On a fait beaucoup de bruit ces dernières semaines autour de mes différents engagements universitaires et politiques en Grande-Bretagne. On a beaucoup parlé, beaucoup spéculé et les approximations l’ont parfois disputé aux erreurs et aux contrevérités.
Je n’ai ni le temps ni l’envie de réagir aux différents articles mais il m’apparaît important de clarifier quelques points quant aux différents engagements susmentionnés.
Alors quel avenir pour la paix ? « Telle est la question », disait Hamlet. En 1795, le père de la philosophie moderne, Emmanuel Kant tenta de répondre à la question en un opuscule qui passa inaperçu : Zum Ewigen Frieden (Vers une Paix Perpétuelle). Il intégra la paix dans son système de morale générale, et en fit, comme en morale, Un Impératif Catégorique de la Conscience (...)
Dimanche soir. Je commence à écrire les premières lignes de cette chronique alors que me parviennent du téléviseur les échos d’une série américaine où des policiers poursuivent un terroriste (musulman, faut-il le préciser ?) qui a subtilisé je ne sais quelle matière radioactive et qui, une fois arrêté, hurle le nom du Créateur (en arabe bien sûr, au cas où le téléspectateur n’aurait rien compris au message).
Dans les colonnes de Tunisnews, quotidien en ligne, nous lisons l’histoire suivante (1).Une demoiselle de 20 ans est rappelée à l’ordre par son père pour avoir veillé dehors. Une gifle retentissante. Sitôt corrigée, la jouvencelle court au premier poste de police. Le père suivant derrière.
Vendredi matin 1er juillet, Yousouf Ibram, l’imam de la mosquée de Genève, tout de blanc vêtu, parle d’une voix ferme. Longuement. Il sait que son sujet va déranger plusieurs des membres du Conseil européen de la Fatwa et de la Recherche (CEFR) assis autour de grandes tables disposées en fer à cheval. Il s’agit du délicat problème de la répudiation.
Ce qui empêche justement la démocratie c’est une certaine culture antidémocratique. Voilà notre marronnier de toujours. Par voie de conséquence, l’hypothèse qui semble mieux résister à la réfutation de l’histoire dans le monde arabe est exactement l’inverse de celle avancée par Hichem Jaït : il est plus probable que la révolution culturelle amène la démocratie que la démocratie la révolution culturelle !
Nous publions cet entretien de Tariq Ramadan accordé à la revue Socialisme International .
La violence n’est pas seulement le propre des pays où sévissent guerres et occupations militaires, mais devient le cancer de nos démocraties. Au cœur de la modernité, resurgit la violence, s’imbrique à notre insu à tous les niveaux de la vie favorisant peur et rejet.
Le mufti d’Egypte vient de commenter l’ Appel au moratoire de façon approfondie et particulièrement intéressante. Pour l’essentiel, le lecteur pourra s’apercevoir que le muftî d’Egypte, le Shaykh Alî Jum’a, unanimement respecté pour son savoir et son indépendance (intellectuelle et politique) abonde dans le sens de l’esprit et des conclusions de l’Appel. Les réserves exprimées quant au moment et à la forme de l’initiative ainsi qu’ à l’ordre des priorités restent mineures [Tariq Ramadan y répond] et permettent, dans les faits, d’ouvrir et de poursuivre le débat sur le fond.
En France, à coté des organisations et personnalités anciennement « notabilisées », historiquement reconnues comme étant les relais dociles des pouvoirs institutionnels français et étrangers (Dalil Boubakeur symbolisera pour longtemps ce type de personnage), émergent les « nouveaux notables musulmans » de la République. Ils sont représentés aujourd’hui par les quelques dirigeants de l’UOIF.
Fâchés avec la langue française, nos courageux contradicteurs trouvent plus confortable de s’attaquer à Tariq Ramadan qu’au gouvernement français, qui reçoit en grande pompe le lapidateur patenté qu’est le régent séoudien, le prince héritier Abdallah, lapidateur auquel le même gouvernement envisage de vendre des avions de combat.
C’est au cours de débats et de discussions approfondies pendant ces cinq dernières années que l’idée de cet appel à un moratoire s’est formalisée. Lors des différentes rencontres avec des ulama de Jordanie, d’Egypte, du Maroc ou d’Indonésie, il est apparu qu’il était impératif d’intervenir au nom même des principes de l’islam.
