L’homme dit illettré dans bien des sources est parvenu avec un élan foudroyant à faire entrer son peuple dans le monde des livres et des sciences. De Baghdad à Ispahan jusqu’à Samarkand, de Cairouan à l’Andalousie en passant par Fèz l’impériale, la civilisation islamique a offert au monde de grands esprits éclairés. Constant Virgil Gheorghui rappelle dans la biographie consacrée au Prophète de l’islam : « Quoi qu’il fut illettré, les premiers versets révélés mettent en valeur la plume, la science, l’éducation et l’instruction. Si Muhammad avait été un savant, la révélation, réalisée dans la caverne de « Hirâ », n’aurait pas causé d’étonnement ».
Retenez bien son nom car il est probablement promis à un bel avenir en politique : Geoffroy Didier. En campagne pour les élections cantonales, l’homme âgé de 34 ans illustre la frange droitière et décomplexée au sein du parti de Nicolas Sarkozy. Candidat à Gonesse, dans le Val d’Oise, ce conseiller régional de l’UMP a diffusé un tract aux relents ouvertement islamophobes.
La prise en compte des animaux n’a pas besoin d’une campagne raciste ! ». C’est sous ce titre sans ambiguïté que le collectif éditorial tahin party a tenu à dénoncer les implicites racistes qui sous-tendent la dernière campagne en date de la Fondation Brigitte Bardot (en coordination avec d’autres associations). « Pas en notre nom ! » déclarent en somme ces militants de la cause animale (...)
« Répliques », chaque samedi sur France Culture : une émission d’Alain Finkielkraut que celui-ci dédie à sa propre pensée, en présence d’interlocuteurs qui lui servent de faire-valoir . Le samedi 23 octobre 2010, étaient invités pour un entretien intitulé « Le Choc des cultures », Jeannette Bougrab (présidente de la Halde), Hugues Lagrange (sociologue, auteur d’un ouvrage très controversé, Le Déni des cultures,) et « un journaliste producteur réalisateur de films documentaires pour la télévision » : Daniel Leconte dont la présence était d’autant plus étonnante qu’il intervenait comme producteur d’un documentaire qu’il n’avait pas lui-même réalisé : en qualité d’idéologue, et certainement pas de journaliste
A partir d’un positionnement réformiste que nous avons qualifié dans la première partie de notre article de « médian » adopté par Tariq Ramadan (désormais T.R.) et Tariq Oubrou (désormais T.O.), nous allons maintenant poursuivre et achever cette lecture croisée de ces deux ouvrages en entrant dans le cœur des critiques et des nouvelles voies proposées à destination des communautés musulmanes.
La divulgation continue. Il y a un mois, Oumma avait été le premier média francophone à révéler le démarrage de la mise en ligne de nouvelles vidéos, pour la plupart inédites, tournées à New York le 11 septembre 2001 sur le site du World Trade Center. Coordonnée par le "Centre international pour l’étude du 11-Septembre", cette publication en continu a pris une ampleur considérable samedi dernier : 6767 clips, correspondant à des dizaines d’heures compressées en 86 Go, sont dorénavant mis à disposition des internautes via téléchargement.
L’œuvre de Mohammed Arkoun est structurée par une triade conceptuelle d’une portée épistémologique considérable : « transgresser », « déplacer », « dépasser ». La lecture critique des textes de la tradition religieuse procède à revaloriser les concepts, les notions et les imaginaires qui ont pris, dans l’histoire de la pensée islamique, une teinture absolue, stéréotypée et immuable.
S’il peut donc exister un Islam de France et si les musulmans de ce pays peuvent se construire une identité et prendre conscience d’eux même au delà de ce que leur propose la mémoire familiale et les instance gravitant dans une orbite très proche de la famille, c’est à partir d’une juste mesure de l’effort que requiert le projet. On peut d’emblée affirmer sur ce point que la conscience d’une identité musulmane moderne en France ne peut hélas s’hériter par les voies existantes, mais peut en revanche se construire. Cette construction passe encore et toujours par un effort intellectuel, car rien ne se bâtit dans la paresse de l’esprit.
Toute interprétation, en tout cas, est le résultat d’une certaine relation entre le sujet qui interprète, l’objet (le texte) qui est interprété, et le contexte socioculturel et historique du moment de l’interprétation. De ce fait, il ne peut pas y avoir une interprétation unique d’un texte, une signification unique et vraie du Saint Coran comme peuvent le croire certains, mais il existe une multitude d’interprétations et de significations qui doivent pouvoir faire débat.
