Au début du mois de juillet, les Canadiens ont engagé une discussion en ligne afin de mieux comprendre les musulmans, la plus grande communauté religieuse non chrétienne estimée, par les démographes du gouvernement, à 1,1 million en 2011, soit 3,2% de la population totale. L’initiative a été lancée par le quotidien national The Globe and Mail, qui a publié une série d’articles sur les musulmans et a invité les lecteurs à formuler commentaires et questions.
Alors que la controverse sur la burqa continue à faire la une de la presse en France, il vaudrait la peine de se demander ce que la France, justement, pourrait apprendre du Canada, qui a œuvré depuis des années à concilier la liberté religieuse avec la sécurité nationale et le droit des femmes.
Nous l’avons enterré hier. Je lui ai dit au revoir pour la dernière fois. Jusqu’au bout, il m’aura étonné, fasciné, ému. Par la fulgurance de sa pensée, la vivacité de son intelligence, la clairvoyance de son esprit. A 82 ans, il avait conservé l’enthousiasme et la soif de savoir d’un jeune étudiant. Dans le courant du mois d’août, un mal sournois l’a alité. Je savais le diagnostic très préoccupant. Je n’imaginais pas que l’échéance ultime se présenterait si tôt. Celui que j’appelais affectueusement et respectueusement « Ousted » a cessé de respirer. J’allais écrire : « a cessé de penser », car il pensait comme on respire.
D’un bout à l’autre de l’Europe et dans chaque pays, le débat fait rage sur l’habillement des musulmanes, plus précisément sur le niqab, c’est-à-dire le voile qui recouvre le visage, et sur la burqa, c’est-à-dire le vêtement qui recouvre intégralement le corps, la tête et le visage et sur le hijab ou simple foulard. Tout récemment, la controverse a atteint la province canadienne du Québec.
Que la vie était belle aux temps bénis des colonies et leur avant goût du paradis : cinquante deux millions de personnes , colons en quête d’un gagne-pain, aventuriers en quête de fortune, militaires en quête de pacification, administrateurs en quête de considération, missionnaires en quête de conversion, tous en quête de promotion, se sont expatriés du « Vieux Monde », en un peu plus d’un siècle (1820-1945), à la découverte des nouveaux mondes, lointains précurseurs des travailleurs immigrés de l’époque moderne.
Dans une interview publiée sur le site du Monde.fr, le 15 octobre, Tareq Oubrou, théologien, imam de la mosquée de Bordeaux et membre de l’UOIF, est interrogé sur la situation de la communauté musulmane en France, son concept de « charia des minorités », le port du foulard islamique et la question épineuse de l’islamophobie. L’auteur de Profession imam, s’exprime à propos du hijab, en ces termes : « Si je voulais être provocateur, je pourrais dire aux femmes : mets ton foulard dans ta poche. Aujourd’hui, je dis que c’est une recommandation implicite qui correspond à une éthique de pudeur du moment coranique. Pour autant, une femme qui ne le met pas ne commet pas de faute. »
Grand, mince, le cheveu gris, un kéfié autour du cou, un curieux personnage a d’abord manifesté seul devant le Palais des Nations, le siège de l’ONU à Genève, pour dénoncer l’intervention israélienne dans la bande de Gaza. Abraham Weizfeld, juif canadien, anime l’Alliance of Concerned Jewish Canadians (ACJW) à Montréal, créée en 2005. Un sigle qu’il préfère traduire en français par l’Alliance de Canadiens juifs « consternés », plutôt que « concernés » !
Invité au Salon International du Livre d’Alger, les 1er et 2 novembre, j’ai été interrogé sur l’image du monde musulman dans les médias occidentaux. Je citais un sondage qui venait d’être publié par le Journal du Dimanche selon lequel les Français étaient prêts à voter pour un Noir à la Présidence de la République à 82%, pour un Asiatique à 72%, mais seulement pour un peu plus de 50% pour un Arabe ou un musulman. Ce sondage, tout en montrant l’ouverture d’esprit des citoyens français, prouvait néanmoins qu’il y avait une différenciation d’appréciation. Dans ce que l’on appelle les représentants de la diversité, les Arabes et/ou musulmans étant jugés moins positivement.
Sur fond d’une vive rivalité entre le Royaume Uni et la France, le premier ministre britannique dans une démarche d’une placidité efficace qui tranche avec l’activisme chauvin de son homologue français, a exhorté les pétromonarchies à contribuer au financement d’un nouveau fonds international en vue d’aider l’économie des pays sinistrés par la faillite bancaire américaine.
À Montréal, le 15 juin 2008 meurt Amadou Bruno M’baye, né au Sénégal 63 ans auparavant. Si son décès est survenu dans la solitude et le dénuement, il a fait jaillir une lumière aussi inattendue que révélatrice. […] Tout, apparemment, devait nous séparer : lui, l’africain ; moi, le nord-américain. Et pourtant, tout semblait œuvrer pour nous rapprocher. Ainsi, au fil des mois et des ans, par le biais de conversations aussi courtes que discrètes, qui laissaient entrevoir une dimension que je n’arrivais pas à saisir mais qui m’attirait, je suis parvenu à faire sa connaissance.
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