Samedi 26 July 2014
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Une orthodoxie inoxydable (1/2)

Une orthodoxie inoxydable (1/2)
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Les manières dont l’islam est interrogé sans cesse par les cultures de l’Europe occidentale (dont procède et auxquelles participe la culture américaine, faut-il le rappeler) postulent qu’il existerait une entité dénommée Islam, posée comme un fait massif et monolithique, une sorte d’essence pure et absolue (...)

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UNE EVOLUTION GENERALE

La culture européenne voit l’islam comme un monolithe...

Les manières dont l’islam est interrogé sans cesse par les cultures de l’Europe occidentale (dont procède et auxquelles participe la culture américaine, faut-il le rappeler) postulent qu’il existerait une entité dénommée Islam, posée comme un fait massif et monolithique, une sorte d’essence pure et absolue, intemporelle, indemne de diversité et de contradiction. La démarche, nous le savons tous, est impertinente dans tous les sens du terme, à qui connaît la variété, la complexité et les paradoxes du fait musulman dans l’espace, le temps, les sociétés, les climats.

Parce qu’il existe une orthodoxie musulmane majoritaire fortement structurée...

Pourtant, à bien y regarder, cette approche, qui ne cesse d’agacer quiconque connaît un peu cette réalité, procède de la forte prégnance dans l’Islam d’une orthodoxie sunnite qui a sélectionné et synthétisé, au cours de l’histoire, les religiosités islamiques, vécues depuis les plus lointaines origines, en un système dominant, fortement normatif et relativement clos. La question est donc pour l’historien, qui récuse les analyses synchroniques et ontologiques, dont les penseurs de l’affrontement font les ressorts de leur méthode, la question est de savoir d’où vient cette orthodoxie et de quelle manière elle s’est close et légitimée.

Dont la sensibilité islamique doit interroger les pesanteurs et les limites, produites par l’histoire.

L’important est aussi, pour le musulman, de sentir combien la forte structuration de l’orthodoxie de l’islam majoritaire, qui ne disqualifie nullement la diversité d’une religion prolixe en spiritualités contradictoires, en symboliques foisonnantes, en manières multiples d’être, de dire et de croire, combien cette forte structuration a ses pesanteurs, son imperméabilité, voire ses limites spirituelles et religieuses pour une conscience musulmane éclairée de notre temps.

Car enfin, si ledit système peut être transformé pour parler réellement à nos sociétés contemporaines, ce ne peut être que de l’intérieur de la sensibilité musulmane, dans une posture croyante pénétrée de l’idée que l’on peut être musulman tout en replaçant dans son historicité, donc dans sa contingence, cette vraie religion qui impose, comme toute vraie religion, les normes qu’elle a construites comme seules voies d’accomplissement du destin humain et du dessein divin.

Cette interrogation, constante dans l’islam,...

C’est d’ailleurs faire bon marché de l’histoire de l’islam que de croire que cela ne s’est jamais fait. En effet, le projet qui consiste à examiner le système religieux dans lequel l’on vit ne s’est pas formulé dans les rédactions d’aujourd’hui. Nous dirions qu’il est consubstantiel à l’islam si nous ne préférions considérer ce dernier comme un objet historique plutôt que comme une substance en lui-même. La théologie, la falsafa, la mystique, les réformismes récurrents à diverses étapes de l’histoire musulmane, ont procédé à un examen des fondements et pratiques islamiques. Elles l’ont fait avec l’empathie que leur permettait leur position à l’intérieur de l’islam et avec le sens critique que leur suggéraient les méthodes de leur époque.

Mène à examiner aujourd’hui un système né en un temps et un lieu,...

Aussi, en prolongation de toutes ces approches, avec les méthodes de son temps il convient aujourd’hui que le musulman éclairé du XXIe siècle se demande pourquoi et dans quelles conditions le système symbolique clos qui prétend lui imposer ses normes a acquis l’efficacité qu’on lui voit et a pu, depuis la date de sa constitution, demeurer aussi imperméable aux apports extérieurs et aussi apte à durer dans le temps sans se transformer réellement. Or tout cela se passe dans des espaces, dans une durée et dans des conditions contingentes qui modèlent le système faisant l’objet de notre interrogation.

Ce qu’il faut donc comprendre, du point de vue de l’historien, c’est que l’islam vit dans le temps et que c’est dans l’histoire que naissent et évoluent la religiosité des hommes, leurs croyances, leurs cultes. Nous oserons même dire qu’au fond, il n’y a pas d’objet religion, il n’y a que des hommes vivant des fois, des croyances, des dogmes, des spiritualités. Il n’y a pas d’islam, ainsi que veulent le faire croire aussi bien les fonctionnaires du culte que les essayistes essentialistes qui fleurissent ici et là.