La question des droits de l’homme dans le monde arabo-musulman s’inscrit, en premier lieu, dans les programmes des ONG et dans leurs travaux de promotion et de protection de ces droits. Ainsi s’expliquent les divers projets d’une Charte arabe des droits de l’homme et/ou d’une Déclaration sur les droits de l’homme en Islam. Les efforts des Organisations intergouvernementales arabo-musulmanes sont tardifs dans ce domaine. La Ligue des Etats arabes et l’Organisation de la Conférence Islamique n’ont abordé cette question que lors des deux dernières décennies du XXème siècle
Comment lire aujourd’hui le Coran ? La question peut ne pas se poser à ceux qui, musulmans pieux, bercés et nourris depuis leur enfance par la musique et par le contenu du Livre de Dieu, ont progressivement trouvé les chemins de leur vie spirituelle. Mais nous sommes dans un monde où toutes les croyances, toutes les pensées, tous les systèmes religieux comme toutes les idéologies sont soumis à l’épreuve d’une critique parfois rigoureuse. Comment, dès lors, faire une présentation actuelle du Coran qui réponde aux exigences des temps contemporains ?
Quitter une réunion de travail parlementaire, relative à un sujet majeur de société, pour aller faire allégeance à un Etat étranger, et s’en vanter publiquement : chapeau l’artiste. Eric Raoult, téméraire ou inconscient, fait là un redoutable pari électoral. A l’instar de son confrère socialiste, il s’agit de capitaliser le maximum de voix en vue des prochaines élections législatives de 2012. Et à cet égard, le député-maire du Raincy a pris de l’avance : dirigeant une ville confortable, surnommée la « Neuilly du 93 » et riche d’une importante communauté juive, Raoult a manifesté, très tôt et à différentes occasions, une bienveillance zélée en direction d’Israël.
Le cadi Ahmad Muhammad Shakir a publié, en 1939, une étude importante et originale axée sur le côté juridique de la problématique du calendrier islamique, sous le titre : « Le début des mois arabes … la charia permet-elle de le déterminer en utilisant le calcul astronomique ? ».D’après lui, le Prophète a tenu compte du fait que la communauté musulmane de son époque était « illettrée, ne sachant ni écrire ni compter », avant d’enjoindre à ses membres de se baser sur l’observation de la nouvelle lune pour accomplir leurs obligations religieuses du jeûne et du hajj.
Si tout ou presque – et souvent n’importe quoi – s’est dit et écrit depuis quelques mois sur le « voile intégral » (appelé aussi niqab ou plus improprement burqa) et sur les quelques centaines de femmes qui le portent en France, rien ou presque ne peut en être dit sérieusement en l’absence d’enquêtes sociologiques rigoureuses, fondées notamment sur des entretiens avec un nombre conséquent de ces femmes. Il suffit en revanche d’une heure de peine, de quelques observations, d’un peu de mémoire et d’un peu de réflexion pour entrevoir le caractère singulièrement paradoxal de la gigantesque campagne « anti -burqa ».
Face aux propos fort véhéments de Fadela Amara qui, dans l’émission "On n’est pas couché "présentée par M. Laurent Ruquier le 1er mai dernier, a accusé M. Eric Nolleau d’être « indigne de la République » car il défendait, même s’il n’est pas pour le niqab ou la burqa, le droit de chaque femme à s’habiller librement, il me semblait important de dénoncer la tyrannie dont fait preuve cette femme envers d’autres femmes.
En sus de cette inspiration spirituelle au respect des éléments naturels, l’imposant corpus juridique islamique contient en son sein des clés permettant d’accentuer cet élan vers une reconnaissance de l’exigence écologique. Les juristes des sources de la Législation (Usûl al fiqh) de l’époque classique – ainsi que nombre de ceux de l’époque contemporaine – ont, à la suite de la formulation produite par le savant As-Shâtibi dans son ouvrage de référence « Al Mouwafaqâte » déterminé cinq principes dont le respect va orienter toute la réglementation religieuse et qui, naturellement, va influer sur les perspectives politiques, économiques et sociales en islam.
Une réponse planétaire doit donc être apportée au danger du réchauffement climatique. Comme pour les autres traditions philosophiques ou religieuses, l’islam se doit d’être à la hauteur de ce défi d’un genre nouveau. L’objet de cette contribution est de proposer des pistes pour placer la question de l’écologie au centre de la pensée islamique d’aujourd’hui et d’engager les musulmans dans une prise en compte accrue des préoccupations de l’environnement dans leur vie quotidienne.
