"Nous sommes tous des Arabes !". Cette révélation fracassante rabattrait le caquet aux plus activistes des nationalistes, et n’en déplaise à nos sinistres artisans de la bouc-émissarisation, leur science infuse ne fait pas le poids face à la vérité proclamée par la paléogénétique.
Ce culte du profit, cette injonction de la « croissance infinie » sont devenus le paradigme déifié auquel tout se soumet. C’est aujourd’hui le nouvel et redoutable ennemi, qui n’a que faire des nations, des cultures ou des religions.
Rappelons que déjà en 2006, le grand mufti d’Egypte, Dr. Ali Gomaa et dix autres éminentes figures du monde musulman, ont, ensemble, tranché la question. L’université Al-Azhar du Caire, plus haute référence religieuse du monde musulman, a édicté une fatwa contre les mutilations génitales féminines, qualifiées de « crime contre l’espèce humaine »
Pour avoir trop tardé à engager les réformes, bridé les tendances réformistes qui lui étaient prêtées, ménager les intérêts de son clan au détriment de ceux de son pays, Bachar Al Assad récolte une tempête populaire à l’effet de réduire à néant sa magistrale maîtrise de la manœuvre diplomatique face à l’offensive israélo-américaine visant à remodeler un « Grand Moyen Orient ».
Muhammad Iqbal (1875-1938) se proposa, à son tour, d’insuffler une nouvelle énergie créatrice à la pensée religieuse de l’islam. Pour ce faire, il mobilisa toute son énergie dans le sens d’inciter l’homme musulman à prendre l’initiative de transformer sa réalité vécue en réalité voulue. Pour Iqbal, la décadence (et la colonisation) des sociétés islamiques était le fruit de l’inaction et de l’attentisme, ainsi sa priorité fut de s’attaquer à cette décadence par une tentative de Reconstructioni de l’enseignement islamique.
Quant aux pouvoirs publics, particulièrement en France, ils ignorent le véritable interlocuteur, c’est à dire la société civile musulmane d’Europe, dans toutes ses composantes, ceux que l’on peut appeler euro musulmans. Ils dédaignent en particulier les élites intellectuelles modernes comme ils les ont dédaignées pendant les colonisations. Ils traitent, dans leur incompréhension radicale de ce qu’est une religion, avec des représentants putatifs de ce qui est à leurs yeux exclusivement un culte.
L’Europe vit aujourd’hui, plus qu’hier, la réalité de sa pluralité qu’il lui faut comprendre un peu mieux tous les jours. On ne peut que se réjouir que son présent se vive, malgré des tensions qu’il ne faut pas nier, de façon plus apaisée que son passé. L’opinion de M. Boulad, chrétien d’Orient, défendant l’idée d’une Europe menacée dans ses fondements, pointe clairement l’islam comme étant, avec le matérialisme, une de ces menaces. Un discours chrétien réactionnaire et nostalgique, au parfum ambiant d’altero-phobie, au sujet duquel je souhaiterais développer trois critiques fondamentales.
Si le fondamentalisme islamique pose problème non pas en raison de son inspiration religieuse mais plutôt par la lecture particulière qu’il fait de la religion, la question se pose de savoir comment la posture fondamentaliste pourrait être dépassée intellectuellement et socialement dans les conditions présentes des sociétés arabo-musulmanes en proie à des défis internes et externes considérables ?
Le vrai-faux débat sur la laïcité – de fait, celui sur l’islam « de », plutôt qu’« en » France, selon le mot du président Sarkozy – a tourné, une nouvelle fois, sur des questions d’intégration. Mais, si l’on parle, ici ou là et comme toujours, de populations immigrées, le cœur du sujet relève du fait religieux, à l’instar des préoccupations hexagonales passées sur l’intégration des juifs. Une nouvelle fois, c’est le caractère fédérateur d’une religion, exogène à l’identité nationale française, peut-être concurrent de celle-ci, qui effraie.
L’objectif de la guerre en Libye n’est pas seulement le pétrole, dont les réserves (estimées à 60 milliards de barils) sont les plus grosses d’Afrique et les coûts d’extraction parmi les plus bas du monde, ni le gaz naturel dont les réserves sont estimées à environ 1.500 milliards de m3. Dans le viseur des « volontaires » de l’opération « Protecteur unifié » il y a aussi les fonds souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger.
Cette image négative de l’Arabe a joué le rôle d’un Ministère de propagande pour armer le bras de l’Armée d’Afrique et l’Armée républicaine en Algérie.« La place Tahrir » renverse la donne. Elle fait place à l’héroïsme, l’honneur, la dignité, la résistance, l’insurrection, le sacrifice, l’invention et le vivre ensemble. L’Arabe fait irruption dans l’histoire. La grande histoire. Dans l’expédition d’Egypte, Bonaparte a réveillé les Pharaons, « la place Tahrir » a réveillé les Arabes.
