Prenons par exemple la notion d’être essentiel ou « dhat » en arabe dont Avicenne traite concernant la psychosomatique. Aujourd’hui, dans les champs des thérapies actuelles particulièrement variées, il n’est pas anormal ou surprenant de parler ou d’évoquer la notion d’être. Les approches peuvent différer dans la mesure où la Tradition spirituelle constitue un corps de connaissance psychologique, entre autre, actif et qui n’a jamais varié dans ses fondements, et dans ses bases.
Ce que l’on appelle thérapie spirituelle ou thérapie « Granada » du nom de la ville de Grenade, symbole d’unité, de recherche et de réussite dans différents champs notamment celui de la psychothérapie est une réalité toute aussi moderne. Les outils sont simplement reformulés et présentés de façon à être utilisable par les personnes vivant dans ce siècle, dans cette époque.
Prenons par exemple la notion d’être essentiel ou « dhat » en arabe dont Avicenne traite concernant la psychosomatique. Aujourd’hui, dans les champs des thérapies actuelles particulièrement variées, il n’est pas anormal ou surprenant de parler ou d’évoquer la notion d’être. Les approches peuvent différer dans la mesure où la Tradition spirituelle constitue un corps de connaissance psychologique, entre autres, actif et qui n’a jamais varié dans ses fondements, et dans ses bases.
Ainsi, un thérapeute soufi se forme auprès d’une école, de son maître qui est l’incarnation vivante de l’enseignement avec toutes les exigences techniques qu’il implique. Ajoutant à cela la notion d’énergie ou de Baraka, qui, dans le contexte de la Tradition, est une substance que porte des êtres suffisamment développés, nettoyés, conscients et préparés pour vivre en affinité avec cette précieuse énergie.
En quelque sorte, le thérapeute spirituel est un technicien capable d’utiliser cette énergie, de la transmettre ou de la recevoir, cet apprentissage se faisant auprès d’un maître reconnu et qui fait autorité. En l’occurrence, un grand maître de la spiritualité, le Cheikh Sayed Omar Ali-Shah, m’a appris l’usage de cette énergie comme un enseignant apprend à un élève l’usage et la connaissance d’un matériau subtil, tout cela en me rappelant comme il le faisait que la « Baraka est une énergie consciente ».
Le thérapeute apprend à s’appauvrir correctement de façon à laisser l’énergie divine passer à travers lui et faire son travail. Il ne s’agit pas évidemment d’être un tuyau vide et stupide, mais un transmetteur conscient qui n’entrave en rien le fonctionnement de cette énergie au pouvoir curatif et qui n’a rien d’émotionnelle mais technique.
D’où le concept d’« Adab » ou de comportement adéquat, juste signifiant par là que le thérapeute spirituel se place consciemment dans une disposition interne qui lui est familière et qui permet l’action et la proximité divine.
Les exercices techniques, que ce soit le dhikr ou autres sont des outils qui aident à ce changement progressif et équilibré permettant au cerveau et au corps de se familiariser avec une dimension qui est là, présente mais qui nécessite une préparation professionnelle pour être utilisé.
Revenant à la notion d’être essentiel : il s’agit là de la partie divine présente en chaque être humain, cette partie qui a signé ce pacte primordial et qui a son origine et sa fin en Dieu. Pour le thérapeute spirituel, le travail technique consiste à demeurer en connexion avec son propre être de façon à se connecter à l’être de la personne souffrante.
Nous tenons pour évidence transmise de génération en génération depuis le Prophète (saws), que l’être d’une personne sait ce qui ne va pas et peut transmettre au thérapeute les raisons du mal être dans la mesure où l’être du souffrant sent, capte qu’il a en face de lui quelqu’un d’éveillé avec lequel il puisse communiquer ces informations précieuses.
Nous parlons de perception, d’intuition qui devienne familière et qui sont le fruit d’un long et dur travail au sein d’une école soufie vivante et active.Cette perception, cette intuition, guident le thérapeute et l’aide à aider le patient qui, du coup, se ressent inévitablement en état de confiance.
