Oumma.com Abonnez-vous: RSS E-mail Twitter
Lundi 15 Mars 2010
Articles
Vous voulez faire du lobbying musulman ? Chiche…
mercredi 9 mai 2007 - par Omero Marongiu-Perria

L’idée sous-jacente au « pour qui voter ? » exprimée par de nombreux musulmans est celle de la nécessité de constituer un « lobby » afin de défendre les intérêts communautaires. Pas mal, encore faut-il se mettre d’accord sur ce qu’on entend par là. Le terme de lobby désigne de façon générale toute action d’influence pour peser sur des décisions publiques.

En France, il est connoté de façon plutôt péjorative, bien qu’il existe clairement en son sein des groupes d’intérêts formés par des acteurs économiques, politiques, sociaux, religieux, etc. Cela est donc une réalité bien française, elle possède un sens et, de surcroît, n’est absolument pas illégale. Faire du « lobbying musulman », pourquoi pas ? A condition d’être réaliste, et de commencer par le commencement. Etudier par exemple les capacités et surtout le sens des mobilisations des « musulmans ».

Sachant également qu’il convient d’interpréter le terme de musulman dans son acception la plus large et sans discrimination intra-islamique, à savoir toute personne qui se revendique de l’islam, indépendamment de son degré d’attachement à la pratique cultuelle.

Mais avant d’entrer plus en détails dans l’argumentation, trois remarques s’imposent. La première : promis, je ne ferai dans mon texte aucune critique frontale d’organisation musulmane ni de quelque prédicateur que ce soit. Mais il est fatiguant de voir certains lecteurs ne retenir d’une contribution de plusieurs pages que le petit paragraphe où ils pensent s’être reconnus.

D’autres vont juger la pertinence de votre article sur votre (in)capacité à porter des critiques à leur encontre. En résumé, si vous mentionnez une divergence de point de vue, vous êtes un semeur de fitna ou un rebelle que l’on menace de censure ou d’excommunication. On pourra toujours ensuite se faire les chantres de l’appel aux musulmans à accepter la divergence d’opinions et le débat interne…

Cela m’amène immédiatement à une seconde remarque, sur l’attitude contradictoire des « diffuseurs de discours » sur l’islam et des responsables d’organisations musulmanes qui veulent émerger sur la scène politique. D’un côté, ils appellent les musulmans à s’investir dans l’action, à se joindre à eux et à ne pas hésiter à faire des critiques constructives, et dans le même temps ils jettent leur courroux sur leurs coreligionnaires qui manifestent des désaccords sur le discours, les stratégies ou les actions. Il faudrait donc savoir ce que veulent in fine les gérants de la demeure « islam de France ».

Dans le droit fil et pour faire vite, une troisième remarque, sous forme de postulat : le « contributeur au débat », qu’il soit expert, intellectuel ou représentant d’une entité quelconque n’est pas un gourou, ni un rebelle invétéré, ni un opposant systématique à je ne sais quelle mouvance ou autre sensibilité de l’islam de France. Son rôle consiste avant tout à donner des outils permettant de faire surgir et de promouvoir des réflexions et des mobilisations collectives.

Tout un programme dont le fondement repose sur le fait qu’aucun individu – aucune organisation d’ailleurs -, quelle que soit sa dimension intellectuelle, son degré d’expertise ou ses années de militantisme, n’est en mesure d’apporter à lui seul des orientations ou des solutions exhaustives aux problèmes qu’affrontent les musulmans, car le monde contemporain est bien trop complexe. Il appelle des réflexions et des actions concertées, issues de collectifs ayant une expérience concrète des réalités – depuis le local jusqu’à l’international - dans lesquelles ils évoluent.

C’est en mettant en cohésion l’ensemble des acteurs ayant ces différentes expériences que l’on pourra aboutir à des évolutions concrètes dans les rapports entre les musulmans et la société. Bien malin celui qui sera en mesure de faire prendre la mayonnaise, mais c’est là justement où l’on doit respecter les personnes qui essaient d’apporter des contributions et des éléments de réflexion, de même que l’on doit respecter le débat critique en interne.

Et bien, celles et ceux qui sont prêts à jouer le jeu et à mouiller la chemise, peuvent cogiter quelques pistes afin de constituer cette fameuse dynamique musulmane de France et, pourquoi pas, ces lobbies tant revendiqués. Dans la présente contribution, j’expose l’idée qu’il est maintenant possible de dresser des ponts entre les organisations musulmanes – cultuelles et culturelles – les acteurs économiques et les intellectuels musulmans, afin de rendre les mobilisations sur le terrain plus efficaces.

Pour cela, il est nécessaire de ne pas se « mélanger les pinceaux ». Il y a, d’un côté, l’action pour la reconnaissance de l’identité religieuse et la visibilité cultuelle. D’un autre côté, il y a les démarches de lobbying consistant à investir des structures politiques, économiques ou encore intellectuelles pour y exercer, de l’intérieur, des actions d’influence. Les enjeux ne se recouvrent pas totalement, ce qui ne doit pas empêcher de faire émerger des « espaces » de collaboration intra-communautaire ni de définir des enjeux communs. Encore faut-il apprendre à communiquer, prendre le temps de se parler, et être capable de puiser dans les expériences des autres acteurs musulmans.

Partant de là, je voudrais tout de même pointer la responsabilité des organisations musulmanes, qui tiennent une place de première importance dans l’affirmation de l’identité confessionnelle, et qui doivent être respectées pour cela. Celles-ci agissent cependant comme si l’action de lobbying devait se concentrer exclusivement sur la revendication religieuse, et absorber les énergies et les capacités des musulmans, tout en écartant – de façon consciente ou inconsciente - les potentiels qui s’offrent à elles.

De plus, par un discours centré sur l’identité cultuelle et la norme religieuse, elles freinent les ambitions et/ou les possibilités des acteurs musulmans à fort potentiel, lesquels s’interrogent de façon anormale sur la pertinence de leur contribution « non religieuse » au service des musulmans. Il convient donc de réfléchir à la façon dont ces organisations et les autres types d’acteurs musulmans peuvent se rencontrer et trouver des modalités de collaboration.

Voici donc quelques éléments de réflexion :

1 . Pour mobiliser efficacement, il faut passer de la protestation stérile à l’action réfléchie

Différentes voix musulmanes s’élèvent depuis quelques années afin que Marianne revoie sa copie au sujet de l’acceptation de sa composante musulmane. Cela est on ne peut plus légitime, à condition que la protestation ne devienne pas une fin en soi. Aussi, force est de constater qu’une part de musulmans sont prisonniers d’une rhétorique empêchant toute mobilisation réfléchie, entretenant le discours victimaire et l’approche purement affective de leur condition.

