Dimanche 12 février 2012

Une grande figure de saint ummî : le cheikh ‘Alî al-Khawwâs (m. 939/1532) (partie 1/2 )

« Tout ce que les hommes connaissent de la Sharî‘a provient de la science de l’Envoyé de Dieu, en vertu du hadîth : “ Me fut enseignée la science des premiers et des derniers ” » : ‘Alî al-Khawwâs définit en ces termes l’orthodoxie foncière qui caractérise tout disciple du Prophète. La Sharî‘a doit être honorée et suivie parce qu’elle est l’expression de la volonté divine, explicitée par le modèle muhammadien.

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Si l’on admet
que le tasawwuf n’est pas une science de l’irrationnel mais du
supra-rationnel, les saints ummî ne sont pas alors des « illettrés » -
comme on le traduit généralement - mais des « sur-lettrés ». Peu importe qu’ils
aient acquis ou non les codes humains en matière d’écriture ou de lecture, car
là n’est pas l’essentiel. ‘Alî al-Khawwâs, qui nous intéresse ici, était, semble-t-il,
analphabète, tandis que ‘Abd al-‘Azîz al-Dabbâgh (m. 1142/1720), qui illustre
le mieux la sainteté ummî au Maroc, savait, quant à lui, lire et écrire href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[1]
.
Leur singularité sur le plan spirituel réside dans la nature de la science dont
ils sont gratifiés : la science innée (‘ilm wahbî), inspirée, « émanant
de Dieu » (‘ilm ladunî). Selon les sources, cette science a stupéfait
les savants exotéristes venus éprouver les ummî, car elle est pour eux
l’expression d’un don divin (karâma) qui serait l’héritier du miracle
prophétique (mu‘jiza). La mu‘jiza majeure que l’islam reconnaît à
Muhammad, le prophète ummî (Coran 7 : 157-158) est en effet d’avoir reçu
le Livre. Pour autant, ni les auteurs musulmans ni les orientalistes ne sont
certains que le Prophète ait été réellement analphabète  name="_ftnref2" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[2].

Il faut donc
comprendre sa ummiyya comme une virginité spirituelle - le ummî
est resté tel que sa mère (umm) l’a enfanté - en vertu de laquelle
Muhammad a été choisi comme réceptacle de la Révélation. Ibn Khaldûn note en ce sens que la ummiyya prophétique, loin de trahir
quelque déficience, manifeste au contraire la perfection name="_ftnref3" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[3]
.
Les héritiers muhammadiens que sont les saints ummî puisent ainsi leur
science directement à la source de l’Ecriture, dans la « Table bien gardée » (al-lawh
al-mahfûz
) class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[4]. Le
statut de la ummiyya, a priori négatif et dégradant dans la vie profane,
s’inverse donc dans le domaine spirituel, où la ummiyya implique un
surcroît de grâce, un « sur-lettrisme » qui supplante les relais ordinaires de
la science acquise (al-‘ilm al-muktasab).

style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana'>Sur les traces du « nabî ummî »

Le cheikh ummî,
comme l’indique Sha‘rânî, est d’évidence muhammadien name="_ftnref5" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[5]
,
et donc sunnite au sens le plus profond du terme. Pour ‘Abd al-‘Azîz
al-Dabbâgh, le Prophète est la clé de la manifestation divine dans le cosmos,
et sa lumière (al-nûr al-muhammadî) est à l’origine de toute la création
style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[6].
La plupart des soufis partagent cette doctrine, mais celle-ci a une incidence
directe sur la vie spirituelle des ummî. Pour ces derniers, toute initiation
trouve sa source chez le Prophète, et l’illumination spirituelle (fath),
de quelque nature qu’elle soit, ne peut survenir que par imprégnation du modèle
muhammadien. Al-Khawwâs explique ainsi à Sha‘rânî que les rites du Pèlerinage à
La Mecque et à Arafat ont pour but de préparer le fidèle à « l’ouverture
muhammadienne » (al-fath al-muhammadî) susceptible de se produire
lors de la visite à Médine class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[7].
Al-Dabbâgh affirme de son côté que celui qui a reçu quelque illumination est en
danger tant qu’il n’a pas perçu le degré spirituel du Prophète name="_ftnref8" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[8].
Même s’il est rattaché à un maître terrestre, le ummî bénéficie donc
d’une initiation directe du Prophète : ce fut le cas d’al-Khawwâs et, avant
lui, de son cheikh Ibrâhîm al-Matbûlî class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[9].
Cette Voie muhammadienne (al-tarîqa al-muhammadiyya) a pour support
privilégié la « prière sur le Prophète » (al-salât ‘alâ al-nabî),
qu’al-Khawwâs répétait 50.000 fois par jour title="">[10].
On notera à cet égard que la formule de prière utilisée le plus souvent dans
les voies initiatiques jusqu’à nos jours s’appelle la salât ummiyya : « 
Allahumma salli ‘alâ sayyidinâ Muhammad ‘abdika wa rasûlika al-nabî
al-ummî...
 ». A l’instar d’autres grands initiés, al-Khawwâs aurait reçu
des formules de prière spécifiques de la part du Prophète, lors de visions se
produisant durant le sommeil ou à l’état de veille name="_ftnref11" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[11].