Le petit travers inutile de la psychologie occidentale, on pourrait même dire mondiale puisque ce sont les mêmes schémas et les mêmes mécanismes qui sont enseignés à l’est comme à l’ouest, c’est de reposer sur une erreur un peu consciente : confondre interprétation et perception.
Interpréter grâce à un savoir respectable n’est pas percevoir : c’est interpréter en utilisant la même zone du cerveau qui sert au raisonnement et à la logique et qui bien sûr a sa fonction naturelle et importante.
Pour étendre sa perception, il s’agit de passer par un processus technique dirigé par un enseignant, ce qui est le propre d’une école soufie vivante.
Pour illustrer ce point, nous avons dans nos nombreux contes et histoires, l’histoire du cavalier pressé. Il y avait un homme qui s’était endormi auprès d’un arbre. Un cavalier qui passait par là et qui semblait pressé , perçut qu’un serpent était entré dans la bouche du pauvre voyageur, allant ainsi le tuer.
Le cavalier descendit de son cheval, roua de coup l’homme endormi et fit sortir le serpent de son organisme. Puis il partit tant il était pressé. Le voyageur, sur le coup, ne comprenait pas pourquoi cet homme l’avait frappé ainsi ; puis quand il vit le serpent s’en allé au loin, il put reconstruire l’histoire.
Percevoir quelqu’un en danger psychique est une perception qui engendre une action et un résultat. Pour un thérapeute qui ne percevrait pas le danger, ce dernier n’existe pas comme Dieu n’existe pas.
C’est en cela que la thérapie Granada repose sur une capacité perceptive nécessaire de façon à « scanner » ou réaliser une IRM de l’âme du souffrant et ainsi de l’aider efficacement.
L’analogie universitaire est intéressante puisque comme dans le monde de l’université, l’on ne passe pas de la première année au doctorat en deux mois, tout apprentissage nécessite un minimum de temps et la conduite par un enseignant reconnu.
Nous avons, par exemple, dans notre culture spirituelle ce que l’on appelle les « Lataif » ou centre de perception. Ces « Lataif » se travaillent sous la conduite d’un maître, dans la forme que celui indique et de façon nominale. Ensuite, il est normal et mathématique que l’étudiant se ressente de plus en plus perceptif tout cela de façon progressive et sous le contrôle de son maître.
Puis le thérapeute spirituel se doit de se « réviser » chaque jour et davantage de façon à vérifier sa connexion avec la source de toute santé, Dieu, et son état de serviteur. Cette révision intime n’est pas émotionnelle ni intellectuelle : elle est sensitive. Se maintenir dans un état de réceptivité de façon à recevoir les demandes d’aides ou la réception d’un soutien venant d’un ami vivant à huit milles kms est banal dans le contexte d’action spirituelle.
D’où la dégradation émotionnelle et intellectuelle qu’a pu connaître la Tradition du fait qu’il est arrivé que des gens, tout au long de l’histoire, confondent émotion et perception, raisonnement et perception.
La perception demande de s’appauvrir et de se conformer intimement à la réalité. En cela, il y a une sobriété technique qui ne va pas contre l’aspect émotionnel de l’humain ni, l’aspect intellectuel, mais seulement lui redonne sa place ordonnée. Comme le disait Saadi de Shiraz, « l’or faux existe parce que le vrai existe ».
Etre un thérapeute spirituel est possible aujourd’hui comme par le passé. Cela nécessite ce savoir technique, ce transfert de technologie qu’un maître reconnu peut opérer en direction de son élève. Dans cette époque où la crise est avant tout spirituelle, le stress est un indicateur simple, que l’individu ne peut remplir ce vide qu’il a en lui que par un degré de spiritualité simple et pratique, que peut lui offre la Tradition spirituelle de l’Islam dans son aspect par exemple thérapeutique.