J’irai même franchement plus loin, cela entretient un immobilisme chez les hitistes (1) traditionalistes et les hitistes radicaux. Le hitiste traditionaliste vous passe en revue la situation de l’islam et des musulmans pour aboutir à la conclusion suivante « ahh ouddi, ach ghad dir, hadha houwal maktoub dialna » (Ben quoi, que veux-tu faire, alors que c’est notre destin ?).

Le hitiste radical, lui, tire à vue sur tout ce qui bouge dans le sens d’un dialogue avec les personnes ou entités ne respectant pas ce qu’il qualifie tantôt de « nos valeurs » ou de « nos principes », tantôt de « notre culture » ou de « nos choix ». Ces deux attitudes ont prouvé leurs limites, et appellent une réflexion sur les stratégies à mener dans le rapport à l’environnement. Cela se fera de manière beaucoup plus efficace en s’appuyant sur les expériences de musulmans lucides et posés, ayant réussi à développer des réseaux de relations et de partenariats au plan local comme à l’échelle nationale, dans les différents champs de la société. Par cette démarche, nous serons alors déjà un peu plus dans un véritable échange d’expériences et de bonnes pratiques, voire dans un début de transfert de compétences entre musulmans.

2. Pour constituer un lobby, il faut cesser de vivre dans l’utopie communautaire et se donner les moyens concrets de pénétrer la société

Cesser de rêver et partir de la réalité : il n’existe en France aucun groupe religieux, philosophique ou idéologique ayant la capacité d’unifier les comportements de ses membres. Et il en est de même chez les musulmans : aucune organisation confessionnelle et aucun leader ne seront en capacité de susciter des mouvements de masse, c’est de l’utopie à l’état pur. Nonobstant cette réalité, combien de diffuseurs de discours musulmans déploient une critique acerbe et simpliste des supposés lobbies juif, franc-maçon, catholique, etc, comme si les ficelles de la société étaient tirées par un petit groupe de personnes qui en orientent le devenir.

En réponse, ils développent un discours « oummatiste » qui consiste essentiellement à culpabiliser les musulmans qui n’adhèrent pas à leur lecture de l’islam. Alors, très brièvement, qu’en est-il de ces lobbies. Les juifs ? Cela fait belle lurette que les juifs de France ont cessé de former une entité homogène au plan religieux comme au plan politique. Les francs-maçons ? La dizaine d’obédiences maçonniques présentes en France sont toujours divisées sur la nécessité d’agir ou non dans le « monde profane ».

Tous ces groupes sont en fait extrêmement hétérogènes. Par contre, ils ont réussi une chose qui fait cruellement défaut aujourd’hui aux musulmans, ils ont appris à se parler entre eux et à s’unir pour faire valoir des intérêts communs, de même qu’ils savent tirer profit de leurs membres présents dans les sphères politique, économique, médiatique et intellectuelle.

C’est ce qu’on appelle du lobbying concret et réaliste. Ah, mais à propos, j’allais oublier les homosexuels ! Ces derniers se sont organisés sur une longue période, mais cela ne les a pas unifiés pour autant. Par contre, objectivement parlant, aujourd’hui les homosexuels sont les plus proches des musulmans en terme de combat pour l’accès aux droits, car les formes de discrimination que les deux groupes subissent sont tout à fait similaires.

Là, ça devient plus compliqué pour les musulmans, surtout lorsque des militants pour la non-discrimination à l’encontre des homosexuels leurs proposent, dans un souci d’efficacité, de collaborer pour lutter conjointement contre les deux formes de discrimination. En réponse, des musulmans se plaignant de l’islamophobie rampante dans la société se découvrent subitement homophobes radicaux.

C’est là quand même où des diffuseurs de discours et des responsables d’organisations musulmanes tiennent une part de responsabilité. Notamment lorsque, pour eux, l’interaction avec l’environnement doit respecter un « cahier des charges » islamique complètement décalé par rapport à la réalité, dans ce sens où il place des interdits qui ne sont pas réalistes au regard de la situation des musulmans. Et c’est là où l’on est en droit de questionner la pertinence de discours sur la société fondés uniquement sur une argumentation religieuse.

Ces discours pourraient justement s’appuyer sur des analyses, des expertises, des études de terrain ou des propositions pertinentes élaborées en lien avec des experts et des professionnels musulmans. Mais non, leur légitimité est fondée essentiellement sur La vérité révélée, laquelle n’est bien souvent qu’une lecture idéologique ou ethnocentrique des textes de l’islam. Directement ou indirectement, cette attitude conditionne la réflexion et les démarches d’action des acteurs non religieux puisqu’elle les oblige à se définir par rapport à des lectures de l’islam relativement coercitives au plan de la norme et de la marge de manœuvre du musulman dans sa relation à la société.

3. Pour être efficace, le temps est venu de mettre en cohésion les trois sphères de mobilisation existantes chez les musulmans

Dans la logique de ce qui précède, il faut maintenant analyser quelles sont les capacités concrètes de mobilisation, chez les musulmans, et pour quoi faire. Au niveau des capacités, à mon sens, trois éléments nécessaires à des mobilisations coordonnées sont maintenant présents, ce sont (1) l’existence d’un référentiel d’appartenance, (2) la capacité économique et (3) la dimension intellectuelle.

Le référentiel d’appartenance renvoie bien entendu à l’islam, mais il ne se cantonne pas à sa dimension cultuelle ou à un degré d’orthopraxie. C’est un vecteur d’identification, très faiblement voire pas du tout idéologisé, qui se traduit par une pluralité de modes d’appartenance à l’islam, au-delà d’un simple attachement à la pratique religieuse. La capacité économique est clairement visible, aussi bien dans la dimension des projets des lieux de culte que dans l’évolution globale des musulmans au plan socioprofessionnel. Quant au volet intellectuel, il se concrétise par la présence de nombreux musulmans en second et troisième cycle universitaire, mais également dans des sphères professionnelles très étendues.

Dans le panel des actions potentielles, chaque sphère doit trouver sa place et être reconnue en tant que telle. De même, elle doit pouvoir interagir, au moins partiellement, avec les deux autres. Reste à savoir, maintenant, pourquoi ces trois sphères peinent à faire émerger des mobilisations coordonnées et efficaces.

