Bien évidemment, l’on aura compris que “réforme coranique” ne signifiait pas réformer le Coran et que “réforme islamique” ne signifiait pas réformer l’islam. Les guillemets, comme la mise en italique, ont ici toute leur importance, cherchant à palier aux obligations et limites de toute expression.
Les deux précédentes réflexions, « Réformer le Coran ?! » et « L’islam est-il parfait ? », fondaient respectivement en raison deux concepts complémentaires : la “réforme” coranique et la “réforme” islamique. La synthèse se pourrait ainsi formuler : « réformer notre lecture du Coran pour réformer notre être par le Coran et réformer notre lecture de l’islam pour réformer notre être par l’islam.
Bien évidemment, l’on aura compris que “réforme coranique” ne signifiait pas réformer le Coran et que “réforme islamique” ne signifiait pas réformer l’islam. Les guillemets, comme la mise en italique, ont ici toute leur importance, cherchant à palier aux obligations et limites de toute expression. Malgré tout, et c’est sans doute leur raison d’être, de tels énoncés et formules soulèvent de nombreuses questions auxquelles il convient d’apporter quelques éclaircissements.
• Pourquoi le musulman doit-il se réformer ?
Nous pouvons retrouver Malek Bennabi en la conclusion de l’analyse de son syllogisme post-almohade : « La vérité peut même devenir néfaste, en tant que facteur sociologique, lorsqu’elle n’inspire plus l’action et la paralyse, lorsqu’elle ne coïncide plus avec les mobiles de la transformation, mais avec les alibis de la stagnation individuelle et sociale. »
Cependant, à bien lire, Bennabi admet que la vérité, ici l’islam, peut conditionner le déclin des musulmans, ce qui n’est pas satisfaisant. Ayant postulé en ses prémisses que l’islam était parfait, il ne pouvait concevoir que l’on doive et l’on puisse le réformer. Ainsi, pour lui, la réforme de l’homme musulman devait donc être menée sans celle de l’islam. Nous l’avons montré, sur la base de ce faux raisonnement syllogistique aucun mouvement réformiste n’a réussi depuis 1000 ans à stopper la dégression des musulmans, même erreur pour mêmes échecs.
Plus pragmatiquement – et cela est particulièrement vrai pour les musulmans vivant en Occident, mais pas uniquement du fait de la mondialisation des valeurs – les musulmans, lorsqu’ils éprouvent des difficultés en le monde où ils vivent, sont en droit de se demander ce qui génère ces points de blocage. Ceci, attendu que l’islam tel qu’ils le conçoivent devrait leur permettre de vivre en tout lieu et tout temps, l’on n’attend pas moins d’une religion universelle et intemporelle. A moins de penser que le monde occidental soit le seul responsable de ces situations d’achoppement, il est légitime que nous nous interrogions quant à la pertinence de certaines de nos pratiques et la persistance de certaines de nos mentalités. Tout clivage nécessite une résolution avant que de provoquer rupture. Dès lors que nous percevons cette problématique, une réforme s’impose, d’autant plus que le croyant ne doit pas attendre que le bien vienne de l’autre, il doit chercher en être le premier vecteur.
• En quoi le musulman doit-il se reformer ?
Le syllogisme de Malek Bennabi dénonçait la boucle de la perfection : « L’islam est parfait, je suis musulman, donc je suis parfait ». Contrairement au présupposé de Bennabi, à partir d’une critique rationnelle de ce sophisme et d’une analyse historique objective, nous avons mis en évidence la perfectibilité de l’islam. Tout aussi logiquement, du fait de l’inadaptation de l’islam historique, la réforme de l’homme musulman, dès lors que l’on voudrait l’accomplir sans celle de l’islam, ne pourrait se réaliser que sans l’islam. Il s’agit alors d’un processus de sécularisation, et ce n’est point notre propos.
Nous avons démontré que ce n’était point l’islam en tant que vérité, c’est-à-dire le Message révélé, qui fut cause et facteur de l’arrêt civilisationnel, mais l’islam historique en tant que construction relative et perfectible qui, à un moment donné, devint par fixisme un frein à l’évolution et au développement. L’inadéquation de l’islam historique était déjà patente il y a dix siècles, il n’y a guère à douter qu’elle le soit de nos jours. Du fait que nos propres mentalités sont issues de cet islam historique, dont nous sommes les héritiers conscients comme inconscients, réformer l’un permet de réformer les autres et inversement. La reconnaissance et la connaissance de cette boucle de l’imperfection sont un élément essentiel à l’idée de “réforme” islamique.
Conséquemment, l’homme musulman devra mener conjointement la réforme de son être et la “réforme” islamique, car le seul retour à une entité nommée indistinctement « islam » ne parviendra pas à triompher de nos mentalités et, conséquemment, du présent.
• Faut-il réformer l’islam ?
Il est essentiel de distinguer entre “réformer” l’islam et réaliser la “réforme” islamique. Bien que l’on ne sache pas ce que recouvre précisément l’expression, la première proposition indiquerait implicitement que l’on veuille unilatéralement réformer l’islam en tant que religion. L’islam que nous connaissons est un tout, et le réformer sous-entendrait qu’il faille changer ce que l’islam est. Une telle réforme aboutirait à formuler un autre islam et, alors, comme il en fut par exemple de la réforme protestante, ceci ne pourrait qu’engendrer une scission au sein des musulmans. Un islam réformé serait obligatoirement cause de division. Les critères d’une réforme de l’islam seraient nécessairement arbitraires, puisque dépendant des événements et du temps, et ce processus non maitrisé pourrait par cascade inductive mener à la sortie du fait religieux islam. Nous avons déjà signalé que réformer l’islam pouvait au mieux conduire à la sécularisation, elle serait ici précipitée et déstructurante.
• Qu’est-ce que la “réforme islamique” ?
La “réforme islamique” repose sur un principe différent, elle admet comme postulat que l’islam historique doit être conservé en tant qu’entité globale. La “réforme islamique” s’opère donc à l’intérieur de l’islam en veillant à ne pas déconstruire ou déstructurer. Elle vise à rendre l’islam historique compatible aux musulmans actuels et non plus à ce que les musulmans deviennent compatibles avec cet islam comme nous le proposent les mouvements dits réformateurs, quels qu’ils soient au demeurant. La “réforme islamique” ne doit ni diviser ni provoquer de scission, elle est une réforme de l’intérieur. A chaque pas, elle doit veiller par la qualité et la rationalité de ses arguments, de ses démonstrations, à ce que l’ensemble de la Communauté puisse rester cohérent. La “réforme islamique” mène ainsi ses réflexions en fonction de processus connus et admis de tous les musulmans, principalement la méthodologie classique d’élaboration islamique des différents types de pensée et de production. La “réforme islamique” n’est donc pas un « Je pense que » ou un « Il n’y a qu’à », ce n’est pas un discours politique.
En son aspect essentiel, c’est-à-dire appliqué, la “réforme islamique” est de modifier notre rapport à l’islam comme la “réforme coranique” est de réformer notre rapport au Coran. S’agissant du Coran, le sujet est clairement délimité, son contenu est indiscutablement définitif, et seules les lectures qui en sont faites peuvent être discutées ainsi que la méthodologie de lecture à mettre en œuvre, non plus pour le relire, mais pour le lire vraiment. Par contre, s’agissant de la “réforme islamique”, l’objet, l’islam, dont les contours admis sont connus, est de contenu plus vaste, mais aussi plus diffus.
Cet islam historique appartient de principe au temps et, ce faisant, a en son giron accumulé des notions disparates. Nous savons tous que l’islam est composite et comporte une part coranique, une part prophétique, une part provenant des hommes. La réforme intérieure islamique sera donc de distinguer entre ces divers constituants et éléments. Chercher à établir chaque fois que nécessaire ce qui relève de l’intangible et du contingent, de l’absolu et du relatif, du fondamental et de l’accessoire, de l’intemporel et du temporel, de l’accepté et de l’inacceptable, du toléré et de l’intolérable, du sûr et du probable, du vrai et du faux, du constant et du modulable, du principal et du secondaire.
Point capital, la “réforme islamique” ne propose à aucun moment que tel ou tel point de « réforme » soit entériné ou adopté. Du reste, en islam, il n’existe pas réellement d’instance à même de réaliser des validations s’imposant à la Communauté des musulmans. Mais, cette “réforme ” doit offrir aux musulmans eux-mêmes les moyens de réfléchir sur tel ou tel point et de se déterminer en leur âme et conscience de manière éclairée et rationnelle. La “réforme islamique” n’est ni productrice de fatwas ni donneuse de leçons, elle ne tend qu’à la réforme de l’homme musulman par lui-même, pour reprendre la si belle expression de Bennabi.
• Quelle méthodologie pour la “réforme islamique” ?
L’islam est forme et fond. Le fond est par nous considéré comme révélé dans le Coran. La forme, elle, a une origine tripartite : le Coran, la Sunna, les traditions ; le tout ayant été lié par l’effort conceptuel et rédactionnel des ulémas des quatre premiers siècles. Il s’agit bien d’un islam historique, l’islam constitutif de notre religion n’est pas en soi révélé, mais est le fruit d’une élaboration complexe et séculaire. Le premier axe de “réforme islamique” est donc le nécessaire tri en ces données sources de valeurs diverses et inégales. Les outils traditionnels de repérages et d’authentification sont connus, ils peuvent être optimisés en les couplant avec ceux de l’analyse critique moderne.