Aziz Djendli
Psychologue, spécialisé dans la relation d’aide, Aziz Djendli travaille dans différents centres de soins, notamment de dialyse. Fort d’une expérience de plusieurs années dans le domaine de la toxicomanie au sein d’une unité de traitement de substitution et de réinsertion des patients, il est également responsable de l’activité thérapeutique de la tariqa spirituelle Naqshbandi en France et auteur du livre « Stress, anxiété, déprime : comment les gérer définitivement ?
Commentaires
Ouf ! J’ai cru à l’avènement d’une sorte de New Age Islamique ! bien heureusement, l’auteur de cet article est rattaché à une confrérie Soufie reconnue. Mais alors, pourquoi parle-t-il de techniques, de transfert de savoir technologique ?. D’abord il y a l’indispensable Baraka (flux spirituel) mais si les techniques pratiquées ne sont pas suivie de "sidq" (sincérité), de quête spirituelle véritable, le sujet ne guérira pas, même s’il y trouve quelques réels bienfaits.
Je crois que la confrérie Alawiya du Cheikh Bentounès a aussi décidé de mettre, ici en France, au service des gens de tous horizons, une "Thérapie de l’âme". Et même une méthode de Management inspirée de connaissances traditionnelles authentiques.
J’ai la conviction que si des confréries soufies d’Occident, d’ordinaire retirées et discrètes, ont décidé de mettre à la portée de tous ces thérapies, c’est qu’il y a urgence ... .
Ce qui me gene dans la thérapie spirituelle est la notion d’intercession et tout ce qu’elle peut impliquer comme dérives.Quelles sont les qualités requises pour le thérapeute ? ou se situent les limites d’exercice du thérapeute ? et n y’a t’il pas un risque de charlatanisme ?
SOURATE 2 VERSET 186/
وَإِذَا سَأَلَكَ عِبَادِي عَنِّي فَإِنِّي قَرِيبٌ أُجِيبُ دَعْوَةَ الدَّاعِ إِذَا دَعَانِ فَلْيَسْتَجِيبُواْ لِي وَلْيُؤْمِنُواْ بِي لَعَلَّهُمْ يَرْشُدُونَ
"Si Mes serviteurs t’interrogent à Mon sujet, qu’ils sachent que Je suis tout près d’eux, toujours disposé à exaucer les vœux de celui qui M’invoque. Qu’ils répondent donc à Mon appel et qu’ils aient foi en Moi, afin qu’ils soient guidés vers la Voie du salut."
J’ai assisté à des séances de thérapie de l’âme de la confrérie soufi alawiya ; le thérapeute n’a pas la prétention d’être un intercesseur. Le groupe portait chacun des participants, et chaque participant portait le groupe. Il s’agit plutot d’une méthode pour mieux se connaitre soi même et se mettre en relation avec Celui qui est plus proche de nous que notre veine jugulaire, comme l’indique le Coran. Soit par le souffle, soit par l’attention que l’on porte à nos émotions et à nos sensations...car ce n’est pas le tout que de savoir pour l’avoir lu, que Dieu nous exauce, encore faut-il réaliser cette proximité, et cela implique de mieux se connaitre pour distinguer ce qui releve de notre nafs (âme), savoir si elle est apaisé ou pas...car une âme qui n’est pas en paix ne peut retourner vers son Seigneur, le Coran dit "o ame apaisé retourne vers ton Seigneur". Par exemple pour témoigner, au cours des séances de thérapie de l’âme j’ai pris conscience de ma manière d’approcher les autres, de certains aspect de ma relation avec ma mère...tout en me connectant au Divin. Cela à été des moments de pure bonheur, et je remercie la thérapeute qui a animé ses séances. En précisant qu’elle est à la fois thérapeute dans la vie professionnelle et qu’elle a été initié à la thérapie de l’âme par la confrérie soufi à laquelle elle appartient.
Isabelle (aïcha), je vous ai lu ainsi que le texte de Mr Djendli. Le récit de votre expérience est totalement déroutant pour moi. Mon approche, vécu et expérience religieux ne me permettent peut être pas d’appréhender rationnellement (et/ou spirituellement) cette initiation.
