle pas, que beaucoup ne connaissent pas et que d’aucuns ne condamneront pas. Ces violences sont celles que subissent quotidiennement les femmes musulmanes qui portent un voile.
On se souvient des polémiques pas si lointaines autour de la place de l’islam dans la Renaissance européenne. Le livre de Jerry Brotton, Le Bazar Renaissance. Comment l’Orient et l’islam ont influencé l’Occident, (Les liens qui libèrent, Paris, 246 pages, 2011, 21 euros), apporte une contribution majeure à l’histoire de ce que fut la Renaissance.
Récidive. Samedi, le chroniqueur Eric Zemmour a tenu des propos singuliers sur l’antenne d’I Télé en dressant un parallèle entre regain de la délinquance en banlieue et pratique accrue de l’islam.
Quant aux pouvoirs publics, particulièrement en France, ils ignorent le véritable interlocuteur, c’est à dire la société civile musulmane d’Europe, dans toutes ses composantes, ceux que l’on peut appeler euro musulmans. Ils dédaignent en particulier les élites intellectuelles modernes comme ils les ont dédaignées pendant les colonisations. Ils traitent, dans leur incompréhension radicale de ce qu’est une religion, avec des représentants putatifs de ce qui est à leurs yeux exclusivement un culte.
Tribunes médiatiques de leur perfidie, miroirs en haute définition de leur duplicité, la petite lucarne cathodique et sa floraison de chaînes d’information ont succombé à leur dictature intellectuelle, se laissant complaisamment envahir par une pensée unique féconde, qui pour être exprimée avec brio n’en porte pas moins le masque le plus vil : celui des « intellectuels faussaires ».
D’où vient l’idée que la « mairie aurait intérêt à enfermer les Ulissiens de confession musulmane dans un ritualisme sommaire » ? Que je sache, le projet de mosquée comporte bien une partie culturelle qui ne manquera pas de répondre aux objectifs d’encadrement de la jeunesse. Quant au ritualisme sommaire, est ce une mise en cause de la pratique religieuse des membres d’El Andalous ?
Hara Kiri. Après avoir provoqué un tollé en ayant qualifié la présumée tentative de viol commise par Dominique Strauss-Kahn de « troussage de domestique », Jean-François Kahn arrête le journalisme. Retour en images sur le dérapage d’un féministe à géométrie variable.
Je suis encore tout excité d’avoir participé à cet événement historique– alors que quelqu’un brûlait un Coran aux Etats-Unis, quelqu’un d’autre nous en offrait un en signe de solidarité. J’en ai fait part aux membres de ma communauté religieuse lors de l’office du vendredi et tous ont été touchés par ce geste.
Concernant les relations islamo-chrétiennes de manière générale, le pape a fait plusieurs démarches qui ont jeté des ponts de compréhension réciproque et de fraternité sans précédents. Pensez, par exemple, qu’il avait pour principe général de ne jamais faire le lien entre aucune religion et le terrorisme. Imaginez s’il n’avait pas invité à une rencontre islamo-chrétienne de haut niveau au Vatican pour déclarer que la religion - toute religion - était séparée du terrorisme. Et que l’islam donc n’est pas source de terrorisme.
Je lui rendais visite dès que possible à son bureau, où on devait se frayer un passage entre ses livres entassés qui débordaient de partout. Il n’était jamais seul, toujours avec des amis, des étudiants. Il répondait à leurs questions sur l’islam et les autres religions, l’histoire du monde musulman et sa civilisation. En un mot il était une encyclopédie, plutôt une bibliothèque ambulante riche et variée, pleine de sagesse avec un style accessible dans un français et un arabe limpides (...)
Tous les savants musulmans font la distinction entre « Al‘ibâdât), les actes d’adoration qui se référent exclusivement aux textes fondateurs de l’islam (Anaql) et qui de ce fait sont considérés comme immuables, et « Al mu‘âmalât » c’est-à-dire les relations sociales qui elles, s’appuient beaucoup sur la raison (Al ‘aql) et sont donc passibles de changement et doivent tenir compte de l’espace, de l’époque, de l’état d’esprit du musulman ainsi que les traditions du pays dans lequel il vit.
Il n’est pas juste d’imputer les inquiétudes des Français à l’islam, qui serait un facteur de peur. Ce serait trop simple. La mondialisation et la crise économique qui coïncident avec une visibilité croissante de l’islam au sein de l’espace public expliquent le mal-être des Français.
La mondialisation a conduit à l’uniformisation et a fait disparaître les frontières économiques, culturelles, voire humaines en Europe. Ceci a poussé beaucoup de nos concitoyens à se poser des questions sur eux-mêmes : « Qui sommes-nous et qu’allons-nous devenir ? » se disent ils.
Dans une causerie prononcée au mois de janvier à Leicester, la baronne Sayeeda Warsi, co-présidente du parti conservateur britannique (centre droite) actuellement au pouvoir affirmait que “l’islamophobie a passé le test du dîner en ville”, source de discussions interminables autour de maintes tables du royaume. Ce que Mme Warsi affirmait, en d’autres termes, c’est que les anti-musulmans ne font plus tache dans ce pays pourtant connu pour sa tolérance et son œcuménisme et qui s’enorgueillit d’un long passé d’immigration et d’intégration.