De chacune des trois sources de l’islam, quoique différemment, l’on se doit d’envisager la pertinence. La réforme islamique propose une comparaison systématique de méthodes et de résultats : pour le Coran, exégèse traditionnellement admise versus analyse littérale ; pour la Sunna, valeur technique de la transmission versus analyse de texte et test de conformité aux énoncés coraniques essentiels ; pour la tradition, suivisme culturel versus usage éclairé.
Autre axe méthodologique essentiel : réexaminer le champ d’application de l’islam historique. En effet, de par le concept fourre-tout de sharia, les limites catégorielles s’estompent et sont mis sur un même plan d’égalité les volets relevant de cultuel, du statut personnel, du juridique, du culturel, etc. Il est indispensable de sectoriser l’ensemble de ces textes et propos afin que l’art des ablutions et le statut de l’apostat ne soient pas considérés à l’identique et confondus en importance, valeur, et signifiance.
Par cet immense chantier d’analyse des sources, la “réforme islamique” vise ainsi à réduire la part des variables pour resserrer et recentrer l’islam sur son noyau originel, l’invariant. Ce faisant, cette démarche permet une grande adaptabilité aux temps sans pour autant sacrifier les musulmans, et encore moins l’islam, à l’autel de la modernitude.
• Quel référentiel pour la “réforme islamique” ?
Le référentiel absolu en islam est le Coran, cela ne signifie qu’il ait été celui de l’islam ou le soit encore, mais implique qu’il le soit pour la “réforme islamique”. Non seulement chaque musulman peut, mais doit prendre le Coran comme référentiel ; le révélé est le fond comme le ferment de qui nous unit à Dieu c’est-à-dire l’Islam, cette fois avec une majuscule. Concrètement, le Coran est à la fois cadre éthique et cadre technique, rien ne peut s’admettre ou s’imposer qui ne soit en concordance avec ces deux domaines. Le Coran est ainsi le critère à l’aune duquel tout point de l’islam historique peut être mesuré lors des processus d’analyse ci-dessus exposés. D’où, dans la démarche globale de “réforme islamique”, est priorité à établir une lecture du Coran qui ne dépende pas des faisceaux de sens que l’islam historique projette rétrospectivement sur le texte coranique.
Ceci relève de notre point de vue d’une méthode d’analyse littérale, outil d’organisation rationnelle de lecture ouvrant la voie d’accès au sens coranique en court-circuitant la mise sous tutelle du Coran, le Coran par le Coran. Ainsi, éclairer l’islam par le Coran et non pas le Coran pas l’islam. Seul, cet étalon textuel constituera une grille de lecture critique de l’ensemble des éléments constitutifs organisés et hiérarchisés comme nous l’avons précédemment exposé. Une étude comparée de compatibilité permettra alors de tracer une ligne de démarcation entre l’Islam et l’islam.
• L’Islam vrai existe-t-il ?
Cet Islam que nous prenons toujours soin de majusculer ne serait-il pas comme un saint Graal qu’il nous faudrait quêter. Si, à l’évidence, l’Islam est le Message révélé dans le Coran, la “réforme islamique” ne postule en aucune manière que nous devions remplacer le modèle d’islam historique par l’Islam coranique. En effet, l’histoire des religions laisse apparaître un hiatus parfois important entre une Révélation donnée et le système religieux qui en a découlé et, pas plus qu’il n’existe de religion conforme à la Révélation, il n’existe de religion révélée. La Révélation et son Message ne sont que l’impulsion de la dynamique de synthèse des religions, l’apport d’énergie exogène nécessaire à la réaction, pour reprendre une terminologie propre à la thermodynamique de l’Histoire. Nous touchons là, et nous en sommes fort conscient, un point d’achoppement majeur en la croyance simplifiée des musulmans à qui une conception millénaire a su faire admettre que l’islam qu’ils suivaient était identique à l’Islam révélé…
Ceci étant, en ce qui concerne la “réforme islamique”, il serait incorrect et surtout vain de prétendre par ce mouvement de recherche revenir à l’Islam coranique, ou à l’Islam vrai, ou à l’Islam pur. Il s’agit là d’une fiction, de nature toxique, car toute religion est un moyen terme historique, la fille d’une rencontre entre le Ciel et la Terre. Ainsi, toute tentative de ce type aboutirait à terme à la mise au monde d’un autre islam historique et serait donc aussi déconstructive que la prétention à réformer l’islam. Qui combat par l’épée périra par l’épée, l’on ne chasse une orthodoxie que par une autre. L’existence en la longue et tumultueuse histoire de l’islam de centaines de mouvements, comme autant de variantes possibles supposées, et dont le principal restant est le shiisme, montre que d’autres « systèmes religion » purent être envisagés à partir d’une même et unique Révélation, la Révélation coranique.
L’Islam vrai, plus encore qu’une utopie, est une illusion. La “reforme islamique” impose de conserver l’islam historique en tant que référent, structure essentielle, comme elle impose d’en étudier le contenu rationnellement selon les process d’une analyse critique et sans dogmatisme aucun. En définitive, il s’agit d’exercer la raison en un domaine qui, en réalité, ne relève de la foi que pour une part déterminée.
Ainsi, l’islam, ou islam historique, demeure le référentiel de la “réforme islamique”, et le Coran, porteur du Message ou Islam, est à son tour le référentiel permettant de mener la réforme du premier par le second sans qu’il soit pour autant possible comme souhaitable de réduire notre islam à cet Islam.
• La “réforme islamique” est-elle coraniste ?
L’on aura compris de ce qui précède qu’il ne s’agissait nullement de souhaiter passer de l’islam historique à un Islam théorique. Attendu que l’Islam ne se trouve avec certitude que dans les strictes définitions délivrées par la Révélation, le Coran, plusieurs mouvements réformistes ont commis l’erreur méthodologique de prôner le seul retour à cet Islam, ils ont été qualifiés de manière assez inappropriée de coranistes. Pas plus que la totalité de l’islam ne découle du Coran, pas plus le Coran ne saurait suffire à construire une « religion Islam ». Nous l’avons montré, d’une part, une religion nécessite un processus d’élaboration historique à partir d’une Révélation donnée et, d’autre part, le contenu du Coran n’est en rien suffisant à constituer une religion.
En prétendant revenir à l’Islam originel seulement défini par le Coran, ces sectateurs ne peuvent échapper à l’arbitraire de certains de leur choix ou non-choix et s’imaginer pratiquer un « Islam coranique » est s’installer peu ou prou dans la virtualité. Le Coran n’est en aucune manière l’expression de la vraie « religion révélée » par Dieu qui se nommerait Islam, il n’y a pas de religion coranique. L’on ne doit pas confondre le Message Islam relevant pour l’essentiel de l’ordre du credo et de l’éthique, et une « religion Islam » qui consisterait à n’appliquer que les éléments cultuels indiqués dans le Coran.
Répétons-le, quand bien même le Coran doit être le premier et le principal référent de la “réforme islamique”, celle-ci s’exerce pour autant à l’intérieur de l’islam historique en cherchant à trier et hiérarchiser la masse de ses données constituantes sans avoir pour objectif de parvenir ou revenir à une autre religion islam. En cela, elle diffère radicalement de la voie desdits coranistes.
• Que sont les acteurs de la réforme ?
En ces temps agités, l’interpellation actuelle est une opportunité à saisir, remettre en question nos trop vieilles certitudes, nos encore plus usées habitudes, nos mentalités. Or, tout discours de « réforme » a été jusqu’à présent le fait et le mot d’ordre de « réformateurs » sans que l’on sache toujours précisément ce que ces deux termes recouvrent. Nous distinguons :
Les réformateurs. Deux catégories : les réformateurs moraux et les réformateurs techniques. Les premiers considèrent à l’instar de Bennabi – nous avons largement discuté de l’inexactitude théorique de ce raisonnement – que l’islam étant parfait il s’agit uniquement de réformer les musulmans. Ce sont les penseurs socio-moralistes et/ou politiques. Les seconds, pour qui l’islam est tout aussi parfait, envisagent d’adapter cet islam qui, de par sa perfection, possède en lui-même les outils et les données pratiques permettant son intégration aux mondes actuels. Ce sont les canonistes, les muftis. Les deux coopèrent, puisque le musulman que l’on désire ainsi reformer ne peut fonctionner sans cet islam adapté.
Les fondamentalistes. Pour eux, l’islam est plus que parfait et ils prétendent que par un retour à une stricte observance littéraliste figée le musulman accomplira sa réforme. Ce faisant, ce retour en arrière le découple de la réalité, ne pouvant changer le monde il change de monde. Nous avons parlé du dernier avatar de ce pseudo néosalafisme conservateur et des affinités non paradoxales qu’il présente avec les réformateurs. De fait, le discours des réformateurs ne s’appliquant qu’envers les musulmans au nom d’un islam imperfectible, il est cohérent qu’une telle démarche aboutisse aux fondamentalismes.
Les sécularistes. Ils militent pour la sécularisation intensive afin que l’islam ne concerne plus que la stricte sphère privée. Cela sous-entendrait que l’espace public, dit laïque, soit areligieux ou le lieu d’expression d’un dogmatisme laïciste. De plus, en ce discours, il n’est jamais spécifié quelle part d’islam l’on nous proposerait d’ainsi vivre sous séquestre.
Les négationnistes. Ils représentent une frange extrémiste voulant dissoudre l’islam et l’islamité dans l’acide fort d’une hyper-laïcité européenne. La haine et la bêtise comme constituant identitaires.
