Villiers-le-Bel : quand la balance de la justice penche du côté de la police

Villiers-le-Bel, dans le Val d’Oise, porte encore les stigmates d’un embrasement populaire qui, il y aura

mardi 13 octobre 2009

Villiers-le-Bel, dans le Val d’Oise, porte encore les stigmates d’un embrasement populaire qui, il y aura bientôt deux ans, le 24 novembre 2007, se révoltait contre l’injustice du décès brutal de deux adolescents âgés de 15 et 16 ans, littéralement fauchés par une voiture de police.

A quelques semaines d’une douloureuse commémoration pour les familles de Mouhsin et Larami, arrachés aux leurs à l’aube de leur vie, le réquisitoire de non-lieu pris par la procureure de Pontoise, exonérant de fait les deux policiers de tout manquement professionnel, ne sera pas de nature à dissiper le profond sentiment de défiance envers l’institution judiciaire, véritable bombe à retardement de la paix sociale.

Dans une litanie à charge contre les deux victimes, rendues publiquement responsables de leur propre mort – pas de casque, mini-moto non homologuée, vitesse excessive de 66km/h - la procureure a tranché en donnant l’absolution aux forces de l’ordre.

La collision mortelle de Villiers-le-Bel donne lieu aujourd’hui à une autre collision, celle avec l’arbitraire, qui préfère à la réalité avérée des faits, l’interprétation humaine partiale qui en ressort, bafouant la plus élémentaire déontologie : la recherche de la vérité sans a priori.

En effet, l’expertise diligentée au cours de l’instruction révélait que les deux policiers avaient menti sur la vitesse de leur véhicule qui aurait été de 64 km/h au lieu du réglementaire 50 km/h, roulant de surcroît sans gyrophare, et au final heurtant de plein fouet les jeunes gens, morts sur le coup.

Quand la balance de la justice penche immanquablement du même côté, dérogeant à son devoir de neutralité, c’est l’ensemble de la machine judiciaire qui s’enraye, durablement entachée dans sa légitimité et sa crédibilité.

Un seul recours s’offre alors aux familles des deux jeunes victimes ignorées par l’institution censée réhabiliter leur mémoire : la contestation de ce réquisitoire devant la cours d’appel, en l’occurrence de Versailles.

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