Pour un saint ummî,
la Sunna ne consiste donc pas en un modèle extérieur, formel ou figé
dans le temps. Personne ne peut prétendre être sur les traces du Prophète,
affirme al-Khawwâs, sans le prendre à témoin pour tous ses actes quotidiens et
sans lui demander une autorisation préalable. Si l’aspirant applique cette
prescription, il peut arriver au degré de proximité du Prophète qu’avaient les
Compagnons class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[12]
.
Cette intimité avec le Prophète qui échoit au ummî lui permet
d’appréhender le sens profond de ses paroles (hadîth) et de juger de
leur authenticité. Le cheikh ummî mesure les hadîth à l’aune de
son dévoilement spirituel (kashf), ce qui lui permet de résoudre les
contradictions apparentes existant entre certains d’entre eux name="_ftnref13" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[13].

L’
"orthodoxie" muhammadienne

« Tout ce que
les hommes connaissent de la Sharî‘a provient de la science de
l’Envoyé de Dieu, en vertu du hadîth : “ Me fut enseignée la science des
premiers et des derniers ” » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[14]
 :
‘Alî al-Khawwâs définit en ces termes l’orthodoxie foncière qui caractérise
tout disciple du Prophète. La Sharî‘a doit être honorée et suivie
parce qu’elle est l’expression de la volonté divine, explicitée par le modèle
muhammadien. Le cheikh s’insurgeait contre les "maîtres" soufis
n’ayant pas une connaissance détaillée des statuts de la Sharî‘a. « Celui qui trahit la Loi extérieure ne peut que trahir les secrets
divins » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[15].
Pour les spirituels musulmans, note al-Khawwâs, il n’y a pas de différence
entre la Sharî‘a et la Haqîqa puisqu’ils ont accès à l’une comme à l’autre : la réalisation spirituelle est le fruit de cette complétude
entre l’extérieur (zâhir) et l’intérieur (bâtin) du message
muhammadien class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[16]. Le
soufisme n’est donc autre que l’islam plénier, dont les diverses dimensions
sont éclairées par la lumière de la Haqîqa. Ainsi, pour al-Khawwâs, chaque pilier de l’islam (salât, zakât, sawm...) doit être exploré en partant de la
simple soumission (islâm) pour s’élever vers la foi (îmân), puis
l’excellence (ihsân) à laquelle il ajoute la certitude (îqân),
confortée par la contemplation class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[17].

Respecter la Sharî‘a et le Prophète qui a été chargé de la transmettre, c’est aussi
respecter les ‘ulamâ’ , ces savants exotéristes qui, s’ils n’empruntent
pas les mêmes voies que les cheikhs ummî, n’en ont pas moins un rôle
majeur dans la sauvegarde de la Révélation. Si les saints (awliyâ’) sont les gardiens de l’Essence divine, les ‘ulamâ’, eux, sont les gardiens des Noms et
des Attributs class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[18]
.
Selon Ibrâhîm al-Matbûlî, maître d’al-Khawwâs, l’éthique du soufi doit être
pétrie du sens des convenances spirituelles (adab) à observer avec
chaque personne, et dans tout milieu ou classe sociale, car c’est là
reconnaître la volonté divine à l’oeuvre title="">[19].
Al-Khawwâs se montrait donc ouvert à toute sensibilité au sein de l’islam, en
dépit des critiques qu’il pouvait formuler intérieurement à leur égard href="#_ftn20" name="_ftnref20" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[20].
Il louait les cheikhs de la tarîqa Shâdhiliyya pour leur souci de la
formation exotérique de leurs disciples, comme le fit après lui al-Dabbâgh href="#_ftn21" name="_ftnref21" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[21].

Les cheikhs ummî
ne sont donc pas ces derviches déviants, extatiques ou illuminés que l’on
pourrait imaginer. Ils se défient d’ailleurs des majdhûb, qui ne sont
pas utiles à la société et ne peuvent guider autrui sur la Voie. Or, al-Khawwâs et al-Dabbâgh donnent une grande importance à l’éducation spirituelle (tarbiya)
ainsi qu’au lien de maître à disciple title="">[22].
D’une façon générale, tous les êtres qui se laissent dominer par l’ivresse
spirituelle trahissent une déficience, car le modèle muhammadien impose à
l’homme, en dernière instance, de revenir à la lucidité pour servir Dieu et
l’humanité class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[23]
. Le
« cheminant » (sâlik) est donc de loin supérieur au « ravi en Dieu » (majdhûb),
et al-Khawwâs demande à Sha‘rânî qu’il prenne pour maître, après sa mort, un
être chargé d’épreuves (balâ’) title="">[24].