J’y vois pour ma part deux raisons. La première est qu’elles ne se rencontrent quasiment pas, faute de lieu qui pourrait les rassembler. La seconde réside dans le fait que les actions « musulmanes » sont pensées essentiellement en termes religieux, comme si le terme musulman était un label réservé à certains types d’acteurs ou d’organisations estampillées du tampon « islamiquement correct ».

En conséquence, il y a énormément d’acteurs musulmans à forts potentiels, qui sont persuadés de ne pas être productifs « pour la communauté » ou qui, refusant d’être enfermés dans une identité religieuse exclusive, ou dans une idéologie fermée, sont mis en marge des sphères associatives qu’ils pourraient faire monter en compétence.

A l’opposé, différents types de regroupements de professionnels musulmans commencent à voir le jour, depuis les chercheurs en sciences humaines jusqu’aux professionnels de la finance et du droit. Pourtant, ces initiatives sont le plus souvent ignorées ou rejetées à la périphérie par les organisations musulmanes, sous prétexte qu’elles n’apportent pas de poids à une revendication religieuse directe, ou bien que leurs membres ne sont pas adhérents aux sensibilités islamiques de ces organisations.

L’argument posé est, encore une fois, contradictoire puisqu’on demande aux musulmans de contribuer, par leurs compétences, à l’essor de « la communauté » alors que, dans le même temps, on juge la possibilité d’intégrer un musulman dans une association non pas sur sa compétence mais uniquement sur sa pratique religieuse et sa proximité idéologique. D’où les expressions du style « Celui là, il n’est pas trop fiable parce que ce n’est pas un « frère » (idem pour la « sœur ») ». De ce fait, on rencontre de plus en plus de groupements de professionnels musulmans qui considèrent ces organisations en total déphasage avec la réalité, ce qui ne contribue pas à renforcer l’interaction entre les différents acteurs se revendiquant de l’islam.

Pour dépasser cette situation, il faut partir de la conviction qu’il existe un avenir pour le monde associatif musulman, lequel doit prendre conscience de l’exigence de rigueur et de performance dans l’affirmation d’une identité musulmane forte, notamment par la gestion efficace des potentiels intra-communautaires. Ces associations devraient massivement intégrer ces potentiels, dans leurs sphères dirigeantes ou pour l’expertise et la conduite de leurs projets, sous peine d’être disqualifiées à cause des lacunes très visibles de leurs projets, tant au plan du management qu’à celui de la connaissance du droit ou même de la capacité d’élocution et de médiatisation de leurs projets.

D’un autre côté, les professionnels musulmans possédant une spécialité devraient faire émerger et/ou rendre plus visible des groupements d’experts et développer des réseaux d’échanges en interne, en précisant clairement les enjeux dans lesquels ils se situent, et en mettant à disposition de leurs coreligionnaires leurs capacités de formation et d’expertise.

4. Pour être efficace, il faut que les musulmans développent leur capacité à œuvrer pour des intérêts communs

Un vœu pieux : faire en sorte que les musulmans se parlent, qu’ils soient capables de faire converger leurs intérêts, tout en respectant leurs identités et leurs différences. Actuellement, les conditions objectives sont réunies, mais les mentalités sont elles prêtes ? Elles le seront si chaque musulman accepte que son (sa) coreligionnaire puisse construire différemment son rapport au référentiel islam, si chacun reconnaît la spécificité et les potentialités des autres musulmans, sans jugements de valeurs sur son rapport à la religion.

Elles le seront si les diffuseurs de discours sur l’islam cessent de donner la prééminence à un référentiel d’appartenance centré sur un degré de conformisme à leur lecture de l’islam. Elles le seront si l’on accepte qu’il puisse y avoir, à côté de discours revendicatifs sur la reconnaissance de la visibilité de l’identité religieuse musulmane, d’autres dynamiques de musulmans basées sur des centres d’intérêts dépassant largement le culte.

Ces dynamiques peuvent même entrer en contradiction avec un principe « dérivé » de l’islam (c’est-à-dire ne relevant pas des fondements) au profit d’un intérêt général beaucoup plus important pour la condition des musulmans et/ou pour la cohésion de la société. Elles le seront, enfin, si l’on cesse de dire au musulman « bouge toi pour ta communauté ! » et dans le même temps on le renvoie à des problématiques globales qui le dépassent totalement et qui appellent des mobilisations à l’échelle étatique.

Reste à savoir maintenant quel(s) intérêt(s) précisément les musulmans auraient à s’organiser en groupes d’influence, et comment. Sur le pourquoi, je pense qu’il n’est pas si facile de formaliser quels peuvent être justement les intérêts communs à des groupes ou à des lobbies musulmans. Mais on peut apporter au moins deux éléments de réponse : on se bouge pour obtenir des droits, au plan de l’acceptation de l’identité islamique et de la visibilité de l’islam en France.

On agit également pour faire reconnaître l’existence sociale des musulmans, à travers leur contribution à la cohésion de la société et en affirmant leur poids dans les divers champs politique, économique, etc. Cela commence à être expérimenté au niveau européen par des organisations musulmanes qui font du lobbying auprès de l’Union Européenne, ainsi que dans les domaines politique et économique nationaux. Mais je me concentrerai ici sur le local, car il correspond plus à la réalité de la majorité des musulmans. D’ailleurs, c’est à partir du local qu’on peut plus facilement donner des pistes de réflexion sur le « comment ».

Ce comment peut consister tout d’abord dans la création de groupes rassemblant des acteurs capables de travailler ensemble pour un intérêt commun, qu’ils doivent définir ensemble au-delà de leurs différences. Et ce n’est pas une lapalissade ni une réponse de Normand que de dire cela. Petite illustration : quand, dans une ville, les responsables des mosquées abreuvent leurs coreligionnaires de fraternité et, dans le même temps, se « tirent dans les pattes » pour obtenir un avantage substantiel en terme de leadership local, tout en inféodant des collaborateurs non pas sur la base de leurs compétences mais sur des systèmes d’adoubement ethniques ou idéologiques, comment peuvent-ils être crédibles auprès de leurs interlocuteurs ?

Le comment peut également consister dans le recensement local des compétences musulmanes et non musulmanes prêtes à collaborer avec les acteurs musulmans. Je vise par là l’élaboration d’une véritable banque de curriculum vitae, qui peut être constituée par des étudiants, des musulmans insérés professionnellement, etc. Elle serait mise à disposition, sous conditions, aux acteurs musulmans locaux. Mais sa vocation première serait de mettre sur pied des réseaux de réflexion et d’échanges sur des thématiques définies par les groupes locaux, en fonction des réalités dans lesquelles ils se trouvent.