Où Dieu parle à des hommes responsables,...

Au surplus, c’est dans l’histoire que Dieu parle aux hommes. Or l’histoire est le lieu d’une tension entre le variable et le durable, le permanent et le discontinu et entre des durées incommensurables imbriquées les unes dans les autres. L’histoire est aussi le lieu de la responsabilité des hommes et d’un point de vue croyant, de la responsabilité des hommes devant Dieu, laquelle fonde d’une certaine manière la conscience musulmane.

Ainsi vous constituons Nous communauté médiane, pour que vous témoigniez des hommes, et que l’Envoyé témoigne de vous (Coran II, 143).

Vous avez été la meilleure communauté jamais produite aux hommes pour ordonner le convenable, proscrire le blâmable et croire en Dieu (Coran III, 110).

Du début de l’histoire biblique jusqu’à sa clôture par le prophète Muhammad.

Ainsi, l’histoire où Dieu parle aux hommes apparaît d’abord comme une succession de parachèvements, de clôtures, constituant une continuité reconstruite sur de la discontinuité et assumée par le témoignage ininterrompu des Croyants. Le premier parachèvement est l’aboutissement d’une tension qui forme le cœur de l’histoire sacrée ; la tension entre la clôture muhammadienne de l’histoire biblique et la remontée, au long d’une généalogie spirituelle, d’un lignage prophétique jusqu’aux origines d’un monothéisme reconquis et scellé, en une sorte d’apurement, par le prophète de l’islam. Cette tension entre une démarche d’interrogation généalogique visant un point originel et une clôture synthétique et réformatrice, réhabilitant ce point originel dans une intégrité retrouvée, est constitutive d’une symbolique musulmane où se mêlent l’histoire et le sacré.

Au-delà de cette clôture, l’orthodoxie construit une vision fermée de l’histoire ultérieure...

L’histoire est ainsi instituée comme le cadre d’une déperdition spirituelle et morale par rapport à un point originel. Elle n’est pas celui d’une accumulation d’expériences, de religiosités stratifiées qui enrichiraient le cœur du système symbolique. Au contraire, ces dernières sont considérées comme des embarras, des innovations blâmables, du syncrétisme dangereux et la démarche louable consiste en un élagage rigoureux, effectué périodiquement par ce que l’on appelle parfois une revivification.

Elaborée dans des circonstances propres à l’empire musulman...

Or, là encore, une fois de plus, il faut comprendre qu’une telle conception du sacré et de l’histoire est le produit de circonstances historiques. Ces circonstances historiques tiennent en particulier à une tension entre des religiosités islamiques foisonnantes et un besoin de contrôle de la paix civile exprimé par des pouvoirs centraux. Cette tension est à appréhender dans sa spécificité et à suivre dans ses conséquences. Elles n’a que peu de choses à voir avec les luttes entre Eglises chrétiennes et hérétiques.

Où de fortes tensions religieuses agitaient les sociétés...

En effet, dans la mesure où les hérétiques musulmans étaient souvent installés dans des territoires qu’ils contrôlaient, les oppositions avec les tenants d’une religion califale longtemps mal assurée prirent l’aspect de guerres ouvertes pendant les premiers siècles de l’islam. Il était malaisé d’ailleurs de faire la part de l’opposition politique et de l’opposition religieuse dans ces affrontements qui se déroulèrent aussi bien aux marges de l’empire musulman que dans ses régions centrales et sa capitale. En tout cas, la question cruciale pendant les premiers siècles de l’islam fut en permanence celle de la relation entre des expressions religieuses erratiques et incontrôlables et les pouvoirs établis.

Et rendaient difficile un consensus doctrinal.

Aussi le souci de tous les califes pendant trois cents ans fut d’asseoir une religion officielle stable et maîtrisable. La tâche ne fut pas facile et la tentative plusieurs fois réitérée n’aboutit qu’aux environs du Xe siècle de l’ère chrétienne. Au terme de cette longue évolution, un système normatif clos put exister. Il consacra une construction doctrinale touchant aux bases scripturaires de l’islam, à leur lecture et leur exégèse, aux pratiques jurisprudentielles, cultuelles, et, d’une certaine manière, à la théologie. Cette construction s’est effectuée dans une dynamique particulière où de nombreux milieux de la société musulmane classique ont joué leur rôle, des scribes érudits aux détenteurs du pouvoir politique en passant par les couches populaires et leurs leaders religieux, très exigeants sur le chapitre de l’orthopraxie et de l’égalité islamique, souvent bafouée par les réalités de la société.

C’est pourquoi l’orthodoxie finalement construite, dans une opposition entre sensibilités populaires et savantes,...