Mon commentaire ne correspond ni à un jugement ni à une critique. Il reflète simplement ma tentative (avortée) de compréhension d’une "thérapie spirituelle" qui n’est pas un phénomène courant.
Je retourne à mes occupations matérielles...
@zaineb, ce que vous mettez en avant m’intéresse. Pouvez-vous préciser ce que recouvre la notion d’intercession pour vous, et pourquoi y voyez-vous un danger ? Ceci pour engager une discussion sur ce sujet. Merci de prendre la peine de me répondre.
Salam Isabelle Aïcha,
J’ai vraiment apprécié lire vôtre expérience de thérapie spirituelle.
Bien que je n’ai jamais participé à ce genre de travail de groupe, elle me renvoie beaucoup à mon propre parcours spirituel et ma façon de vivre l’islam aujourd’hui..
Je n’ai à la base "hérité" d’aucune orientation religieuse de mes parents, qui m’ont par contre transmis une profonde foi, mais sans pratique.
Et comme tout un chacun qui a eu à connaître des expériences de vie douloureuses, j’ai cherché à travers différentes pratiques spirituelles (méditation, prière,récitations, jeûne..)à guérir ces blessures internes et à trouver un équilibre : me rapprocher de Dieu.
Dans ce parcours, il m’est juste apparu clairement à un moment donné, que l’Islam était le "moyen" le plus puissant pour cheminer dans cette "thérapie".
Il s’est imposé de lui même comme une évidence (hamdollilah).
Et depuis, ces nombreuses années de cheminement dans l’islam maintenant, je vis ses "piliers" (la prière, le ramadan..) non comme des contraintes mais comme d’incomparables outils de bien -être, d’accomplissement de soi.
Bon ce témoignage est très personnel et je m’en excuse, mais j’avais quand même envie de le partager..Il y a tellement de façons de vivre sa foi.
Salam à tous
Oui, Lola, j’ai eu le même mouvement de retrait à la lecture de quelques expressions malheureuses du style new-age techniciste, comme, je cite :
« scanner » ou réaliser une IRM de l’âme du souffrant
il est normal et mathématique que l’étudiant se ressente de plus en plus perceptif
ce transfert de technologie qu’un maître reconnu peut opérer en direction de son élève
Et puis cette phrase qui m’est incompréhensible :
Pour un thérapeute qui ne percevrait pas le danger, ce dernier n’existe pas comme Dieu n’existe pas.
Mai tel le chat acrobate, on finit par retomber sur ses pieds lorsque l’on comprend que, en dépit de ces quelques maladresses (ou de style adapté à un auditoire dont la tête est farcie de bricolages technicistes ?), l’auteur est parfaitement sincère et maîtrise certainement le sujet dont il parle, sans même prendre en compte la tradition dans laquelle il s’inscrit.
Il reste que je ne vois pas très bien la pertinence de l’opposition, pour moi artificielle, qui est faite entre raisonnement et perception. Car en effet, il n’y aucune obligation à se départir des ressources de la raison pour accéder à la perception, dont la définition donnée ici par Aziz Djendli, est une pure merveille, un joyau :
« La perception demande de s’appauvrir et de se conformer intimement à la réalité. »
"Ô gens ! Un mémorable enseignement vous est venu de votre Seigneur, dans lequel se trouve guérison pour ce qui est dans les poitrines ; guide et miséricorde pour les croyants"(coran 10/53). Ce verset illustre les bienfaits amenés avec la parole de Dieu. Des bienfaits ne s’adressant pas seulement aux croyants, mais à l’ensemble de l’humanité. Le début est très explicite "ô gens" pour ce qui est du soin apporté, puis guidance et amour pour les croyants. Chaque mot, chaque phrase, chaque expression a son importance et son sens voulu. Car si la nature créée donne ses bienfaits à tous les êtres, la Parole révélée est du même Auteur. C’est ainsi que tout être humain peut bénéficier de la bonté du Coran. Sur un plan social par exemple, les citoyens non musulmans peuvent profiter de la justice et de l’équité d’une gouvernance musulmane. C’est ainsi que les visions obscurantistes qui dénaturent le message de l’Appel sont laissées loin derrière, fussent-elles musulmanes de filiation ou de conviction. afiawall@gmail.com
Salâmo’alaykoum wa rahmatollah wa barakâtoh,
"N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les coeurs ?" (Arra’d, 28)
"Quand ils étaient dans la grotte et qu’il disait à son compagnon : "Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous." Allah fit alors descendre sur lui Sa sérénité "Sa sakina" et le soutint de soldats (Anges) que vous ne voyiez pas" (Attawba, 40)
PS : il est précisé que "l’évocation d’Allah"="thikr" n’est pas de parole comme on pourrait le croire, mais les différentes positions que le croyant prend sur terre à la lumière de sa conscience profonde d’Allah.