Les cheikhs ummî
appartiennent souvent au milieu des petits artisans et marchants urbains - où
se rencontrent nombre d’extatiques - ou encore à celui des paysans, mais cela
ne suffit pas à en faire des représentants d’une religiosité populaire, peu ou
prou hétérodoxe, qui s’opposerait à l’establishment des ‘ulamâ’. Leur
critique des milieux de la science exotérique est d’une nature plus profonde. « 
Le cheikh ummî, précise en effet Ibn ‘Arabî, est celui dont le coeur n’a
pas été souillé par la pensée discursive (al-nazar al-fikrî) » href="#_ftn25" name="_ftnref25" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[25]
.
De fait, ‘Alî al-Khawwâs émet de grandes réserves à l’égard de la théologie
scolastique (al-kalâm) : « Parmi les écoles islamiques, il n’y a
pas pire que les théologiens (al-mutakallimûn) qui discourent sur
l’Essence divine avec leur esprit limité »  name="_ftnref26" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[26].
Il s’oppose également à la philosophie hellénistique (falsafa) car elle
relativise l’importance de la Révélation muhammadienne, en passant celle-ci au filtre de la raison humaine class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[27].

Certes, à l’instar
d’al-Khadir, le cheikh ummî puise directement sa science dans la Présence : « Mérite le nom de ‘âlim, s’exclame al-Khawwâs, celui qui ne tire pas sa
science d’autrui et se trouve par là même au rang d’al-Khadir (maqâm khadirî) ;
tout autre type de ‘âlim ne fait que ramasser une science qui ne lui
appartient pas » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[28]
.
Certes, procédant par le dévoilement (kashf) et non par la science
acquise, les cheikhs ummî empruntent rarement les canaux ordinaires de
la communication humaine. Ils parlent le plus souvent en suryânî, langue
primordiale de la première humanité, langue des esprits (arwâh) mais
aussi des bébés humains - ces ummî par excellence -, et sont peu
accessibles au commun des mortels class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[29].
Sha‘rânî, qui a par ailleurs du mal à comprendre ce qu’énonce ‘Alî al-Khawwâs,
fait ainsi fonction d’interprète (mutarjim) de son maître, qui « 
s’exprimait tantôt en suryânî, tantôt en hébreu » name="_ftnref30" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[30].

Pourtant, les
grands savants exotéristes se mettent à leur école, « se soumettent à leur
parole », comme le rapporte un auteur à propos d’al-Khawwâs name="_ftnref31" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[31]
.
« J’ai été plongé toute ma vie, avoue le grand cadi hanbalite Shihâb al-Dîn
al-Futûhî, dans les livres de la Sharî‘a, et je n’ai jamais eu conscience qu’une telle science [le soufisme] puisse exister » href="#_ftn32" name="_ftnref32" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[32].
C’est après la rencontre que Sha‘rânî ménagea entre al-Khawwâs et le grand cadi
que celui-ci se voua entièrement à la Voie. Sha‘rânî cite d’autres ‘ulamâ’ exotéristes qui ont été édifiés par la science de l’ « illettré » Khawwâs href="#_ftn33" name="_ftnref33" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[33],
et un théologien azharî tardif (XIXe siècle) a même intégré les
paroles d’al-Khawwâs dans un ouvrage renommé de tawhîd : quand
l’establishment de l’islam reconnaît la science inspirée du ummî href="#_ftn34" name="_ftnref34" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[34].
Le ‘âlim sûfî qu’est Sha‘rânî recueille avec humilité les propos
d’al-Khawwâs, comme le fera le distingué savant de Fès, Ahmad Ibn al-Mubârak,
venu d’abord mettre à l’épreuve al-Dabbâgh. Un regard extérieur peut inviter à
considérer l’assurance avec laquelle les saints ummî parlent des
réalités ésotériques comme un phénomène de compensation : face à la science
quantifiable, objective des savants exotéristes, ces inspirés opèreraient une
sorte de surenchère en illusionnant leur auditoire... Mais comment expliquer la
fascination que les authentiques ummî - rares au demeurant - ont exercée
à toute époque sur ces savants, ainsi que la fonction initiatique qu’ils ont
assumée à l’égard de grands noms du soufisme tels qu’Ibn ‘Arabî href="#_ftn35" name="_ftnref35" title=""> style='position:relative;top:0pt'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;position:relative;top:0pt'>[35] ?