On remarquera d’ailleurs que ces couches populaires ont toujours balancé d’une religiosité fusionnelle et affective au littéralisme ritualiste cherchant à instrumentaliser le surnaturel. Elles pouvaient donc s’attacher aussi bien à des formes sectaires qu’à une stricte orthopraxie, enchanteresse du monde. De leur côté, les milieux éclairés de cette société n’ont pas manqué d’apporter à l’édifice une contribution (le mutazilisme) qui fut prise en compte au IXe siècle et aurait pu être l’islam officiel si la puissance politique n’avait voulu l’imposer par la force, dans ce qui fut un des rares exemples d’inquisition systématique et organisée de l’histoire islamique (la mihna ou épreuve), qui brouilla peut être à jamais les religiosités musulmanes intellectualisées, spiritualistes et rationnelles, avec le sentiment religieux qui prit le pas dans les circonstance du temps et inspira l’orthodoxie de l’islam.

Ce sentiment religieux, offensé par les tentatives arrogantes du califat pour établir un islam officiel, était populaire, piétiste, soucieux d’immanence et attaché à des pratiques cultuelles perçues comme des manière de donner sens à la vie et de prendre prise sur le monde. Il se renforça pendant la résistance qui s’organisa, au IXe siècle, contre l’ingérence d’un calife, bien moins chef religieux qu’on le croit, dans une alliance entre docteurs traditionalistes persécutés et peuple méprisé

S’est fortement cuirassée dans des conditions historiques particulières.

A partir de cette époque initiale de sa constitution, à un moment où s’opérait une compilation critique utilisant une manière de méthode historique par une archéologie des matériaux religieux accumulés pendant trois siècles dans tous les domaines de la culture religieuse du temps, l’orthodoxie de ce qui va devenir le sunnisme a synthétisé, dans une construction magistrale, les religiosités musulmanes dominantes, intégrant lorsque c’était possible, élaguant lorsque c’était nécessaire. Cela s’est effectué depuis l’apogée du califat abbasside (IXe siècle), jusqu’aux invasions mongoles du XIIIe siècle.

Dès lors, l’orthodoxie se raidit, au centre de l’espace musulman, en une exigence doctrinale rigoureuse, face à deux menaces principales à l’époque ; d’une part celle d’un mysticisme populaire entaché de pratiques préislamiques, d’autre part celle d’un empire mongol iranien (les Il Khan, entre 1258 et 1353), à une période où toute l’Eurasie leur a cédé, et où seuls les royaumes mamluks (les mamluks sont des esclaves soldats) du Caire et de Delhi demeurent sous autorité musulmane sur le continent.

Entre-temps, cette orthodoxie avait été très efficacement relayée par les royautés turques qui se renforçaient dans le monde musulman à partir du XIe siècle et encourageaient le sunnisme dans leurs territoires pendant deux cents ans. Ces royautés avaient d’ailleurs souvent prétendu défendre ledit sunnisme orthodoxe pour justifier leurs interventions auprès d’un calife alors affaibli et menacé par la pression d’un chiisme triomphant. Elles avaient ensuite consolidé cette orthodoxie dans les territoires qu’elles contrôlaient, (en n’y laissant pénétrer que ce que la piété populaire imposait parfois de religiosité vécue dans les confréries), et l’on peut considérer que sans ce long travail séculaire, il n’y aurait jamais eu d’islam suffisamment homogène dans l’espace musulman d’après les siècles d’or.

Naturellement, cette réussite a eu son revers. Et si la construction entreprise dès l’époque abbasside a pu aboutir à une doctrine, à une jurisprudence et à des pratiques solidement fixées, après presque un demi-millénaire d’élaboration et d’installation, elle s’est tellement protégée, barricadée, refermée sur elle-même, dans les conditions économiques, culturelles et politiques de siècles bouleversés, qu’elle a rendu l’islam et les musulmans oublieux de leur diversité native et fait percevoir le fait islamique comme un monolithe, apparemment exclusif de toute autre forme et de toute autre sensibilité.

Pourtant, ni le débat intellectuel, philosophique, théologique, mystique, lorsqu’il put exister -et il fut brillant encore après le XIe siècle-, ni les propositions de religiosités marginales, ni les œuvres personnelles ou collectives originales, ni les audaces, ni les aventures exceptionnelles n’ont manqué au long des siècles dans le monde musulman. Malheureusement, elles n’ont guère entamé la carapace de cette orthodoxie, enfermée dans une logique interne qui constitue, nous le verrons peut-être dans une deuxième partie, la meilleure défense qui soit conte toute saine critique et toute tentative de réforme véritable.