Troisièmement, le comment peut se traduire par la constitution d’une banque d’expérience dans les domaines touchant l’islam dans un sens large, afin de ne plus perdre de temps à refaire ce qui à déjà été fait. Rassembler ce qui est épars, en termes de dossiers de mosquées, de regroupements de sépultures, d’actions en justice lorsque, le cas échéant, certains acteurs musulmans demandent réparation, est laborieux mais fait gagner un temps précieux et développe les capacités à agir. Certains sites d’action anti-musulmane se sont d’ailleurs organisés depuis plusieurs années, alors même que les sites communautaires musulmans en sont encore à des foires aux questions et autres forums essentiellement focalisés sur les questions basiques de pratique du culte.

Quatrièmement, conséquence logique de cette nécessité de montée en compétence : alors que les musulmans disposent déjà d’une pléthore de séminaires théologiques et spirituels, pourquoi ne consacrent-ils pas des séminaires au management de projet et au leadership ? Combien de leurs coreligionnaires spécialisés dans ces domaines seraient en mesure de faire littéralement « exploser la baraque » sur ces thématiques alors qu’ils sont relégués dans la passivité faute de réceptivité des acteurs associatifs et des collectifs de musulmans obnubilés uniquement par des séminaires religieux ?

C’est par ce type de séminaires que les musulmans pourront réellement engager un transfert de compétence et développer leur capacité à agir dans leur environnement. D’ailleurs, sur ce point, vous pouvez faire une petite expérience : lorsque vous assistez aux conférences et aux séminaires « musulmans », prenez un cahier et un chronomètre. Le cahier pour consigner les propos du locuteur et le chronomètre pour mesurer la répartition des temps de parole. Vous vous apercevrez, au final, de deux choses.

Primo, le locuteur aurait pu dire en moitié moins de temps les idées qu’il a développées. Secundo, sur une heure, le locuteur occupe quasi systématiquement 90 % du temps, et la soi-disant réflexion collective n’est que pure illusion. D’ailleurs, à l’issue d’une conférence, l’animateur demande le plus souvent à la salle « est-ce que vous avez des questions à poser ? » alors même qu’il devrait demander, par respect et humilité « est-ce que vous avez des contributions ou des réflexions critiques sur ce qui vient d’être exposé ? » Tout cela entretien une espèce de rapport pervers entre « celui » qui détient la vérité et ceux qui la quémandent.

En définitive, les conditions de mobilisation des musulmans sont aujourd’hui présentes. Mais elles ne pourront donner naissance à des actions concrètes que si ceux-ci acceptent d’opérer une véritable révolution dans leur façon de penser leurs rapports intra-communautaires et leur conception du monde qui les entoure, à partir de références moins imprégnées d’une lecture normative ou coercitive de l’islam. Alors, de véritables lobbies réalistes de leurs capacités et de leur pluralité émergeront, au plan politique, économique, intellectuel. Aussi, seule la capacité des musulmans à dialoguer entre eux et à fédérer leurs compétences au-delà de leurs intérêts pourra les faire avancer dans ce domaine. A chacun d’apporter sa petite contribution à l’édifice.

(1) Du vocable dialectal maghrébin hit, issu de l’arabe hâ’it, le mur. Le hitiste désigne celui qui « tient le mur ».

Vos réactions et commentaires sur cet article

11 mai 2007
Hachemi a dit :

Bonjour, Excellente analyse.

"Divide ut imperes" : qu’il s’agisse des individus ou des pays, notre handicap majeur est une incroyable propension à la division et à l’anathème. Ce qui facilite considérablement la tâche de ceux qui nous veulent du mal (ils n’ont aucune difficulté à entretenir et à encourager chez nous ce pathétique défaut).

Personnellement, je me suis considérablement investi dans moult tentatives pour fédérer nos ressources et compétences. Toutes ont lamentablement avorté, non pas à cause de nos ennemis, mais en raison de notre incapacité maladive à travailler et à avancer ensemble, unis.

Je ne suis pas découragé pour autant car j’ai la conviction qu’il y a parmi nous des gens de grande qualité, âmes trempées et coeurs honnêtes. Alors, chiche ?

10 mai 2007
Abdou a dit :

salamou alaikom ! Ce forum est riche et pertinent, j’ai recherché d’autres extraits voici le titre : L’illusion démocratique La démocratie a déjà cessé d’être une réalité. Les responsables des organisations qui exerçent le pouvoir réel ne sont pas élus, et le public n’est pas informé de leurs décisions. La marge d’action des états est de plus en plus réduite par des accords économiques internationaux pour lesquels les citoyens n’ont été ni consultés, ni informés. Tous ces traités élaborés ces cinq dernières années (GATT, OMC, AMI, NTM, NAFTA) visent un but unique : le transfert du pouvoir des états vers des organisations non-élues, au moyen d’un processus appelé "mondialisation".

Une suspension proclamée de la démocratie n’aurait pas manqué de provoquer une révolution. C’est pourquoi il a été décidé de maintenir une démocratie de façade, et de déplacer le pouvoir réel vers de nouveaux centres. Les citoyens continuent à voter, mais leur vote a été vidé de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n’ont plus de pouvoir réel. Et c’est bien parce qu’il n’y a plus rien à décider que les programmes politiques de "droite" et de "gauche" en sont venus à tant se ressembler dans tous les pays occidentaux. Pour résumer, nous n’avons pas le choix du plat mais nous avons le choix de la sauce. Le plat s’appelle "nouvel esclavage", avec sauce de droite pimentée ou sauce de gauche aigre-douce. Empêcher la montée des revendications salariales dans le Tiers-Monde, en y maintenant des régimes totalitaires ou corrompus. Si les travailleurs du Tiers Monde étaient mieux rémunérés, cela briserait le principe même des délocalisations et du levier qu’elles exercent sur le marché du travail et la société en occident. Ceci est donc un verrou stratégique essentiel qui doit être préservé à tout prix. La fameuse "crise asiatique" de 1998 a été déclenchée dans le but de préserver ce verrou. Merci aux auteurs.

