Une femme enceinte et voilée violemment agressée à Gaillac, dans le Tarn

La stupeur, l’incompréhension et la consternation ont brisé la douce quiétude de la commune de Gaillac, a

mercredi 21 juillet 2010

La stupeur, l’incompréhension et la consternation ont brisé la douce quiétude de la commune de Gaillac, au cœur du Tarn, depuis la violente agression dont à été victime Fadoua Azaroual, mardi soir, une jeune maman de 32 ans, enceinte et voilée.

Chronique d’un racisme ordinaire, qui n’a pourtant rien de banal mais de terriblement symptomatique d’un climat délétère, un litige, somme toute futile, pour un stationnement, a basculé dans le drame, plongeant voisins et amis de la famille Azaroual dans le plus grand abattement.

Pourquoi ? Telle est la question qui tourmente tous les esprits, Mohammed Azaroual et son épouse étant unanimement appréciés et considérés comme un modèle d’intégration, Fadoua, la maman et malheureuse victime, étant une ancienne assistante d’éducation, luttant contre l’illettrisme, quant à leur fils Tarik, il est connu pour jouer au rugby dans l’équipe locale.

Oui, pourquoi un voisin irascible, fulminant contre le fils de la famille, Tarik, pour une simple histoire de parking, en est venu soudainement aux insultes haineuses, avant de sortir un couteau et de se déchaîner contre l’infortunée Fadoua Azaroual, intervenue en médiatrice, l’agrippant par le col de sa tunique, et lui administrant des coups de genoux au ventre, des coups de poing au visage, et la jetant de toute sa force contre le garage pour finir ? Enceinte de 4 mois, la future maman est hospitalisée à Albi, souffrant d’un multi-trauma : le nez cassé, des douleurs au ventre et au dos ainsi qu’un traumatisme crânien. Par chance, le bébé est indemne.

Les témoignages affluent pour soutenir cette famille dans la douleur et le désarroi à la veille de partir en vacances, ainsi que le rapporte le site de La Dépêche. « La famille Azaroual c’est une famille exemplaire, ce sont des gens adorables », témoigne Didier Domenech, gérant du Lion d’or, le restaurant d’à côté, tandis que l’adjoint au maire décrit une famille « sans problème », « très bien intégrée ».

Ce terrible fait divers qui est le dangereux point culminant d’une escalade de violences anti-musulmans, entrecoupée de profanations ordurières tous azimuts, nous enseigne une fois encore, s’il en était besoin, que la rhétorique politicienne de la peur et de la division claironnée sur tous les toits et à tue-tête fertilise le plus noir des terreaux.

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