Voile intégral : il est interdit d’interdire pour une majorité d’Américains

Alors même que la rigueur s’abat comme un violent orage d’été aux grêlons ravageurs, la société fran

dimanche 11 juillet 2010

Alors même que la rigueur s’abat comme un violent orage d’été aux grêlons ravageurs, la société française assiste, effarée et révoltée, au délitement d’un Etat qui promettait beaucoup, surtout aux plus nantis, et qui est en train de vaciller sous le poids accablant de l’argent sale, d’enveloppes occultes, et de prérogatives monarchiques.

Dans cette atmosphère chaotique, qui lève chaque jour un peu plus un coin du voile sur la vaste nébuleuse du pouvoir, où l’exemplarité est une imposture intellectuelle qui a la rime mélodieuse uniquement dans les discours, il serait presque cocasse, si ce n’était pas affligeant, d’observer que le soupçon d’obscurantisme accolé à tous les voiles a été attisé par un gouvernement aujourd’hui rattrapé par des affaires pour le moins crépusculaires…

Pendant que nous subissions les vociférations des « aboyeurs » de l’UMP, en ordre de marche pour combattre, sans gloire, le long voile paré de toutes les vilénies, une étude d’opinion réalisée par le renommé Pew Research Center, dans le cadre du Pew Global Attitudes Project, a fait ressortir qu’Outre-Atlantique les américains restent sourds aux cris d’orfraie de nos bien-pensants. En effet, pour 65% des personnes interrogées il est interdit d’interdire le voile intégral dans les lieux publics, tandis que seulement 28% y seraient favorables.

S’il est indéniable que l’Europe dans son ensemble est sensible au vibrato du cor de chasse qui sonne l’hallali contre le voile intégral, la France a remporté haut la main la palme peu honorifique de la campagne la plus nauséeuse, tel un phare de la haine plongeant l’Hexagone dans le noir-obscur.

A l’approche du 13 juillet, date à laquelle la représentation nationale se prononcera sur le projet de loi anti-voile intégral dans l’intégralité de l’espace public, et alors que le plus farouche de ses partisans, Jean-François Copé, a saisi en amont le conseil constitutionnel afin d’éviter le retoquage officiel, le camouflet de trop, le modèle laïc américain oppose un contraste saisissant, débarrassé de peurs dont le Vieux continent se repaît inlassablement, comme enchaîné à un cycle perpétuel du pire.

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