J’aimerais mon cher Nabil, répondre à ton inquiétude pour l’attrait si effrayant pour toi, qu’ont certains musulmans pour le Front National.
Ce sont l’islam et le multiculturalisme qui sont visés, dans les écrits du terroriste xénophobe norvégien qui a tué, le 22 juillet dernier, 76 personnes à Oslo et sur l’île d’Utoya, principalement de très jeunes militants du parti travailliste. L’imâm Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, a anticipé depuis des années les éventuelles réactions de rejet de la religion qu’il professe, en tant qu’imâm, en étant attentif jusqu’aux discours des extrêmes en France.
Depuis le 27 février, date à laquelle il a pris ses fonctions de Ministre des Affaires Etrangères, le très affairé maire de Bordeaux a multiplié les mains tendues en direction des peuples libyen (à tous le moins des insurgés), égyptien, tunisien et, plus récemment, palestinien. Il restaure ainsi ni plus ni moins qu’une ligne gaulliste à une diplomatie française jusque-là décrédibilisée dans cette région du monde.
Nous sommes dans cette société, elle est la nôtre, nous y vivons, nous y travaillons… : nous sommes une partie de cette communauté nationale. Nous devons vivre en bonne entente, en bonne intelligence avec nos concitoyens non-musulmans. Et les valeurs que nous appliquons à nos coreligionnaires, nous devons les appliquer à l’égard de nos autres concitoyens. C’est la seule manière de ne pas tomber dans le piège de l’exclusion, de l’agressivité sous l’effet de la pression et de la provocation. Bien sûr, cela suppose un grand esprit, une grande patience, une hauteur morale. Mais il serait ingrat et immoral de vivre parmi un peuple avec lequel notre destin est scellé et de lui être adverse.
Despote, Hassan II l’aura été dans tous les sens du terme. Non un despote éclairé, mais un despote rétrograde, supportant avantageusement la comparaison avec ses émules d’Orient, n’épargnant ni ses séides, Mohammad Oufkir et Ahmad Dlimi, ses deux ministres de l’intérieur successifs, ni les censeurs de ses trop grandes dérives, les deux espoirs d’un Maroc moderne et démocratique, Mehdi Ben Barka, en 1965, et Omar Ben jelloun, dix ans plus tard, le plus populaire militant de la gauche marocaine, qui paieront de leur vie leurs convictions critiques.
Dans une interview publiée sur le site du Monde.fr, le 15 octobre, Tareq Oubrou, théologien, imam de la mosquée de Bordeaux et membre de l’UOIF, est interrogé sur la situation de la communauté musulmane en France, son concept de « charia des minorités », le port du foulard islamique et la question épineuse de l’islamophobie. L’auteur de Profession imam, s’exprime à propos du hijab, en ces termes : « Si je voulais être provocateur, je pourrais dire aux femmes : mets ton foulard dans ta poche. Aujourd’hui, je dis que c’est une recommandation implicite qui correspond à une éthique de pudeur du moment coranique. Pour autant, une femme qui ne le met pas ne commet pas de faute. »
Philosophe et théologien, Tareq Oubrou est également imam à la mosquée de Bordeaux. Il évoque dans cet entretien le quotidien difficile d’un imam qui se doit d’être doté d’une double culture afin d’adapter l’islam au contexte de la société française. Une thématique que développe Tareq Oubrou dans son dernier livre Profession imâm avec Michaël Privot et Cédric Baylocq, paru aux éditions Albin Michel.
Dans un article intitulé "Allah les bleus !" (cf. Annexe) et publié en Une du Canard Enchaîné le 21 novembre 2007, Louis-Marie Horeau s’en prend violemment au "chauvinisme furieux" des supporters de l’équipe de football du Maroc, coupables à ses yeux d’avoir "copieusement sifflé La Marseillaise", mais surtout d’avoir "sélectivement hué" les joueurs de l’équipe de France "selon leur origine et même selon leur préférence religieuse supposée" ("ont échappé à la bronca les présumés musulmans comme Benzema, Ben Harfa ou Nasri. Tout comme Ribery ou
Anelka, paraît-il convertis à l’islam…").
Une étude menée dans la région bordelaise à partir des prénoms des élèves souligne la répartition inégale des enfants issus de l’immigration post-coloniale, qui conduit à l’existence de fait de classes-"ghettos".
Quelques jours nous séparent seulement de l’un des procès les plus importants de l’ère Ben Ali, et les médias français maintiennent le black-out au sujet d’une affaire qui connaît pourtant une mobilisation nationale et internationale sans précédent.
La laïcité n’est rien d’autre dans l’Etat de droit qu’une laïcité défensive et ouverte, ne préjugeant d’aucun contenu religieux, qui permet à toute religion de s’exprimer, à toutes les mœurs religieuses de se manifester, mais qui entend empêcher une expression ou une manifestation qui serait susceptible d’en léser une autre. Il n’y a nul besoin de lois spéciales à cet égard.
Qu’est-ce que c’est, être musulman, en 2004, dans une société laïque ? Les définitions ne sont plus toutes prêtes. Et pour comprendre ce que l’islam nous dit à partir de notre nouvelle situation concrète dans cette société-là, il faudrait que certains discours - religieux mais aussi institutionnels et politiques - arrêtent de parler au nom de ce « Monsieur Islam ».
Dans un climat de grande tension, de discriminations, où les esprits se crispent et s’expriment les exclusions, nous faisons le choix de persévérer dans la voie de l’ouverture et du don à autrui comme nous le faisons depuis maintenant plus de quinze ans au côté de l’étudiant. De plus, dans un contexte qui invite au dialogue et à l’échange, il est plus que jamais primordial que notre association soit représentée dans les différentes instances universitaires pour faire valoir le droit et rester vigilant quant aux différentes politiques proposées à l’endroit de la population étudiante.
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