L’identité française se vit et se revendique dans la France du discours de Pnom Penh (Charles de Gaulle) et de Cancun (François Mitterrand) et non dans la France du discours de Dakar sur l’homme africain (Nicolas Sarkozy) et du discours de Tunis sur la division raciale du travail entre Français et arabes sur le pourtour méditerranéen (Nicolas Sarkozy ibidem).
Mon but ici, en tant que philosophe, est de parler de certains points litigieux que l’historien des idées Rachid Benzine a omis de signaler. Tout d’abord, rendons justice à la datation qui, dans l’espace de ce livre, a été négligée, notamment les dates de naissance et de décès d’auteurs illustres qui ont marqué l’histoire de la pensée islamique. Dans la page 35, Ibn Rushd ou Averroès est supposé mort en 1186 alors que l’année de son décès est 1198. De même pour la figure d’Ibn ’Arabi (p. 184) que l’essai lui donne 45 ans d’existence (1120-1165) alors que les dates réelles sont (Murcie 1165 - Damas 1240).
Le rayonnement de l’oeuvre akbarienne sur Abû l-Hasan al-Shâdhilî (m. 656/1258) et ses successeurs est minimisée, sinon niée, par les auteurs modernes, tant arabes qu’occidentaux. Abû l-Wafâ al-Taftâzânî par exemple, dans son livre Ibn ’Atâ’ Allâh al-Sikandarî wa tasawwufu-hu, considère que « le soufisme des maîtres de l’école shâdhilie est totalement éloigné du courant akbarien et de sa doctrine concernant l’unicité de l’Être (wahdat al-wujûd) ». Aux dires d’al-Taftâzânî, cela provient du fait que « les cheikhs shâdhilis se réfèrent uniquement au Coran et à la Sunna », ce qui implique donc à ses yeux qu’Ibn ’Arabî contrevient aux sources scripturaires !
Le Jeûne du Ramadan innocent, se défend d’avoir été commémoré par les musulmans comme une fête foraine annuelle. Un esprit soumit à Dieu dans l’oubli et la récréation n’atteint pas la Paix. Laissons le mois béni nous présenter son modèle : Un homme escalade seul, au delà des gesticulations et des vociférations de la Cité de Quraych, le Mont de la Lumière. Là, la plus éminente des créatures trouve refuge dans une cavité de pierre. Elle s’isole des excès des citadins pour méditer le dessein de l’existence.
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