Aux Etats-Unis, si les médias regorgent d’articles sur l’islamophobie, la plupart des Américains respectent la diversité religieuse. C’est pourquoi le dimanche 26 juin des milliers de gens, dans toute l’Amérique, se sont rencontrés dans des dizaines d’églises et autres lieux de culte. Les fidèles ne se sont pas réunis que pour lire les écritures chrétiennes. De l’Alabama à l’Alaska, de la Californie à New York, les fidèles ont aussi entendu la parole des textes sacrés juifs et musulmans, rabbins et imams se joignant aux pasteurs dans cet événement dénommé Foi partagée.
C’est fait. Il a gagné. Les quelques dix-huit mois de campagne se seront résumés à ça, chronique d’une victoire annoncée en dépit des coups bas d’une droite devenue dysfonctionnelle, des menaces de mort aussi. Même pas sommeil après une heure du matin ici.
La nouvelle victoire de Hillary Clinton, en Pennsylvanie cette fois-ci, après l’Ohio et le Texas le mois dernier, risque de changer la donne de la course à l’investiture démocrate. Non pas que la sénatrice se place désormais en première position devant son adversaire, Barack Obama, ni qu’elle jouisse d’un soudain avantage financier dans son budget de campagne même si, selon son QG, elle aurait reçu dix millions de dollars de dons au cours des vingt-quatre heures qui ont suivi l’annonce de sa victoire.
Lors d’un débat de l’émission hebdomadaire de la chaine d’information satellitaire Al Jazira, Al Ittijah al Mou’akiss (le sens opposé), Wafa Sultan, psychiatre syrienne résidente en Californie (qui s’était déclarée « plus américaine que les Américains » en novembre 2007), multiplie, le 4 mars dernier, les invectives à l’égard de l’islam qualifiant cette religion de « tyrannie depuis ses débuts » et opinant que l’affaire des caricatures danoises « a réussie à ouvrir une fenêtre par laquelle va briller le soleil sur cet obscurantisme ».
Professeur à l’université de Californie à Berkeley (UC Berkeley – aux départements d’études du Proche-Orient et d’études ethniques ), Hatem Bazian revient dans cet entretien sur la conférence d’Annapolis sur le Moyen-Orient organisée par l’administration Bush.
"Le paradoxe, c’est qu’on taxe certains groupes ethniques de communautarisme alors qu’on ne leur laisse pas de véritables moyens d’accéder à certaines sphères socio-économiques. Ils ont beau subir de multiples discriminations à l’école ou au travail depuis des décennies, leur capacité à se défendre est très limité. Les émeutes d’octobre 2005 illustrent l’impasse dans laquelle se trouve le système français qui proclame d’un côté une égalité théorique et qui de l’autre échoue à imposer une réelle égalité des chances. "
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