Les transformistes. Ils souhaitent redéfinir l’islam en fonction de critères externes, généralement en fonction de deux fictions sélectives : les Droits de l’homme et les Lumières, en quelque sorte une mise aux normes européennes de l’islam.
Ainsi, aucune de ces catégories d’acteurs n’agit réellement dans le cadre de la “réforme islamique” telle que nous l’avons à présent définie. Il convient toutefois de parvenir à spécifier, c’est-à-dire nommer, le musulman qui participe à ce mouvement et, à cette fin, tout à fait conscient de la limitation que la sémantique nous impose, nous retiendrons sélectivement le seul terme encore disponible en langue française : réformistes. Cet adjectif, calque de l’anglais, qualifie ceux qui œuvrent dans le respect à l’intérieur d’un système afin de l’améliorer pour plus de justice. S’agissant de la “réforme islamique”, il faudrait donc pour être exact et rigoureux employer la locution « réformistes islamiques ».
Au final, à bien l’entendre et le comprendre, ni coraniste ni réformateur, mais “réformiste”.
• Qui sont les “réformistes islamiques” ?
1400 ans de dialectique ne se défont pas, ils se négocient, c’est mener la “réforme islamique” sans réformer l’islam ou le déconstruire. Quelle folie serait-ce que de vouloir prétendre changer l’islam d’un coup de baguette exégétique ! Cela changerait-il les musulmans par la même occasion ?! Parce qu’elle postule que les musulmans comme l’islam sont amendables, la “réforme islamique” implique de tous une participation interactive. Par un travail sur soi-même réformer son être, ses mentalités, et exercer de ce fait une réflexion positive sur l’islam au sein de l’islam lui-même. La “réforme islamique” a pour principe premier de créer un flux d’échange permanent entre les musulmans et leur islam, l’islam. Se produit ainsi une homéostasie, un équilibre : l’islam est le vecteur comme le support de la “réforme islamique” et la “réforme islamique” est l’inducteur des rectifications nécessaires aux musulmans.
En ce contexte, aucune élite n’est en capacité d’agir au nom des autres, nous devons tous être des “réformistes islamiques”. Ce n’est donc pas l’apanage de quelques savants, mais bien la somme des énergies et de la foi de tous les chercheurs, c’est-à-dire de tout homme et femme de bien en quête d’équilibre, de respect et de bel-agir, la somme et la synthèse des efforts de pensée et de réforme des mentalités, réforme des êtres, qui feront la “réforme islamique”.
Enfin, subtilement, la “réforme islamique” ne devrait jamais aboutir, ce serait ne pas en avoir saisi ni l’essence ni le sens, car elle est par définition aussi vivante que l’islam qu’elle revivifie et elle ne devrait cesser avant que ne cesse le temps, la mort est cessation du mouvement.
• Vers la “réforme islamique” ?
Il n’y aura donc pas de réforme possible de l’homme musulman et de la femme musulmane sans “réforme islamique”, comme il n’y aura pas de “réforme islamique” sans “réforme coranique”, et ces deux agents ne seraient fonctionner sans l’énergie de la réforme de l’être. Cette étroite intercompréhension et interpénétration est la clef de la réussite, l’espoir d’un monde renouvelé de foi et de lumière.
Commentaires
salam, exceptionnel
Citer deux phrases de Bennabi sorties de leur contexte ne me permet pas de saisir qu’il admettrait "que la vérité, ici l’islam, peut conditionner le déclin des musulmans"... Vous auriez évoquez "la colonisabilité" j’y aurais été plus sensible...
J’avoue que j’ai toujours du mal à aller au-delà de 2-3 paragraphes, du mal à vous lire Dr al Ajami, bien que j’y met de la bonne volonté.
Je conseillerais de lire :
Ibn Khaldoun, Discours sur l’Histoire universelle, al-Muqaddima, Paris, Sindbad 1997 ;
Aussi : "Malheur aux vaincus" : note pour une lecture politique d’Ibn Khaldoun par Youssef Girard, datée d’avril 2010 mais dont je n’ai plus les références...
Salam
L’islam est incapable de se réformer.
Si, à notre époque, il est de plus en plus question des fondamentalistes et de leur influence (sans parler du terrorisme), il faut y voir les symptômes éloquents d’une religion qui, devenue fébrile, se sent maintenant vraiment malade. Incapable de s’adapter à une modernité devenue aussi pressante qu’incontournable, l’islam est en état de morbidité. Il a peur de disparaître. C’en est émouvant de l’entendre crier sans relâche à l’agression, à l’"islamophobie", on dirait un signal automatique de détresse. Parce qu’en plus de cette peur de disparaître, il craint aussi ces sanctions indignes que l’époque a fait subir aux autres religions, particulièrement au christianisme. Il voudrait bien sûr la restauration d’un soutien suffisant des Etats pour affronter plus sereinement les rires et les sarcasmes de la part de millions d’athées qui se fichent de ses traditions désuètes, de cette notion périmée que représente la vie éternelle avec enfer ou paradis. Dieu est mort, comme disait Nietzsche, on n’y revient pas. L’ascenseur qui mène là-haut est HS.
L’islam doit donc se contenter d’aménager pour ses fidèles un rez-de-chaussée confortable, pourvu de toutes les commodités. Et c’est déjà pas mal : il y a du boulot.
Après tout, en parlant des fondamentalistes, si certains veulent s’épuiser en montant quatre à quatre l’escalier de service pour se libérer du doute - c’est long et sur terre on a parfois autre chose à faire, ça les regarde.
Il n y a pas d’autres savants dans le monde musulman pour nous servir les mêmes plats de ce cuisinier qui nous saucisse l’Islam avec sa sauce personnelle indigeste ?
Je ne peux qu’être choqué par les réactions septiques ou critiques des Oummanautes, excepté Drunlo, qui naturellement à le droit, dans le respect, de dire ce qu’il pense de cette religion.
le Dr Al Ajami a un mérite immense, celui de trouver un chemin dans une sclérose multi-séculaire de l’Islam historique. Là où il se "cassera les dents" c’est dans l’absence en "face" d’un système qui puisse mettre en oeuvre ces "réformes". La plus importante selon moi, étant celle des mentalités ! (mentalité dans la pratique spirituelle, dans la citoynneté, l’identité...)
Slm
Mes messages précédents ayant été censurés au sujet des fonctions officielles des professeurs Mohammedou et Ramadan (alors qu’ils n’avaient rien de discourtois et exprimaient des faits et non une opinion), j’espère que ce message ne le sera pas.
Je partage pour l’essentiel le diagnostic de Drunlo, ce constat est critique et lucide. Il n’y a qu’à voir ce que le Wahabisme a permis comme marchandisation, matérialisme et consumérisme à la Mecque avec la construction de centres commerciaux, d’hotels de luxe et la tour horlogère qui est un culte à l’or au-dessus du culte à Dieu.
Face à un diagnostic extremement critique que semble admettre Dr Al Ajami, l’espoir est de proposer des moyens de s’en sortir et de ne pas couler dans le nihilisme que l’islam sunnite contemporain nous somme d’emprunter via le salafisme en général et le wahabisme en particulier.
Ajoutons à ce constat l’importance croissante des clercs religieux tels que Al Qardawi qui est peut-etre encore le plus ouvert parmi cette classe de clercs au service des pétromonarchies. Faut-il rappeler que l’islam à l’origine fut révolutionnaire en ce sens qu’il n’admettait pas d’intermédiaire en Dieu et le fidèle ? Regardons en face la situation aujourd’hui, une Eglise s’est installée dans le monde sunnite, rien ne se fait sans l’aval ou la légitimité des autorités d’Al Azhar, de la Mecque ou de ces "consultants" tels que Al Qaradawi dont le professeur Ramadan considère qu’il est la personne la plus engagée dans ce qu’il appelle la "Réforme radicale" ! C’est dire la force du conservatisme, et tout le chemin qui reste à parcourir.
Dr Al Ajami est porteur d’un nouveau regard et d’un discours qui peut contribuer à du discernement. Il faut espérer seulement qu’il fasse montre de courage et qu’il aille au bout de son chemin de pensée, quitte à prendre des risque, à ne pas chercher le consensus, et à s’aliéner l’aval du plus grand nombre. C’est au prix du danger que le Salut peut-être entr’aperçu.
"L’islam a commencé étranger et finira comme il a commencé, étranger. Bienvenu les Etrangers"
Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,
Dr Al ’Ajamî,
Je suis une musulmane lambda avec un niveau intellectuel de Bac+3 (c’est juste un peu au-dessus de la moyenne), et je me posais la question suivante : pour qui est écrit votre texte ? Je n’ai pas tout compris, même si intuitivement je sens que que le réformisme dont il est question serait plutôt positif pour la oumma.
Vous serait-il possible de simplifier votre message et les concepts philosophiques y contenus afin que la oumma dans sa grande majorité puisse le comprendre ?
Je crois qu’il aurait été intéressant et plus parlant de nous donner quelques exemples concrets de réformes islamiques apparus dans l’histoire des peuples musulmans et d’en décortiquer les mécanismes. Mais peut-être que ceci est prévu dans d’autres articles à venir ?
Ou peut-être devrais-je, pour trouver réponses, me replonger dans la lecture aux souvenirs trop lointains de "La réforme radicale" de Tariq Ramadan ?
Je vous remercie de l’intérêt que vous porterez à ce post si vous le lisez.
Mes respect, Dr Al ’Ajamî.