Salam
Mouhib
Mouhib, merci pour ces citations précieuses. Mais, veuillez m’excuser si je pense qu’il ne s’agit pas d’évocation mais d’invocation. La langue française est sans pitié qui réserve la première expression pour faire apparaître les démons, et consacre la seconde à la venue de l’Esprit. Et pour reprendre (moins l’inspiration qui est vôtre) votre remarque, disons qu’invoquer à haute et intelligible voix peut permettre d’exprimer le trop plein de désir, mais la proximité ne s’obtient que par la voi(e et x) du coeur.
Waglioni, on ne peut traiter de la question de l’intercession sans voir s’abattre sur le sujet des réactions comme celle de Afiawall. Les réponses sont des réponses métaphysiques et point n’est besoin d’être théologien ou universitaire pour comprendre ... peut-être même que ce que l’on a appelé la "foi du charbonnier" suffirait à accéder à ces connaissances qui sont d’une grande rigueur, contrairement à ceux qui frappent du sceau de l’obscurantisme sur tout ce qu’ils ne comprennent pas en matière de religion !.
@Waglioni
desolée pour la réponse tardive en esperant ne pas etre out of the range.
Je considere que le croyant a une relation directe avec Dieu et n’a pas besoin de passer par une tierce personne
pour acceder à Dieu.Seule la foi peut te rapprocher de Dieu donc si tu veux te rapprocher de Dieu il faut que tu travailles ta foi . Le seul cas ou j’admet qu ’un croyant puisse passer par une tierce personne est le cas ou la tierce personne peut lui apporter la connaissance et le savoir qui lui permette de se rapprocher de Dieu:la tierce personne devient seulement un moyen pour le croyant de se rapprocher de Dieu.
Je connais une femme trés pieuse qui est descendante d’un saint et cela m’agace de la voir conseiller à des femmes stériles d’aller visiter la tombe de son ancetre pour que Dieu les aide à infanter, je considere cela comme une dérive.
Si un musulman commet un peche, peut t’il aller visiter la tombe d’un saint pour que Dieu lui pardonne, cela ressemble à ce qu’on appelle Soukouk al ghoufrane (je ne connais pas la traduction en français).
Aprés il y’a une question que je me pose et j’aimerais bien que quelqu’un me réponde : Dans l’islam quel est le poids de la priere d’un homme spirituelement élévé ou trés croyant pour une tierce personne ?
Si la sainteté en islam n’existe qu’au sein du soufisme c’est pour une raison principale:les maitres sont reliés les uns aux autres par des chaines remontant jusqu’au prophète.ce sont eux ses héritiers.l’intercesseur par excellence est le prophète."Cherchez le moyen de lui accéder" nous dit le coran.Ce moyen d’après l’interprétation de certains est le maitre spirituel véritable.Pourquoi alors la voie qu’il est chargé de conduire ne serait pas le véhicule particulier d’une baraka à la fois regénatrice et bénéfique ?
Waglioni,
"28. ceux qui ont cru, et dont les coeurs se tranquillisent à l’évocation de Dieu". N’est-ce point par l’évocation de Dieu que se tranquillisent les coeurs ? " (in oumma.com et autre source).