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Commentaires

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Mouhibollah
-33 points

Il est curieux de voir combien de musulmans, ô combien nombreux dans ce pays, à être terrorisés par la seule existence de ce que que l'on qualifie de façon impertinente d'"orthodoxes." Terme devenu péjoratif et de ce fait popularisé par ceux qui ne voulaient plus du christianisme dans leurs institutions.
Aussi, être musulman fidèle à ses principes fondeurs de l'Islam est faire preuve d'orthodoxie, demander des aménagements pour respecter la pudeur dans les piscines est de l'orthodoxie, ne pas vouloir serrer la main à une femme est de l’orthodoxie, ne pas se mélanger avec les femmes de façon imprudente est de l’orthodoxie.

Je tiens à le préciser, je n'appartiens pas à l'école de la sunna wal jamâ'a ou des salafis. Mais ils sont dans ce pays bien inoffensifs. On ne leur donne même pas la parole et ils ne sont même pas représentés par nos institutions. Avez-vous déjà vu un salafi invité par les médias? A-t-on déjà donné la parole de façon régulière à un salafi sur ce même site?!...

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Mouhibollah
-33 points

Ces "orthodoxes" sont aussi cloîtrés dans les mosquées et dans les cités, totalement désintéressés par la politique et très souvent déconnectés des idées en vogue sur le marché de l'idéologie. Ils n'ont aucune revendication réformatrice si ce n'est quelques prêches d'une portée très limitée. Même les RG sont probablement moins inquiets que vous à propos de ces gens là. Pourquoi vous inquiètent-ils alors à ce point là?!
Bref, si un jour je devais m'inquiéter ce ne serait certainement pas pour les mêmes raisons douteuses, que sont les vôtres! leur attachement à l'Islam, certes maladroit à bcp d'égards, ne me dérange pas. Je suis même fier qu'ils existent encore sur notre territoire, ils adorent Allah et suivent tant bien que mal la sunna de son Messager (ç).

Pour l'instant, ils ne m’inquiètent absolument pas. Voulez-vous que je vous dise qui sont ces musulmans qui m’inquiètent? Alors prenez notes...

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Mouhibollah
-33 points

"Mais l'évolution qui nous parait la plus significative de cette rénovation de la "politique musulmane" est le recours de plus en plus fréquent par le ministère de l'intérieur à de jeunes chercheurs que l'on pourrait qualifier d'"ethniques": majoritairement d'origine maghrébine , issus de familles musulmanes, parfois eux-mêmes croyants et pratiquants, préparant des doctorats en sociologie ou en science politique sur une des facettes de l'islam contemporain, leur contribution à la "politique musulmane" de la France est de plus en plus recherchée. Ils sont régulièrement consultés par les organismes sécuritaires sur des dossiers dit "sensibles", comme les mouvements salafistes (...)et ce d'autant plus que leur double qualité de chercheur et de "musulman" les rend à la fois communautairement invisibles et stratégiquement efficaces".(V. Geisser et Aziz Zemouri, Marianne et Allah, les politiques français face à la question musulmane, p.34). J'ai une liste, mais elle sera censurée par oumma!

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michel75200
-1710 points

J'ai quelque peine à distinguer les passages où Rochdy Alili exprime sa propre pensée de ceux où il décrit une facette de ce qu'il appelle le "sunnisme orthodoxe".

Je me demande si lui-même est bien au clair sur cette distinction quand il mentionne d'abord une "histoire sacrée" en déclarant :
"Le premier parachèvement est l’aboutissement d’une tension qui forme le cœur de l’histoire sacrée..."

puis, à propos de la même "tension", sépare au contraire les mots "histoire" et "sacré" afin de caractériser une "symbolique musulmane" :
"Cette tension entre ... et ... est constitutive d’une symbolique musulmane où se mêlent l’histoire et le sacré."

pour ajouter aussitôt :
"Or, là encore, une fois de plus, il faut comprendre qu’une telle conception du sacré et de l’histoire est le produit de circonstances historiques."

Je suis néanmoins reconnaissant à l'auteur de tenter de dégager une "Histoire des formes de l'islam" du récit hagiographique de "L'histoire de l'Islam". Vivement la suite !

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michel75200
-1710 points

Parmi les nombreux sites que Rachid Zani m’a récemment "incité" à lire, il y en a notamment un où est publiée une Préface d’ouvrage, dans laquelle j’ai trouvé la phrase suivante :

« Je m’attache à analyser l’ethnocentrisme qui est au cœur de l’activisme politique JUIF et de la culture JUIVE. »
Gilad Atzmon, « La Parabole d’Esther : Anatomie du Peuple Élu (Réflexions sur la politique identitaire juive). »
http://www.editionsdemilune.com/media/extraits/Esther/EDL-Parabole-Esthe...