D’abord faire une distinction tres nette entre islam et musulmans. Il faut préciser les concepts, islam et musulmans, qui ne se recouvrent pas forcément.
l’agir d’un musulman ou d’un groupe de musulmans, lorsqu’il contredit le Coran, n’engage ni l’islam ni Dieu( Allah). Allah ne s’incarne en personne.
Il nous faut revenir à la parole d’Allah qui seule oblige. Abandonner la salafolâtrie, le culte du Salaf, dé-sanctifier le Salaf
Je rejoins Safiya et Justine pour déplorer , avec tout le respect que je dois à votre érudition Dr Al ’Ajami, la complexité de votre discours.
Nicolas Boileau disait :
Ce qui ce conçoit bien s’énonce clairement , et les mots pour le dire viennent aisément ...
La Oumma aurait tout avantage à percevoir un discours clair, simple et pédagogique.
Respectueusement votre,
Abdelghani
@ l’anonyme,
- hormis votre jugement sur le bon Docteur Al-Adjami, que nous proposez-vous comme autre alternative ?
Cher Dr.,
J’ai lu votre article avant d’aller chez le dentiste. J’ai continué après et bien, j’ai eu du mal à comprendre. Mes dents ne m’ont guère aidée...
La progression des sous-titres indique certes un souci pédagogique : vers la réforme islamique mais le contenu des paragraphes est d’une autre mouture.
C’est peut-être le renouveau de l’islam qui est désirable. Shariati préfère ce terme à celui de réforme. Il est un théologien de la libération.
Comme pour vous une lecture attentive du Coran est capable de révolutionner une personnalité voire même une religion.
L’islam est en question, une religion qui n’est pas parfaite mais qui rassemble des femmes et des hommes perfectibles et amoureux de la perfection. Son renouveau n’est-il pas à prévoir et tel pourrait être à cette occasion l’idéal d’un islamisme décomplexé ?
Il y a tant de choses à réformer dans notre rapport au monde alors que nous avons la meilleure, la plus stable et la plus sûre base possible : l’Islam. C’est notre déclin intellectuel qui a permis le colonialisme, pas le contraire.
Pour retrouver notre grandeur, nous avons besoin de savants comme vous qui osent donner un coup de pied dans la vase des gardiens du temple et des vendeurs de haine. Vous serez attaqués, ces gens-là ont peur pour leur monopole du "savoir". C’est leur business après tout. Il y en a de beaux spécimens sur ce site. Ils préfèrent d’ailleurs un non-musulman hostile à un frère qui ose contredire leurs "vérités".
Je ne peux pas me prononcer sur le fond de ces questions car mes connaissances sont trop modestes. Mais je sais que ce ne sont pas les imams sclérosés qui nous feront revenir à l’Age d’Or. Ils sont trop occupé à disserter sur la longueur de la barbe.
Il y a tant de choses à réformer dans notre comportement alors que nous avons la meilleure, la plus stable et la plus sûre base possible : l’Islam. C’est notre déclin intellectuel qui a entrainé notre chute et permis le colonialisme, pas le contraire.
Pour retrouver notre grandeur, nous avons besoin de savants comme vous qui osent donner un coup de pied dans la vase des gardiens du temple et des vendeurs de haine. Vous serez attaqué, ces gens-là ont peur pour leur monopole. C’est leur business après tout. Il y en a d’ailleurs de beaux spécimens sur ce site. Ils préfèrent un non-musulman hostile car il les conforte dans leurs visions qu’un frère qui ose contredire leurs "vérités". Pauvres esprits.
Je ne peux pas me prononcer sur vos idées ; mes connaissances sont trop humbles. Je sais par contre que ce ne sont pas les imams sclérosés et les agitateurs pleurnichards qui nous ramèneront à l’Age d’Or. Ceux-là continueront à nous enfoncer.
Courage.
Cher Dr Ajami,
Je suis sûr que voulez communiquer un message important à vos lecteurs. Mais, je suis d’accord avec Justine quand elle exprime le souhait que vous vous exprimiez plus simplement, car elle, un bac+3, a du mal à vous suivre ou même à rester concentrée sur votre texte.
Elle a tout à fait raison. Comme l’a dit un autre lecteur, citant Boileau, "ce qui se conçoit bien s’énonce clairement...".
Je suis, moi aussi, bac + quelque chose (je ne sais plus quoi ni combien) et j’ai bien roulé ma bosse dans les lectures de tous genres, y compris l’islam, et j’ai beaucoup de mal à suivre vos idées.
Alors, faites un effort. Elaguez tout ce que vous pouvez, tous ces mots que seuls quelques personnes comprennent, ces concepts tellement obscurs qu’on s’y perd, ces propositions tellement nuancées qu’on perd le fond de l’idée.
Dites-vous bien que vos lecteurs ont bien d’autres préoccupations, d’autres soucis, que de consacrer toute leur énergie à essayer de comprendre ce que vous voulez leur dire.
Alors, simplifiez, simplifiez, simplifiez, il restera toujours quelque chose de vos idées, et c’est cela que le lecteur peut (et doit) retenir. Tout le reste est sans importance.
Salam,
Les musulmans se retrouvent en déclin aujourd’hui à tous domaines ( politique, sciences et technologies, éducation et social, militaire, économie).
Ce déclin n’est pas dû à l’islam (C’est une certitude) , A mon avis, c’est à cause , d’une part, des mauvaises compréhensions et des mauvaises pratiques de l’Islam ( pratiques purements religieux ou organisation économique, politique de la oumma), et, d’autre part, aux différentes actions lancées par les ennemis des musulmans (par ex : démantèlement de la Khalifat et donc de la oumma).
ATTENTION AUX INNOVATEURS !!!, IL FAUT REVENIR A LA SOUNNA !!!!, c’est comme çà que les musulmans ont séduit les peuples à une époque.
Allah est le plus savant.
Je suis en phase avec Yasmina et pas du tout avec drunlo.
@tariq et justine
j hallucine comme dise les jeunes ,j ai bac+3, et tariq bac + je c est pas combien ,c est sur que vous sortez pas de MIT ou OXFORD pauvre de vous inculte jusquau bout ,ouech si va ma soeur ca av bien et toi riqta en verland ; ca av .....pauvre musulmans...
Salam Dr,
J’ai décidé de me jeter à l’eau et j’avoue qu’avec beaucoup de perseverence, je suis enfin arrivé au bout de ce texte pour lequel je conclurai en vous disant simplement : RESPECT !! Lorsqu’on s’y plonge, les premiers "Crawl" sont un peu difficiles, mais on adopte assez rapidement une brasse agréable.. Je ne dirai pas qu’on nage dans le bonheur mais on ressort trempé comme il se doit ..Bref, je retiendrai de ce texte une de vos formules qui résume pour ma part, la compréhension que j’en ai eu…. "..ainsi, éclairer l’islam par le Coran et non pas le Coran pas l’islam. " Merci encore pour votre apport inestimable à notre compréhension de notre islam ( petit i ) Quoiqu’il en soit, vous le savez, le temps est juge, il validera ou effacera !
Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,
Hugo,
Et notre bien-aimé Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui ) était illéttré, et pourtant, il est le meilleur des serviteurs de Dieu.
Je ne doute donc pas que tu sois meilleur que nous.
Va en paix.
Wa salâm
Bonsoir à tous,
Je remercie l’auteur de l’article, même si, en effet, le texte reste trop abstrait et peu pédagogique.
J’aimerais bien que le Dr Al ajami, nous éclaire d’une part :
- ce qu’il pense de la réforme de l’education et de la mise en application des vraies valeurs de l’Islam dans le comportement sociétal aujourd’hui. (intégrité ; fidelité ; solidarité ; sincérité ; amour, tolérance ; et paix).
Merci d’avance. salam
il ne faut pas réformer l’islam, il faut le révolutionner car l’essence de l’islam c’est le refus absolu et permanent de la stagnation et de l’ordre établi, et sa remise en cause permanente, ce qui a commencé en fait avec Ibrahim et s’est continué jusqu’à nos jours. La révolte contre la tradition héritée des ancêtres sans réfléchir, voilà le fil conducteur du monothéisme. L’islam est dynamique, par principe, il est progressiste, l’islam ne peut être immobiliste, statique, contrairement à ce que les partisans du fixisme voudraient nous imposer et imposent par la répression et la régression. L’islam veut que nous allions apprendre "jusqu’en Chine", que nous lisions et que nous soyons de plus en plus miséricordieux pour une société de plus en plus juste. Il pose des conditions extrêmes pour l’application de chaque châtimentet, toujours, il préfère la miséricorde à l’application du châtiment. il y a là des signes pour ceux qui réfléchissent. Etre musulman, c’est avant tout lire le livre de la vie et de la science et se soumettre à toutes les règles de la science.
hugo a dit :
@tariq et justine j hallucine comme dise les jeunes ,j ai bac+3, et tariq bac + je c est pas combien ,c est sur que vous sortez pas de MIT ou OXFORD pauvre de vous inculte jusquau bout ,ouech si va ma soeur ca av bien et toi riqta en verland ; ca av .....pauvre musulmans...
cher Hugo,
Je suis époustouflé que vous ayiez deviné juste : je ne sors ni de MIT ni d’OXFORD. Je dois dire que l’idée ne m’est jamais venue d’y rentrer, alors comment aurais-je pu en sortir ?
Par contre, j’ai visité MIT une fois, ainsi que Harvard (et Princeton, où j’ai résidé une semaine), et j’avoue que j’aurais bien aimé passer quelques années à étudier dans une université pareille, dans un environnement aussi agréable.
