Une inflation d’interdictions plane sur les femmes voilées intégralement

Les ténors de l’UMP se sont-ils donné le mot, ou se volent-ils la vedette à tour de rôle en s’adonnant

mercredi 20 janvier 2010

Les ténors de l’UMP se sont-ils donné le mot, ou se volent-ils la vedette à tour de rôle en s’adonnant à une surenchère de sanctions, qui feront des femmes parées du voile intégral des parias, prises dans un étau d’interdictions ? Un peu des deux, à n’en pas douter…

Tels des rouleaux compresseurs à broyer de la burqa, les Copé, Lefebvre et Bertrand s’imposent donc dans le débat législatif avec fracas, en courcircuitant allègrement les résultats des travaux de la mission parlementaire dédiée.

Un passage en force antinomique avec l’esprit républicain dont ils se réclament à grands cris, auquel le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, vient de donner un nouveau retentissement en sortant du chapeau toute une palette de privations de droits sociaux. Proscrites les prestations sociales et les allocations familiales, inaccessibles les titres de transport public pour une poignée de citoyennes françaises un peu trop à part, qui finiront pas n’être plus que l’ombre d’elles-mêmes.

Dans un timing parfait, un sondage Ipsos enfonce le clou en indiquant qu’une large majorité de Français (57 %) sont favorables à une loi interdisant le port du voile intégral en France, parmi lesquels 30 % se disent "tout à fait favorables" à une telle loi et 27 % "plutôt favorables". En revanche, 37 % y sont opposés et 6 % ne se prononcent pas.

La peur de la burqa est certes mobilisatrice, mais la peur de l’avenir l’est mille fois plus encore.

De là à subodorer que le parti de Nicolas Sarkozy escompte gagner les régionales en diabolisant un signe vestimentaire marginal sur fond d’une identité nationale recrocquevillée sur sa propre inanité, et non en rendant des comptes sur la crise endémique et le chômage exponentiel, il n’y a hélas q’un pas…

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