C’est devenu comme un passe-partout pour qui veut dénoncer une initiative politique, une prise de position, un réseau, ou encore une revue, un courant, ou encore un mot d’ordre... ramadanisme, ramadanien, ramadanisante. Il est inutile d’en dire plus. On comprend d’emblée que cette initiative, ce réseau, ce courant, cette revue, ont opté pour "le côté obscur de la Force", se sont compromis dans la complaisance avec ce que l’intégrisme islamiste peut faire de pire.
J’ai été surpris à l’écoute de votre émission du 1er mars 2005 par l’autosatisfaction de M. Olivier Duhamel à propos du « pluralisme interne » qui serait pratiqué au sein de l’émission « Les matins de France Culture ». Peut-être faudrait-il rappeler à M. Olivier Duhamel que sa chronique est programmée à l’heure même ou se déroulaient les interventions très appréciées de M. Miguel Benasayag, dont on sait dans quelles conditions surprenantes il a été congédié par la direction de France culture.
Depuis les premiers contacts, j’avais annoncé que Bernard-Henri Lévy ne participerait pas à un tel débat. Une fois déjà il avait fait mine d’accepter une rencontre pour se rétracter au dernier moment et faire ainsi annuler purement et simplement l’émission
Une de tâches primordiales de l’UJFP est de faire entendre la diversité réelle de pensée, d’opinion, et de sensibilité des Français d’origine juive qui sont plus d’un demi million en France. A ce titre il nous paraît scandaleux que le dîner du CRIF soit considéré ces dernières années par toute la classe politique comme la troisième chambre du parlement français.
"Pour une définition de l’intellectuel musulman". Vaste programme, me suis-je dit, en découvrant le titre, très prometteur, de l’article de Houari Bouissa publié sur oumma. Découvrant que l’auteur était un "historien des mentalités", je me suis plongé dans sa lecture avec intérêt.
Dans son édition de ce matin (mardi 25 janvier), le journal national néerlandais Trouw révèle que l’ambassadrice de France en Hollande, Mme Anne Gazeau-Secret, est intervenue en personne pour que les organisateurs du Festival international de littérature de la Haye (Winternachten) annulent l’invitation qu’ils m’avaient faite à participer à une table ronde vendredi 21 janvier 2005 (L’Orient et l’Occident).
Il n’est un secret pour personne que Malek Boutih (secrétaire national au parti socialiste, chargé des affaires sociales) n’en réfère qu’aux structures du réel. C’est un fervent opposant de « l’idéalisme ». Il explique matériellement que le racisme naît de la doctrine urbaine du centre et de la périphérie.
Vous avez été particulièrement nombreux à avoir lu la passionnante étude du Dr Abdallah intitulée « Voyages aux sources du Saint Coran ». Nous publions la dernière partie de cette série à travers un entretien avec l’éminent Professeur François Déroche qui est directeur d’études d’histoire et codicologie du livre manuscrit arabe à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
Nous nous trouvons aujourd’hui comme le développe Alain Gresh dans son livre intitulé « l’Islam, la République et le Monde » au confluent de deux angoisses majeures, tout d’abord la crainte du terrorisme international qui plane derrière le spectre d’Al Qaida, puis la question de l’intégration des populations d’origine étrangère qui malgré l’avènement d’une seconde génération d’enfants « d’origine immigrée » sur notre sol, n’est pas prête de se régler et engendre des peurs à visages multiples.
On a conscience du caractère aporétique de la « définition » proposée. Mais il serait naïf de vouloir enfermer dans une description figée un double mouvement, théologique et socio-politique.
Quelle que soit la décision que je prends aujourd’hui, j’attends de l’administration américaine qu’elle fasse état des résultats de son enquête pour qu’enfin je sois absolument disculpé et blanchi des accusations mensongères et humiliantes qui ont été lancées contre moi ces derniers mois.
À la lecture de tout se qui s’écrit au sujet de l’Arabie Saoudite, ce nœud obscur du nouveau désordre international, on est amené à penser que la pensée magique a de beaux jours devant elle.
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