Mais, la vie en a décidé autrement. J’ai fait mes études dans 5 lycées situés dans 5 villes différentes, et j’ai fait mes études supérieures dans 5 universités également, situées sur 3 continents. C’est pour ça que je peux honnêtement dire que j’ai roulé ma bosse.
Mes études n’ont pas été trop mauvaises, puisque j’ai obtenu plusieurs diplômes (certificat d’études primaires en arabe et en français, Brevet d’études du premier cyle, baccalauréat en 2 parties, licence, master, certificat d’aptitude en anglais...). J’ai aussi lu plusieurs centaines de romans en français et en anglais, une centaine de livres en arabe, une cinquantaine de romans en espagnol (dont les oeuvres quasi complètes de Palacio Valdès, dans l’équivalent espagnol de la Pléïade). J’ai aussi appris assez de russe pour me débrouiller. Dans ma famille, on ne plaisantait pas avec les langues.
Malheureusement, avec le temps, ce désir passionné d’apprendre de nouvelles langues m’a quitté, ce qui fait que je ne comprends ni le verlan, ni le langage SMS. J’ai donc besoin d’un traducteur pour votre phrase : "pauvre de vous inculte jusquau bout ,ouech si va ma soeur ca av bien et toi riqta en verland ; ca av .....pauvre musulmans..." J’ai essayé le traducteur de google, mais il ne connaît pas cette langue non plus.
Bien à vous.
A Justine et j’en passe, trop fort l’argument : "Le prophète était illettré" donc soyons le tous !!!! Docteur rendez vos diplômes et faites comme les bons musulmans dont l’inculture semble le critère prophétique de référence : allez tenir les murs de l’ANPE ou les piliers de la mosquée, ou le frigo pourave de votre cuisine. Franchement c la zermi comme dirait riqta...
Visiblement les musulmans ne sont pas habitués au propos de haut niveau et demandent du consommable ils préfèrent sans doute la shorba déshydratée et le halel plastifié que leur servent pour pas cher nos cheykh cuisinier... Honnêtement docteur pourquoi, ou pour qui, donc vous décarcassez vous comme disait le grand professeur Ducros. A purée le cévé, je meurs.
Le qualificatif" illettré" au sujet du Prophète. "illettré" traduction de "oummi". En arabe "oummi" est quelquefois opposé à "kitabi" Il y a deux sens possible :
1/ Celui compris par la majorité ( ne sait pas lire)
2/ ce dis d’une personne qui n’appartient pas à une communauté de Livres Révélés. Son savoir vient de sa"tête". Dans la cas du Prophète, cela signifie que son savoir ne vient pas de lectures de Livres saints comme la Bible. Qu’il n’a pas appris son savoir par l’apprentissage de la Thora ou des Évangiles.
c’est mon avis et Allahou Aalem
je suis d’accord avec ceux qui critiquent la forme du discours du D. Al Ajami bien que j’approuve le fond du sujet. . Texte trop long, abscons quelquefois. L’auteur à interet à élaguer et simplifier et proposer des exemples et clarifier les concepts.
Par exemple Sounna, le respect de la tradition du Prophète . de quoi s’agit il ?
Dans le Coran , ce mot est le plus souvent employé en un sens péjoratif : il désigne les coutumes préislamiques avec lesquelles le Corant appelle à rompre.
Il est remarquable que ce mot même de sunna, qui apparait 11 fois dans le Coran, lorsqu’il ne signifie pas seulement la coutume des Anciens(VIII,38 et XV,13 et IV,26 au pluriel), n’est employé que pour désigner la sunna de Dieu, la façon d’agir de Dieu, c’est à dire la continuité du message des prophètes( XVII,77 et XXXIII,38 et XXXIII,62 et XXXV,43 et XL,85 et XLVIII,23 et III,137)
Non seulement n’est pas envisagée, pour l’avenir, apres la mort du Prophète, une sunna du Prophète, mais à plusieurs reprise, Dieu rappelle à son messager qu’en dehors de la révélation qu’il transmet dans le Coran, il doit dire :" je suis un homme comme vous", "tu n’es là que pour rappeler la parole de Dieu. tu n’as pas pouvoir sur eux"
à suivre
@Yasmina
Le qualificatif" illettré" au sujet du Prophète. "illettré" traduction de "oummi". En arabe "oummi" est quelquefois opposé à "kitabi" Il y a deux sens possible :
1/ Celui compris par la majorité ( ne sait pas lire)
2/ ce dis d’une personne qui n’appartient pas à une communauté de Livres Révélés. Son savoir vient de sa"tête". Dans la cas du Prophète, cela signifie que son savoir ne vient pas de lectures de Livres saints comme la Bible. Qu’il n’a pas appris son savoir par l’apprentissage de la Thora ou des Évangiles.
c’est mon avis et Allahou Aalem
Exact, faut savoir que la prophétie, au sens de transmission d’un message divin, était un phénomène propre aux descendants de Jacob. Cela explique l’opposition faite à Muhammad (saws) quand il apparut parmi les « gentils »*, càd les non-Juifs, et non pas les illettrés, comme beaucoup se l’imaginent.
Voir notamment : Ahmed Shahlân, « Mafhûm al-ummiyya fî l-Qur’ân » (La signification de ummiyya dans le Coran)
*Les gentils (ummiyyîn) sont des gens qui n’ont ni Ecriture ni religion.
Pour le reste j’dirais que l’élévation de la Umma ne pourra s’édifier qu’à partir d’"effort" (hé oui même intellectuel), d’aspirations libres et conscientes de ces membres, et non sur une conception figée de l’identité ou sur des allégeances sans âme !!!
Il est vrai que le Docteur Al ‘Ajami s’exprime dans un français qui pour être parfait, est parfois un peu complexe.
Mais il sait aussi parfaitement être très clair et compréhensible. Ainsi, sur le ce site, le 7 janvier de cette année, il a écrit cette phrase qui, pour moi est d’antologie :
« Le mal est partout ; à l’heure présente l’Occident ne s’interroge guère sur les raisons du mal qui le ronge et fait de lui le prédateur le plus redoutable qu’il soit. Un tueur froid et efficace, un planificateur de la mort selon une logique économico-politique, sans état d’âme. Un tel pouvoir vampirise, il vit de la mort. »
On ne peut être plus clair. Et j’ai parfaitement compris ce qu’il voulait dire et le message qu’il voulait inculquer à ceux qui le lisaient.
Je ne parviendrai jamais à oublier ce texte d’un tel auteur.
Merci au modérateur d’avoir la gentillesse de me publier.
@ Question mark a dit« Le mal est partout ; à l’heure présente l’Occident ne s’interroge guère sur les raisons du mal qui le ronge et fait de lui le prédateur le plus redoutable qu’il soit. Un tueur froid et efficace, un planificateur de la mort selon une logique économico-politique, sans état d’âme. Un tel pouvoir vampirise, il vit de la mort. »il nous bassine tous les 15 jrs avec une veritée que l auteur a dit ,pour vous signaler au passage ,oui l occident et un prédateur feroce et sans pitier demander au libyen, , iraqiens, afghans ,pakistanais qui se font canarder par des dronnes toutes les minutes ,demander au palestiniens ,demander au japonais qui les a nucléariser ? ,14 18 ,39 45, Algérie ,congo ,apartheid,ku klux klan ,esclavagisme segregations, indiens d amerique ou sont il ?,j esperes que vous aller arrêter de pleurnicher et vous excuser le plus vite possible du mal que vos ancêtres on fait ,a quand les chaines .......
suite 2 :
Dans le Coran, il est ordonné d’obeir au Prophète(III,50 et XXIV,54), non de l’imiter sinon dans sa foi(XXXIII,21 et VX,4 et6). Le Prophète lui meme, selon ce que rapportent trois de ces plus proches compagnons-Zaid iBn Thabet, Abu Huraira et Abu Said al Khudri- ne voulut pas que l’on écrive ses propos personnels, mais seulement les versets du Coran afin qu’on ne risque pas de les confondre avec la parole de Dieu.
Il considère lui meme que ses commentaires personnels n’ont d’interet que lorsqu’ils reprennent le Coran :" apres ma mort, les propos memes qui me sont attribués se multiplieront, de meme que l’on a attribué en grand nombres aux prophètes anterieurs des paroles qui ne venaient pas d’eux. Ce que l’on publie comme ayant été dit de moi, vous devez le comparer avec le Livre de Dieu : ce qui est d’accord avec lui est de moi, que je l’aie réellement dit ou non".
" Quand je vous donne un ordre concernant la religion, acceptez-le. Mais quand je donne un ordre les affaires du monde, je ne suis pas plus qu’un homme"
"mes propos n’abrogent pas la parole de Dieu, mais la parole de Dieu peut abroger mes propos"
C’est seulement en dehors du Coran et après la mort du Prophète qu’est introduite la notion de sunna du Prophète donnant systèmatiquement une valeur normative aux propos- hadiths- qui lui sont attribués. Pendant deux siècles, après quelques traditions autentiques, ce fut une inflation de hadiths :" les grands imams, écrit Ibn Khaldoun, ne connaissaient pas tous autant de traditions les uns que les autres. Abou Hanifa n’en aurait transmis que 17 seulement. Malik s’en tint aux 300 de son Muwatta . Hanbal en cite 30000 dans son Musnad"
le Coran dit du Prophète :" il leur ordonne le bien, il leur interdit le mal"(VII,157) il est clair que le Prophète exerce "la Commanderie du bien". il n’agit en légiste ou en casuiste vetilleux ; il enseigne une morale fondamentale, la véritable" loi divine", la veritable shari’a celle qui exige de vivre dans la transparence de Dieu.