Ne pourrais-je pas, alors, transposer en :
« Je m’attache à analyser "l'ethnocentrisme" qui est au cœur de l’activisme politique ISLAMIQUE et de la culture ISLAMIQUE en France » ?
Car c’est souvent ce que j’ai été amené à faire sur Oumma, par exemple sur le forum :
http://oumma.com/20222/karim-achoui-ldjm-judiciaire-dont-combat-contre-l...
(à suivre)

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michel75200
-1710 points

(suite 1)
Et voici que Rochdy Alili m’apporte, dans son texte ci-dessus, ces deux versets qui viennent donner un fondement coranique à cette sorte "d'ethnocentrisme" que j’ai dénommé islamo-centrisme :
« Ainsi vous constituons Nous communauté MEDIANE, pour que vous témoigniez des hommes, et que l’Envoyé témoigne de vous » (S. 2, v. 143).
« Vous avez été la meilleure communauté jamais produite aux hommes pour ORDONNER le convenable, PROSCRIRE le blâmable et CROIRE en Dieu » (S. 3, v. 110).

Je ne connais pas les interprétations "autorisées" de ces versets.
Mais, pris au sens littéral, ceux-ci attribuent à la communauté musulmane un rôle de médiateur (« médian ») entre « les hommes » et un unique « Envoyé » de Dieu (qui les représente auprès d’Allah). C’est-à-dire font d’elle le "prêtre ordonné" — collectif — du reste de l’humanité, exactement comme le clergé (surtout celui dit "séculier") catholique ou orthodoxe — en association avec la Vierge Marie et les Saints — est médiateur...

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michel75200
-1710 points

(suite 2)
... entre les chrétiens et leur Seigneur Jésus-Christ (qui les représente auprès de Dieu-le-Père car c’est Lui qui s’est sacrifié pour les « sauver » de leurs péchés envers Dieu).
Comme ces deux clergés, la communauté musulmane — la "Oumma" ? — a vocation à « ordonner, proscrire et croire ». Ce à quoi l’on peut ajouter, sans aucun doute, le rôle plus spécifiquement dévolu à la fois au clergé dit "régulier", aux simples moines et aux nonnes : sans cesse adorer Dieu et faire Sa louange.
Il me reste à apprendre comment se positionnent les diverses interprétations du Coran vis-à-vis de ce sens littéral.

Pour moi, cette découverte fortuite est d’autant plus intéressante qu’elle rebondit en un questionnement non pas uniquement de l’islam, mais aussi du protestantisme. Ce dernier compte parmi ses dogmes celui du « sacerdoce universel » qui fait l'objet de plusieurs interprétations, et dont il m'apparaît que l'une n’est pas sans ressembler aux versets ci-dessus.

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michel75200
-1710 points

(suite 3)
Ce dogme pose qu’il n’y a pas de « médiateurs » entre les croyants et Jésus-Christ, voire le Dieu trinitaire. La mission dévolue jusque-là aux prêtres et nommée leur « sacerdoce », est en réalité celle de tous les croyants ; c’est pourquoi ce sacerdoce est déclaré « universel ». Les protestants sont « tous prêtres » et le protestantisme supprime toute forme de clergé.

Sur ce dogme pouvaient se greffer bien des interprétations, dont deux s’opposent.

Selon l’une, les protestants sont égaux entre eux mais, le sacerdoce n’étant « universel » que pour eux — les seuls « vrais chrétiens » — ils sont tous des « prêtres » pour ceux qui, ne partageant pas leur foi, n'en sont pas.
Cette interprétation a été d’abord contrecarrée par la volonté des Réformateurs de s’adresser à tous les catholiques : ces derniers étaient potentiellement « tous prêtres » et n’en étaient spoliés que par les dogmes catholiques ; ils devaient réformer l’Eglise de Rome et abolir le clergé.

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michel75200
-1710 points

(suite 4)
Ainsi, les protestants n’ont appliqué cette première interprétation que plus tard, en face des non chrétiens, en tant que « missionnaires » chargés de les convertir. Le dogme égalitaire est devenu un européo-centrisme chrétien.

Selon l’autre interprétation, tout au contraire, le « sacerdoce universel » est un don fait par Dieu à tous les hommes, lors de la mort et la résurrection du Christ, de même que celui-ci s’est sacrifié pour le « salut » de tous. Les protestants ne sont jamais les « prêtres » d’autres hommes, même quand ils leur annoncent la « bonne nouvelle » de leur « salut ». Ils n’ont donc pas vocation à les convertir à tout prix.
C’est une version réduite de cette deuxième interprétation qui a fonctionné à l’égard des catholiques, puis des orthodoxes, anglicans, etc., étendant le « sacerdoce universel » à l'ensemble des chrétiens. Ce fut un des piliers de l’engagement protestant dans le dialogue entre chrétiens et dans le Conseil Oecuménique des Eglises.

