Une occasion pour les musulmans de France

Je profite de cette occasion pour lancer un appel au CFCM et à l’UOIF en particulier (qui a effectué

dimanche 11 mars 2007

C’est au nom d’un grand nombre de frères et sœurs que je me permets de lancer cet appel qui se veut une "séance de rattrapage" pour les musulmans et les représentants du culte musulman qui se sont si peu mobilisés lors du vote de la loi du 15 Mars 2004 appelée par les politiques, les journalistes et les intellectuels «  loi sur le foulard islamique ».

Nous avons constaté lors du vote de cette loi scélérate, comme l’a si bien affirmé Jean Michel Bellorgey (membre du conseil d’Etat), que certains membres du Conseil Français du Culte Musulman se sont empressés de nous préciser que la loi étant votée, il fallait donc lui obéir, oubliant ainsi que lorsqu’une loi est injuste, il convient de la dénoncer et la combattre .

Certains se sont même permis dans un élan de servilité, d’appeler au boycott des manifestations contre cette loi d’exception qui visait les jeunes élèves de confession musulmane.

Aujourd’hui, nous constatons que la scolarité et l’avenir de centaines de jeunes filles ont été détruits. Le Tsunami islamophobe n’en finit pas de faire des vagues provoquant des effets dévastateurs sur les droits des femmes de confession musulmane à vivre librement dans le respect de leurs convictions religieuses.

De Ségolène Royal qui assimile les femmes voilées aux femmes violées, à Nicolas Sarkosy qui essentialise les Musulmans en les réduisant à des « exciseurs », des polygames et des égorgeurs de mouton, en passant par le Parti Socialiste qui a déposé sur les bureaux de l’Assemblée Nationale un projet de loi, voté à l’unanimité par les députés socialistes, en vue d’interdire le foulard dans les espaces publics, nous constatons une stigmatisation toujours plus importante des citoyens français de confession musulmane.

Nous assistons impuissants à cette montée de l’islamophobie, mais aussi à la banalisation d’une violence symbolique sans précédent doublé d’un traitement discriminatoire qui frappe les musulmans en France.

Dans notre chère démocratie, le caricaturiste Placid a été condamné pour avoir caricaturé un policier (dont le nez ressemblait à celui d’un cochon), alors que les caricatures et les insultes à l’endroit du Prophète et de l’Islam nous sont imposées au nom de la soi disante « liberté d’expression ». Nous aurions été ravis également de voir Messieurs Hollande, Bayrou et Sarkosy ainsi que les autres personnalités qui ont accouru pour témoigner en faveur de Charlie Hebdo, s’empresser de dénoncer, au nom toujours de la liberté d’expression, les nombreuses discriminations auxquelles nous sommes confrontés, sans omettre les refus de salle et de parole " infligés" à certains intellectuels musulmans depuis plusieurs années.

Nous avons pourtant la clé de nos problèmes.

La période actuelle est propice aux tractations politiques en tous genres. Les élections présidentielles suivies des législatives incitent certains à des contorsions idéologiques, d’autres à des concessions, et autres calculs de boutiquiers, voire des évolutions sincères dont les musulmans de France ne sont pourtant jamais les bénéficiaires. Bien au contraire, ils sont souvent « les dindons de la farce » ou l’objet de ces surenchères parfois avec leur consentement en raison d’une certaine immaturité politique.

Combien d’élections se sont conclues par une différence de voix minime ? Combien de députés ou de maires ont siégé avec quelques voix d’avance ? Et combien de voix représentent les citoyens français de confession musulmane ? C’est justement à ces millions de voix infructueuses politiquement que je veux faire allusion pour affirmer qu’il est de notre devoir individuellement et collectivement de les utiliser à bon escient.

Il ne s’agit pas de faire appel à un vote communautaire, mais au-delà du modèle de société auquel on aspire, et au-delà du candidat qui représente le mieux nos aspirations (si jamais il existait), nous devons avec nos amis démocrates et humanistes, croyants ou pas, appeler à l’abrogation de la loi scélérate du 15 Mars 2004 sur les signes religieux auxquels on fait la chasse dans et hors de l’école.

Nous pouvons donner des consignes de vote pour les élections législatives en faveur des candidats qui s’engageront à demander l’abrogation de cette loi. Je profite de cette occasion pour lancer un appel au CFCM et à l’UOIF en particulier (qui a effectué le choix politique d’avancer la date du rassemblement du Bourget avant les élections présidentielles) afin qu’ils demandent l’abrogation de la loi du 15 mars 2004 . Puisqu’il s’agit de l’Islam et de la liberté de culte et de conscience, ils ne pourront alors que gagner ou renforcer une légitimité sérieusement écornée par le fonctionnement et le mode de désignation de leur instance.

Une telle initiative aurait le mérite de rassembler les musulmans de France dans une quasi unanimité (pour une fois) et permettrait une prise de conscience du poids politique qui est le nôtre, dont certains sont inconscients, alors que d’autres voudraient le négocier en échange d’ une position de notabilité ou de petits privilèges.

Quelles que soient les décisions de celles et ceux qui auront pris la responsabilité de parler ou de représenter l’Islam de France, qu’ils sachent que l’histoire finit toujours par s’écrire avec ses vainqueurs et ses vaincus.

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