Cela dit, si je traduisais moi même le coran j’aurais mis moi aussi "invocation", car les versets je ne les connais qu’en arabe, mais peut être les traducteurs ont ils voulu faire la différence entre "thikr" et "do’a" (par exemple : "ed’ounî astajib lakom"= "invoquez moi et je vous répondrez").
Bref, je ne m’attarderai pas sur la linguistique ou la traductologie, car franchement je ne suis bon ni en arabe ni en français.
Salam
Mouhib
Salam Zeineb,
Vôtre réflexion est très intéressante.
Si je peux me permettre une très modeste contribution, par rapport à la notion d’intercession, il me semble que les versets suivants apportent une partie de la réponse :
[7:53] Al-Araf :
"Attendent-ils uniquement la réalisation (de Sa menace et de Ses promesses ?). Le jour où sa (véritable) réalisation viendra, ceux qui auparavant l’oubliaient diront : "Les messagers de notre Seigneur sont venus avec la vérité. Y a-t-il pour nous des intercesseurs qui puissent intercéder en notre faveur ? Ou pourrons-nous être renvoyés [sur terre], afin que nous oeuvrions autrement que ce que nous faisions auparavant ?" Ils ont certes créé leur propre perte ; et ce qu’ils inventaient les a délaissés"
Il y a je crois une grande différence entre le fait de s’inspirer de personnes spirituellement élevées pour gagner en connaissance et avancer dans nôtre propre chemin et le fait de prêter à cette personne un pouvoir d’intercession.
Tel que je le vois, il n’y a aucune intercession en islam et nous sommes chacun à notre niveau, responsable de nos actes devant Dieu, en relation directe et permanente avec lui, sans intermédiaire aucun.
C’est d’ailleurs, je pense, en ce sens que l’islam est profondément égalitaire, car il n’y a pas de hiérarchie entre les êtres sur terre, seul Allah est juge.
Qu’Allah pardonne mon ignorance, lui seul est savant.
Salam à vous.
As salam
Je ne comprend pas que nous soyons arrivé à la question de l’intercesseur, nous parlions de thérapie. Un thérapeute n’est pas un intercesseur, mais quelqu’un qui va entendre nos maux, nous permettre de poser nos douleurs, nos interrogations.
Si on considere le thérapeute comme un intercesseurs on va considérer le medecin, l’avocat, l’enseigant...comme des intercesseur car Dieu est Celui qui guérit, Celui qui protége, Celui qui enseigne...il n’empeche qu’on a besoin d’aller à l’école pour apprendre à lire, chez le medecin pour guerrir nos maux physique, chez le thérapeute pour nos souffrances psychiques, en justice quand on est victime de discrimination...
Et pareillement tout comme le savant nous enseigne le fiq, le maitre spirituel offre des repères pour la science de l’interieur.
Concernant les prieres d’une tierce personne, personnellement quand j’en ai besoin je demande a mes amis croyants, mes freres et mes soeurs en Dieu de prier pour moi, avec une de mes soeurs on se dit souvent en riant "prie pour moi et je prie pour toi"
on dit que la priere du croyant sincére est exaucé, quand à savoir qui est sincére...peut etre qu’on peut le voir en constatant quelles prieres ont été exaucées loool
quand à l’histoire que notre soeur à évoquer sur la pieuse...je suis sceptique, y a t il eu beaucoup de femmes stériles qui sont devenues enceinte aprés avoir visité son ancetre ? cela m’a plus l’air de maraboutage que de sainteté soufi, le saint soufi certes il y a une "baraka", leur maqams sont des lieux de paix, propice à la méditation, mais s’il suffisait de les visiter pour tomber enceinte ca se serait.
De la meme maniere que s’il suffisait de prier pour guerir des nos soufrances psychiques ca se serait aussi. Ca aide beaucoup certes, mais des priants qui ont pété les plombs j’en connais.
Ceci étant dit une thérapie de l’âme n’est pas forcemment nécéssaire, car la Vie, la Haqiqa se charge également de notre thérapie...ca peut juste être plus long, et parfois aussi la thérapie est un cadeau que Dieu nous propose a un instant donné.
