Une mosquée près de Ground zero, ou la naissance d’une controverse

Il n’est encore qu’embryonnaire, mais le projet très sensible d’ériger une mosquée dans le proche pé

lundi 10 mai 2010

Il n’est encore qu’embryonnaire, mais le projet très sensible d’ériger une mosquée dans le proche périmètre du World Trade Center s’annonce déjà fertile en controverses, de celles qui sont à fleur de peau, ravivant des blessures indélébiles, à proximité de vestiges qui porteront à jamais les stigmates du 11-septembre.

Un chantier, tout à la fois extrêmement délicat, téméraire, et salutaire, qui a suscité une profonde émotion à New-York, ainsi que l’a rappporté CNN. Bien plus qu’une simple construction architecturale, que d’aucuns trouveront incongrue, voire provocante, des familles américaines bouleversées ne pouvant contenir leur réprobation en criant au « sacrilège », cette initiative poursuit un dessein aux nobles visées : celui d’une reconstruction du coeur, resserrant les liens entre musulmans et américains, dans un nouveau pacte de confiance et de fraternité mutuelles.

Sous l’appellation « Cordoba House », c’est un vaste centre communautaire qui sortira de terre d’ici trois à cinq ans, s’élevant sur quinze étages, dans lequel le grand public trouvera un centre d’art, une piscine, une salle de gymnastique, agrémentés d’autres espaces publics, ainsi que le lieu de culte qui provoque une lame de fond émotionnelle compréhensible.

Ses deux maîtres d’œuvre, l’American Society for Muslim Advancement et Cordoba Initiative, sont deux associations qui déploient toute leur énergie dans le rapprochement entre les citoyens américains, musulmans et non-musulmans, fondant tous leurs espoirs sur la réalisation de cette tour de verre de la réconciliation.

Présenté mercredi dernier par ses concepteurs, en présence d’une partie du conseil communautaire de Manhattan, le projet a été plébiscité par les douze membres du conseil, qui l’ont adopté à l’unanimité.

Une étape décisive pour une de ses chevilles ouvrières, la directrice exécutif d’American Society for Muslim Advancement, Daisy Khan, laquelle, dans un vibrant plaidoyer, a mis en relief deux points essentiels, indûment occultés, qu’il appartiendrait aux faiseurs d’opinion de réhabiliter de toute urgence : l’immense majorité des musulmans est opposée aux idéologies extrémistes, et 10% des victimes des attentats du 11 septembre étaient des musulmans.

Publicité

commentaires