Une jeune maman voilée interdite de sortie scolaire à Pantin

Incapable de s’affranchir de sa peur viscérale de l’autre, mais bel et bien prisonnière d’une laïcit

lundi 7 février 2011

Incapable de s’affranchir de sa peur viscérale de l’autre, mais bel et bien prisonnière d’une laïcité sans âme, la France plurielle n’est plus guère traversée que par un seul mouvement de libération obsessionnel : sa croisade d’un autre âge contre le voile.

Parmi tous les maux qui guettent, frappent, et broient la cohésion sociale, le rejet du couvre-chef que la République ne saurait voir dans aucune de ses enceintes, parlementaire, éducative, administrative, ni même bientôt au coin de la rue, fait l’effet d’un TOC bien plus raciste qu’irrationnel.

Nouvelle illustration d’une frilosité foncièrement anti-musulmans et qui s’en vante, la privation humiliante de sortie scolaire qui a été infligée à une jeune mère de famille par la directrice de l’école élémentaire Joséphine-Baker à Pantin (Seine-Saint-Denis) est un énième cas d’école magistral.

Le 19 novembre dernier, la jeune femme souhaitait, comme toutes les autres mamans de France et de Navarre, accompagner son fils scolarisé en CP lors d’une sortie scolaire. Après avoir essuyé un premier refus lors d’une précédente tentative un mois plus tôt, le veto inflexible de la directrice de l’établissement ne s’est pas infléchi d’un iota, au nom de « convictions personnelles » brandies comme un étendard.

Islamophobe et fière de l’être, la gardienne du temple de la laïcité dévoyée a préféré se terrer dans ses certitudes plutôt que d’accorder une audience à sa victime voilée, injustement mise à l’index. Même silence assourdissant du côté de l’inspecteur de circonscription, l’éducation nationale étant manifestement plus prompte à ostraciser qu’à dialoguer, d’autant plus que son interprétation tendancieuse de la loi pêche par un excès de zèle dogmatique.

La jeune femme est soutenue par la FCPE, la principale fédération de parents d’élèves, qui a interpellé Luc Châtel, ministre de l’Education nationale, afin de prendre un arbitrage en conformité avec la loi, et de condamner sans réserve une chasse aux sorcières à peine voilée…

Alors que la loi de 2004 stipule que l’interdiction du port de signes religieux " ne s’étend pas aux parents d’élèves intervenant bénévolement dans le cadre du service public de l’enseignement […] Ceux-ci ne peuvent être soumis à aucune réglementation particulière concernant leur tenue", la tentation d’élargir cette mesure aux parents a inspiré la Haute Commission à l’intégration qui l’a suggérée noir sur blanc dans un récent rapport.

Dévoilez-vous ou vous serez définitivement recluses dans vos cuisines, l’intégration sous la contrainte gomme toutes les aspérités pour parvenir à la parfaite invisibilité ! Après l’idéal laïc bien mis à mal, c’est l’idéal de la France de la diversité, martelé à toutes les tribunes, qui en prend un sacré coup…

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