Salam Alaykoum.
Je vis en espagne,je suis une femme espagnole reconvertie, alhamdoulillah. J´ai lu vos reponses. Je voudrais demander, peut-etre quelqu´un pourrait me donner l´adresse de cette confrerie ? Il ya longtemps que je cherche un contact soufi, mais je les ai toujours trouve en anglais.
Merci si quelqu´un peut m´aider.
Merci. Chukran. Gracias.
Salam alaykoum.
salam Rahma,
Je vous conseille le site : aisa-net.com, rubrique "contact" pour les adresses en Europe.
Bon cheminement.
Zaineb, merci de votre réponse et d’avoir bien voulu expliciter un point de vue que je comprend parfaitement pour le partager parfois, mais que je regrette d’avoir à abandonner en d’autres dispositions de corps et d’esprit, lorsque le "contact" ne s’établit plus aussi directement, et alors je fais appel à la bonne vieille "Communion des Saints", m’adressant plus particulièrement à tel ou tel de ce cercle.
Bien sûr la voie royale est la voie directe. Mais qui peut être assez assuré de ce qu’il ressent pour affirmer n’être pas dans l’illusion ? Aussi, la proximité, le retour ne s’obtiennent-ils que par étape. Et l’on est plus assuré de progresser avec une main tendue que tout seul errant au milieu des cailloux.
Lola, les charbonniers se rattachent à la race souterraine, et en effet leurs connaissances sont beaucoup plus certaines que celles d’éminents théologiens. Maintenant je n’ai pas compris ce que vous reprochez à l’intervention de afiawall.
Salam aleykoum
J’aimerai d’abord écrire un grand merci au frère Aziz Djendli pour son son excellent exposé sur la thérapie spirituelle en Islam qui parvient à résumer en quelques paragraphes les points saillants de ce que j’imagine pourrait aisément faire l’objet de nombreux livres.
Malgré les coins en manque de polissage qu’à relever notre frère Waglioni, Mr Djendli nous a offert une excellente présentation sur un sujet pas particulièrement facile et relativement peu connu.
J’ai apprécié le passage suivant :
"Interpréter grâce à un savoir respectable n’est pas percevoir : c’est interpréter en utilisant la même zone du cerveau qui sert au raisonnement et à la logique et qui bien sûr a sa fonction naturelle et importante"
Cette différenciation entre interpréter et percevoir me rappelle la différence que faisait Carl Gustav Jung entre "intellect" et "esprit".
Pour le psychologue chercheur autrichien, l’intellect malgré toute sa puissance, se révélait finalement impuissant pour appréhender certaines dimensions de la réalité.
En tant qu’outil d’acquisition de savoir, l’intellect est un complément de l’esprit qui seul peut accéder aux savoirs plus élevés : ceux concernant l’intériorité de l’humain et ceux concernant les questions ultimes sur la réalité et les finalités de l’existence.
Et Dieu-Exalté Soit-Il- Est en Vérité le Plus Savant.
Wa salam
Ah la, j’espere que je vais avoir une réponse a une question que je me pose depuis longtemps mais qui reste en suspens malgré les explications des uns et des autres...surement que je ne dois pas etre prete a recevoir l’information. Quel est la diférence entre intellect et mental ? intellect et raison ? est ce pareil ? et la différence entre l’esprit (rouh) et l’ame (nafs), l’un est masculin, l’autre féminin... si quelqu’un peut m’éclairer mais avec des mots simples et des exemples peut être que ca m’aiderait...si quelqu’un peut, alors que Dieu le couvre de lumière car cela fait un certains nombre d’année que je bloque sur cette question (sans me prendre la tête non plus, je laisse venir...)... qu’il nous donne de la lumiére à nous tous. salam et merci d’avance au psychologues de l’ames et autre chercheur sur le sujet de l’ame dont on n’a grand besoin...