Lorsque la photographe France Keyser est venue me présenter son projet de reportage photos sur les musulmans de France, ma première réaction fut celle d’un spécialiste ayant le sentiment que le sujet était largement épuisé et qu’il n’y avait plus rien à montrer d’original. En effet, depuis la fin des années 1980, le thème de l’islam hexagonal est devenu l’un des marronniers fétiches de la presse française où les représentations de l’Autre musulman se réduisent le plus souvent à du « prêt-à-clicher islamique », à la limite de la caricature : images de femmes voilées fanatisées, d’hommes barbus au regard menaçant, de croyants en prière pris de dos, de foules vociférantes au cri d’Allah Akbar ! (Dieu est grand), d’apprentis jihadistes en partance pour l’Irak ou l’Afghanistan, etc.
La messe est dite. La scène tragique est là. Tous les fils d’immigrés, principalement les musulmans, qui ne s’inscrivent pas dans la philosophie du nous sont bannis de la cité. Athènes avait ses barbares, à la République d’avoir les siens. Le premier symbole à payer le prix de cette guerre philosophique est la burqa. Elle est la minorité la plus fragile sur le plan social et le symbole contre lequel la « République du nous » renoue avec sa mission- mystificatrice- d’émancipatrice de l’humanité.
Le plus grave dans cette polémique médiatique, c’est qu’on ne s’intéresse guère aux motivations réelles de la candidate du NPA. Son identité politique semble réduite à son voile et mieux encore, l’on fait parler son voile pour elle. A l’exception du journal en ligne Mediapart qui a produit une enquête sérieuse et approfondie sur les raisons d’une candidature et qui tend à montrer que celle-ci relève bien d’une logique de « gratification militante » classique (récompenser une militante méritante), tous les autres leaders d’opinion se sont livrés à une opération de dépersonnalisation, comme si Ilham Moussaïd n’existait que par et pour son voile.
Ce texte a pour objectif de montrer que le débat contemporain sur la position que doit adopter le Nouveau Parti Anticapitaliste, quant aux militants revendiquant une croyance religieuse, ne pourra prendre une direction constructive que si certaines certitudes sont abandonnées au profit d’une approche non essentialiste des phénomènes en rapport avec la religion musulmane. On peut résumer dans un premier temps les débats qui agitent le NPA à la question suivante, mais d’autres questions en découlent : est-il envisageable qu’une femme portant un foulard s’engage dans un mouvement révolutionnaire, féministe et laïque ?
Je suis personnellement convaincu, moi qui suis chrétien arabe, de culture musulmane aussi bien que chrétienne, que l’islam a un rôle culturel et spirituel à jouer dans notre civilisation mondiale, … comme d’ailleurs d’autres traditions religieuses ont aussi un rôle semblable. Il y a un discernement à faire pour mieux définir ce qui est positif et ce qui l’est moins dans la civilisation occidentale, comme pour mieux définir ce qui est positif et ce qui l’est moins dans la civilisation musulmane. Et ce discernement gagnerait à être fait tous ensemble.
Le site oumma.com a été l’un des premiers médias français à avoir dénoncé le racisme et le sexisme de Georges Frêche, y compris son antisémitisme inversé, notamment à travers les analyses des politologues Vincent Geisser et El Yamine Soum. Ces derniers ont d’ailleurs montré qu’il ne s’agissait pas simplement de dérapages circonstanciels et de maladresses verbales mais d’un véritable système de pensée racialiste propre à certains leaders politiques hexagonaux qui conduit à opposer invariablement les « purs Français » aux « impurs », les « nationaux légitimes » aux « illégitimes ».
Comme souvent, ce n’est pas sur le contenu dense et complexe d’un ouvrage que s’est crée le débat mais sur ce qui s’en est dit « autour ». Récemment, l’écrivain Philippe Roth affirmait sans complaisance à la journaliste du Monde qui l’interrogeait (édition du 3 octobre 2009) que sa profession avait une grande responsabilité dans la chute vertigineuse du nombre de lecteur. Le grand écrivain américain accusait notamment les journalistes de se contenter de « parler autour » plutôt que de poser un regard sérieux et attentif sur le contenu des livres. C’est ce qui est arrivé à Profession imâm (Albin Michel, 2009), ouvrage d’entretien avec Tareq Oubrou dont je suis co-auteur.
Les propos tenus par ces personnalités politiques, indiquent clairement que l’identité française est nécessairement une identité française de souche. Donc plutôt que de perdre son temps à se demander, à l’instar du gouvernement Sarkozy, « Pour vous qu’est-ce qu’être français », demandons nous plutôt « qu’est-ce qu’être français de souche ? », car c’est de ça dont il est évidemment question dans ce « Grand débat sur l’identité nationale ».
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