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michel75200
-1710 points

(suite 5 et fin)
En revenant au cas de l’islam, je me demande si un parallèle est possible avec ce que je viens d’exposer : les deux versets cités plus haut ont-ils suscité des interprétations semblables à celles, extrêmes ou intermédiaires, qui ont été données au « sacerdoce universel » protestant ? ?

Voilà une question à laquelle j'aimerais beaucoup trouver des éléments de réponse dans la suite de l'article de Rochdy Alili.

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alice
-2167 points

Bonsoir Michel,

Il me semble que si je suis ton exposé, je pourrais affirmer que nous, musulmans, serions plus proche de la mouvance protestante que catholique à bien des égards.

Dans ce que je vais t´écrire , je ne suis aucune Ecole de pensée musulmane ni l´enseignement d´aucun maître. Un exposé de mes pérégrinations tout au plus qui n´ont de valeur que si tu les trouves acceptables.

Le baptême catholique pourtant consacre le fidèle prêtre, prophète et roi , participant activement à la mission du Christ. Depuis Vatican II , l´Eglise a distingué le sacerdoce royal des fidèles baptisés du sacerdoce présidentiel des prêtres ordonnés. Vatican II précise :
" Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel des prêtres, bien qu´ils diffère entre eux en essence et non en degré, sont cependant ordonnél´un à l´autre car l´un et l´autre participent, chacun d´une faconparticulière à l´unique sacerdoce du Christ. Ainsi toute eucharistie est une concélébration ...

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alice
-2167 points

Une concélébration de tous les fidèles qui font l´Eglise, le peuple de Dieu "

Sans évoquer la symbolique ( radicalement différente) de l´Eucharistie chez vos successives communautés ( protestantes et catholiques ), l´instauration de celle-ci à l´intérieur du culte n´a t´elle pas la même vocation chez l´une et l´autre assemblée de fidèles , Michel ?

Revenons à présent à nos Feuillets dont tu as cité un verset, le 110 ème de la sourate 3. Je te propose simplement d´élargir notre regard aux autres si tu veux bien?

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alice
-2167 points

"Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d'entre eux sont des pervers.

111. ils ne sauront jamais vous causer de grand mal, seulement une nuisance (par la langue); et s'ils vous combattent, ils vous tourneront le dos, et ils n'auront alors point de secours.

112. Où qu'ils se trouvent, ils sont frappés d'avilissement, à moins d'un secours providentiel d'Allah ou d'un pacte conclu avec les hommes,. Ils ont encouru la colère d'Allah, et les voilà frappés de malheur, pour n'avoir pas cru aux signes d'Allah, et assassiné injustement les prophètes, et aussi pour avoir désobéi et transgressé.

113. Mais il ne sont pas tous pareils. Il est, parmi les gens du Livre, une communauté droite qui, aux heures de la nuit, récite les versets d'Allah en se prosternant.

...

X
alice
-2167 points

114. Ils croient en Allah et au Jour dernier, ordonnent le convenable, interdisent le blâmable et concourent aux bonnes oeuvres. Ceux-là sont parmi les gens de bien.

115. Et quelque bien qu'ils fassent, il ne leur sera pas dénié. Car Allah connaît bien les pieux."

Qu´est que cela t´évoque?
N´est ce pas là le signe que le Très-Haut inclut dans cette communauté la" meilleure" les pieux des autres communautés également?
Vois-tu toujours à ce point la scission entre elles au regard d´Allah?
N´y a t´il pas en fait une Communauté de justes ?
Et le très -Haut est le compatissant et le très miséricordieux.

Et c´est précisemment ce qu´Il nous enseigne dans le verset 143 de la sourate 2 que tu nous soumets à reflexion:

X
alice
-2167 points

"Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous. Et Nous n'avions établi la direction (Cibla) vers laquelle tu te tournais que pour savoir qui suit le Messager (Muhammad) et qui s'en retourne sur ses talons. C'était un changement difficile, mais pas pour ceux qu'Allah guide. Et ce n'est pas Allah qui vous fera perdre [la récompense de] votre foi, car Allah, certes est Compatissant et Miséricordieux pour les hommes."

Je vais finir ( car il est tard déjà ! )en te rappellant les Paroles de Paul le treizième apôtre:

" Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s´y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n´habite point dans des temples faits de mains d´hommes mais en Lui nous avons la vie , le mouvement et l´être."

" Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous et que vous avez recu de Dieu ? ".