Sauf erreur ou omission, c’est la troisième fois que Question mark tente de discréditer le Dr. Al ’Ajami, nous rejouant la même tirade indignée pour une simple phrase mais jamais pour les tapis de bombes "alliées" (snif...).
Décidément, les faux touristes français ne sont pas en veine ces jours-ci, qu’ils sévissent dans l’oued ou dans l’web, ils se font pincer, les doigts dans le pot de confiture :)
Questions Mark et Valéria : peut etre parce que les Livres intériorisés ne sont pas les mêmes.
Toutes les guerres de l’ Occident judéo-chrétien si elles sont politiques, sont toutes à infrastructures religieuses sous -jacente et motivante. La Bible dit : agressez les nations pour les astreindre à la corvée. Qu’elle vous servent ou qu’elles soient exterminées.
Ce à quoi le Coran riposte : n’agressez pas ;mais dotez vous des armes les plus dissuasives ; ripostez de la même manières dont vous êtes agressés ; et n’oubliez jamais qu’Allah est du coté des gens pieux"
"Gaza 27/12/08 - 18/01/09 " de Mohamed Talbi, penseur musulman
Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,
Glopinette,
A coup sûr votre intervention a élevé le niveau du débat.
Wa salâm
@Yasmina
Je ne souhaite en aucune manière altérer votre message mais seulement préciser que la version du Muwatta’ de l’imam Mâlik que je possède contient 1 891 ahadith, ce qui est assez éloigné des 300 annoncés par votre source, celle-ci ne prenant peut-être pas en compte tous les livres (compilation par thèmes)du document original.
Salam.
Pour les mains frêles, les trésors lourds sont difficile à saisir du premier coup. Alors, si on désire vraiment le trésor, il faut se reprendre une 2e, 3e ou 4e fois ou encore se faire des muscles, demander de l’aide et/ou utiliser les outils nécessaires.
Autrement dit : lisez puis relisez et relisez, demandez l’opinion de quelqu’un et exercez votre esprit pour saisir plus facilement les questions complexes.
Excellent programme du Dr AlAjami et à ce titre, il n’est pas seul dans cette position.
Ramadan, Shariati, Ghannouchi ou encore Lamrabet.
Le Dr Al Ajami n’est pas seul.
Garaudy l’avait dit d’une belle manière : un fiqh pour notre époque et non celle du 4e siècle de l’hijra.
Notre fidélité doit être à Dieu -Exalté Soit-Il- et à la voie de notre prophète (pbsl) et non à l’imam Malik, Shafi, Hanafi et Hanbal.
Ils étaient de grands personnages dignes de notre gratitude et respect mais pas de révérence et leurs écrits ne sont pas sacrés.
Et Dieu -Exalté Soit-Il Est notre meilleur Soutien.
Yasmina écrit dans "suite 2" : Il (le Prophète) considère lui meme que ses commentaires personnels n’ont d’interet que lorsqu’ils reprennent le Coran :" apres ma mort, les propos memes qui me sont attribués se multiplieront, de meme que l’on a attribué en grand nombres aux prophètes anterieurs des paroles qui ne venaient pas d’eux. Ce que l’on publie comme ayant été dit de moi, vous devez le comparer avec le Livre de Dieu : ce qui est d’accord avec lui est de moi, que je l’aie réellement dit ou non".
" Quand je vous donne un ordre concernant la religion, acceptez-le. Mais quand je donne un ordre les affaires du monde, je ne suis pas plus qu’un homme"
"mes propos n’abrogent pas la parole de Dieu, mais la parole de Dieu peut abroger mes propos"
Ces citations du Prophète sont parmi les plus fondamentales que l’on puisse connaître du Prophète. Ils le mettent, lui et sa mission, dans leur perspective appropriée. Il n’est que le Messager de Dieu. Il ne fait pas la loi de Dieu, ni par ses paroles ni par ses actes.
Ce n’est que lorsque le Coran passe totalement sous silence quelque chose d’important que l’on peut se référer au comportement du Prophète pour essayer de savoir ce qu’il y aurait lieu de faire.
Mais, même là, son comportement ne devrait avoir que la valeur d’indication, de guide. Il ne peut en aucun cas avoir la même force que la loi divine.
Mais, peut-on imaginer que le Coran passe totalement sous silence des choses importantes ? Ne serait-ce pas une lacune grave ? Donc, si le Coran ne parle pas de quelque chose, cela veut dire que les musulmans sont libres d’agir comme ils l’entendent en la matière.
L’écrasante majorité des musulmans n’ont jamais entendu mentionner les propos que cite Yasmina. C’est dommage. C’est ce qui a permis aux oulémas et aux gouvernants d’inventer, au fil des siècles, apparemment près d’un demi-million de hadiths qu’ils attribuent au Prophète. Ces faux hadiths leur ont permis d’utiliser ainsi le parapluie de la volonté divine et de celle du Prophète pour imposer leur propre loi, leurs propres volontés à leurs administrés.
C’est ce qu’ils continuent de faire jusqu’à nos jours.
"c’est la troisième fois que Question mark tente de discréditer le Dr. Al ’Ajami" dit Doryphore
Je ne le discrète pas, je le cite in texto. Le discréditer, aurait été de lui faire dire des choses qu’il n’aurait pas dites.
Il s’est discrédité tout seul, et je m’en suis étonné auprès de lui sur ce site à plusieurs reprises en espérant qu’il reconsidère ces propos d’une rare violence et dangereux qui ne siéent pas à un théologien de son niveau et de sa valeur.
Avec de tels propos venant d’une telle autorité religieuse, on peut légitimer beaucoup de choses.
Franchement, Question Mark, je ne vois rien de choquant dans les propos de Dr Al Ajamî que vous aimez à rappeler. Juste un constat dont la dureté des mots ne correspondent qu’à la dureté de la réalité.
Je voudrais souhaiter une bonne année( nouvel an musulman hier)à tous.
Je remercie Karim, Doryphore pour leurs remarques pertinentes.
Je remercie Abdallah pour son post que je partage son avis.
L’écrasante majorité des musulmans n’ont jamais entendu mentionner les propos que cite Yasmina. C’est dommage. C’est ce qui a permis aux oulémas et aux gouvernants d’inventer, au fil des siècles, apparemment près d’un demi-million de hadiths qu’ils attribuent au Prophète. Ces faux hadiths leur ont permis d’utiliser ainsi le parapluie de la volonté divine et de celle du Prophète pour imposer leur propre loi, leurs propres volontés à
leurs administrés.
C’est ce qu’ils continuent de faire jusqu’à nos jours.
Oui tout à fait. En fait historiquement c’est depuis que l’islam est devenu un empire avec les Omeyyades que le pouvoir politique a constamment voulu mettre sous controle les hommes de religion. Le calife omeyyade Omar Ibn Abd Aziz envoie des émissaires pour enseigner la sunna du prophète et la shari’a. Cet enseignement était fondé sur une conception du"déterminisme" qui justifiait l’obéissance inconditionnelle à un roi, même corrompu et pervers : s’il est roi, c’est que Dieu en a décidé ainsi. lui faire résistance serait aller contre la volonté divine." Vous devez prier, meme derrière un transgresseur"
Toute renaissance du monde islamique ne peut donc commencer que par un changement radical de l’enseignement de la religion : les ulémas, les docteurs de la loi et leur perversion de la shari’aen formalisme l"galiste et desseché sont , avec les princes qu’ils servent, entièrement responsables de la marginalisation de l’islam par l’integrisme. Rien ne sera fait tant que ne sera pas arraché à cette oligarchie malfaisante et fossilisée le monopole de l’interpretation( ijtihad)le droit de manipuler des millions de croyants et de créer, en terre d’islam, un desert intelectuel.
le message fondamental du Coran est d’appeler chaque musulman à reflechir personnellement et sans la médiation d’un clergé. D’etre responsable de lui meme( V,105) et de participer à la création d’un ordre social, d’une politique et d’une économies fondée sur une morale. Pas en nous isolant et en participant avec tous les autres en entrant en émulation fraternelle avec nos frères en humanité.
Question mark a dit :
"c’est la troisième fois que Question mark tente de discréditer le Dr. Al ’Ajami" dit Doryphore
Je ne le discrète pas, je le cite in texto. Le discréditer, aurait été de lui faire dire des choses qu’il n’aurait pas dites.
Je maintiens qu’en s’acharnant à rappeler une phrase du Dr. Al ’Ajami à chacune de ses interventions, Question mark jette un doute sur le CREDIT à accorder aux propos du docteur. Animé par de meilleures intentions, Q. m. se serait contenté d’un seul message de condamnation d’autant que le sujet de l’article d’aujourd’hui est bien éloigné d’un avis tout aussi respectable que le sien sur les moyens par lesquels l’Occident assène sa domination (en particulier sur le plan militaire).
Il s’est discrédité tout seul, et je m’en suis étonné auprès de lui sur ce site à plusieurs reprises en espérant qu’il reconsidère ces propos d’une rare violence et dangereux qui ne siéent pas à un théologien de son niveau et de sa valeur.
Si on reconnait ,avec sincérité, à un théologien un si haut niveau et une si grande valeur, on ne peut raisonnablement pas inciter un homme d’une telle stature à "reconsidérer ses propos", à moins d’occuper soi-même une position qui permette de faire la leçon au reste du monde (tiens, ça me rappelle quelque-chose...).