10 mai 2007
Mounya a dit :
Excellent article !Toutefois,je suis plûtot d’accord avec le commentaire de Zen Stress,à savoir :"Militer au sein des mouvements pour la défense de nos droits,changer l’image de l’Islam,refuser les représentants archaiques qui sont un handicap pour l’Islam". Et j’ajoute:Adhérer à des partis politiques,cesser toute victimisation,sortir des ghettos de la pensée,déconsruire l’image que l’on veut nous coller a la peau,agir et agir.
10 mai 2007
petit christophe a dit :
Pour faire avancer j’ai commencer par demander à des membres de la communauté musulmane de me proposer des idées .Pour une meilleure intégration entre autre. M.Petit christophe.candidat MEI 47.
10 mai 2007
petit christophe a dit :

Je pense que l’oumma doit se montrer davantage et participer aux débats dans les ré"gions,dans les villes et villages de France

Personnellement,pour faire avancer j’ai commencé par demander à des membres de la communauté musulmane de me proposer des idées .Pour une meilleure intégration entre autre. M.Petit christophe.candidat MEI 47.

10 mai 2007
tendresse a dit :

Salam à TOUTES et à TOUS...

Très bon texte d’Oméro..merci..

(chiche...couscous au pois chiches...)

Très Noble entreprise..réaliste et réalisable sans trop de problèmes..

Travaillons chacun dans notre coin...pour ce même objectif...

Autre chose importante...pour que cela fonctionne il faut qu’il n’y ait pas de chef...donc pas de querelles donc pas de divisions...donc pas d’interêts....pas de volonté de pouvoir..Juste pour l’Amour de DIEU..(Fiçabillah)

Mais on vous prévient Sarko et l’axe du BIEN veillera.. durant 43920 heures (1830 jours - le temps de son mandat)...

9 mai 2007
salam, je suis contre tous repli communautaire mais voila, il est forcé de reconnaître que toutes les communautés organisé pèse dangereusement sur les décision public. et pourquoi pas l’islam ? en sachant qu’il faut s’aligner et ceux, non pas pour détenir le pouvoir mais pour survivre.
9 mai 2007
Zen Stress a dit :

L’article est long, riche d’éléments, et surtout contient des propositions. Mais il n’en demeure pas moins qu’il est schématique pour ne pas dire caricatural.

La visibilité de l’Islam ou celle des musulmans n’est pas le centre du débat, elle est superflue. Du moins, ce n’est pas la priorité prioritaire. Lorsqu’on est face à Malek (Boutih), Mohamed, Rachid (Kaci), Rachida, Ali, Loubna (Ni putes ni soumises), Mamadou, Lassana ou Youssef, il ne faudra pas être énarque ou polytechnicien pour conclure qu’il ne s’agit pas d’hindouiste ou de protestant mais bel et bien d’un musulman ou issu d’une famille musulmane. Le français musulman moyen est centré sur sa situation sociale d’abord, économique ensuite, la question spirituelle ou religieuse relève du luxe dans une société qui prétend être laïque. Il faut être réaliste !

Ce qui pose problème c’est plutôt l’image de l’Islam et celle des musulmans. Pour cela, le distinguo entre les facteurs endogènes et les facteurs exogènes est requis.

1- les facteurs exogènes : la campagne médiatique "diabolisante" entretenue en France à l’égard des musulmans ou apparentés musulmans, qui ressemble à la persécution des juifs dans le milieu des années vingt et début des années trente du siècle passé est ardue et renvoie irrémédiablement à la supposée fermeture de l’Islam. Le verrouillage dont sont victimes les français étrangers (le choix des mots est volontaire) et en particulier "musulmans" contribuent à la diffusion de l’image d’assistés qui lestent la société puisque "généralement" ils ne travaillent pas ou sont sous-payés. Le contexte international et le conditionnement des mentalités favorisent la corrélation Islam - Violence. Récapitulons : Fermeture, donc, refus de tout dialogue - Paresse, donc, contre-productifs - Violence, donc, prédisposition à la guerre... au Djihad. Certes c’est simpliste mais ça ressemble pas mal à ça.

2- Les facteurs endogènes : Le manque d’organisation dont souffre la communauté musulmane est pathologique, pathogène même. Les grands mouvements tels que l’UOIF ou la Mosquée de Paris en sont un exemple affligeant. Le premier est carrément une organisation tribale du moyen âge avec un discours obsolète produisant plus de cacophonie et de bruitage que d’actions visant à améliorer la situation des musulmans de France. Il se distingue aussi par son incapacité de s’émanciper des manipulations externes. Les représentants de la Mosquée de Paris sont, quant à eux, l’illustration de la servitude. On se demande des fois s’ils sont conscients qu’on n’est plus dans l’ère de la colonisation. Cette situation est symptomatique de la déconnection de la réalité de L’Islam de France (J’entends par là l’institution représentative sous-jacente). Elle diffuse un archaïsme qui affecte durablement l’image de l’Islam, religion à vocation de consultation, dialogue et ouverture. D’ailleurs, l’image projetée par ces gens et bien d’autres (je pense à tous les recteurs de Mosquées à travers l’Hexagone) est un handicap pour l’image de l’Islam.

Pour ce qui est du lobbying, force est de constater que sans puissance économique et financière, toute sorte de pression reste lettre morte. Il faut de l’argent pour huiler l’engrenage de ce qu’on a le désir de faire bouger...une pratique révoquée par l’Islam. La question qui se pose alors est : faut-il sauter les principes de l’Islam pour protéger les musulmans ?

Ce que je crois au plus profond de moi, en tant que croyant musulman, que le plus important à l’heure actuelle est de se creuser une place dans la société à travers des mouvements globaux anti-discrimination, s’affirmer et le moment de se dresser viendra sans doute. Toute tentative de forcer le passage sous l’étiquette "Islam" est vouée à l’échec soit avortée par des forces bien identifiées soit mort-née parce que "nos hauts responsables" manquent de talent et de savoir-faire.

9 mai 2007
Rachid ZANI a dit :

Bonsoir ,

Il nous faut et DIEU sait que j’en ai eu besoin, d’un ou une ou plusieurs juristes .. Il nous faut et on en a de très bon ,des intellectuels(lles) comme M.RAMADAN pour ne citer que lui , c’est un bon tribun qui peut porter haut le message politique. Il a l’expérience et connais les rouages d’un système bien huilé. Il nous faut le courage et la détermination pour se reunir et ne former qu’un : adoptons et fixons une cotisation annuelle pour palier aux dépenses. Enfin il nous l’aide de DIEU , car sans lui rien n’est possible. A vous autres hommes de l’ombre , sortez, montrez vous et ..guidez nous !