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alice
-2167 points

Et par dessus tout , je l´affirme et le réaffirme:

Il ne s´agit en aucun cas de "réformer" les feuillets tels qu´ils nous sont transmis comme je le lis si souvent et jusqu´à ces écrits au-dessus de R. Alili

Il nous incombe de dépoussiérer, de vivifier en nous ces Paroles sublimes " quand elles ont un sens pour nous "( r puissance 10 ).
J´attire l´attention du lecteur en la consentrant sur ce qui pourrait en lui faire barrage à ce travail de relecture, de discernement et de méditation indispensables , hautement et urgemment nécessaires à la reformulation ( un chemin ) de ce qui devrait prendre naissance en lui.
J´insiste sur le fait que chacun se doit à une grande et réelle introspection intellectuelle et émotionnelle ( à ces deux niveaux ) afin de voir émerger en lui des possibles jusque là latents.

Michel, je voudrais interrompre ici.
J´espére une réponse de toi et te remercie de la possibilité que tu m´offres de m´exprimer ( me dépoussiérer, sourire! )

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alice
-2167 points

" Ni Mon ciel ni Ma terre ne Me contiennent.
Seul Me contient le coeur de Mon servant fidèle "

Hadith qudsi ( Parole rapportée du Prophète ssp)

La illaha Illa Allah ouahdahou la charika lahou lahou el moulkou oua lahou elhamd ouahoua âala koulli chaîine qadir

( Il n´y a de Dieu si ce n´est Dieu, sans associé, à Lui le Règne, à Lui la Louange et Il est sur toute chose la Puissance.)

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michel75200
-1710 points

Farida,

Ta réponse à ma présentation du dogme protestant du "sacerdoce universel" est un peu frustrante, car elle ne m'apporte aucun élément sur un éventuel parallèle entre les interprétations de celui-ci et celles des deux versets du Coran qui ont suscité ma réflexion.

Néanmoins, je peux t'éclairer sur plusieurs questions que tu me poses.

1) Sur un point important, l'islam est certainement plus proche du protestantisme que du catholicisme : l'absence de clergé (= de "prêtes ordonnés"), qui leur est commun — ainsi qu'au judaïsme rabbinique — a de nombreuses conséquences dans l'un et l'autre cas. Il implique des ressemblances et des proximités.

Cependant, sur un autre point tout aussi important, celui du pur et de l'impur, du permis et de l'interdit, du sacré et des profanations, blasphèmes, sacrilèges, c'est du judaïsme que l'islam est le plus proche, puis du catholicisme, et c'est du protestantisme qu'il est le plus éloigné.
(à suivre)

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michel75200
-1710 points

(suite 1)
2) Depuis qu'un pape a excommunié les protestants, au départ un courant réformateur au sein de l'Eglise catholique romaine, celle-ci a connu d'abord une Contre-Réforme, puis en sens inverse le concile Vatican 2. Lors de ce concile, le vocabulaire a été adapté pour diminuer l'aspect hiérarchique entre prêtres (ordonnés) et laïcs (fidèles pouvant exercer des responsabilités dans l'Eglise). Le vocabulaire utilisé par les protestants, pour désigner ce qu'ils rejettent, continue de refléter celui qui était en vigueur dans le catholicisme à l'époque du schisme.

Cependant, sous la couche sémantique nouvelle, la dualité "prêtres consacrés"/"laïcs" — qui ne serait plus "de degré", mais reste "d'essence" — a été maintenue intacte. Chaque bébé a beau être baptisé "prêtre et roi", les pouvoirs sacramentels (baptiser, consacrer le pain et le vin, entendre en confession et pardonner les péchés, etc.) appartiennent toujours aux seuls vrais "prêtres", ceux "ordonnés", les médiateurs.

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michel75200
-1710 points

(suite 2)
D'ailleurs, le baptême protestant est "reconnu" par le catholicisme, et réciproquement. En cas de conversion, la personne baptisée chez les uns n'a pas à être re-baptisée chez les autres. C'est un cas unique de sacrement "oecuménique", à part une exception : une seule fois, un ancien prêtre italien, converti au protestantisme, a pu devenir pasteur en France malgré son refus d'être à nouveau ordonné (en effet, la "transmission apostolique" a été continument respectée des deux côtés). Mais l'inverse serait impensable.

3) L'Eucharistie est un cas complexe. Sans elle il n'y a pas de "messe" catholique, car c'en est l'élément central. Les protestants peuvent au contraire se rassembler pour un "culte" chaque dimanche et ne partager le pain et le vin qu'une fois par mois. Mais tu n'as pas tort, la vocation est très semblable dans les deux cas (durant mes deux années de pensionnat loin de tout temple, j'allais parfois à la messe et je communiais sans aucun trouble de conscience).

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michel75200
-1710 points

(suite 3)
4) Parmi les "gens du Livre", qui sont ces rares qui « ont la foi » (3:110) ? Ceux qui « aux heures de la nuit, récite[nt] les versets d'Allah en se prosternant » (3:113). Je n'y vois pas des "justes" parmi les juifs et les chrétiens mais des musulmans qui, forcés à se convertir, continuent de pratiquer l'islam en secret.