Avec de tels propos venant d’une telle autorité religieuse, on peut légitimer beaucoup de choses.
Bien qu’admirable de perfidie, cette dernière remarque n’est qu’une pure spéculation au service de l’idéologie systématiquement défendue par Q. m.
Compte tenu de ses indéniables qualités et, plus par prudence que par impolitesse, je persiste à ne pas souhaiter communiquer directement avec celui-ci.
@ yasmina :
Que pensez-vous de quelqu’un comme Youssef Al Qardawi ?
J’avoue que je ne m’y connais pas trop en science islamique, et je ne sais pas trop quoi penser d’ Al Qardawi, qui est tantot présenté comme un véritable réformateur, et tantot comme un rétrograde extremiste.
Yasmina a raison. Le Dr. Al-’Ajamî ne dit pas le contraire. Dans son § : Quelle méthodologie pour la réforme islamique, le Dr. nous dit que la forme de l’islam a une origine tripartite : le Coran, la Sunna, les traditioons. Le tout étant lié par l’effort conceptuel et rédactionnel des ulemas des quatre premiers siècles. Il s’agit d’un islam historique "qui n’est pas en soi révélé" mais le fruit d’une élaboration complexe et séculaire".
Yasmina va plus loin dans l’histoire et parle des Omeyades qui ont géré l’islam avec des rois, chefs d’État.
Le Dr. Al-’Ajamî parle aussi de la sharia (loi islamique)dans laquelle, il faut distinguer le volet cultuel, le statut personnel, l’aspect juridique et l’aspect culturel, afin de ne pas confondre l’art des ablutions (cultuel) et le statut de l’apostat (qui relie le statut personnel, l’aspect juridique et culturel).
L’essentiel est sans doute de distinguer la Loi de Dieu et les lois des hommes que les juristes ont ajouté à la révélation.
La réforme demande de telles distinctions. Tariq Ramadan l’appelle aussi de ses voeux. Sa réforme radicale tente de se préserver des critiques proposées par Al-’Ajamî. 1/ L’islam n’est pas parfait
2/ il ne s’agit pas de le plier à des critères étrangers.
Il convient cependant de reconnaître les progrès de la science politique et de repérer des principes moraux mal mis en oeuvre en occident mais pourtant présents dans toutes les révélations.
Que pensez-vous de quelqu’un comme Youssef Al Qardawi ? J’avoue que je ne m’y connais pas trop en science islamique, et je ne sais pas trop quoi penser d’ Al Qardawi, qui est tantot présenté comme un véritable réformateur, et tantot comme un rétrograde extremiste
.
Bonsoir Sarah : Youssef Al Qaradawi, n’est pas ma tasse de thé. pour moi, il s’est trop compromis avec les princes du Golfe et la politique de "l’axe du Bien"
Je ne suis pas théologienne de formation. Mais je lis le Coran dans le texte depuis plus de 20 ans et je le médite. Mes auteurs préférés sont les musulmans dits"libéraux" . Les Tunisiens sont nombreux comme Mohammed Talbi, Hichem Djait, Bouhadiba, Charfi, Youssef Seddik. j’aime beaucoup Garaudy qui a beaucoup écrit sur l’islam avant et après sa conversion en tant que philosophe marxiste/chrétien. Il dit des choses vraiment tres interrantes. Dommage qu’on ne l’entendent plus à ce sujet.
j’aime aussi Ramadan, Shariati, Laleh Bakhtiar, Iqbal et Abdennour.
Ce qu’il faudrait c’est lire et mediter le Coran par vous meme. Prennez votre temps. Munissez vous de patience, constance et humilité. Munissez vous de bonne traduction et de bon commentaires du Coran( comme celui du Sheik Hamza Boubakeur), d’un bon dictionnaire car connaitre la racine d’un mot, les sens possible est important. Il faut apprendre à réfléchir par soi- même.Quand je lis le Coran, je le comprend en gardant sa finalité, le "juste milieu", la justice et la miséricorde. Fuyez les extrémistes.
« Allah n’aime pas les excessifs ».( j’emprunte cette traduction à Pierre Meur avec qui j’ai échangé sur le fil"le hijab est il en train de devenir un accsoires de mode sur Oumma.com.)http://oumma.com/Le-hijab-n-est-il-pas-entrain-de
Merci de votre confiance. Amicalement.
Liliane Benard : en complément voici ce que j’ai poste sur un autre fil au sujet de "chari’a"
la charia( la voie vers Dieu) est tres souvent confondue avec Fikh( juriprudence élaboré au cours des siècles par les hommes) et application des peines( les houdouds). Il y a une permanente confusion entre la liberté responsable de l’homme et la necessité de l’ordre général du monde voulu par Dieu, entre la loi morale de Dieu la Charia et la juridiction des pouvoirs fiqh, entre la parole de Dieu et la parole humaine.
le Coran est un appel religieux et moral et non un code juridique. S’il l’était il légiférerait sur l’ensemble de la vie sociale, depuis la structure constitutionnelle de la communauté jusqu’à son organisation economique. Il donne les principes moraux pour créer, à chaque époque, une législation répondant aux besoins de la société. mais il ne propose pas un code. Pour la politique, un mot seulement sur la shura( concertation) laissant ainsi aux croyants le soin d’en définir les modalités. Pour l’économie, un autre mot, riba, lui non plus sans définition statuaire. Donc deux orientations morales.
le Coran souligne que la morale est au dessus du droit et l’amour au dessus de la loi. Un exemple, le dépassement de la loi du talion :" Nous leur avons prescrit dans la thora :vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent... mais celui qui renoncera, par charité, à son droit, méritera la rémission de ses pechés"(V,45)
ou encore :" le chatiment doit être égal au crime, mais celui qui pardonne et fait la paix trouvera sa récompense auprès de Dieu"(XLII,40)
La sanction par la loi est une nécessite sociale mais le pardon par l’amour est une exigence morale dans les rapports personnel.
les versets tenus pour législatifs ne portent que sur des secteurs bien délimiés : mariage, héritage, et sur des sanctions pour cinq délits particuliers. Il ne s’agit donc pas d’un corpus de code civil ou de code pénal. or historiquement, on a voulu réduire la sharia d’abord aux quelques versets juridiques formulées dans le Coran, ensuite on y ajouta celles qui figurent dans les hadiths, puis les interprétations des juristes et leur juriprudence, le fiqh.
Si bien que cet ensemble fossilisé, sacralisé par la tradition, amena à confondre la sharia, voie révélée par Dieu, avec le fiqh, élaboration juridique purement humaine, historique, rendants intouchables tels versets législatifs tels que les ont interpretés les juristes il y a dix siècles. Cette démarche est contraire à la fois aux enseignements du Coran, des califes bien guidés de Medine et des grands juristes canoniques.
Ce mot de "réforme" est étrange dans le contexte de la foi. Les protestants chrétiens ont voulu "réformer" la religion mais ils ne sont parvenus qu’à créer une religion hérétique (sans connotation péjorative : ils ont choisi dans la foi catholique certains éléments et laissés d’autres de côté, notamment la foi en l’église comme réalité divino-humaine). On peut sans doute réformer une oeuvre humaine, mais on ne peut pas réformer quelque chose qui vient de Dieu ou qui est fait à l’image de Dieu. On peut seulement tenter de l’ajuster plus fidèlement à sa nature véritable.
Je vous livre une réaction de
catholique sur la question qui vous occupe :
La conversion signifie que le croyant doit sans cesse (chaque jour il recommence)se reconnaître pour ce qu’il est (un pécheur) et se tourner vers la lumière de la parole divine et vers le Christ re-créateur pour revenir sur le bon chemin.
Les chrétiens s’étonnent toujours de la nécessité qu’ont les musulmans de s’orienter vers la Mecque pour prier. Mais en réalité, ils ne devraient pas le faire et au contraire se rappeler qu’ils ont la même nécessité existentielle (pas 5 fois par jour : tout le temps !) de s’orienter vers Dieu pour "ajuster" leur vie.
Pour les chrétiens aussi, le temps d’aujourd’hui est celui d’une nouvelle année liturgique (entrée dans l’avent qui prépare Noël). Il est bon de se dire que musulmans comme chrétiens sont appelés à "développer" leur foi au Dieu unique et sauveur, et à se convertir, c’est-à-dire à se tourner vers lui pour l’adorer et continuer la route de la vie, tel que Dieu la veut pour notre bien. Nul doute que Dieu mette alors les justes(justes chrétiens, et justes musulmans) qui cherchent sa voie dans la bonne direction. Mieux : qu’il finisse par venir à leur rencontre...
Bonne route !
Karim et Yasmina ont des références que je partage. Je ne suis pas musulmane mais je vois bien que des familles d’esprit existent amoureuses de la justice et de la spiritualité.
@ yasmina :
Merci pour vos conseils.
Vous confirmez l’impression que j’avais à propos d’Al Qardawi.
Vous avez raison de préciser qu’il s’est beaucoup trop compromis avec les princes du pétrole.
Encore récemment,il a condamné la révolte à Bahrein en la qualifiant de sectaire,tout en fustigeant le régime syrien,tout cela bien évidemment arrangeait beaucoup les pétro-monarchies du Golfe !
Merci pour vos conseils de lecture,si je trouve le temps j’essayerai de lire ces grands auteurs ? que je connais seulement de nom et de réputation.