9 mai 2007
MOA a dit :

Bonsoir à tous,

Je ne sais pas s’il faut l’appeler lobbying, mais je pense sincèrement qu’il est grand temps d’agir, de par les politiques mondiales "je me suis vu rappeler à mes origines" j’étais alors jusque là une simple femme d’origine magrebine et la France dans laquelle j’évoluais me laissait toute ma place, et j’y étais très heureuse ... aujourd’hui à travers les médias, les campagnes présidentielles et la scène internationales on me martelle que je ne suis plus la bienvenue et cela quoique je fasse ... je suis simplement coupable de mes origines ... j’échange dans mon quotidien avec des musulmans de différentes nuances (très croyants, croyants, beaucoup moins croyants) et le problème ne me semble pas se situer à ce niveau des croyances ... la tolérence est là, c’est comme un besoin fondamental d’échanger nos ressenties, la vérité c’est que je ne me sens pas d’ennemis, je me sens bien avec les chrétiens, les juifs, puisqu’il faut passé par la religion, je n’ai aucun problème dans ma relation avec toute cette configuration... Toutefois, il est vrai que les structures d’échanges, de soutien, de rassemblement ne me semble pas être le fort de la communauté et que l’éparpillement dans lequel nous évoluons n’est plus permis aujourd’hui, les aspects les plus importants me semblent être le repérage de nos matières grises (l’idée d’une bourse aux CV est excellente), les fonds d’aide dont on pourrait disposer pour organiser la prise en charge des plus vulnérables, des fonds afin de permettre à nos jeunes de réaliser leur projets professionnels "création d’entreprise" par un accompagnement (juridique, financier, commercial, etc...) des accompagnments pour la création d’établissements scolaires pourquoi pas laïques avec une possibilité de religieux, des centres de vacances pour les enfants, organisation de voyages pour adolescents, il y a tant de richesses, tant sur le plan financier qu’intellectuel que cela me semble être un véritable gaspillage ... l’imagination n’a pas de limites, il nous faut construire et nous ouvrir aux autres "ceux justement qui nous rejette par pure inculture" ... c’est en apprenant à connaître ton ennemi que tu peux mieux t’en défendre. je pourrais comme cela continuer des lignes et des lignes, ... pour finir nos enfants comptes sur nous. je vous embrasse tous très fort et très bientôt MOA

9 mai 2007
Afnan a dit :

Assalam u Aleikum à tous !

Merci Oméro pr cet article. Il résume concrètement le sens réel du débat. Ce qui nous manque, c’est bien une cohésion interne pour aller de l’avant. *

Il faut cesser de se lamenter sur son sort et aller par-delà les cercles dans lesquels on (nous) (s’)enferme !

Oméro, à quand la prochaine conférence ?!

Wassalam, Afnan.

9 mai 2007
Salim a dit :

Bonjour,

Je n’ai qu’un regret à propos de cet article : c’est de ne pas l’avoir écrit moi même : j’ai donc fort peu à y redire. Je voudrais simplement y apporter une illustration.

Dans la ville que j’habite, il y a eu un chagement de majorité en 2001 ; le nouveau maire s’est fait connaitre par des propos publics défavorables aux musulmans et aux homosexuels, et a tenu des propos privés tout aussi défavorables aux juifs et aux francs-maçons.

Lorsque je suis allé à la mosquée pour tenter d’organisre une réponse commune à tous ces "exclus", mes propos sont tombés dans un silence consterné... Comment pouvait-on "comparer" (comme s’il s’agisait de cela ? et quand bien même...) les uns et les autres ?

Pour autant, on ne peut pas dire que rien n’ait été fait : la nouvelle majorité ayant sabré le projet de mosquée qui existé, l’opposition l’a défendu. Mal lui en a pris ! Le responsable de la mosquée a volé au secours... de ceux qui l’agressaient !

Cette attitude est caractéristique de l’islam des bachaghas et d’un déplorable esprit de concurrence des victimes.

Bravo encore à Omero Marongiu pur ses positions lucides et courageuses.

9 mai 2007
Ah28 a dit :

Salam à tous,

Merci Omero pour cet exposé, clair et sans tabous. Avec plus de 15 ans passés dans l’associatif musulman, je suis désormais hermétique et défiant à "l’Islamiquement correct" qui a servi de lit (de façon consicent ou non) à mettre sur un pied d’éstale une catégorie de dirigeants et infantiliser l’autre grosse partie. Aujourd’hui le discours est passionel, hyper sensible sagissant de "gélatine dans les yaourts" alors qu’il est inexistant en ce qui concerne notre poids au sein de la société. Après tant d’années passées, je suis aujourd’hui frappé par le manque d’enracienement de nos associations (mosquées ou autres) dans le tissus social des quartiers même où ils sont installés. N’ayons pas peur, faisont preuve de recul et de réflexion, sollcitons les personnalités politiques, économiques, culturelles locales et faisons "notre trou" développons nos racines et moins nos branches !

9 mai 2007
Tahar a dit :
Les musulmans doivent s’affranchir de la petite tutelle (ou ce qu’il en reste) de l’UOIF, mosquée de Paris, TABLIGH, mais aussi Tariq Ramadan, Malek Chebel et je ne sais quel autre "intello "et prendre en main leur destinée sans repli, ni communautarisme. Tel est le prix d’une efficace insertion de l’Islam et des musulmans dans la société française.
9 mai 2007
Abou Tahar al-Tlemceni a dit :

Le lobbying n’aura de sens que si il est ethnique, non pas base sur la seule religion. On sait tres bien les differences profondes d’avec nos freres turcs ou d’Afrique de l’ouest. Ce sont les "Maghrebins de France" qui doivent s’organiser.

Sans visibilite (pour employer un americanisme) il n’y a pas de pouvoir. Et ce pouvoir doit etre economique, intellectuel et mediatique. Mais le plus important est d’avoir notre propre organisation de tutelle (un parti, une alliance, etc.) qui puisse lancer un travail fondamental de masse. En gros, nous devons etre a la fois une force de contestation et de construction, capable de partir de la base pour atteindre les forces vives politiques et socio-culturelles nationales.

Et la religion alors ? Elle ne serait qu’un ingredient de la recette, pour la simple raison qu’a cette etape organisationnelle nous devons coute que coute nous unir, developper une conscience de qui nous sommes et de ce que nous pouvons faire ensemble. Oui, il faut cesser de se plaindre et d’attendre de la droite ou de la gauche qu’elles nous jettent leurs miettes de compassion et d’assistanat.

Le travail de ce parti/alliance passera par des objectifs aussi divers que du soutien scolaire (il faut a tout prix combler le fosse educatif d’avec le reste des Francais !), de la solidarite professionnelle (ne plus se tirer dans les pattes des qu’il y en a un qui a reussi...), un engagement intellectuel (articles, livres, presence radio non-communautaire, etc.), enfin et surtout une organisation politique. Je veux dire un groupe de pression pour la seule defense de nos interets.

