Voile Intégral : ces politiques qui crient « Halte au feu ! »

L’avidité gouvernementale de légiférer à tout prix et partout contre le voile intégral a franchi le pal

jeudi 29 avril 2010

L’avidité gouvernementale de légiférer à tout prix et partout contre le voile intégral a franchi le palier de trop pour le Parti Socialiste, qui fait entendre un son de cloche dissonant dans un tintamarre élyséen résonnant encore de la phrase ahurissante prononcée par le Premier ministre, François Fillon, le 21 avril dernier : "On est prêt à prendre des risques juridiques parce que nous pensons que l’enjeu en vaut la chandelle !".

Un goût de l’obstacle pour le moins irréfléchi, qui est la goutte qui fait déborder le vase pour Martine Aubry, la première secrétaire du PS, laquelle est sortie mardi de sa réserve pour prendre clairement position sur le vêtement de la colère instrumentalisée.

Au-dessus de la mêlée interne, qui a fait tanguer la barque rose avec ses deux irréductibles, Manuel Valls et Aurélie Filippetti, farouches partisans d’une loi d’interdiction dans tout l’espace public, Martine Aubry a affirmé que les socialistes seraient favorables à une loi contre le voile intégral, à condition qu’elle reprenne l’avis du Conseil d’Etat, faute de quoi ils proposeront leur propre texte.

Selon la maire de Lille "Le Conseil d’Etat, consulté, a donné un avis qui remplit ces conditions. Que le gouvernement se donne le temps de la concertation au lieu de diviser et d’opposer, et qu’il suive cet avis", a-t-elle déclaré, pendant que son porte-parole Benoît Hamon précisait sur les ondes de RMC : "Nous voteront contre une loi d’interdiction générale du voile intégral parce qu’elle est inapplicable".

Halte au feu ! enjoint, de son côté, Ségolène Royale, pour qui la coupe est pleine depuis longtemps : "C’est trop, beaucoup trop ce tapage électoraliste sur la burqua, ces mises en cause qui stigmatisent toute une communauté sans même régler correctement la question" s’exclame-t-elle.

Un ras-le-bol qui fait écho à une exaspération grondant à droite, notamment de la part du député UMP, le Villepiniste, François Goulard, ancien ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche : "S’il s’agit de faire saliver les électeurs d’extrême-droite et les faire revenir à l’UMP, ce n’est pas conception de ma politique, et je préférerais qu’on traite des vrais sujets", rejoint par son collègue de l’hémicycle, Christian Vanneste, lequel déplorait au micro d’Europe 1 : "On a encore passé 1h ce matin à débattre sur la burqa. Si on voulait faire la preuve de notre incompétence à régler la question, elle est faite."

La stupéfiante apologie du « risque juridique » professée par le gouvernement, qui l’emporte sur le sens des responsabilités, prônant à qui veut l’entendre le contournement de l’obstacle constitutionnel, c’est certainement cela la Sarkozy touch !

Publicité

commentaires