Salam,
Un message rapproche les idées de Ramadan et celles du docteur, je ne peut m’empêcher de trouver (et de soumettre par la même à la critique) que le docteur à une vision plus globale et spirituelle, alors qu’à mon sens Ramadan prône plutôt un communautarisme à l’américaine (donc actif socialement, professionnellement et politiquement).
Mais au fond de toi, je vois une incertitude : tu rêves tantôt des fastes des milles et une nuits, et tantôt d’une voiture de marque et d’un fauteuil confortable, tu rêves, mon frère et on te fait rêver, mais la civilisation n’est ni un musée de vieux souvenirs, ni un bazar de nouveautés, c’est un chantier, une usine, un laboratoire où l’homme crée sa condition, en faisant la synthèse fondamentale de son pouvoir, du sol et du temps. Et c’est aussi un temple où l’homme peut -quand il veut respirer, s’inspirer- lever la tète au-dessus de son ouvrage et découvrir l’infini de Dieu, de Dieu qui inspire son génie et renouvelle son courage. C’est un temple où l’ignorance doit être attentive et pudique comme un point d’interrogation.
Il faut « chasser du temple » l’ignorance expansive qui se répand en jactance qui est impudique comme un point d’exclamation »
www.alterinfo.net/Je-veux-te-parler-te-dire-des-choses-tres-graves_a67155.html
Salam,
à l’Anonyme qui dit : « Un message rapproche les idées de Ramadan et celles du docteur.... »
je pense en tous les cas que le mérite de ces deux penseurs et ce qui peut les rapprocher est que leur approche s’affranchit des prismes culturels habituels et de la (fausse) problématiques de l’intégration qui semble toujours conditionner toute analyse sur l’islam en occident. Je pense que l’opposition auxquels ils font face doit également être comprise dans cette perspective.
Salam
à laquelle, pardon.
"la “réforme islamique"
Je ne sais pas si C gens sont plus qualifiés et plus éclairés que nos oulemas des 1er siecles.
Plus qualifiés dans la langue arabe, je ne crois pas.
plus qualifés dans le fiqh, non plus je ne crois pas.
« Allah a perfectionné notre religion, parachevé ses bienfaits, et convenu pour nous l’Islam Religion. »
Notre Prophete Mohammad (sas), ses proches compagnons après lui, ont clairement disséqué et expliqué cette religion. Ils ont laissé des écrits.
ou alors pensez qu’ils n’ont pâs été à la hauteur ? Vous voulez reformer ce que nous ont légué des personnes promises aux paradis par Allah ?
Ne comparez pas l’éphémere d’aujour’hui avec votre futur éternel.
Salla mou alaykum.
DZiri45 a dit :
"
la “réforme islamique" Je ne sais pas si C gens sont plus qualifiés et plus éclairés que nos oulemas des 1er siecles. Plus qualifiés dans la langue arabe, je ne crois pas. plus qualifés dans le fiqh, non plus je ne crois pas. « Allah a perfectionné notre religion, parachevé ses bienfaits, et convenu pour nous l’Islam Religion. » Notre Prophete Mohammad (sas), ses proches compagnons après lui, ont clairement disséqué et expliqué cette religion. Ils ont laissé des écrits. ou alors pensez qu’ils n’ont pâs été à la hauteur ? Vous voulez reformer ce que nous ont légué des personnes promises aux paradis par Allah ? Ne comparez pas l’éphémere d’aujour’hui avec votre futur éternel.
le Salaf ne fut en rien globalement Vertueux. parmi les Anciens il y eut des gens vertueux, comme il en a en tout temps et en tout lieu. mais les opportunistes et les superficiellement islamisées que le Coran appelle les hypocrites( munifiqun 37 occurences dans le Coran) étaient fort nombreux.
Ajoutons aussi, que si l’Islam est paix, la "Maison de l’Islam" ne fut jamais une maisson de paix. Nous l’oublions. Nous nous sommes entretués plus qu’on nous a tué. Nous meritons notre sort. Il faut le dire. il faut le souligner.Il faut le repeter, et ne jamais cesser de le repeter, puissions nous revenir à l’écoute d’Allah ! notre histoire fu une histoire sanglante, et ce n’est pas une consolation que de dire que les autres histoires ne sont ni moins sanglantes ni meilleures. Tout le long de notre histoires, la "Maison de l’Islam" fut une maison de guerre fratricide car nous n’avons jamais su régler la question de la prise de pouvoir et de son exercice par soumission à la Loi de la Shoura comme nous y invite le Coran( sourate 3,verset 159 et sourate 42 verset 38)
Nous avons trahi les commandements d’Allah Et le responsable fut, dès le départ, le Vertueux Salah que nous continuons à prendre pour modèle et à sanctifier. Pour rénover la pensée musulmane, il nous faut abandonner la slafolâtrie, le culte du Salaf, Il nous désanctifier le Salaf et revenir à la Parole d’Allah qui seule oblige.
Mohamed Talbi. "Gaza" page 191 et 192
Al Qaradawi a ouvertement appelé au meurtre d’Al Qaddafi !
J’étais incertain à son sujet avant sa « fatwa ».
Maintenant que je sais pour qui il bosse...
Que dire de plus... ?
Que Dieu -Exalté Soit-Il- nous fasse Miséricorde
Yasmina a dit :
« le Salaf ne fut en rien globalement Vertueux », « Et le responsable fut, dès le départ, le Vertueux Salah »
« la "Maison de l’Islam" ne fut jamais une maison de paix » « Il nous faut désanctifier le Salaf et revenir à la Parole d’Allah qui seule oblige »
Votre lecture aurait gagné de + de clarté si elle s’appuyait sur au -1 exemple de salaf non vertueux et hypocrite.
Je vous ai cité les compagnons du prophète, promis au paradis par Allah et ceux qui l’ont côtoyé.
C eux, les premiers les plus qualifiés et plus éclairés par Mohammed et Allah même.
Les propos sur les Salaf - outrageants - que vous tenez et/ou attribuez à M. Talbi ne reposent que sur aucune vérité, bien au contraire, elles ont toujours été colportées par les orientalistes islamologues, pour ne pad dire islamophobes. CT et C actuellement leur façon de combattre, instaurer le doute sur les 1er théologiens de l’Islam.
Vous citez M.Talbi, je vous fais lire les propos qu’il a tenus lui aussi, et vous laisse aprécier :
La charia (loi islamique) est une "production humaine" qui n’a "rien à voir" avec l’islam. Jamais le Livre saint n’a recommandé de couper la main des voleurs ! "Seul, le Coran oblige".
C’est dans le même esprit, qu’il reconnaît aux caricaturistes le droit de brocarder le prophète Mahomet. Et à Michel Houellebecq - "un garçon sympathique" - le droit de dire et d’écrire que l’islam est la religion "la plus con du monde".
Je n’ai pas lu dans le Coran qu’Allah oblige les musulmans à diffamer les Salaf , ni qui que soit d’ailleurs.
Les vrais, ne sanctifient personne, Seul Allah à ce pouvoir !
Par contre, nous prenons pour modèle Mohammad et ses compagnons et nous en tenons à eux exclusivement.
Le Dr. Al-’Ajamî a proposé une distinction fine. Je lui parlais de la Parole de Dieu. Il m’a dit que ce concept est quasi inaccessible aux hommes qui ne savent guère ce que parler veut dire. Je ne vous donne pas une citation.
Voilà ce que j’ai compris : même notre lecture du Coran, aussi méthodique et linguistique soit-elle, y compris avec l’aide de ses Compagnons, ne nous assure pas de notre compréhension. Il a ajouté si je me souviens bien qu’une meilleure compréhension est possible d’une manière plus intuitive, dans l’intimité de nos coeurs.
Nous risquons alors de rencontrer l’ineffable. N’en sommes-nous pas déjà conscients lorsque nous voulons parler de Dieu et de l’Au-delà.
Une telle intuition ne nous conduit-elle pas à une réforme islamique ?
Qui peut affirmer bien entendre la Parole de Dieu ?
Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,
Liliane Bénard,
Voici ce que m’inspire votre dernière intervention :
Dieu a toujours regardé que nos coeurs et Il ne se dévoile qu’à ceux qui L’aime et qu’Il aime. C’est pourquoi, un négateur ne peux percevoir les vérités divines et goûter la saveur de la foi même s’il passe sa vie à lire et étudier méthodiquement et scientifiquement le Coran. Ceci est vrai aussi pour le croyant qui lit d’une manière mécanique ou négligente le Livre Saint.
A chaque fois que je suis mise en état d’abandon à Dieu, en état d’indigence extrême, c’est là que je tire les meilleurs bénéfices de la lecture coranique, que je savoure mon entretien privilégié avec Le Créateur et que parfois certaines vérités m’apparaissent soudainement.
Il est une autre expérience spirituelle que seuls peut-être les musulmans non arabophones peuvent ressentir : j’ai toujours privilégié la lecture du Coran en français parce que c’est la langue que je parle et comprends. Mais depuis que Dieu m’a permis de progresser dans la lecture arabe et de pouvoir achever régulièrement la lecture Du Coran dans cette langue, je ressens une attraction indescriptible à vouloir ne plus lire qu’en arabe le Livre et ce, bien que je comprenne pas toujours ce que je lis. Ce que je ressens c’est un apaisement et un état de bien être éprouvés dans une moindre mesure lors de la lecture coranique en français.
Voilà, c’est juste un témoignage de ce que vit une musulmane au contact du Coran.
Wa salâm