La gouvernance par la peur, technique parfaitement rôdée par les apprentis dictateurs, devient une ficelle politique très rentable pour Nicolas Sarkozy, son parti et son gouvernement, totalement inconscients des dangers encourus par toute société qui stigmatise abusivement ses minorités sur l’autel de l’électoralisme et du populisme. L’histoire est pourtant riche d’enseignements sur les conséquences dramatiques de la bouc-émissarisation d’une minorité ethnique ou religieuse en temps de crise.
Au malheur d’être arabe, d’être noir, d’être pauvre, d’être déclassé socialement, discriminé quotidiennement en France, s’ajoutait l’appartenance à l’islam. L’instrumentalisation politique de l’islam ne venait pas exclusivement des groupuscules extrémistes tels que le Bloc identitaire mais elle était orchestrée par notre classe politique « républicaine », d’André Gérin (PCF) à Nadine Morano (UMP), en passant par Jean François Copé (nouveau patron du parti présidentiel) et Manuel Valls (PS), voulant au non de l’islamophobie se refaire une santé politique.
Pour 42% des Français, la « présence musulmane » est « plutôt une menace » : c’est ce que vient de nous apprendre un sondage réalisé par l’IFOP pour le journal Le Monde. On a raison de s’en alarmer, mais pas d’être étonné-e : l’islamophobie progresse, ou plus précisément elle s’épanouit, se lâche, s’exprime en toute bonne conscience. Par voix de sondage pour les 340 personnes (42% des 809 sondés) qui ont accepté de répondre aux questions bêtes et méchantes de l’IFOP et de choisir la plus violente des réponses proposées, mais aussi de mille autres manières, au quotidien : regards hostiles, propos injurieux, discriminations…
Ils se disent islamophobes et en sont fiers. Qui sont-ils en réalité ? Oumma a assisté aux « Assises internationales sur l’islamisation » qui se sont récemment tenues à Paris. Rencontre avec les organisateurs et les sympathisants de ce courant radical de plus en plus influent dans l’opinion publique.
Le président de l’Union mondiale des Oulémas, Cheikh Youssouf Al Qardawi vient de condamner très fermement l’attentat survenu dans la nuit du 31 décembre 2010 contre l’église copte d’Al Kidissine à Alexandrie. En dans des termes très clairs, Youssouf Al Qardawi a renouvelé les condamnations qui avaient émané d’autres autorités officielles de l’islam au Moyen-Orient, notamment du Cheikh d’Al Azhar Ahmad Al Tayeb ou du mufti du pays, Ali Goma’a.
Ali est un chef d’entreprise qui gagne très bien sa vie. C’est en 1990, à 22 ans qu’il crée sa première entreprise en profitant du boum informatique. Depuis, ses affaires se sont développées avec une vitesse vertigineuse et le voilà aujourd’hui propriétaire d’une dizaine de magasins dans toute la France. Il dépense sans compter pour ses trois enfants : Samy, Kenza et Abdallah avec lesquels il n’avait pas beaucoup de complicité.
Il n’a pour nous ni nom, ni visage, ni femme ni enfants, ni frères ni sœurs, ni père ni mère, ni ami-e-s en deuil. Les premières dépêches l’ont appelé « un Malien », les suivantes l’ont appelé « le Malien ». Certains journalistes l’ont ensuite appelé, encore plus salement, « le forcené », parce que son « gabarit » – seule information à laquelle nous avons eu droit – était « impressionnant », dixit la sacro-sainte « source policière », et parce qu’avec un marteau il avait « blessé légèrement » quatre policiers qui tentaient, à coups de gaz et de décharges électriques, de le « neutraliser » – c’est comme ça qu’on parle dans la France de 2010.
Nous sommes dans cette société, elle est la nôtre, nous y vivons, nous y travaillons… : nous sommes une partie de cette communauté nationale. Nous devons vivre en bonne entente, en bonne intelligence avec nos concitoyens non-musulmans. Et les valeurs que nous appliquons à nos coreligionnaires, nous devons les appliquer à l’égard de nos autres concitoyens. C’est la seule manière de ne pas tomber dans le piège de l’exclusion, de l’agressivité sous l’effet de la pression et de la provocation. Bien sûr, cela suppose un grand esprit, une grande patience, une hauteur morale. Mais il serait ingrat et immoral de vivre parmi un peuple avec lequel notre destin est scellé et de lui être adverse.
Sandrine Moulères est la seconde compagne de Liès Hebbadj qui avait été verbalisée en avril 2010, alors qu’elle roulait en voiture vêtue d’un niqab. Une contravention qui deviendra rapidement une affaire d’Etat, suivie le 14 septembre 2010 du vote d’une loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public. Dans cet entretien accordé à Oumma.com, elle revient sur cette histoire racontée dans tous les médias , et qui a été selon Sandrine Moulères, "plus ou moins concise, plus ou moins arrangée". Elle évoque également dans cette interview, sa conversion à l’islam, le harcèlement des journalistes, mais aussi pourquoi elle a décidé de porter le niqab.
Aujourd’hui, il y a quelques décennies que nous, gens du peuple, avons commencé à gagner pas à pas notre liberté après avoir vécu la domination de l’Eglise durant plusieurs siècles. Et voilà que le refus d’une femme ou d’une jeune fille musulmane de se mettre en maillot dans une piscine publique ou de se faire examiner par un médecin de sexe masculin est interprété par certains comme une offense à cette liberté si chèrement gagnée.
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