Adlène Hicheur, chercheur au Centre européen de recherche nucléaire (Cern) à Genève, incarcéré depuis 2009, est jugé les 29 et 30 mars à Paris pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Oumma peut révéler que la justice française croit si peu à cette thèse qu’elle a longtemps « oublié » d’adresser une commission rogatoire en Suisse…
Twilight zone. Jeudi soir, Mohammed Moussaoui a reçu les insignes de chevalier de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy. En bonus, le chef de l’Etat a rendu un hommage surréaliste au président du Conseil français du culte musulman.
Le texte qui suit propose, en se concentrant sur le cas du racisme antimusulman, et plus spécifiquement encore sur la voilophobie, une critique des discours convenus de l’antiracisme d’État, qui réduisent le racisme à la « haine de l’autre ». Il y oppose une tout autre analyse : la haine existe bel et bien, elle a même tendance à prospérer en ce moment, mais elle n’est pas le fondement du racisme, mais au contraire le signe d’une crise du racisme.
Il n’a pour nous ni nom, ni visage, ni femme ni enfants, ni frères ni sœurs, ni père ni mère, ni ami-e-s en deuil. Les premières dépêches l’ont appelé « un Malien », les suivantes l’ont appelé « le Malien ». Certains journalistes l’ont ensuite appelé, encore plus salement, « le forcené », parce que son « gabarit » – seule information à laquelle nous avons eu droit – était « impressionnant », dixit la sacro-sainte « source policière », et parce qu’avec un marteau il avait « blessé légèrement » quatre policiers qui tentaient, à coups de gaz et de décharges électriques, de le « neutraliser » – c’est comme ça qu’on parle dans la France de 2010.
C’était il y a un an. En septembre 2009, je publiais ici même une Lettre ouverte aux représentants du CRIF et de la LICRA pour m’étonner de l’absence totale de réaction de leur part face à la banalisation de la parole islamophobe sur de nombreux sites et médias de la communauté juive. Banalisation ? Le mot est faible. On pouvait déjà parler, alors, de déferlement. Du « politologue » Guy Millière, tenant conférence dans une synagogue parisienne, appelant à ne pas « capituler » devant le spectre d’un « changement de population et de culture en Europe » qualifié de « guerre mondiale contre l’islamisme » (...)
Après le porte-parole du gouvernement Luc Châtel, s’imaginant devenir Premier ministre, et la députée européenne Rachida Dati, déplorant la « quasi-nullité de la fellation », c’est au tour du ministre de l’Intérieur de laisser s’exprimer, dimanche soir au micro de RTL (à la 38ème minute), une singulière vision des choses. A propos de certains fichiers policiers, et de leur éventuelle illégalité, il indique en amont, au cas où cela ne serait pas évident, ne pas entretenir de « manie » dans ce domaine avant d’ajouter : « Il y a deux fichiers majeurs : le fichier des empreintes génitales et le fichier des empreintes génétiques ».
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