Aicha:il est difficile de donner des définitions sur lesquelles tout le monde est d’accord.entre le faquih, le philosophe , le soufi ou l’imam du coin les mêmes mots n’ont pas le même sens. ceci ne doit pas nous empêcher d’approcher ces définitions au moins d’une façon globale.le mental est donc pour certains l’ensemble des sentiments, sensations , idées , suggestions produites par une personne.la nafs, traduite par âme,se confond avec le mental, et forme l’égo personnel, orienté vers la facilité et la recherche des satisfactions diverses et variées.la ruh ou esprit est ce qui relève du souffle divin et qui est au sein de chaque être humain.si l’égo disparait à la mort c’est l’esprit qui rejoint son origine éternelle, et c’est pour celà que frithjof schuon par exemple dit de l’esprit ou intellect ( c’est la même chose pour lui)qu’il "est incrée et incréable".l’intellect pour d’autres se confond avec la raison, cette capacité de raisonner, et de faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui faux.la raison pour Averroès est une lumière divine, mais qui reste opérative ici-bas.dés qu’il s’agit du "ghaib" ou "mystère" elle devient inopérante.la foi prend alors le relai.
Voilà une modeste contribution en espérant que celà vous aidera à mieux cerner ces termes.salam.
Bonjour,
A Aïcha, je n’ai pas de réponse à votre question, au demeurant, très pertinente. Mais ce que m’a appris la voie intérieure de l’Islam, c’est qu’il n’existe pas de réponses toutes faites, scellées. Tout comme il n’y a pas une seule et même réponse applicable de la même manière à tous les individus. Chacun étant non seulement, par nature différent, mais également évolutif et passe par des stades de maturation intérieure et extérieure. Autrement dit, nous ne recevons qu’en fonction de ce que nous sommes, par notre nature et par nos aspirations les plus profondes (niyyat).
Pour revenir à votre question, il me semble que les termes "âme", "esprit", etc. ne désignent qu’une seule et même réalité. Seul le degré de perception diffère. Au degré de l’âme apaisée (nafs mut’maina) quelle(s) différence(s) reste-t-il avec l’esprit (ruh) ? Donc c’est moins la différence de nature de ces réalités physiques et métaphysiques, que les moyens d’affiner notre regard par un travail d’introspection de chaque instant (jihâd)... Ce n’est cependant pas un regard de spectateur mais un regard actif, dont l’Agent n’est autre que Dieu Lui-même... Car dans cette quête, par Dieu, nous ne sommes pas seuls : al-hamdulillah. Le verset suivant est à ce sujet explicite "Dieu guide qui Il veut" et selon une acception soufie "Dieu guide qui Le veut...".
Et Dieu, in fine, demeure à jamais Le plus savant (wa allahu a‘lam).
néofit.
Merci Neofit et moujahid pour d’avoir pris la peine de répondre à mes questions, vos réponses sont des joyaux à lire et à relire...jusqu’à ce que la lumiére soit...donc l’âme apaisée en retournant à l’Esprit s’unit à Lui, ou disparait en Lui...en attendant et dans cet espoir, je continue de Le chercher, de Le scruter, de ce regard actif, enfin quand Il veut, quand je peux, quand je n’oublie pas.
Bonjour,
Je ne partage pas cet avis, et quand l'on parle de transfert de technologie dans un contexte spirituel, on peut être sûr d'avoir à faire à un courant new age.
En outre, l'exposé de Mr Djendli porte, dans presque chaque paragraphe, son lot de confusion et d'incompréhension montrant clairement que ses connaissances sont très superficielles voire fautives.
Par exemple :
-"un outil reformulé" : cela n'a aucun sens car alors ce n'est plus le même outil.
-"une tarîqa spirituelle" : une Tarîqa est une organisation initiatique et donc, par essence, est spirituelle.
-"la Tradition spirituelle constitue un corps de connaissance psychologique" : la Tradition va bien au-delà du domaine psychique !
Pour finir, on notera aussi cette phrase étonnante :
"Le thérapeute apprend à s’appauvrir correctement de façon à laisser l’énergie divine passer à travers lui et faire son travail."
Mr Djendli croit-il donc que Allah ait besoin de son accord pour circuler ?