Tous les autres sont des pervers (3:110). Lâches (3:111), avilis et frappés de malheur, ils ont encouru la colère d'Allah (3:112). Pourquoi ? L'acte d'accusation ne tient pas :

- n'avoir pas cru aux « signes d'Allah » : ceux apportés par Mohammed ? AUCUN non musulman n'y croit. Ceux donnés par d'autres prophètes ? TOUS les juifs et les chrétiens y ONT CRU !

- avoir « assassiné injustement (sic) les prophètes » : si leurs lointains ancêtres avaient assassiné UN ou DES prophètes, en quoi seraient-ils responsables ? Mais AUCUN prophète hébreu n'est mort assassiné, et même Jésus (qui d'ailleurs ne serait pas mort!) a été exécuté LEGALEMENT par des romains.

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michel75200
-1710 points

(suite 4)
- avoir « désobéi et transgressé ». Depuis le Code d'Hammourabi, retrouvé gravé sur un bloc de pierre, on ne peut plus accuser ni condamner quelqu'un sans énumérer précisément les actes qui lui sont reprochés et dire quelles règles établies ont ainsi été violées. Alors, "désobéi" à qui ? à quoi ? "transgressé" quelles règles ? quelles lois ? Rien dans l'accusation.

Il faut chercher ailleurs. Ceux qui trouvent grâce aux yeux d'Allah « ordonnent le convenable, interdisent le blâmable » (3:110). D'autres versets indiquent qu'au contraire, les moines et rabbins ont rendu licite ce qu'Allah a rendu illicite [dans le Coran] et illicite ce qu'Allah a rendu licite [dans le Coran]. Le "convenable" et le "blâmable" ne sont ni ceux minutieusement définis dans la Torah, ni ceux que l'on trouve dans les Evangiles, les "Actes" des apôtres et leurs "Epîtres", mais uniquement ceux fixés dans le Coran. Tous les juifs et chrétiens fidèles à leurs lois sacrées ont "désobéi et transgressé" !

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michel75200
-1710 points

(suite 5 et fin)
Est-ce là la justice d'un Dieu, a fortiori quand il se qualifie lui-même de « compatissant et très miséricordieux » ? Pas pour moi.

Loin de voir dans ces versets une ouverture de la "meilleure communauté" aux "justes" parmi les autres monothéismes, voire ceux de toutes les religions, j'y vois une clôture. Pris dans leur sens littéral (le seul que je puisse atteindre moi-même), ils laissent au début l'espoir d'une ouverture, mais la suite lève toute illusion. Il n'y a pas une faille par laquelle pourrait se faufiler un non musulman.

J'en reviens donc à mon propos initial sur (deux phrases dans) ces versets. Bien-sûr, il ne s'agit pas de réformer le texte-même du Coran, pas plus que ceux des Bibles juive et chrétienne (qui n'ont jamais été modifiés par quiconque, sinon à la marge lors des traductions et recopiages). Mais qu'en est-il du travail d'interprétation par des savants à l'esprit ouvert ?

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alice
-2167 points

" Ta réponse à ma présentation du dogme protestant du "sacerdoce universel" est un peu frustrante, car elle ne m'apporte aucun élément sur un éventuel parallèle entre les interprétations de celui-ci et celles des deux versets du Coran qui ont suscité ma réflexion. "

"Mais qu'en est-il du travail d'interprétation par des savants à l'esprit ouvert ? "

Michel, je te remercie de tes réponses à mes questions.
Je te souhaite du fond du coeur de trouver toutes les réponses à tes interrogations.:-)

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chb
-15 points

Le débat théologique et lettré mis à part, la division ou l'unité de la Oumma ont des implications géopolitiques prégnantes, que les puissances non musulmanes exploitent à plaisir !
L'anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 est sûrement une bonne date pour rappeler à quel point les conflits en cours se cristallisent autour de l'Islam, surtout dans les contrées pétrolifères.
La Saoudie, d'où viennent plusieurs des pirates de l'air, est pourtant partenaire privilégié des USA. Le Qatar, financier de terroristes (Mali, Syrie), est notre allié.
Après l'Irak, la «guerre civile» en Syrie – ouf : le dérapage en guerre mondiale y fait une pause – est un cruel exemple de l'instrumentalisation de l'opposition chiisme/sunnisme.
Quant à la stigmatisation cynique de l'islam en général, elle est à l'oeuvre partout en «occident».
S'appuyant sur un racisme latent, l'acclamation du coup d'état militaire en Egypte est un exemple de ce cynisme. L'orthodoxie, pure, n'en est que plus attirante.