Il n’y a pas de raison que le nouveau president de la Republique, se declare ouvertement pro-Israel et que personne n’y trouve rien a redire, pour qu’un jour nous ayons pas un dirigeant musulman qui soutienne la Palestine et que cette position soit acceptee de la majorite. C’est un reve, mais il n’y a que le premier pas qui coute !

9 mai 2007

Salamou 3alaykoum

Vu la complexité de la chose, je pense qu’il faut commencer par le plus simple. C’est une première étape qui lancerait une certaine dynamique et cimenterait la base de ce mouvement.

A mon avis, il faudrait commencer par se mettre d’accord sur ce que nous ne voulons PAS. Il est vrai que la protestation sans actes se discrédite d’elle même. Mais jusque là, les protestations ne se sont pas vraiment faites de manière structurées ou officialisées. Même si je trouve le CFCM illégitime, je pense qu’il a raté une occasion de lancer cette dynamique en ne démissionnant pas (ce qui prouve les vrais motivations de ses dirigeants) suite au soutien de Sarko à Charlie Hebdo.

Bref commencons déja par combattre l’islamophobie decomplexée, mais cette fois-ci officiellement et dûrement. Par exemple rappeler aux candidats leurs intérets electoraux lorsqu’ils débordent sur la question islamique... Vous verrez cela portera ses fruits, et il ne sera pas difficile d’expliquer qu’il n’y a pas plus de communautarisme dans cette action que celui des chasseurs, viticulteurs ou même du CRIF.

C’est au moins le thème sur lequel nous sommes presques unanimes, le programme suivra (en sachant que Rome ne s’est pas faite en un jour).

L’appétit vient en mangeant.

Wa salam.

9 mai 2007
elham a dit :

Mais comment peut on parler de lobbying en ayant une main tendu ?

Je m’explique,

si les musulmans veulent exercer une quelconque influence politique, ils doivent rompre avce cette facheuse coutume qui consistent à aller voir Madame le maire ou Monsieur le député en catimini pour un appart ou un job,...en d’autres termes, une autonomie économique et financière est indisponsable à l’exercice d’un lobbying indépendant et éfficace.

9 mai 2007
UPSILONNE a dit :
Assalam AlaikooOOum !!! je suis près à m’insvestir au près de vs n’ayant que très peu de temps pour lire tout ce qui a été écrit içi..............VoooOOus êtes prié de bien vouloir m’en excuser...Depuis si longtemps que je suis près de vous ; vous comprendrez qu’un moment il y a affinité et que je me sens obliger de serrer les rangs auprès de ceux qui ont les même convictions que moooOOi, et je tenais aussi à vous remercier pour la qualité de vos textes sincèrement je m’y retrouve tellement BoooOnne continuation qu’Allah vs bénisse Amine
9 mai 2007
Roi_Philosophe a dit :

bonjour ;

avant tout pemettez Monsieur Mohamed Pascal Hilout de vous remercie pour vos inteventions de qualités. vous dites " Je suis un farouche opposant aux idées diffusées en général par Oumma.com", de mon côté que dirai malgré que je ne partage pas toutes les convictions politiques de OUMMA je suis beaucoup plus proche de OUMMA sur la plan religieux que de votre vision de l’islam que vous presentez sur dans le site " http://nouvel-islam.org/". mlgré qu"il y a pas mal d’idées très originales il y’en a d’autres qui sont vriament loufoques "excusez moi pour le terme". vous presentez un code de vie qui ressemble beaucoup plus à une idéologie qu’une foi qu"est avant tout un espoir dans DIEU, un serment fait à DIEU. l’idée que vous presentez me fait penser à une éthique de philosophe, ce qui ne saurait avoir une vision global du monde. je ne doute pas que vous mener une vie selon les regles que vous énoncer mais pour le commun des musulman j’en doute fort.

ce qui fait la force de l’islam c’est la simplicité et la profondeur de son dogme neturelement je suis tout à fait d’aaocrd avec vous qu’il faut le dépouiller des ajouts.

avec tout mes respects.

amirouche

9 mai 2007
Mohamed Pascal Hilout a dit :

Génial,

Voilà une analyse et un ton qui me confortent dans ma fierté d’appartenir à la large communauté musulmane même si, et c’est normal, j’ai beaucoup de reproches à lui faire.

Je suis persuadé que ce texte fera date. Je suis un farouche opposant aux idées diffusées en général par Oumma.com mais force et de reconnaître que cet espace s’ouvre à de vrai talents !

Avec tous mes respects

9 mai 2007
"" V "" a dit :

salam ahlikoum,

Ce qui manque aux musulmans dans ce pays, c’est la discipline. Savoir trouver les représentants, arrêter la contestation, il y déjà trop de discorde entre nous pour y arriver.

Des mosquées sont érigées suivant les nationalités !!! Il y a des cas où lesimams sous prétexte de ne pas être du même pays, que leur f^ères sont contestés !!!

L’article me semble pertinent, l’idée suivante est à creuser :

« Le comment peut également consister dans le recensement local des compétences musulmanes et non musulmanes prêtes à collaborer avec les acteurs musulmans. Je vise par là l’élaboration d’une véritable banque de curriculum vitae, qui peut être constituée par des étudiants, des musulmans insérés professionnellement, etc. Elle serait mise à disposition, sous conditions, aux acteurs musulmans locaux. Mais sa vocation première serait de mettre sur pied des réseaux de réflexion et d’échanges sur des thématiques définies par les groupes locaux, en fonction des réalités dans lesquelles ils se trouvent. »

salam ahlikoum

9 mai 2007
Tout à fait d’accord avec l’auteur : " l’union fait la force". Au delà de nos divergences il nous faut être unis pour peser, sans cette union, toutes nos actions sont vouées à l’echec. Il nous faut effectivement changer notre mode de penser à savoir que c’est dans la difference et la tolerance que nous pourrons former un lobbying musulman. Mais il nous faut, et cela est plus difficile à concrétiser à mon avis, reussir à "effacer" ou à assumer plusieurs siècles de division des musulmans, plusieurs siècles de deni de notre culture musulmane (au sens large du terme). Pour cela il nous faut apprendre à nous connaitre, à nous accepter, à reconstruire notre histoire, à l’aimer avec ses haut et ses bas, à avoir un regard critique sur nous mêmes. Nous ne pourrons jamais savoir où nous allons tant que nous ne saurons pas d’où nous venons. Là est la clé de notre avenir sans tout cela nous ne construirons pas de lobbying musulman mais pire nous courrons à notre perte.
9 mai 2007
A-D a dit :

Voeu pieux...