Le comportement des puissances occidentales dans les crises qui secouent le monde arabe, tel que leur intervention militaire en Libye, s’inscrit dans un nouveau réalisme politique que nous qualifions de « populo-stratégique » (populo-strategic realism). C’est un réalisme qui consiste à accompagner le mouvement des peuples et à le soutenir dans l’espoir de se créer une légitimité dans la contribution au « façonnement » du futur paysage politique de ces pays. C’est un réalisme qui part de la constatation de l’irréversibilité des mouvements en question.
C’est dans un contexte particulièrement tendu en Afrique et dans le monde que s’ouvre ce week-end la 3ème journée de qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations 2012 (organisée conjointement par le Gabon et la Guinée Équatoriale pour sa 28ème édition). Du Maroc à l’Egypte, de la Libye à la Côte d’Ivoire, en passant par la Tunisie et le Soudan, panorama de la situation internationale à la lumière du ballon rond.
Le texte qui suit propose, en se concentrant sur le cas du racisme antimusulman, et plus spécifiquement encore sur la voilophobie, une critique des discours convenus de l’antiracisme d’État, qui réduisent le racisme à la « haine de l’autre ». Il y oppose une tout autre analyse : la haine existe bel et bien, elle a même tendance à prospérer en ce moment, mais elle n’est pas le fondement du racisme, mais au contraire le signe d’une crise du racisme.
Retranché dans la caserne militaire d’Al Azizya, à Tripoli, qui lui tient lieu de résidence, abandonné par ses anciens frères d’armes, y compris le commandant en chef de l’armée, le commandant opérationnel des forces spéciales et son ministre de l’intérieur, le colonel Mouammar Al-Kadhafi ploie sous l’assaut de son peuple dans une véritable guerre de libération populaire contre sa dictature.
Sans atteindre l’importance de l’Egypte dans l’architecture géopolitique régionale, l’Algérie est un pays qui compte pour les Américains. Second PIB africain après l’Afrique du Sud, seconde armée africaine après l’armée égyptienne, sa profondeur saharienne en fait la première puissance de la zone du Sahel qui est en train de devenir le ventre mou de l’Afrique, après la Somalie, d’où peuvent se réorganiser et repartir en guerre les bataillons anonymes de la soi-disant Qaida.
Sur le plan interne, entre le sunnite Rafic Hariri et le chiite Hassan Nasrallah, d’une manière encore plus criante entre Saad Hariri et le chef du Hezbollah, existe une différence d’échelle. Les deux ont pris les rênes du pouvoir politique, la même année, en 1992, mais l’un à l’inverse de l’autre. Rafic Hariri a été propulsé sous George Bush Senior et a implosé sous George Bush Junior, quand Hassan Nasrallah s’imposait contre le père et survivait au fils.
La chute de la dictature tunisienne porte condamnation de la complaisance de la classe politico-médiatique française à l’égard de Ben Ali : Du vacancier de Bizerte, Bertrand Delanoë, Maire socialiste de Paris, au résident de Sidi Bou Saïd, le bi-national Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, à Pierre Lellouche, ministre de l’Industrie, à Charles Pasqua, dont le fils y trouva refuge pour échapper à la justice de son pays, à Guillaume Sarkozy, frère aîné du président français, à l’entrepreneur Pierre Besnainou, candidat potentiel à la présidence du CRIF (...)
Alors que le régime autoritaire et corrompu de Moubarak est confronté à une forte contestation de la rue égyptienne, nous vous proposons de relire cet article de René Naba publié sur Oumma l’été dernier et qui avait prévu l’implosion sociale du plus grand et plus peuplé pays du monde arabe avec 80 millions d’habitants, dont plus de 34 % vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de deux dollars par jour.
Les révélations de son site sur la diplomatie américaine et les confidences de leurs collaborateurs à travers le monde ne relèvent pas d’un voyeurisme informatique et le secret ne constitue pas un « privilège indispensable » des dirigeants pour une bonne gouvernance des affaires du monde, comme tend à en accréditer l’idée le quotidien britannique « The Guardian ».
Cette présentation propose justement comme une ouverture et un effort de connaissance et de reconnaissance. [...] Que les musulmans s’y associent comme une manifestation de leur respect à l’égard de gens qui demeurent leurs proches. Que les chrétiens la reçoivent comme une marque fraternelle de respect et de considération. Le musulman doit se rappeler avant tout que l’islam a recouvert, en Syrie Palestine, en Mésopotamie, puis au Maghreb, puis en Asie mineure, une chrétienté bien plus ancienne que celle d’une Europe alors païenne.
Jamais pays au monde n’a autant été redevable de sa liberté aux peuples basanés et pourtant jamais pays au monde n’a autant compulsivement réprimé ses alliés coloniaux, dont il a été lourdement redevable de sa survie en tant que grande nation. De Fraternité point, mais en guise de substitut, la stigmatisation, la discrimination et la répression à profusion avec son cortège de cristallisation des pensions des anciens combattants basanés, « oubliés de la république », un salaire ethnique, inique et cynique d’une république si oublieuse et ingrate s’il en est.
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