 

 



name="_ftn1" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[1] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Al-Sha‘rânî, Durar al-ghawwâs fî
fatâwâ al-Khawwâs
, Le Caire, 1985, p.23 ; Ibn al-Mubârak, Al-Ibrîz min
kalâm sîdî al-ghawth ‘Abd al-‘Azîz al-Dabbâgh
, Damas, 1984, I, 33.

name="_ftn2" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[2] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Art. Ummî , Encyclopédie de
l’Islam II (E. Geoffroy), t. , 931-932.

name="_ftn3" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[3] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Muqaddima lang=EN-GB>, Beyrouth, s. d., p.465.

name="_ftn4" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[4] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> E. Geoffroy, Le soufisme en
Egypte et en Syrie sous les derniers Mamelouks et les premiers Ottomans :
orientations spirituelles et enjeux culturels
, IFEAD, Damas, 1995, p.302.

name="_ftn9" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[9] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Sha‘rânî, Al-Anwâr al-qudsiyya
fî ma‘rifat qawâ‘id al-sûfiyya
, Beyrouth, 1985, I, 32.

name="_ftn10" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[10] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> M. al-Zabîdî, ‘Iqd al-jawhar
al-thamîn fî al-dhikr wa turuq al-ilbâs wa l-talqîn
, ms. communiqué par R.
al-Mâlih, fol. 20.

name="_ftn11" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[11] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> M. al-Sanûsî, Al-Salsabîl
al-ma‘în fî l-tarâ’iq al-arba‘în
, Beyrouth, 1968, p.10.

name="_ftn12" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[12] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Sha‘rânî, Al-Tabaqât al-kubrâ,
Le Caire, 1954, II, 153.

name="_ftn13" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[13] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> En ce qui concerne al-Khawwâs, cf. Durar,
p.30-31 ; pour al-Dabbâgh, cf. Ibrîz, I, 111, 125, 318.

name="_ftn14" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[14] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Sha‘rânî, Al-Ajwiba al-mardiyya
‘an a’imma al-fuqahâ’ wa l-sûfiyya
, ms. Le Caire (G.A.L. II, 444),
fol. 201a.

name="_ftn15" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[15] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Sha‘rânî, Durar, p.94-95 ; Anwâr
qudsiyya
, II, 196-197.

name="_ftn16" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[16] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Sha‘rânî, Ajwiba, fol. 195b ;
Ibn al-Mubârak, Ibrîz, I, 502 ; II, 122.

name="_ftn19" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[19] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Tabaqât kubrâ style='font-size:12.0pt;font-family:Times'>, II, 151 ; Catherine Mayeur-Jaouen,
« Le cheikh scrupuleux et l’émir généreux à travers les Akhlâq matbûliyya
de Sha‘rânî », dans Le saint et son milieu, éd. par R. Chih et D.
Gril, IFAO, Le Caire, 2000, p.88.

name="_ftn21" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[21] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Voir dans le présent volume l’art.
de Adam Sabra, « Illiterate Sufis and Learned Artisans : The Circle of ‘Abd
al-Wahhâb al-Sha‘rânî », p. ; Ibrîz, II, 60.

name="_ftn22" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[22] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Durar, p.77, 101, 144 ; E.
Geoffroy, Le soufisme en Egypte et en Syrie, p.502 ; Ibrîz, II, 47
et sq.

name="_ftn23" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[23] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Durar, p.78, 137, 143 ; Tabaqât
kubrâ
, II, 160 ; Ibrîz, II, 30-36, 191.

name="_ftn25" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[25] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Al-Futûhât
al-makkiyya
, ed. de Beyrouth, II, 644.

name="_ftn26" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[26] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Tabaqât kubrâ lang=EN-GB>, II, 158.

name="_ftn27" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[27] lang=EN-GB style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> M. Winter, Society
and religion in early Ottoman Egypt
, New Brunswick et Londres,
1982, p.310.

name="_ftn28" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[28] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Tabaqât kubrâ lang=EN-GB>, II, 152.

name="_ftn29" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[29] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Ibrîz lang=EN-GB>, I, 340-347.

name="_ftn30" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[30] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Tabaqât kubrâ, II, 169 ; Durar,
p.23.

name="_ftn31" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[31] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> N. al-Ghazzî, Al-Kawâkib
al-sâ’ira bi a‘yân al-mi’a al-‘âshira
, Beyrouth, 1945, II, 221.

name="_ftn32" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[32] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Sha‘rânî, Al-Tabaqât al-sughrâ,
Le Caire, 1970, p.81.

name="_ftn33" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[33] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> Tabaqât kubrâ, II, 152.

name="_ftn34" title=""> style='font-size:8.0pt;position:relative;top:0pt'> class=MsoFootnoteReference>[34] style='font-size:12.0pt;font-family:Times'> E. Geoffroy, Le soufisme en
Egypte et en Syrie
, p.306, note 62.

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