Idéaliste ? utopiste ? Il faut rêver. Il faut proposer. Il faut dialoguer. Mais, les "musulmans" de France, comme vous le dites, ne forment pas un bloc homogène, loin de là ! Il y a trop de divisions (Algériens, Harki, Kabyle, Marocains, Rifains, tunisiens, arabes, chaoui, tablighs, salafi, soufi, frères musulmans, laïcs, etc, etc.), trop d’intérêts, chacun veut paraître auprès de sa commune, auprès des élus, auprès de son parti politique, auprès des consulats du pays d’origine, etc. Un lobby "musulman" ? Il faudrait, dans un premier temps, que les français de confession musulmane sachent se parler et s’écouter, et se mettent d’accord, ensemble, démocratiquement, à leur échelle, puis on verra, pour ce qui est du lobying. C’est toute une révolution des mentalités qu’il faut faire, et le chemin est long. Mais un jour viendra... Pour le moment, ce n’est pas le cas. Depuis, Malek Bennabi qui s’interrogeait à travers ses livres sur le problème des idées en islam, de la vocation de l’islam, sondant la psychologie du colonisé__ de l’ex-colonisé, aujourd’hui__ rien a été fait. Tout n’est resté que du verbiage sans fin. Il faut une réelle culture démocratique, savoir accepter les désaccords, etc. Ne pas insulter un opposant ou quelqu’un qui n’a pas les mêmes vues que nous. En somme, savoir se comporter et se tenir. Malheureusement, on a vu des réactions, pour le moins désolantes. Un exemple, le maire de notre ville d’Avignon __que je ne porte pas non plus dans mon coeur__, affiliée à l’UMP est venue à un match de foot, en vue de préparer les legislatives, le seul accueil qu’elle a eu de la part de nos jeunes (d’origine maghrébine pour la majorité) a été un "florilège" d’insultes, de crachats, et de gestes explicites. Au bled, ceux qui se présentent aux élections, parlent de leurs opposants en terme "d’ennemi" (’adou). Il y a même eu des bagarres, des blessés, des emprisonnements. Comme l’écrit si bien Omeru marangu-peria, il suffit qu’il y ait un point divergent et vous êtes catalogué. Les musulmans de France doivent savoir communiquer et accepter les divergences, et accepter que le pouvoir ne soit pas aux mains d’hommes, mais au mains du peuple, liées à des principes et à des valeurs, à des intérêts communs. Maleureusement pour l’heure, chacun défend sa "paroisse", son groupe.

A-D

9 mai 2007
Lakdar a dit :
Ce texte prouve qu’il ne peut y avoir de lobbying musulman en l’état actuel. Le CFCM ne sert à rien. Les associations comme l’UOIF ( courant frères musulmans ), FNMF ( Etat marocain) , Mosquée de Paris ( Etat Algérien) ne représentent qu’eux-mêmes. Les musulmans sont riches d’une diversité et c’est cette diversité qui fait notre force.
9 mai 2007
Mouhamad a dit :

A Kamel75

Bonjour, il est évident que François B face à NS c’est François qui serait actuellement notre président, car tout le vote gauche se serait reporté sur lui, mais le résultat fut autrement alors je ne comprend tjs pas pourquoi les 17 % de François se sont pas portés sur Ségolène dans la perspective de gouverner ensemble ? Mais le non choix de ce dernier a fait que non seulement son nouvel électorat s’est éparpillé mais ses parlementaires aussi ; j’espère que la gauche et le nouveau parti de François fassent une alliance pour les législatives afin d’avoir une majorité au parlement à même de représenter un contre pouvoir face la concentration des principaux pouvoirs se trouvant dans les mêmes mains le Sénat le C Constitutionnel, le CSA, le C supérieur de la Magistrature. Alors Kamel75 il n’est jamais trop tard pour bien faire c’est dans a peine 1 mois les législatives.

9 mai 2007
Ahmad a dit :

salam le passage en question est : Quant au volet intellectuel, il se concrétise par la présence de nombreux musulmans en second et troisième cycle universitaire

salam

9 mai 2007
Ahmad a dit :

salam

cet article comporte,un passage, qui relativise tout le reste, et qui en dit long aujourd’hui, dans la façon dont certains dans l’engagement islamique, considèrent l’intelligence, sa présence, et son potentiel. un passage qui donne pas envie de travailler avec les gens qui participent de cette perception réductrice, élitiste, et bien souvent condescendante de l’apport intellectuel. ces gens qui disent qu’ils faut que tout le mmonde puisse participer, qui vienne nous parler de respect, d’humilité, des conférencier, développe vis à vis ddu domaine intellectuel, un cadre,qui finalement qui délimite bien ceux qui auraient légitimité à intervenir. le constant appel, et occupation du champ de reflexion, a des chercheurs en sciences humaines, journalistes, cadre musulmans(une expression bien drôle),manifeste bien cette alternative, bien conformiste, qui en revanche, comme le dit avec vérité cet article, passe plus son temps à critiquer qu’a proposer,on le voit avec tout les discours sur sarkozy ,ou les politiques en général. Une alternative de salon, on pourrait dire

salam

9 mai 2007
Arabian Panther a dit :

Il faudrait déjà un souffle intellectuel plus grand ...particulièrement pour booster et mobiliser la jeunesse musulmane à créer et innover... Tariq R. et Hassan I. sont peut etre parmi les rares à pousser à cette prise en main et à être largement entendues...

Le lobby musulman, c’est le sommet de la montagne... et nous on est tout en bas...

et quand on demande aux "intellectuels" quoi faire, ils répondent "cherche !"...

Mon propos n’est pas (totalement) démissionnaire, mais faudrait savoir de quoi on a besoin exactement... "apportes tes compétences et tes qualités"... ok, mais à qui ? pour quoi faire ? c’est pas précis du tout... et ça c un véritable défaut...

et investir le champ politik ca c du bluff, parce que bientot y’aura plus de rg qui auront investi la sphère des musulmans, que de musulmans qui auront investi la sphère politik

bon j’exagère un peu...

la Nation d’Islam proposait un programme (certes critiquable), mais proposait un programme... aujourd’hui, très peu nous représentent... et y’a pas de programme, y’a rien... pas de programme, pas d’organisation... je parle sur le plan nationale of course...

 
Oumma Television

 

Institut Français de la finance Islamique

 



 

» Mentions légales » Qui sommes-nous ? » Plan du site » Agenda
» Nous contacter » Revue de presse » Horaires des prières » Coran