Une lettre piégée adressée à la mosquée de Perpignan

Une employée du centre national de rebut postal a été blessée, mardi, en manipulant une enveloppe adressé

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mardi 16 avril 2002

Renvoyée de Perpignan, explose à Libourne

Une employée du centre national de rebut postal a été blessée, mardi, en manipulant une enveloppe adressée à l’Association culturelle du Champ-de-Mars de Perpignan. Le paquet a explosé entre ses mains. La police judiciaire est saisie de l’enquête.

Posté en février à Perpignan et jamais réclamé, un courrier finalement acheminé vers le centre national de Rebut du tri postal, basé à Libourne, a explosé, mardi, entre les mains d’une employée qui le manipulait et qui a été légèrement blessée.

Il était environ 13 heures, quand la postière, âgée de 40 ans, a saisi cette enveloppe qui ne comporte aucun patronyme d’expéditeur. Le colis anonyme était adressé à l’Association culturelle du Champs-de-Mars, centre commercial, 10 rue Madame-de-Sévigné, à Perpignan.

Destiné à un lieu de culte

Quartier Saint-Gaudérique où le local est implanté, personne n’ignore que le mouvement musulman abrite en fait un lieu de culte islamique. Le jeune homme qui répond au téléphone, en fin d’après-midi, hier, confirme :

« Nous sommes au courant pour Libourne, mais nous avons la prière maintenant, alors rappelez demain. Ou contactez la préfecture pour avoir le numéro d’appel du président de l’association c’est M. Amid Askir ».

C’est donc là que le facteur, ne trouvant personne sur place et ne pouvant déposer le pli dans la boite aux lettres trop petite, laisse un avis de passage concernant le retrait à effectuer impérativement à la poste du Moulin à Vent dans un laps de temps restreint.

Passé ce délai, tous les courriers en dépôt non réclamés sont envoyés au service de rebut et réexpédition de Libourne où ils sont sélectionnés, entreposés puis, un jour, détruits.

A Perpignan, par pur oubli ou par volonté de faire fi de ce courrier, aucun membre de l’Association culturelle du Champs-de Mars ne se présente pour le récupérer. L’enveloppe et son contenu un boîtier de cassette vidéo rempli de poudre noire apprendra-t-on mardi soir alors dirigés sur Libourne.

Boîtier vidéo et poudre noire. Autant dire que depuis son postage et jusqu’à son arrivée en Gironde, cette lettre a été maintes fois transportée et manipulée. Sans effet jusqu’à mardi où l’engin qu’il renferme se déclenche. Était-il piégé de manière à fonctionner à l’ouverture ? Il semble prématuré de retenir l’hypothèse.

Au lendemain des faits, les policiers de l’antenne perpignanaise du SRPJ et leurs collègues de Bordeaux, conjointement saisis étudieraient tous les cas de figure.

Mais ce n’est pas la seule zone d’ombre de cette mystérieuse affaire. Parmi les nombreux autres points d’interrogation, il reste en effet, à déterminer l’origine de l’envoi, la nature et la quantité de la matière explosive utilisée, le mobile du ou des expéditeurs à démasquer. Unique certitude, l’incompréhensible geste ne visait pas le centre de Libourne et ses employés.

Les enquêteurs, qui le tiennent pour acquis, mènent des investigations élargies et approfondies dans les Pyrénées-Orientales, en attendant les résultats du laboratoire de police scientifique de Toulouse où le paquet déchiqueté est actuellement analysé.

Article paru dans l’Indépendant du jeudi 11 avril 2002 (PERPIGNAN)

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Auteur : Corine Sabouraud

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