Une organisation islamique suisse plaide pour la dignité des inhumations religieuses

La Suisse de l’après-référendum populaire contre les minarets, c’est une voix téméraire qui s’élè

samedi 20 mars 2010

La Suisse de l’après-référendum populaire contre les minarets, c’est une voix téméraire qui s’élève, au nom de tous les sans-grades murés dans le silence, en la personne de Farhad Afshar, le président de la Coordination des organisations islamiques de Suisse (COIS), pour s’insurger contre la criante pénurie de carrés musulmans.

Trois mois après un vote qui n’a pas fait dans la dentelle, une revendication musulmane se fait entendre, exigeant au grand jour que chaque canton se dote d’un cimetière réservé aux musulmans, au nom de la « liberté de croyance garantie par la constitution fédérale », et de l’équité de traitement envers les religions.

Une doléance inaudible pour les farouches artisans de la mise à mort des minarets, les ultras de l’agitation islamophobe, membres de l’UDC, repris par leurs ineffables divagations haineuses, qui pensaient avoir eu raison de musulmans abasourdis. Un triomphalisme un peu trop hâtif, et peu soucieux des actuels recours légaux pour violation de la liberté de pensée et de religion.

Alors que seules neuf municipalités suisses ont à ce jour créé des carrés musulmans, dont Genève, Zurich et Bâle, le canton de Vaud en est totalement dépourvu, mais compte en revanche deux cimetières juifs. Sociologue à l’université de Berne, Farhad Afshar brise ainsi la chape de plomb pesant sur la communauté musulmane, prêt à employer les grands moyens pour lutter contre un deux poids deux mesures, dont il mesure chaque jour l’ampleur au vu de la recrudescence de plaintes émanant de fidèles dépités et bien démunis.

N’écoutant que les griefs de ses coreligionnaires, le président de la COIS, animé par une résolution sans faille, demeure hermétique au concert de critiques qui discréditent sa démarche jugée inopportune, envisageant même de saisir les tribunaux dès qu’une commune refusera à des familles musulmanes le droit d’être inhumées conformément au rituel religieux.

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